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19/06/2007

Hollande, Royal et le PS : quelle était la séparation… des pouvoirs ? Réponse bientôt dans « Les coulisses d’une défaite » ?

Ségolène Royal et François Hollande ne forment plus qu’un couple politique : dans une séparation, une fois de plus, c’est la femme qui prend la décision de partir. Visiblement amoureux d’une journaliste, selon le journaliste d’investigation Olivier Toscer, François Hollande n’a pourtant pas osé faire ses valises.

En « gentlewoman », Ségolène Royal a même « demandé à François Hollande de quitter le domicile, de vivre son histoire sentimentale de son côté, désormais étalée dans les livres et les journaux, et [elle] lui [a] souhaité d'être heureux ». La classe.

Beaucoup ont déjà ironisé sur cette annonce jugée « précipitée », ternissant soit le prestige de la victoire de l’UMP, soit le blason redoré du Parti Socialiste. Grâce à cette annonce réalisée tard durant la soirée électorale, Jean-Luc Mélenchon a même eu un sursaut de bon sens sur France 2 : « En obtenant plus des deux cinquièmes des députés de l’Assemblée Nationale, le Parti Socialiste empêche ainsi l’UMP de pouvoir réaliser toute réforme de la Constitution – par exemple, pour adopter en force le mini-traité européen voulu par Nicolas Sarkozy – sans l’approbation de l’opposition. » Quand la Gauche sait ne pas se désunir, on en rosit de bonheur…

Au soir du second tour des élections législatives, était-ce le bon moment pour annoncer cette séparation ?

Comme l’explique un sujet de l’excellent site Rue89.com, cette révélation n’est que le fruit d’une chasse au scoop. Elle devait paraître mercredi prochain dans un livre écrit par deux journalistes de l’AFP (« Les coulisses d’une défaite »), avec l’assentiment de Ségolène Royal donnée le 8 juin dernier. Et être annoncé le 18 juin dans une interview radiophonique. La course à un scoop, connu de toutes les rédactions parisiennes depuis des mois (les difficultés du couple Hollande / Royal) - quel paradoxe ! -, en a décidé autrement.

Alors, pourquoi Ségolène Royal - puisque c’était au courage de la femme qu’incombait cette tâche -  n’a-t-elle pas rendu plus tôt ce verdict de séparation ? Un verdict qui crevait les yeux, et dont tous les Français ont été témoins compte tenu de l’affection « marquée » de Ségolène Royal envers son ex-compagnon durant toute la campagne présidentielle (une bise sur la joue en tout et pour tout !) ?

medium_royal_hollande_19_06.jpgUne telle attente, était-ce un hommage à Mitterrand, qui ne menait plus de vie de couple avec sa femme Danielle dès avant 1981 ? Une tradition à la française, respectée à la lettre et avec une certaine dignité par Madame Bernadette Chirac ? La crainte d’un « coming out » qui aurait effrayé les électeurs, quand Bertrand Delanoë a su gérer le sien en temps et en heure ?

Peu importe, à mon sens.

C’est fait, et bien fait. Et c’est une fois de plus audacieux de la part de la candidate à la dernière présidentielle choisie par les adhérents du Parti Socialiste.

Cela aurait sans doute mérité l’audace (tant réclamée par Ségolène Royal) de la transparence dès le début de la campagne présidentielle ou au moment de cette "rupture tranquille". Cela ne doit pas masquer non plus la désorganisation flagrante de Ségolène Royal durant ces mois où elle ne s’attendait pas à devoir jouer le premier rôle (bien expliquée dans l’une des parties intéressantes du livre « La Femme Fatale » de Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué). Cela ne doit pas escamoter le débat au sein du parti socialiste sur les responsabilités de la défaite du 6 mai dernier et les raisons d’espérer un renouveau de la Gauche en France.

Toutefois, ce qui m’ennuie à nouveau, c’est l’exploitation de cette information a posteriori.medium_chirac_19_06.jpg

Si le monde du journalisme accepte l’idée d’attendre pour annoncer une telle information, cela n’encouragera pas aux révélations dans les médias. Et cela, en toute logique, encouragera les femmes et les hommes politiques à cacher / masquer / oublier certains détails troublants de leur vie privée, ou PIS : de leur chemin politique.

En cela, je suis contre les poursuites qui seraient bientôt engagées contre Jacques Chirac. Outre le fait qu’après douze années de services rendus à la Nation – plus ou moins bien rendus, c’est vrai, là n’est pas le problème ! - il peut se reposer en paix, cela encouragera les médias à toujours – et encore - attendre la fin d’un homme politique pour faire découvrir la réalité profonde de ses actes à ses administrés.

