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26/07/2007

Collectif AC Le Feu : Le réveil des oubliés (1ère partie)

Dans une élection présidentielle qui a passionné les Français, le Collectif AC Le Feu a voulu faire entendre son expérience et son expertise des quartiers sensibles. Des quartiers tout court.

Jusqu’alors spectateur des élections au suffrage universel, le citoyen s’est invité à travers des collectifs, des associations ou des mouvements dans les débats entre les candidats à la Présidence de la République. Désormais, les questions de société à trancher au cours de la campagne électorale ne sont plus définies par les états-majors ou les stratèges en communication des partis politiques. Chasseurs, défenseurs de l’environnement, familles monoparentales, habitants des zones sensibles… tous ont cherché à faire ratifier leurs propres expériences et expertises du terrain par les différents candidats à la succession de Jacques Chirac. La politique est devenue interactive, le débat participatif, et la voix électorale enfin un moyen de se faire entendre.

Le collectif AC Le Feu symbolise cette volonté de réappropriation de la démocratie par le citoyen. Sa jeune histoire démarre tragiquement le 27 octobre 2005, avec la mort de deux jeunes de Clichy-sous-Bois, électrocutés alors qu’ils fuyaient les forces de l’ordre. Immédiatement, des « émeutes » embrasent de nombreuses cités de banlieues. L’incendie mettra trois semaines à s’éteindre, mais le feu couve toujours. L’Association du Collectif Liberté Egalité Fraternité Ensemble et Unis (AC Le Feu) est alors fondée à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Prenant sur leurs congés et leurs RTT, ses membres sillonnent la France en minibus durant plusieurs mois, pour décoder la colère à l’origine de ce qu’il préfère appeler une révolte plutôt que des « émeutes ». Objectif : recueillir les doléances des habitants des quartiers sensibles et inciter les jeunes à aller s’inscrire sur les listes électorales. 120 villes visitées, 20 000 témoignages et autant de kilomètres parcourus plus tard, des propositions concrètes naissent des cendres des voitures incendiées. Un an après les événements de novembre 2005, les cahiers de doléances d’AC Le Feu, fruit d’un travail de terrain réalisé dans les quartiers sensibles, mais aussi ruraux et de centre-ville, sont déposés dans les deux chambres parlementaires. Le président de l’Assemblée Nationale, Jean-Louis Debré, refusera l’audience demandée par les initiateurs de ces cahiers, faute d’un emploi du temps « particulièrement chargé ».

La discrimination, le logement, l’éducation, l’emploi, la santé, les pratiques policières… toutes ces problématiques, peuvent-elles vraiment attendre ? Surtout pour des « familles condamnées à l’abandon des pouvoirs publics depuis trente ans au moins, frappées par le chômage de masse, réduites à vivre dans des logements souvent trop petits ou insalubres, lâchées par l’école malgré le courage de nombreux enseignants, cible de la police et de la justice, stigmatisées dans leur culture, leur religion et leur mode de vie par certains groupes politiques et médias, niées dans leurs identités complexes », comme l’indique l’introduction aux 105 propositions d’AC Le Feu.

Sans se décourager devant le refus de Monsieur Debré, le Collectif AC Le Feu a proposé aux candidats à la Présidentielle de signer un « contrat social et citoyen », dont la légitimité repose sur une exceptionnelle enquête de terrain. Seuls Ségolène Royal, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Dominique Voynet et Corinne Lepage ont accepté de reprendre tout ou partie de leurs 105 propositions. Les paroles s’envolent, les écrits restent. Le 14 avril, AC Le Feu a organisé la Marche des Oubliés, pour rappeler, à travers un rapport de force créé depuis la rue, qu’il serait présent avant et après les élections présidentielles. Le peuple reste le plus grand parti politique de France. La nouvelle Présidence de la République est avertie.

« Le réveil des oubliés », éditions Scali, 9,99 €

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Cet article devait paraître dans un magazine masculin... qui s'est malheureusement arrêté au quatrième numéro, faute d'annonceurs. 

