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06/06/2007

Euro 2008 de Football : avant France-Géorgie, jubilons avec Ribery, Anelka, Thuram, Makelele et Domenech… comme avant l’Euro 2000 !

L’art de la comparaison restera éternellement incompréhensible pour les jeunes adultes.

Lorsque l’on a derrière soi moins d’une dizaine d’années de vie éveillée, c’est-à-dire l’expérience de décider seul de son chemin de vie depuis une décade à peine, on a le sentiment que le monde se renouvelle presque entièrement, sans garder grande trace du passé. On a en horreur cette phrase, qui apparaît comme une condamnation du plaisir : « l’Histoire n’est qu’une éternelle répétition ». Avant l’âge de trente ans, on interprète cette sentence comme « à quoi bon rester sur Terre, si ce n’est pour ne plus avoir de surprise dans l’existence… ».

Or, le plaisir, ce n’est pas la nouveauté et sa fraîcheur éphémère : ce sont les effets rafraîchissants du déjà-connu, cet étrange sentiment de maîtriser durant quelques instants le sens profond de l’Humanité, cette subtile et brève capacité à anticiper une infime partie des événements à venir et de se positionner à la meilleure place pour en profiter.

Pour utiliser une métaphore sans audace, quand l’Histoire repasse les plats, le vécu permet d’en savourer l’exquis tout en mettant sans gêne sur le bord de l’assiette les morceaux qu’on n’a pas particulièrement goûté les fois précédentes.

Samir Nasri n’apprécie pas d’être comparé à Zinedine Zidane.

Footballeur pratiquant depuis une trentaine d’années, j’ai assisté à l’entrée en jeu de Zizou contre la République Tchèque. L’équipe de France de football était menée 2 à 0, et le futur Champion du Monde 1998 avait marqué deux fois après son entrée en jeu en seconde période, pour sa première sélection avec Bleus (célébrée en même temps que Thuram). La magie Zidane faisait déjà trembler les filets, avant de faire trembler les défenses.

La magie Nasri fait pour l’instant trembler… les défenses. Pas encore les filets. C’est déjà énorme à 19 ans. Il a raison de s’inquiéter d’une comparaison avec Zidane, voire d’une carrière qui pourrait s’achever en point d’orgue par un coup de boule.

Pour faire trembler les filets, on reste naturellement à Marseille et on regarde la mobylette du football passer sous le nez des défenseurs : Monsieur Ribery.

Ce joueur, qui a explosé au FC Metz, semblait sur le point d’être remplacé sur Cissé. Un appel en profondeur, Makélélé à l’autre bout du fil, un contrôle orienté et la mobylette file sous le nez de l’excellent gardien ukrainien. 1-0, le match est plié. La maîtrise tactique des Bleus fera le reste.

Bien sûr, les esprits chagrins rétorqueront que Ribery ne sait marquer avec les Bleus que face à un but vide1. Que l’équipe de France a été poussive en première mi-temps. Que… que… En fait, il n’y a pas grand-chose à redire.

Cette équipe de France façon Domenech ressemble furieusement aux Bleus de l’après ère Jacquet : un bloc-équipe impressionnant, un sang-froid en toute situation, une attaque capable se semer d’un coup la panique, une combattivité et une détermination hors normes, et des joueurs exceptionnels dans toutes les lignes. A une différence près : à l’exception de Thuram et de Makelele – à propos desquels Domenech a raison de mettre en doute la date de naissance, tant ils sont fringants et indiscutables à leur poste -, la plupart des Français sont jeunes et possède déjà une maturité étonnante dans leur jeu.

La relève n’est pas seulement là, elle s’impatiente déjà.

Je ne sais pas vous, mais pour ma part, avec Diarra, Benzema et Nasri, je n’étais pas inquiet des absences de Vieira, Henry et Sagnol. En plus, Anelka était là. Il est incontestablement le footballeur le plus beau à voir jouer, tant ses courses et ses gestes techniques tiennent du ballet.

A part le match perdu de façon incroyable en Ecosse, il s’agit pour l’Equipe de France d’un sans-faute dans un groupe avec des matchs-pièges (en Georgie et en Lituanie), un calendrier pourri par le tirage au sort voulu par l' Ukraine, le vainqueur de la Coupe du Monde et un quart de finaliste de cette compétition joliment envoyés au tapis avec la manière.

Avant même le match de ce soir, on peut déjà prendre rendez-vous pour le 29 juin 2008 : c’est le jour de la finale de l’Euro 2008. Et un magnifique doublé Championnat du Monde - Championnat d’Europe comme en 1998 et 2000, certes à un détail près : le coup de boule de Zidane.

1 Pour son premier but en équipe de France, en huitièmes de finale de la Coupe du Monde contre l’Espagne, il avait mystifié Casillas avant de pousser le ballon dans un but vide.

 
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