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12/09/2007

Vingt préfets et l'immigration, régimes spéciaux, Ben Laden et le terrorisme : Bayrou fait sa rentrée sur Canal+ ce soir

Alternative à Gauche comme à Droite, alternateur devenu moteur, alternance aux réseaux d’influence, François Bayrou apparaît toujours comme le seul homme politique français capable de dire « Halte ! ».

Halte à l’opposition fratricide entre gauche et droite, halte à l’incompatibilité chronique entre les intérêts des patrons et ceux des employés, et halte à tous ces affrontements par clivage aussi inutiles que surannés.

En avril dernier, nombre d’électeurs se sont essentiellement demandé s’il ne s’agissait pas d’une halte à l’activité économique, en raison de l’absence de soutien parmi les têtes d’affiche de gauche ou de droite, affirmant refuser de rejoindre Bayrou une fois élu à la tête de l’Etat.

D’où un effondrement soudain dans les intentions de vote en sa faveur. Et tout de même, près de 18% des voix au premier tour. Que ceux qui clament que ces chiffres n’ont plus la même valeur depuis le départ d’une vingtaine de députés de l’UDF pour former le Nouveau Centre médite ce fait concret : l’UDF-Modem pourra bénéficier d'un financement public (3,8 millions d’€), ce qui ne sera pas le cas du Nouveau Centre, qui n'a pas atteint aux législatives, le seuil des 50 candidats ayant obtenu 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions.

Etre populaire, cela ne s'achète pas... Le MODEM passedéjà au haut débit, tandis que le Nouveau Centre est has been avant l'heure ?

Quant à la capacité de gouverner avec des personnalités politiques qui ne sont pas issus de sa formation d’origine, l’hypothèque a été levée, à mon sens pour toujours, par Nicolas Sarkozy.

La voie est désormais libre pour Bayrou en 2012. Il est devenu la touche « ALT » des claviers : celle de tous les raccourcis vers une vie politique simplifiée et claire pour tous les concitoyens.

Seule sa qualité d’homme sera prise en compte. Et tous ceux qui ont lu « Projet d’espoir », écrit par François Bayrou et publié au début de l’année, ne peuvent pas douter de la sincérité et de l’implication du chef du MODEM, qui a eu le courage de se lancer dans une (prétendue) traversée du désert…

François Bayrou effectue sa rentrée politique ce soir sur Canal+, dans l’émission de Michel Denisot. J’ai hâte de l’entendre sur tous les sujets : les vingt préfets convoqués pour "manquement à l'immigration", les régimes spéciaux des retraites et la méthode Sarkozy, Ben Laden et le terrorisme. Même si mon cœur battra toujours un tantinet plus à gauche qu’à droite… Et vous ?

11/09/2007

Disparition de Maddie, réforme des régimes spéciaux, Borloo au Groenland : la communication, est-elle un vilain défaut ?

Au quotidien, la communication n’échappe à la nullité, au même titre que nul n’échappe à la communication dans son quotidien. Trois exemples de communication qui ont pris l’eau comme le Titanic…

Disparition de la petite Maddie. Après l’audition de Kate et Gerry McCann, les parents de Maddie, disparue le 3 mai dernier au Portugal, des zones d’ombres subsistent quant à leur innocence (traces de sang - Maddie ? - retrouvées dans une voiture de location, usage probable de sédatifs).

Comme tout parent, tout drame de l’actualité m’a touché plus que de raison. Pour ma compagne, mère de deux enfants, le fait de demeurer sur place après l’enlèvement de la fillette et de répondre aussi calmement aux médias lui est apparu immédiatement suspect. D'autre part, laisser des enfants aussi jeunes seuls dans une chambre aussi longtemps est, à son sens, comme au mien, une folie.

Mobiliser les grandes stars britanniques, et même, le Pape Benoît XVI alors que l’on a commis un crime… le scandale serait assurément celui du 21ème siècle, alors que celui-ci vient à peine de commencer ! A moins que les services secrets britanniques ne nous arrangent tout cela... Non : arrêtons avec la paranoïa !

Comment croire encore à la communication, si l’incroyable vérité soupçonnée par les policiers portugais s’avère exacte ?

Borloo survole le Groënland pour constater le réchauffement climatique. Comme dirait la planète Terre, parle à ma tête (le pôle Nord), mon c… (la ceinture désertique, mince comme une raie et qui pourrait devenir la faille majeure de l’humanité) est malade !

Cette visite montre que le ministre de l’Ecologie est conforme à la norme présidentielle actuellement en vigueur : tout membre du gouvernement doit montrer qu’il bouge, qu’il est présent sur le terrain. Et que déclare cet homme d’Etat lors de ce voyage éclair de 7000 kilomètres, coûteux en émission de carbone (65 tonnes de CO2) ? Que ce périple était pour « constater » le réchauffement climatique. A l’évidence, ça fait moins intelligent (au sens humain du terme) que d’énoncer cette vérité scientifique aux côtés d’apiculteurs en colère : si l’abeille disparaissait de la planète, l’homme n’aurait plus que 4 années à vivre.

Déjà en août dernier, Borloo (pour qui j'éprouve, pourtant, une sympathie sans bornes !) avait rendu visite à Météo France. Il en avait conclu royalement : « Notre planète est vraiment sens dessus-dessous. Il suffit de regarder l’été pourri que nous avons eu et c’est pour cela qu’il est urgent d’agir. » Grâce au Ministre, le débat ne s’élève pas assez haut pour éreinter la couche d’ozone…

Si les débats du Grenelle de l’Environnement ne sont pas dépollués de ce genre de banalités, à quoi serviront ces assises déterminantes pour l’enjeu de la Planète ?