Et vous, qu’avez-vous pensé du silence gardé sur la séparation du couple Royal / Hollande ?

15/06/2007

Environnement, Juppé à vélo : ce nouveau logo du développement durable pourrait être retiré dès dimanche, après les législatives à Bordeaux

C’est une image qui choque, et pourtant, elle devrait rassurer : Alain Juppé à vélo.

Le Super Ministre de l'Environnement se déplace désormais sur un beau vélo hollandais entre son ministère du boulevard Saint-Germain, l'Hôtel Matignon et son domicile… trois lieux situés dans le VIIème  arrondissement de Paris. Ne riez pas : un européen sur 3 prend son véhicule pour parcourir... moins de 3 kilomètres ! 1

Candidat à la députation dans la 2ème circonscription de Gironde, monsieur Juppé s'est même rendu en deux-roues dans le bureau de vote de l'école Albert Barraud, en compagnie de sa femme et sa fille.

A chaque fois, Alain Juppé ne portait pas de casque, même si cette sécurité ne figure pas dans les 10 commandements de l’éco-cycliste. 2

On peut aimer le vélo, sans se passionner pour le ridicule. D’autant que les photographes et les cameras de télévision sont souvent présents pour immortaliser la scène.

Certes, le numéro 2 du gouvernement Fillon a la tête dure et ne craint pas les chutes. Il l’a prouvé en décembre 1995, lors de son premier plan pour l’environnement, en contraignant les Français à la marche à pied durant trois semaines grâce aux grèves des Transports. Quant aux chutes, il a appris à s’en relever plus vite que la moyenne, à en juger par la vitesse avec laquelle il a repris la mairie de Bordeaux sitôt son année d’inéligibilité terminée.

Alain Juppé cherche à montrer clairement que l’air vivifiant du Canada lui est monté à la tête. Et qu’il n’est pas présent en politique pour recycler seulement les vieilles casseroles traînées par d’autres que lui.

Mais aujourd’hui encore, Juppé à vélo, c’est une image qui prête encore à rire. Non ? 

Si ! Si !

Aussi étonnant que cela puisse vous paraître, Monsieur Le Ministre, cette image n’est pas crédible. Elle ne semble pas correspondre à l’adoption d’un réflexe naturel, profitable à notre belle Planète Bleue. On a même le fort sentiment qu’il s’agit d’un geste marketing, d’un logo trouvé par une agence aussi performante que celle choisie par le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de Londres 2012. Un peu comme si Christine Lagarde, chargée des questions agricoles, venait bosser en tracteur ; ou si Christine Boutin, déléguée au Logement, habitait un HLM. 3

En outre, en matière d’écologie, Alain Juppé a avoué son « enthousiasme de néophyte ». Il se souvient bien, lorsqu’il était Premier Ministre, avoir pris « une décision courageuse en interdisant, dans une vallée des Pyrénées, malgré l'opposition d'EDF et de mon ministre de l'Industrie, la construction d'une ligne électrique à haute tension qui allait défigurer le paysage. » Mais guère plus. Ah si… l’inauguration d’une usine de fabrication d’éthanol « à l’époque ». Juppé, précurseur ? Pas vraiment. C’est l’an dernier, au Canada, qu’il a pris conscience « du danger qu’encourait la planète si on ne faisait rien ». Remarquez, comparé à l’attitude de George W. Bush au récent G8, Alain Juppé est effectivement un précurseur…

N’accablons pas Alain Juppé, même s’il devra changer de braquet pour convertir le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy à l’écologie, lequel a été le plus mal noté de tous les projets des candidats à l’Elysée par l’Alliance pour la Planète (8,5/20, contre 16/20 à Ségolène Royal).

En effet, Alain Juppé a déjà posé, sans tarder, les jalons du « Grenelle de l’Environnement » prévu à l’automne prochain. Il a occupé Matignon, ce qui lui confère une excellente vue transversale des dossiers (entre Ministères), absolument impérative pour réussir dans sa mission. Il expérimente à Bordeaux le transport urbain de l’avenir (le tramway), avec ses difficultés et ses avantages, sachant que les transports sont à l’origine de 25% des émissions de CO2 en France. Il conserve aussi une certaine lucidité sur certains dossiers brûlants comme le nucléaire, qui n’est pas, selon lui, la solution « à échéance de 3 à 4 décennies », mais dont on ne peut se passer aujourd’hui4.