25/06/2007

Ségolène Royal en marge du Parti Socialiste : 5 raisons de croire à la création imminente de son propre parti

1. François Hollande a refusé d’être le directeur de campagne de Ségolène Royal lors de la dernière présidentielle, de se marier avec elle, et même, de se séparer d’elle alors qu’il avait une maîtresse. L’homme du « Non », comme l’a démontré le référendum sur la Constitution Européenne en 2005, pourrait aller au bout de cette logique un tantinet « macho ». Il devrait « l’éconduire » à nouveau, en la conduisant expressément vers la sortie du Parti Socialiste… prochainement. Dans un couple, après une séparation, l’homme coupe souvent tous les ponts… 

2. Ségolène Royal possède aujourd’hui une popularité à son zénith chez les « sympathisants socialistes ». Cette souris n’effraie pas les éléphants du PS, lesquels disposent d’arrangements d’appareil pour éviter toute modification profonde dans le parti, d’ici aux élections municipales de 2008 ; et savent que les vacances vont « remettre à neuf » la mémoire des Français.

Avant le grand chambardement au Parti Socialiste (le remplacement de Hollande… s’il a réellement lieu !), Madame Royal serait donc parti pour une année de relatif anonymat. En effet, elle n’a aucune fonction au PS, elle ne se présentera pas au suffrage universel l’année prochaine (puisqu’elle est contre le cumul de mandats), et certains de ses soutiens ne pourront obtenir qu’avec l’assentiment de Hollande et des barons du parti.

Et comme elle préfère toujours conserver l’initiative…

3. Ségolène Royal défend une idée surréaliste pour le Parti Socialiste : la parole des gens, ce n’est pas que l’encre des programmes électoraux, c’est avant tout la source des meilleures idées.

Madame Royal milite en faveur de la démocratie participative, des citoyens experts de leur quotidien, et du vote des adhérents du PS pour désigner leur candidat à la présidentielle. Ce dernier point pourrait être remis en cause dans un an.

Pourquoi attendre d’espérer prendre le pouvoir au PS… sans le moindre espoir ? 

4. François Bayrou a déjà enregistré 75 000 pré-adhésions pour le Mouvement Démocrate. A lui, le centre-droit. Si Ségolène Royal crée son propre parti, elle doit rapidement se positionner, sous peine de voir Bayrou aspirer tous les électeurs du Centre. En plus, elle occupera le centre-gauche. Centre-droit, centre-gauche : deux partis qui pourront aisément réaliser des alliances, et gagner des élections. Car, comme l’a prouvé la Présidentielle 2007, plus aucune élection nationale ne se gagnera en faisant campagne contre les riches.

5. Enfin, quand Ségolène Royal s’est véritablement lancée dans la course à la précédente présidentielle, les gens ont été frappés par son image rayonnante et sous le soleil aux côtés de la future présidente chilienne, contrastant avec les caciques du PS fêtant les dix ans de la mort de François Mitterrand sous la pluie de Jarnac. Hier, Ségolène Royal attirait la lumière des médias en visitant des grottes préhistoriques, tandis que les barons du PS continuaient de débattre à l’ombre de la télévision lors de leur Conseil National. La boucle serait en quelque sorte bouclée. Dans une série télévisée, après une première saison aussi marquante, ce serait un excellent « cliffhanger », c’est-à-dire, un rebondissement de dernière minute qui vous envoie de suivre toute la saison suivante sur les traces de votre héroïne favorite…

11/06/2007

Législatives, 1er tour, l’UMP hégémonique : 7 raisons d’entrer sans ambiguïté en Résistance… Nul besoin de patienter jusqu’à l’appel du 18 juin prochain !

Il y a 7 raisons de ne pas désespérer du vote du 10 juin, au premier tour des élections de 577 députés, qui nous promet plus de 400 élus de l’UMP à l’Assemblée Nationale. Et donc de s’engager dès maintenant et sans ambiguïté pour cinq années de reconquête du pouvoir pour proposer une alternative efficace et crédible à une politique qui privilégie les 93 000 foyers fiscaux (sur 18 millions) les plus riches – le fameux « bouclier fiscal », ainsi que les heures supplémentaires aux emplois nouveaux, les crédits d’impôts aux nouveaux propriétaires de leur logement… ces fameux cadeaux fiscaux que les Français risquent de payer par une sérieuse hausse de la TVA – c’est-à-dire, une augmentation « naturelle » des prix des biens que nous consommons chaque jour

1. Il faut arrêter de délirer : les Législatives ont validé le résultat des Présidentielles, et c’est tant mieux ! La France a besoin de stabilité politique… Il faut aussi cesser de pleurer – hurler, invectiver, ne pas sourire, etc.- contre l’inversion du calendrier des élections, ayant permuté les scrutins législatifs et présidentiels. Chers électeurs, fallait réfléchir au moment où le choix se posait véritablement.

