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02/05/2007

Dépoussiérez votre image du bénévolat !

Le bénévolat, ce n’est pas fatalement de l’assistanat, un gouffre à temps personnel ou un sacerdoce. Aujourd’hui, à travers le bénévolat, on sait échanger sur le mode culturel, s’approprier son lieu de vie, évoluer en électron libre, faire preuve de folie ou même… prolonger astucieusement son activité professionnelle.

“ On ne peut pas que donner de la bouffe aux gens pauvres. Des filles qui ne se prenaient pour pas grand-chose ont découvert à travers le théâtre qu’elles étaient capables de transmettre leur expérience. Interpréter un rôle devant un authentique public les a rendues exigeantes par rapport à la société. Elles revendiquent maintenant un droit à la culture. ” Partie prenante d’une aventure unique, Janine témoigne de l’extraordinaire réussite d’une entreprise folle commencée il y a trois ans par une compagnie originalement mixte, constituée de quatre bénévoles et de sept “ clientes ” du Secours Populaire. Onze femmes d’origine européenne, kurde, africaine ou arabe, âgées entre 33 et 77 ans, et dont certaines ne savaient ni lire ni écrire. Onze âmes de Morsang-sur-Orge (91) qui vidaient leur cœur dans un groupe de paroles féminin et qui ont rempli celui de milliers de spectateurs avec “ Mes pieds sur la montagne, qu’est-ce que c’est froid ! ”, une pièce pleine d’humour et de tendresse sur les péripéties trop répandues des gens sans le moindre soutien financier.

Ce transfert d’émotions n’aurait peut-être jamais existé sans la drôle de démonstration de Ramata, l’une des onze femmes en colère. Un jeudi après-midi comme un autre, cette africaine enjouée amuse le groupe de paroles avec ses problèmes pour obtenir un appartement. En se mettant dans la peau de tous les intervenants de son parcours du combattant, de la secrétaire de mairie à sa propre concierge. Le théâtre se dessine alors comme un possible mode d’expression des peines contenues. Natascha Rudolf est contactée. Dans un premier temps et durant six mois, cette metteur en scène professionnelle de 36 ans travaille avec onze volontaires… sans la parole. “ Ces femmes se définissaient par des phrases à forme négative. ”, explique-t-elle. “ Je désirai leur montrer que la langue est secondaire. Qu’on peut faire du théâtre avec un vocabulaire réduit et un accent fort. ” Elle met en mouvement le corps de femmes pour la plupart au foyer en leur demandant d’imager des expressions vécues comme “ rester sur le carreau ” ou “ la spirale de l’échec ”. “ Pour les femmes musulmanes, donner leur regard sans avoir le sentiment qu’on leur vole leur âme a exigé de la patience.  Malika, pratiquante, joue avec son foulard et les bras couverts. Le théâtre, c’est extraire de chacun son essence particulière. On n’a pas besoin d’être l’autre pour être intéressante. ” précise Natascha. Toujours désireuse de se laisser colorer par les idées de l’autre, elle construit un spectacle respectant mot à mot les confidences de ses onze élèves reportées sur les traditionnels Cahiers de l’Espoir du Secours Populaire. En une heure de saynètes, elle dénonce la traversée d’une frontière avec un passeur, l’indifférence du personnel à l’ANPE, le passage dévastateur de l’huissier, le vol d’un enfant et même… une certaine ironie de la distribution alimentaire au Secours Pop’ ! Sans jamais verser dans le sordide. Certaines mères apprennent leur rôle à l’aide de cassettes audio. D’autres s’aident de leurs enfants et découvrent un autre échange dans la cellule familiale. On ne peut s’empêcher de pleurer lors des premières répétitions. La nouvelle activité hebdomadaire, qui occupe chaque jeudi, est source de discussion à l’intérieur des couples. “ Les maris avaient moyens de s’interposer, mais ils ne l’ont pas fait. ”, rappelle Natascha. “ J’étais un élément perturbateur, car j’encourageais ces femmes à prendre du temps rien que pour elle. ”. Le changement tient de la révolution. Parmi les “ comédiennes ” du Secours Populaire parties trois jours en tournée à Grenoble, quelques-unes n’avaient jamais dormi à l’hôtel. Les filles marchent même en septembre dernier sur les traces de Coluche et Ferret sur la scène du Dejazet. Sans souci financier. Tous les frais de l’opération, de la rémunération de Natascha à la prise en charge des frais de cantine le jeudi pour les enfants, sont couverts par des subventions décrochées auprès de collectivités territoriales.

