Avertir le modérateur

30/07/2007

Bien-être : comment choisir son art martial ?

Face à l’insécurité ressentie aujourd’hui, en particulier dans les grandes agglomérations, qui n’a pas rêvé de disposer de parades en cas d’agression ? Certes, tout le monde ne pratique pas assidûment soit un art martial, élaboré à l’origine pour les moines chinois afin qu’ils pérégrinent dans le pays sans crainte des attaques de brigands, soit une technique de self-défense tel le Krav Maga (ou « combat avec contact » en hébreu) inventée par un officier de Tsahal, Imi Lichtenfeld, et classée secret militaire jusqu’au milieu des années 60.

Toutefois, nous vous présentons trois ripostes simples à mettre en place en cas d’affrontement devenu inévitable. Ces coups sont expliqués avec leur protection de vos points vitaux. Ils sont extraits d’arts martiaux, dont seule une pratique assidue – deux fois par semaine – permet d’en maîtriser le geste mais surtout… de définir la stratégie à adopter avant d’aller au charbon, c’est-à-dire le coup à porter en fonction des circonstances (nombre d’adversaires, moyens à sa disposition – bâtons, etc. -, espace disponible, configuration du terrain, etc.). Ils vous ouvrent sur trois ensembles d’arts martiaux ou techniques de self-défense, regroupés par familles, selon l’espace offert à leur mode d’expression. Ils s’accompagnent aussi de conseils pour vous aider à choisir votre art martial. L’esthétisme de ces disciplines, leurs bénéfices au niveau de la santé tant mentale que physique (sentiment de contrôle de soi, calme qui s’instaure après une séance, etc.), leur cadre éthique (salut, autodiscipline, écoute de l’autre), la rencontre de gens ou la redécouverte de votre corps, ou tout simplement leur latéralisation (savoir aussi bien travailler à gauche qu’à droite) sont autant de (belles) autres raisons que le climat d’insécurité pour se lancer dans leur pratique. N’oubliez pas que les arts martiaux, par leur richesse et leur profondeur, constituent souvent un chemin de vie tour duquel on peut solidement organiser son existence, comme le précise le suffixe « do » (voie) du nom des disciplines (judo, karatédo, etc.)

1. Combattre de loin : dans la rue.

Nom de la parade : Coup de pied latéral avec sa protection (kung-fu)

Description de la parade : Monter le genou à l’équerre et la détendre pour frapper avec le tranchant du pied. Dans le même temps, on se protège les parties génitales et l’abdomen avec le poing co-latéral fermé ainsi que le visage avec la main opposée ouverte en prenant garde de ne pas se masquer le regard.

Arts martiaux ou techniques pour combattre de loin : kickboxing, vietvodao, capoiera, taekwondo, karatés dans le style du nord de la Chine (adoptés par les cavaliers) comme le wadoryu, kung-fu.

Point commun : Ces méthodes de combat spectaculaires disposent d’une technique de jambes bien plus puissante que les autres arts martiaux, développée à travers des coups de pieds sautés et des ciseaux. Elles sont dites « de sacrifice ». Pourquoi ? Elles permettent de tenir un ou plusieurs adversaires à distance. Elles conviennent aux petits gabarits, plus à l’aise face aux grands gabarits. Le taekwondo, par exemple, a été spécifiquement développé pour le peuple coréen de taille modique.

Affinités physiques recommandées : Il faut aimer le travail des jambes et ne pas hésiter, par exemple, à devoir se tenir en équilibre sur une jambe. Mieux vaut également démarrer jeune – avant la vingtaine –, quand les tendons ne sont pas encore tout à fait formés.

Exercices complémentaires : le saut à la corde et la détente en général, afin de mieux apprendre à appréhender l’espace, différent en l’air que les pieds sur terre.

Apports particuliers : Une grande souplesse du corps.