Il est vrai qu’il s’agit là d’un regard sur cet homme politique, réalisé sans la complicité du Canard Enchaîné. Juste avant sa nomination, le Super-Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable s’est débarrassé d’un croiseur qui rouillait sur les quais de Bordeaux avec, à son bord, 35 tonnes d’amiante. Il l’a « refourgué » à l’armée, qui, comme on le sait depuis l’affaire du Clémenceau, possède une puissance de dégazage monstrueuse pour recycler les poubelles de mer… Récemment, pour l’inauguration du TGV-Est, Monsieur Juppé a pris le train en route à Metz, en compagnie du Premier Ministre François Fillon… en rappelant, bien évidemment, combien le rail était meilleur pour Dame Nature que la voie des airs. Enfin, cet homme complet n’instituera pas de moratoire sur l’OGM le plus cultivé de France, le maïs OGM mon 810, dont les anomalies restent inexpliquées selon Greenpace. Il a visiblement baissé Lagarde devant Christine, sa déléguée à l’agriculture, pour la seconde fois… Ce qui fait dire à l’association de défense de l’environnement : « Le gouvernement accumule en effet les positions anti-écologiques. En effet, le 13 juin, la France acceptait au Conseil européen des ministres de l'agriculture que les produits biologiques puissent contenir jusqu'à 0,9% d'OGM alors qu'elle avait la possibilité de voter contre cette décision qui va décrédibiliser l'agriculture biologique. »

Avant de juger Alain Juppé sur ses actes à moyen terme (ce qui sera fait sur Linfonaute) plutôt qu’à sa posture sur son beau vélo hollandais, attendons d’abord que le candidat UMP de la deuxième circonscription de Gironde, bien qu’en situation de ballotage favorable, passe le cap des législatives, sous peine de devoir rendre son portefeuille ministériel comme l’a exigé le Premier Ministre François Fillon…

Et vous, Juppé à vélo, ça vous inspire quoi ? 

 

1 En ville, la voiture est utilisée dans 80% des déplacements, représentant la première source de pollution de l’air. Conséquence de ces comportements : 700 000 tonnes de pétrole brûlées et 400 000 tonnes de polluants divers rejetées dans l’air.

 

2 Les 10 engagements de l’ÉCOcycliste :

1- Je ramène tous mes déchets, de la chambre à air usagée aux emballages alimentaires en utilisant pour cela la poche arrière de mon maillot.

2- Je préfère les produits recyclables ou recyclés.

3- Je nettoie mon vélo, sans excès de lavage, avec des produits biodégradables.

4- J’entretiens mon équipement pour qu’il dure plus longtemps.

5- Je respecte les espaces naturels protégés.

6- Je respecte les cultures, clôtures et troupeaux, les piétons et les trottoirs.

7- Je choisis le vélo pour mes petits déplacements UTILITAIRES.

8- Je milite pour le vélo autour de moi, et dans ma commune.

9- Je fais l’éducation cycliste de mes enfants.

10- Je respecte tous les gens que je rencontre.

3 Je n’ai rien contre les « Christine » ; j’en ai même aimé une, jadis !

4 J’ai personnellement vécu près d’une centrale nucléaire (Cattenom) durant une dizaine d’années.

11/06/2007

Législatives, 1er tour, l’UMP hégémonique : 7 raisons d’entrer sans ambiguïté en Résistance… Nul besoin de patienter jusqu’à l’appel du 18 juin prochain !

Il y a 7 raisons de ne pas désespérer du vote du 10 juin, au premier tour des élections de 577 députés, qui nous promet plus de 400 élus de l’UMP à l’Assemblée Nationale. Et donc de s’engager dès maintenant et sans ambiguïté pour cinq années de reconquête du pouvoir pour proposer une alternative efficace et crédible à une politique qui privilégie les 93 000 foyers fiscaux (sur 18 millions) les plus riches – le fameux « bouclier fiscal », ainsi que les heures supplémentaires aux emplois nouveaux, les crédits d’impôts aux nouveaux propriétaires de leur logement… ces fameux cadeaux fiscaux que les Français risquent de payer par une sérieuse hausse de la TVA – c’est-à-dire, une augmentation « naturelle » des prix des biens que nous consommons chaque jour

1. Il faut arrêter de délirer : les Législatives ont validé le résultat des Présidentielles, et c’est tant mieux ! La France a besoin de stabilité politique… Il faut aussi cesser de pleurer – hurler, invectiver, ne pas sourire, etc.- contre l’inversion du calendrier des élections, ayant permuté les scrutins législatifs et présidentiels. Chers électeurs, fallait réfléchir au moment où le choix se posait véritablement.