L’envie de témoigner rapproche les filles, comme le confirme Natascha “  Il existe une correspondance forte entre la condition féminine des musulmanes aujourd’hui et des françaises qui ont connu l’Après-Guerre. ”.  Mais les filles se rapprochent avant tout d’elles-mêmes. Ainsi, Rosemonde, 58 ans, confie : “ J’ai été abandonnée par mes parents à l’âge de neuf jours, mariée à 17 ans et je ne connais pas ma mère. Ma fille a appris mon passé lors de la première représentation. Elle ne pouvait pas nous filmer tant elle tremblait. Si jusque là je me laissais faire dans la vie courante, j’ai maintenant appris à m’exprimer librement. ” Une fille a retrouvé du travail. Une autre a passé son permis de conduire. Et au début de l’année prochaine, une nouvelle expérience pourrait se profiler, avec un emploi du temps permettant d’inclure les femmes salariées. La solidarité ne manque jamais d’imagination.

Le village dans la Cité

Dans la cité de la Pierre Plate à Bagneux, forte de 839 logements, les habitants sont devenus employeurs de travailleurs sociaux. Sous l’égide de l’association Vis avec nous, ils bénéficient, dans un grand chalet en bois au milieu des barres d’immeubles, de huit spécialistes, de l’éducateur spécialisé à la psychologue. Un service complémentaire aux institutions officielles. Voire plus disponible, comme le confirme Fatima, solidement défendue aux Prud’hommes : “ Ici, c’est comme une deuxième maison. On peut boire un café sans devoir parler. Ou pleurer sur une épaule en toute confidentialité. Alors que ma propre assistante sociale n’avait qu’un quart d’heure à me consacrer et n’a pas refermé la porte lors de l’entretien. ”.

Cette situation originale s’est installée dans les années 80. Des morts violentes de jeunes, notamment consécutives à l’usage de drogues, conduisent les habitants de la Pierre Plate à imiter le modèle du travail social communautaire. A l’instar des pays en voie de développement où, en l’absence de moyens institutionnels, la population est accompagnée dans sa propre prise en charge. Une assistante sociale de Bagneux d’origine chilienne aide à la mise en place d’une formation autour de la toxicomanie. Des travailleurs sociaux sans mission d’accompagnement individuel sont embauchés en contrat à durée déterminée. De réunions entre habitants et professionnels (procureur de la République, sociologue, brigade des stups, etc.) en visite de maison de post-cure se développe une sérieuse connaissance d’un problème dépassant alors les pouvoirs publics. Elle aboutit à la création d’un diplôme local de “ Volontaire de Santé ”.

Pour déterminer les autres attentes des locataires de la Pierre Plate, une enquête participative est réalisée auprès de 500 habitants. L’association Vis avec nous est créée pour les mener à bien.

“ En 1990, le conseil général du 92 nous a proposé une habilitation “ Club de prévention spécialisé ”, qui permet d’obtenir des financements réguliers d’une année sur l’autre pour embaucher des travailleurs sociaux ou réaliser des projets éducatifs. Depuis, les actions sont pérennisées à la Pierre Plate. ”, précise Nicole Jibard, présidente de Vis avec Nous. Aujourd’hui, avec une trentaine de bénévoles investis, une dizaine d’activités majeures – dont un potager de 500 m2 - et un superbe projet de formation autour du thème brûlant de la parentalité, Vis avec Nous amène les habitants de la Pierre Plate à s’approprier toujours davantage leur cité.

Professionnellement bénévole

Responsable d’un centre de soins des addictions à Bourg-la-Reine, Frédéric Voize, 32 ans, mène de front plusieurs activités de bénévole… en rapport avec son travail auprès des personnes dépendantes du tabac, de l’alcool, du cannabis et des drogues de synthèse. En tant que trésorier de trois associations, il œuvre à favoriser l’implantation de récupérateur - échangeur de matériel stérile pour les usagers de drogue, à promouvoir les pratiques communautaires dans le domaine de la santé ou à intervenir en alcoologie. “  SAFE, l’Institut Renaudot et la Fédération Française d’Alcoologie Ambulatoire ont la particularité d’être à l’origine montées par des professionnels du corps médical qui se sont plus attachés au fond qu’à la forme. Mon but est de réorganiser ces structures afin que plus de monde soit touché par leurs actions. ”, précise Frédéric Voize. Avant d’ajouter : “ Ces liens non professionnels étoffent mon réseau de connaissances dans le domaine de la santé en général. Et facilite l’organisation d’événements en bénéficiant d’une authentique synergie. ” Très occupé, il essaie toujours de se réserver le dimanche. Et avoue : “ Une fois passé le cap de l’orgueil et de l’autosatisfaction dans son bénévolat, on en tire les fruits car l’on est vraiment dans le don. ”

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Cet article, restitué ici en intégralité, était paru dans un grand magazine d'information il y a quelques années... 