2. Combattre à mi-distance : dans les couloirs du métro.

Nom de la parade : Coup de poing direct avec parade simultanée (karaté)

Description de la parade : Au départ, le poing est positionné au niveau de la hanche, le coude en léger recul par rapport au dos. Il est porté directement au visage de l’agresseur tandis que, simultanément, l’autre poing se place à angle droit devant le visage.

Arts martiaux ou techniques pour combattre de loin : boxe anglaise, karatés de styles modernes comme le shotokan, kung-fu dans les styles du sud de la Chine comme le shaolin, etc.

Point commun : Ces méthodes demandent un constant travail au niveau des bras, membres pouvant être chétifs au démarrage de l’activité. Elles exigent un fort ancrage dans le sol, c’est-à-dire de progresser au niveau de la stabilité sur ses jambes. Les kung-fu dans les styles du sud de la Chine étaient adoptés par les agriculteurs des rizières, dont le labeur demandait une grande force de jambes. Si une agression s’engage (comme dans le métro), elles ne nécessitent pas beaucoup d’espace, contrairement aux techniques de pied.

Affinités physiques recommandées : Bonne maîtrise de son centre de gravité, car l’entraînement de base nécessite d’être en permanence en position basse sur ses jambes.

Exercices complémentaires : Renforcement musculaire global (à l’aide d’appareils)

Apports particuliers : Maintien général du corps, notamment en position statique, et meilleure résistance physique 

3.  Combattre à courte distance : dans le métro.

Nom de la parade : Séparer la crinière du cheval sauvage (taïchi)

Description de la parade : Au départ, le bras droit légèrement détendu est placé vers l’avant corps, paume de la main ouverte, et le bras gauche porté juste en dessous du menton ; le corps repose un peu fléchi sur les genoux. Avec la main gauche, on esquive et dévie le poing de l’agresseur. Avec la main droite, on décrit un grand arc de cercle pour placer son bras le long du corps de l’agresseur afin de le déséquilibrer à l’aide de la jambe droite ancrée à l’équerre dans le sol par un mouvement de bascule.

Arts martiaux ou techniques pour combattre de loin : Aïkido, judo, ju-jitsu, taïjitsu, lutte chinoise, taïchi, etc.

Point commun : Ces méthodes, lors d’un conflit éventuel, se doivent tout de suite de casser la distance de combat pour coller à son adversaire. Elles conduisent au contrôle et à l’immobilisation de l’autre. Debout, les petits seront avantagés par leur bas centre de gravité, mais au sol, ce sera l’inverse.

Affinités physiques recommandées : Des articulations souples, un certain souffle et une sérieuse résistance dans la pratique au sol.

Exercices complémentaires : Un travail de fond important, comme le vélo, la natation ou le footing.

Apports particuliers : Confiance en soi vis-à-vis des personnes situées à proximité dans les lieux publics.  La communion entre les centres d’énergie des pratiquants engendrée par ces méthodes aide à mieux ressentir ce qui se passe en l’autre et réconcilie avec le contact humain. De plus, on parfait sa connaissance de l’anatomie, car les gestes exigent un contrôle absolu pour ne pas casser ou luxer certaines parties du corps de son adversaire.

Quelques conseils généraux 

- Vous avez généralement droit à un cours gratuit. Profitez de ce test pour sentir si vous êtes accepté par le groupe et si son esprit vous convient. Certains cours sont en effet plutôt orientés « traditionnel » (forte hiérarchie entre le maître et ses élèves), « travail à la dure » ou encore « détente / initiation ».

- Une certaine rapidité de mémoire facilite la coordination des mouvements lors de la pratique.

- Une présence assidue - deux séances d’une à deux heures par semaine – est préférable, si vous désirez bénéficier des effets de votre pratique dans votre vie courante. Il faut donc choisir un lieu permettant d’inclure ce bouleversement dans son emploi du temps. Sinon, comme environ la moitié des pratiquants, vous arrêterez avant la fin de l’année.