Si la Gauche avait gagné le 6 mai, aurait-elle milité pour davantage de pluralité – disons, pour faire moderne : pour davantage de proportionnelle -, au risque de perdre la majorité absolue à l’Assemblée Nationale ? Non. Archi-non. Cela engagera sans ambiguïté Nicolas Sarkozy quant aux résultats de son gouvernement.

2. Le second tour ne changera (presque) rien au premier, et c’est tant mieux ! La France a besoin de cohérence en politique. Pour la première fois depuis 1978, une majorité sortante est reconduite dans notre pays. L’alternance n’est plus la règle incontournable des élections. Cela ouvre, dès à présent, la voie à la continuité dans l’action politique, à la possibilité d’inscrire un programme au-delà d’une législature. Pour l’environnement, par exemple, c’est fondamental de songer déjà à 2050 en se moquant de l’échéance de 2012. On ne peut pas reconstruire un grand mouvement d’opinion sans pouvoir l’inscrire dans la durée. Les Français auront adhéré en majorité et sans ambiguïté à la politique de Nicolas Sarkozy. Ils ont voté 4 fois dans le même sens ; donc en connaissance de cause. Cela facilitera la contre-expertise, s’il devait s’avérer que le programme du candidat de l’UMP n’est pas à la hauteur des problèmes et des qualités de la France.

3. Le Front National est promis à la casse. Totalement aspiré par l’UMP, il a perdu son pouvoir néfaste, celui de brouiller les cartes et d’empêcher certaines questions d’être clairement tranchées entre deux solutions. Le F.N a disparu du paysage politique, au point de ne plus pouvoir provoquer de triangulaire au second tour des législatives (à l’exception de Marine Le Pen, dans le Nord). Le mano à mano entre la Droite et la Gauche reprend enfin, sans ambiguïté, pour la première fois depuis 1981.

4. L’opposition parlementaire a été laminée. Le déséquilibre de l’Assemblée Nationale, avec une hégémonie de l’UMP, est une opportunité pour la Gauche. Les trois Gauches. La gauche de l’âme qui se regroupera derrière Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë. La gauche du cœur qui se regroupera derrière Olivier Besancenot. Et la gauche de l’esprit, qui se regroupera derrière le Mouvement Démocrate (le MoDem) de François Bayrou et / ou DSK. L’avenir de la politique en France est sans doute aux coalitions intelligentes, aux alliances sans ambiguïté, comme dans de nombreux autres pays européens.

5. Fort de la majorité qu’il a gagnée à la sueur de son front, Nicolas Sarkozy va abattre ses cartes. Toutes ses cartes. Le droit de réponse commencera. On pourra enfin juger sur les actes… sans ambiguïté. Et donc établir des contre-propositions – déjà présentes dans les programmes de Royal, Delanoë et Besancenot – sur des faits, et non plus sur des promesses.

6. Avec près de 40% d’abstention au premier tour des législatives, contre moins de 15% à la Présidentielle, cela signifie - grosso modo – qu’un quart des électeurs, soit environ 10 millions d’électeurs, ont brutalement désespéré du verdict des urnes ; et ont changé d’avis, à ce sujet, en à peine un mois. Cela donne, d’ores et déjà, une population énorme à conquérir. A condition d’abolir toute ambiguïté dans le choix politique alternatif, présenté en cas d’échec de Nicolas Sarkozy.

7. Alain Juppé montre le chemin à suivre par toutes les Gauches. Brillant politique, « le meilleur d’entre nous » (dixit Jacques Chirac) s’est astucieusement présenté dans une circonscription qui a largement voté pour Ségolène Royal le 6 mai dernier. Or, en renversant la tendance des Présidentielles, il se pose implicitement en premier successeur de Nicolas Sarkozy. Son engagement sans ambiguïté derrière le candidat de l’UMP a sans nul doute favorisé l’adhésion des Français aux thèses de Monsieur Sarkozy. Il n’a sans doute pas abandonné l’idée d’accéder à la Présidence de la République. Il construit sa nouvelle voie royale, sur cinq ans au moins. Sa patience est un exemple.

Et vous trouvez-vous qu’il a d’autres raisons de ne pas désespérer du 10 juin ?

 
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