01/05/2007

Enquête Anti-vol automobiles (2ème et dernière partie)

Chiffres clés

2 à 300 000 : nombre de véhicules à quatre roues volés chaque année en France. Les chiffres varient selon les sources (assureurs, forces de l’ordre, etc.).

150 : nombre de Porsche Cayenne volées sur 1000 exemplaires, par an. Cette statistique signifie que si l’on garde un tel véhicule durant 7 ans, on possède toutes les chances de se le faire voler… Pour un véhicule comme la Twingo, également classée dans ce malheureux Top 10 des véhicules les plus volés en fréquence, on « retombe » à 2 vols pour 1000.

40 : pourcentage de l’ensemble des véhicules volés, équipés ou non de système anti-vol, qui ne sont pas retrouvés par les forces de l’ordre.

24 : dans la pratique, le nombre d’heures au-delà desquelles, sans trace de votre véhicule, les chances de le retrouver se sont considérablement amenuisées.

20 : suite à un vol de véhicule professionnel, c’est le pourcentage estimé du manque à gagner  dans le chiffre d’affaires par rapport à l’activité générée par ce véhicule. Dans ce cas, si l’utilitaire n’a pas une grande valeur marchande, il est surtout intéressant de récupérer le matériel professionnel entreposé dans le véhicule, très cher et très long à reconstituer.

17 : numéro de téléphone à composer pour joindre les forces de l’ordre

5 : le pourcentage de « pertes » minimum en général reconnu par tous les fabricants d’antivol de voiture interrogés dans cette enquête. Ces véhicules ont été soit brûlés ou jetés dans une rivière, ont servi lors d’une escroquerie à l’assurance, etc.

 

La mort d’une légende

Votre voiture volée et envoyée en moins de six heures par une bande organisée dans un pays de l’Est ? C’est une légende. 48 heures, c’est le délai minimum pour un réseau de malfaiteurs pour maquiller une voiture – les constructeurs gravent de nombreux numéros d’identification sur le châssis, les portières, les vitres, etc. - et maquiller ses papiers – ce qui n’est pas le même « métier » -, et la faire « changer de main ». Il faut parfois une à deux semaines pour que le receleur transmette la voiture au maquilleur et fasse réaliser des faux-papiers, et que « l’acheteur » dépêche un convoyeur et reçoive son colis. Cette chaîne est très compartimentée et chaque élément ne connaît pas forcément tous les autres dans le but d’empêcher le réseau de tomber d’un seul coup. Les fabricants d’antivols interrogés ont d’ailleurs indiqué qu’une faible proportion des véhicules qu’ils avaient retrouvés l’étaient à l’étranger.

Quelques précautions élémentaires

·                                           Lorsque l’on arrive à son domicile, surveiller si l’on est suivi. Une règle de base élémentaire, qui s’inscrit dans une conduite conforme au code de la route avec un coup d’œil dans le rétroviseur toutes les 30 secondes. Un véhicule identifié sur une habitation, c’est la base du home-jacking

·                                           Ne jamais descendre de son véhicule en laissant les clés sur le contact. Notamment en cas de « poussette » par un autre véhicule, de poubelle en travers de la descente de garage, de personne blessée sur le bord de la route, en vous arrêtant pour une petite course, en prenant vos enfants à l’école…

·                                           Eviter de confier son adresse quand on laisse son automobile à un garage. On peut donner une photocopie de sa carte grise masquant l’adresse.

·                                           Faire attention à l’environnement quand on s’arrête. Quand on récupère son véhicule, il ne faut pas, par exemple, jouer avec la télécommande pour vérifier si elle marche de loin, mais ouvrir sa voiture au dernier moment. Quand on signale quelle voiture vous appartient à 20 mètres de distance et avec la clé dans la main, on est vulnérable, car le voleur a le temps de préparer son agression. C’est le cas classique des parkings avec quelques belles automobiles, où le voleur attend le premier propriétaire venu

·                                           En cas d’agression, penser à soi en premier lieu. Dans tous les cas, lors d’une agression, le rapport de forces vous est défavorable.

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Cette enquête est parue fin 2004 dans une revue professionnelle.

 

 
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