-------------------------

Cet article est paru il y a 4 ans dans un magazine sur la santé. Il s'agit là de la version originale et intégrale.

06/05/2007

S’initier à l’aromathérapie (2ème et dernière partie)

La première trousse de soin

Pour débuter dans l’auto-traitement en aromathérapie, ces huit premières huiles essentielles (30 Euros au total pour des flacons de 15 ml à la Pharmacie Richard), sélectionnées parmi la centaine habituellement vendues, couvrent une belle palette de premiers soins :

- L’arbre à thé, pour les petits accidents cutanés et les soins de la peau

- L’eucalyptus globulus pour dégager les voies respiratoires.

- La lavande, calmante, relaxante, anti-douleur et cicatrisante

- La menthe poivrée, contre les migraines et le « mal des transports », mais aussi pour la digestion.

- L’orange douce ou la mandarine pour leur parfum apaisant et leur action digestive

- Le citron, dite « huile essentielle de la femme », pour le foie, contre les rhumatismes, excellent bactéricide et tonique du système nerveux.

Ainsi que deux autres huiles à manipuler avec beaucoup de précaution : le thym à thymol, anti-sceptique des voies respiratoires et digestives, et le clou de girofle, qui soulage les caries.

Vous pouvez débuter avec l’huile de pépins de raisin comme huile de support (3 Euros, la bouteille), qui pénètre bien la peau et possède une odeur plutôt neutre. Pour réaliser vos propres préparations, vous trouverez en pharmacie les flacons en verre teinté d’une contenance de 15 ou 30 ml (un peu moins d’1 Euro l’unité), avec codigoutte intégré, car les compte-gouttes en caoutchouc brûlent parfois déjà au bout de deux ou trois mois pour certaines huiles essentielles.

A l’abri de la chaleur et de la lumière dans un flacon bien bouché, une huile essentielle conserve ses qualités durant trois à cinq ans. Au fil du temps, le liquide va s’épaissir, mais cela ne changera rien à sa qualité. Les agrumes sont les plus sensibles à l’oxydation. De même que certaines huiles de support.

Comment se déroule une consultation en aromathérapie

Certes chère (autour de 500 francs), une consultation chez un médecin phyto-aromathérapeute dure au moins une heure. Afin de vous observer de la pointe des cheveux jusqu’au bout des ongles, dans le but d’agir sur le lieu à l’origine du déséquilibre dans le corps, et non sur le lieu où la pathologie se manifeste. En complément, des questions parfois insolites sont posées, telle « est-ce que vous bavez la nuit ? ». Mais une réponse positive dans ce cas signale un dysfonctionnement du système parasympathique. Par ces questions, le médecin détermine le terrain du patient et, en particulier, les parties, systèmes ou organes en dysfonctionnement que l’on va pouvoir réguler grâce aux plantes appropriées.

Deux examens typiques sont pratiqués en phytothérapie :

- d’une part, pour traiter les infections, l’aromatogramme (qui est l’équivalent de de l’antibiogramme en allopathie), permet par un simple prélèvement de choisir l’essence la plus efficace pour tuer le germe en cause retrouvé chez le patient.

- d’autre part le gémmogramme qui, par une prise de sang -, va permettre de compléter l’étude du terrain du malade et donc ses dysfonctionnements.

 
Thym et lavande : une action antagoniste

« Le thym bloque de façon puissante l'activité du système parasympathique, c’est-à-dire le système qui règle les mécanismes sécrétoires et d’assimilation de l'organisme humain. Quant à la lavande, elle est capable de diminuer fortement l'activité du système alphasympathique, c’est-à-dire le système de gestion du stress. Pour une durée courte d'un usage de quelques jours, l'organisme n'aura pas le temps de modifier de façon durable son équilibre neurovégétatif sous l'effet de ces deux plantes, et l'effet anti-infectieux sera prédominant. Par contre, une utilisation prolongée d'une telle association pourra - selon l'état personnel du patient qui l'absorberait - avoir des effets négatifs préjudiciables. », explique le docteur Jean-Claude Lapraz.