Si la Gauche avait gagné le 6 mai, aurait-elle milité pour davantage de pluralité – disons, pour faire moderne : pour davantage de proportionnelle -, au risque de perdre la majorité absolue à l’Assemblée Nationale ? Non. Archi-non. Cela engagera sans ambiguïté Nicolas Sarkozy quant aux résultats de son gouvernement.

2. Le second tour ne changera (presque) rien au premier, et c’est tant mieux ! La France a besoin de cohérence en politique. Pour la première fois depuis 1978, une majorité sortante est reconduite dans notre pays. L’alternance n’est plus la règle incontournable des élections. Cela ouvre, dès à présent, la voie à la continuité dans l’action politique, à la possibilité d’inscrire un programme au-delà d’une législature. Pour l’environnement, par exemple, c’est fondamental de songer déjà à 2050 en se moquant de l’échéance de 2012. On ne peut pas reconstruire un grand mouvement d’opinion sans pouvoir l’inscrire dans la durée. Les Français auront adhéré en majorité et sans ambiguïté à la politique de Nicolas Sarkozy. Ils ont voté 4 fois dans le même sens ; donc en connaissance de cause. Cela facilitera la contre-expertise, s’il devait s’avérer que le programme du candidat de l’UMP n’est pas à la hauteur des problèmes et des qualités de la France.

3. Le Front National est promis à la casse. Totalement aspiré par l’UMP, il a perdu son pouvoir néfaste, celui de brouiller les cartes et d’empêcher certaines questions d’être clairement tranchées entre deux solutions. Le F.N a disparu du paysage politique, au point de ne plus pouvoir provoquer de triangulaire au second tour des législatives (à l’exception de Marine Le Pen, dans le Nord). Le mano à mano entre la Droite et la Gauche reprend enfin, sans ambiguïté, pour la première fois depuis 1981.

4. L’opposition parlementaire a été laminée. Le déséquilibre de l’Assemblée Nationale, avec une hégémonie de l’UMP, est une opportunité pour la Gauche. Les trois Gauches. La gauche de l’âme qui se regroupera derrière Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë. La gauche du cœur qui se regroupera derrière Olivier Besancenot. Et la gauche de l’esprit, qui se regroupera derrière le Mouvement Démocrate (le MoDem) de François Bayrou et / ou DSK. L’avenir de la politique en France est sans doute aux coalitions intelligentes, aux alliances sans ambiguïté, comme dans de nombreux autres pays européens.

5. Fort de la majorité qu’il a gagnée à la sueur de son front, Nicolas Sarkozy va abattre ses cartes. Toutes ses cartes. Le droit de réponse commencera. On pourra enfin juger sur les actes… sans ambiguïté. Et donc établir des contre-propositions – déjà présentes dans les programmes de Royal, Delanoë et Besancenot – sur des faits, et non plus sur des promesses.

6. Avec près de 40% d’abstention au premier tour des législatives, contre moins de 15% à la Présidentielle, cela signifie - grosso modo – qu’un quart des électeurs, soit environ 10 millions d’électeurs, ont brutalement désespéré du verdict des urnes ; et ont changé d’avis, à ce sujet, en à peine un mois. Cela donne, d’ores et déjà, une population énorme à conquérir. A condition d’abolir toute ambiguïté dans le choix politique alternatif, présenté en cas d’échec de Nicolas Sarkozy.

7. Alain Juppé montre le chemin à suivre par toutes les Gauches. Brillant politique, « le meilleur d’entre nous » (dixit Jacques Chirac) s’est astucieusement présenté dans une circonscription qui a largement voté pour Ségolène Royal le 6 mai dernier. Or, en renversant la tendance des Présidentielles, il se pose implicitement en premier successeur de Nicolas Sarkozy. Son engagement sans ambiguïté derrière le candidat de l’UMP a sans nul doute favorisé l’adhésion des Français aux thèses de Monsieur Sarkozy. Il n’a sans doute pas abandonné l’idée d’accéder à la Présidence de la République. Il construit sa nouvelle voie royale, sur cinq ans au moins. Sa patience est un exemple.

Et vous trouvez-vous qu’il a d’autres raisons de ne pas désespérer du 10 juin ?

 
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