 Autre « tactique » de Nicolas Sarkozy mise à mal : l’effet d’annonce pour tester une mesure. François Fillon a d’abord affirmé qu’il attendait « un signal » du Président de la République pour lancer la réforme des régimes spéciaux de retraite, laquelle était pourtant déjà « prête ». Résultat : les syndicats lui déclarent la guerre, avant même d’en savoir plus le 18 septembre de la bouche même de Monsieur Sarkozy.

La France a gagné une semaine d’ambiance pourrie avec, en perspective, des jours de grève dans les transports. Etait-ce bien utile ? 

10/09/2007

XV de France, Bernard Laporte : après la défaite contre l’Argentine, faut-il laisser TF1 perturber la préparation des Bleus ?

Bernard Laporte ? Un milliardaire qui entre dans un vestiaire soumis aux exigences exhibitionnistes de TF1. Un sélectionneur, dont on connaît les coups de gueule et dont la modestie ne transparaît pas. Un futur secrétaire d’Etat, qui connaît une pression inédite pour un sélectionneur : le Président de la République, comme indiqué dans le dernier Canard Enchaîné, compte sur cette Coupe du Monde de Rugby pour redonner le moral aux Français.

Après les débuts « en fanfare » du XV de France, pour le moral, comme pour la morale, c’est raté.

Personne n’avait prévu cette défaite face à l’Argentine (12-17). Pas même les agences de communication. Durant tout le weekend, l’incessant défilé de publicités centrées sur le rugby a conféré une étrange résonnance de « loser » à toutes ces grandes marques qui ont misé sur une victoire facile des Bleus face à un outsider-bête noire des tricolores, et qui ont appris à leurs dépens le fabuleux esprit de ce sport collectif qu’ils ont tant voulu magnifier dans leurs spots télévisés…

A l’évidence, les rugbymen français ont marqué le coup.

Devant tout le monde. Sans pudeur. Les caméras de TF1 n’en ont rien manqué.

Pas même le flop du Président de la République, Nicolas Sarkozy, quand il affirme dans le vestiaire français, juste après le match contre les Argentins : « Moi aussi, j’ai connu des défaites ! »

Un silence de mort lui a répondu. L’extrême besoin de tranquillité de la part de joueurs, sans doute.

Tout téléspectateur aime assister à ces moments d’intimité des grands champions. Mais au vu de la performance des Bleus, vendredi dernier, on est en droit de se demander si la présence quasi-permanente de TF1 (compte tenu des moments diffusés, dont la Une semble s’être délectée) ne leur a pas mis les quelques degrés de pression supplémentaire qui a fait exploser la soupape.

Vendredi, les Bleus étaient comme tétanisés. Certes, les grands champions sont toujours ceux qui savent se dégager de la pression… pour la mettre sur leurs adversaires, au niveau technique.

 Mais une question se pose : pour la suite de la Coupe du Monde (qui est loin d’être terminée pour l’équipe de France), faut-il continuer à les traquer en permanence avec des caméras ?

L’expérience réussie de cette caméra discrète, lors de la Coupe du Monde de football en 1998 (« Les yeux dans les Bleus »), est restée comme un moment d’anthologie de la télévision. Mais n’a-t-elle pas tourné la tête aux producteurs du petit écran ?

L’autre chose qui intrigue, c’est l’attitude de Bernard Laporte.

Ne revenons pas sur son futur poste dans le gouvernement : c’était à mon avis une erreur de l’annoncer si tôt. C’était assurément mettre une pression supplémentaire, terrible et inutile sur les épaules des joueurs. Ce type de promotion annoncée est seulement bon pour le business.

En cause : l’« esprit » de Bernard Laporte durant cette Coupe du Monde. Il transpire de ses gestes une redoutable « obligation de résultat ». Sa réussite en tant qu’entrepreneur (avec des revenus autour de 700 000 €) est-elle compatible avec l’esprit du sport, qui éprouve le mental de tout sportif jusqu’à ses tréfonds et se doit de défier les lois de l’aléatoire ?

Domenech a compris depuis longtemps qu’il entrait toujours dans un vestiaire de milliardaires, de gars choyés par l’existence qui pouvaient en plus se targuer d’être des sportifs éprouvés, puisque certains d’entre eux sont déjà champions du monde et/ou d’Europe. Il a une approche de son métier fondée sur la performance sportive, sur la relation établie avec ses gars, sur les meilleurs résultats possibles pour les Bleus. Sans le moindre ego. Il sélectionne ainsi des joueurs qui « balance » sur lui (comme Mexès et Trézéguet), titularise à la surprise générale Lassana Diarra au poste d’arrière droit face contre les Champions du Monde en titre (auteur d’un match fabuleux, samedi dernier), ne revendique (presque) rien dans le retour des anciens (Thuram et Makelele apparaissent toujours plus incontournables)… Il a cette capacité redoutable et fabuleuse pour les autres équipes de ne savoir revenir qu’à ce qui se passe sur le terrain.

Mais Bernard Laporte… saura-t-il se mettre au niveau de ceux qui sont sur le terrain ? Oubliera-t-il qu’il est un entrepreneur reconnu et un sélectionneur sans titre mondial, ayant encore tout à prouver dans son métier ?

 
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