A noter

 

- Précaution indispensable : tenir les flacons d’huiles essentielles hors de la portée des enfants. En cas d’ingestion accidentelle ou de projection importante dans les yeux ou sur la peau, prévenir le médecin traitant ou le centre anti-poisons. On peut aussi diminuer l’irritation d’une huile essentielle sur la peau en la diluant à l’endroit de la douleur avec une huile végétale quelconque (olive, etc.).

- Bien que « naturelle », la phytothérapie – et a forciori l’aromathérapie - n’est pas sans danger : Socrate est mort empoisonné par une plante, la ciguë.

- Le diplôme d’herboriste a été supprimé le 11 septembre 1941. Il existe environ 500 plantes aromatiques et médicinales parmi les 800 000 espèces botaniques (dont seulement 20 000 sont bien connues).

- L’Académie de Médecine a reconnu en 1987 que la phytothérapie, employée selon les pays depuis 7 à 12 000 ans, faisait partie intégrante de la médecine.

- Il est déconseillé d’ajouter des huiles essentielles à des produits de beauté déjà formulés. On peut en effet suspecter des interactions entre les composants. Par contre, il est possible de préparer ses propres recettes de beauté aux huiles essentielles avec des bases simples naturelles (argile, huiles vierges, bases crème, bases shampooing).

Livres

- pour débutants : 

 « Le guide de l’aromathérapie » de Monica Werner (éditions Marabout, environ 15 Euros).

« Guide pratique des huiles essentielles » du docteur Nadine Perreaut (environ 5 Euros)

- pour initiés : 

« Les huiles essentielles, une médecine d’avenir » du docteur Jean-Pierre Willem (éditions du Dauphin, environ 15 Euros)

---------------

Cet article, dont l'intégralité est ici restituée, est paru dans un magazine sur la santé il y a quelques années.

 

05/05/2007

S’initier à l’aromathérapie (1ère partie)

Branche de la phytothérapie (traitement par les plantes), l’aromathérapie revient à la mode. Etonnamment efficace contre les petits maux du quotidien et en prévention, elle requiert l’avis d’un médecin pour des soins thérapeutiques. Car cette automédication aux effets puissants n’est pas sans danger !

 L’aromathérapie est l’utilisation de plantes qui dégagent un arôme et dont on peut extraire des essences sous forme d’huiles essentielles. Ce puissant concentré de propriétés d’une plante est recueilli par une distillation à la vapeur d’eau ou par simple expression à froid (pour les zestes d’agrumes) à partir d’éléments déterminés, tels le bois pour le cèdre et les feuilles pour l’eucalyptus. Voire de différentes parties comme pour l’oranger. On obtient un litre d’huile essentielle avec 6 à 7 kilos de clous de girofle, 120 à 200 kilos de lavande vraie et 3 à 4000 kilos de pétales de roses.

« L’huile essentielle d’une plante est composée presque uniquement de molécules aromatiques volatiles qui ne représentent qu’une partie infime des composants de la plante entière - 1% en moyenne -. Ses propriétés découlent de cette composition et ne sont pas identiques à celles de la plante entière ou d’extraits obtenus par d’autres moyens (teintures, macérats glycérinés, etc.). », explique Michel Morineau, responsable qualité pour les produits d’aromathérapie du Docteur Valnet. Au-delà de l’émotion provoquée par son parfum, une huile essentielle agit différemment en voie interne. Exemple avec l’eucalyptus. « Son huile essentielle agit principalement sur les voies respiratoires. Alors que sa tisane ou sa teinture mère dispense son action sur les bronches mais aussi sur le métabolisme des sucres au niveau du pancréas. », explique Michel Pierre, directeur de l’herboristerie du Palais Royal. De plus, il faut prendre en considération une autre dimension : l’espèce de la plante. « Il existe 800 variétés d’eucalyptus, mais l’espèce « globulus », peu diffusible, agit sur les voies respiratoires basses (bronches), alors que l’espèce « radiata », très indiquée pour la diffusion, agit sur les voies respiratoires hautes (ORL). », précise le docteur Jean-Pierre Willem, à l’origine de l’association Médecins aux Pieds Nus.

C’est pourquoi il est fondamental de veiller à la qualité des produits employés en aromathérapie. L’étiquetage doit comporter la dénomination « huile essentielle » complétée par la mention « 100% pure et naturelle », l’appellation botanique de la plante éventuellement complétée par son identité biochimique (le chémotype), la partie de la plante receuillie et enfin une date optimale d’utilisation. De préférence, vos huiles essentielles seront issues de l’agriculture biologique pour éviter d’absorber des pesticides. Elles ne doivent pas être confondues avec des produits comme une « senteur », composition synthétique – et donc chimique – de la plante, au parfum certes plus fin et plus agréable, mais dépourvue des propriétés d’une huile essentielle. D’autre part, les produits se référant de l’aromathérapie contiennent rarement des huiles essentielles 100% pures et naturelles, sinon en pourcentage très faible. Quand leur composition n’est pas truffée d’éléments chimiques…

Savoir bien débuter en aromathérapie

Lorsqu’on aborde l’aromathérapie, on peut commencer avec des préparations à base d’huiles essentielles prêtes à l’emploi de qualité, tels Tégarome du docteur Valnet pour les petits accidents cutanés (notamment pour les enfants en bas âge) ou encore les assainisseurs d’atmosphère du laboratoire Saint Côme. En automédication, l’aromathérapie ne se pratique pas de manière fantaisiste. Il est certes agréable, dans le monde des senteurs, de se laisser mener par le bout de son nez pour choisir un soin adapté, plusieurs huiles essentielles pouvant répondre à votre recherche. D’autant qu’il ne faut jamais négliger l’action d’une odeur sur le psychisme d’une personne, le parfum facilitant la remontée à la surface des souvenirs.

Mais si l’on désire expérimenter ses propres compositions d’huiles essentielles (cf. encadré 1), il est indispensable toujours s’appuyer sur un ouvrage sérieux, peu avare en recommandations d’usage. Par exemple, les huiles essentielles ne sont pas hydrosolubles. Certaines présentent des dangers particuliers, étant photo-sensibilisantes comme pour le citron ou la bergamote (risque de tâches sur l’épiderme en cas d’exposition au soleil), irritantes en application sur la peau ; voire caustiques comme le thym à thymol ou l’origan. D’autre part, les femmes enceintes, les personnes présentant des terrains allergiques ou défaillants et les enfants peuvent, sous conditions précises, en être interdits.

Nous avons obtenu des résultats étonnants en auto-traitement contre les refroidissements, le mal de dents, le stress, l’insomnie, les douleurs musculaires et les petits accidents cutanés – piqûre d’insecte, coup de soleil, égratignure - avec les recettes données par Monica Werner dans « le guide de l’aromathérapie » (éditions Marabout, environ 15 Euros). En effet, en massage et diluées dans une huile végétale vierge (40 à 60 gouttes pour 100 ml), les huiles essentielles détendent en facilitant la circulation sanguine quand elles sont appliquées au niveau des tempes, du plexus solaire, de la voûte plantaire et des poignets, c’est-à-dire partout où l’irrigation du corps est superficielle. En diffusion (10 à 15 gouttes pour une pièce moyenne), elles pénètrent mieux les voies respiratoires. A condition d’être légèrement chauffées, car une température trop élevée réduit leurs propriétés bactéricides. Lors d’un bain (6 à 8 gouttes d’huiles essentielles diluées dans une cuillère d’huile), on profite en douceur du double effet, du fait de l’inhalation des vapeurs aromatiques et de l’action à travers la peau sur les systèmes nerveux et glandulaire en se frottant avec les gouttelettes en suspension. L’absorption par voie interne dans un but thérapeutique est plus délicate et nécessite l’avis d’un spécialiste, en pharmacie ou en herboristerie. Voire d’un médecin. Un enfant ne peut pas consommer des huiles essentielles par voie interne, car il faut que les sucs digestifs puissent accepter l’agressivité d’un produit puissant. L’adulte les ingère diluées dans une cuillère de miel ou de l’alcool. L’aromathérapie recèle de modes d’action, s’incorporant dans l’alimentation (à raison de 3 gouttes par kilo), dans les produits de nettoyage de la maison ou dans la fabrication de parfum.

En outre, une période sans traitement d’une semaine sur quatre – qui peut correspondre à la période des règles pour une femme – est une nécessité de laisser le corps lutter seul contre les agressions afin qu’il se régénère lui-même.

Attention à l’automédication !

« On a trop tendance à considérer que les huiles essentielles sont inoffensives... et à forcer sur les doses. C’est là que réside le danger. 2 gouttes d’huile essentielle de lavande dans une infusion de tilleul favorisent le sommeil sans aucun risque. 10 gouttes de la même huile essentielle de lavande prises 3 fois par jour peuvent provoquer au bout de quelques jours, somnolence, paresse cérébrale, diminution du tonus cardiaque. », explique Michel Morineau. Il ajoute : « De même, il peut apparaître des effets secondaires - troubles rénaux, hépatiques, nerveux, etc. - en cas de doses excessives ou d’utilisation d’huiles essentielles mal adaptées. »

En automédication, la règle est donc de ne pas dépasser 15 jours en traitement continu, avec au moins un mois d’écart entre deux cures de plus d’une semaine. L’usage prolongé d’une plante durant plus de quinze jours et sans avis médical spécialisé risque de modifier le « terrain » du patient, la sauge sclarée étant par exemple très nocives sur certains cancers. « D’une manière générale, il ne faut pas prendre plus de 5 gouttes par jour en voie interne. L’inhalation n’est pas un acte anodin, car le nez est un organe sensible, rempli de récepteurs du système neurovégétatif et tapissé de petits vaisseaux sanguins qui favorisent le passage immédiat dans le sang. », rappelle le docteur Jean-Noël Schmitt, élève du docteur Valnet et auteur d’un logiciel sur la phytothérapie.

C’est pourquoi l’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques doit toujours être prescrite par un praticien compétent, possédant une formation en phytothérapie en complément des études classiques de médecine générale. Un tel médecin dispose de la connaissance de la physiologie et du terrain du patient ainsi que du savoir précis des propriétés de la plante, afin de mettre en place une stratégie adaptée à chaque cas (cf. encadré 2). Pour éviter, par exemple, d’utiliser en automédication pour le traitement de la grippe ou des refroidissements deux huiles essentielles telles que le thym et la lavande aux effets antagonistes sur le système neurovégétatif (cf encadré 3).

« L’allopathie (médecine classique) ne doit pas être opposée aux médecines différentes telles la phytothérapie, l’homéopathie et l’acupuncture car ce sont en fait des médecines complémentaires. Par exemple, toutes les maladies graves comme la tuberculose, la méningite, la syphilis, etc. et toutes les maladies qui relèvent de l’urgence sont du domaine de l’allopathie. Les autres pathologies aiguës, récidivante ou chronique, pour lesquelles l’allopathie a échoué, peuvent être traitées par la phytothérapie. Celle-ci est par exemple très efficace sur les cystites, pour stopper ou ralentir l’évolution des rhumatismes… ou pour traiter une ménopause ou une ostéoporose quand les traitements hormonaux sont contre-indiqués. », affirme le docteur Jean-Noël Schmitt. Alors, si le nez vous en dit, laissez-vous tenter par l’aromathérapie…

---------------

Cet article, dont l'intégralité est ici restituée, est paru dans un magazine sur la santé il y a quelques années. 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu