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08/11/2007

Delanoë, Royal, Hollande, DSK, BHL, Besancenot : du caviar aux vendanges pour la Gauche

Si la Gauche existait encore en France :

- Bernard Henri-Lévy ne serait pas un leader charismatique pour les gens d’origine populaire (ceux du 7ème arrondissement de Paris, où se présente Rachida Dati). Et on confondrait volontiers, à l’heure de la mondialisation, BHL avec DHL.

- Il sortirait des livres pour défendre un programme de Gauche.

- Bertrand Delanoë ne prévoirait pas de lancer « Ram’lib » ; Ram’lib, c’est un service pour les femmes et hommes politiques de Gauche pour ramer en liberté dans toutes les villes, jusqu’aux Municipales 2008.

- François Hollande n’essaierait pas de piquer le monopole du cœur à Olivier Besancenot (en cherchant à créer une grande fédération de Gauche).

- Ségolène Royal ferait la Une de magazines non people.

- On parlerait, après des élections présidentielles jugées « imperdables », d’une occasion « caviar » lourdement vendangée par la Gauche. Et on demanderait ses recettes au duo lyonnais Benzema-Ben Arfa…

- Au Parti socialiste, le débat interne sur le traité européen aurait duré trois mois, pas trois heures.

- DSK n’aurait pas obtenu une augmentation de 380% pour son salaire (500 000 dollars par an)

- La priorité serait toujours à Droite.

Et selon vous, si la Gauche existait encore en France, que se passerait-il ?

14/06/2007

Fabius piège Borloo sur la TVA « anti-sociale » (ou « anti-délocalisations », c’est selon) : ah… si les éléphants du Parti socialiste avaient été aussi volontaires et pugnaces durant la campagne présidentielle !

Qu’on aime ou non Laurent Fabius, il faut reconnaître une chose : il connaît son métier, il maîtrise parfaitement la « technique » politique.

Dimanche soir, devant des millions de téléspectateurs, l’ancien Premier Ministre de François Mitterrand, le plus jeune qu’ait connu la France, a piégé le Ministre de l’économie comme un bleu. Un cas d’école à étudier désormais par les postulants à la plus haute fonction de l’Etat.

Face à des élus UMP pétris d’arrogance non verbale, Fabius commence par apostropher Borloo sur un ton fortuit ; genre « Monsieur Borloo, pendant que je vous tiens, juste une petite question comme ça… ». Puis il embraie sur la TVA sociale, en demandant à Borloo – avec une voix subitement rentrée, comme un môme qui a quelque chose à se faire pardonner - de lui faire (pour une fois) le petit plaisir de ne pas esquiver la question : le nouveau gouvernement, va-t-il appliquer ce nouvel impôt (bienfaiteur et régénérateur, comme tous les impôts à destination des pauvres), oui ou non ? Et l’autre, à la surprise générale… il lui fait le petit plaisir ! Face à l’enfant retrouvé en Fabius, Borloo lui lâche le morceau sur la TVA anti-sociale pour le consoler. Ou alors, pour énerver "bien involontairement" Monsieur Fillon, dont il brigue la succession avec la même gourmandise que MAM (Michèle Alliot-Marie), selon une information parue il y a quelques semaines dans Le Canard Enchaîné ?

Quoi qu'il en soit, c'est du grand art politique.

En football, cela équivaut au coup du sombrero ; sauf que Borloo se demande encore aujourd’hui où est le ballon… On pourrait appeler ce geste une « Fabiusade », comme on a honoré notre JiPéPé national en appelant le retourné acrobatique une « Papinade ». Après coup, Fillon a dû tellement remonter les bretelles à son Ministre de l’Economie qu’il peut faire du saut à l’élastique avec celles-ci tant elles sont détendues !

Devant cette nouvelle expression du talent politique de Fabius, on se demande tout de même si nous ne possédons pas en France la gauche la plus bête du monde ; et s’il ne faudra pas que des dizaines de cars d’adhérents socialistes se déversent dans Lourdes pour prier et espérer qu’un jour – ô miracle ! – les leaders du PS, aux qualités pourtant complémentaires, cessent de se foutre sur la gueule, comme s’ils s’étaient lancés mutuellement dans un concours malsain de « happy slapping » en public.

Si Fabius et DSK avaient fait corps avec Royal, Monsieur Sarkozy serait aujourd’hui retiré dans un monastère. Et l’île de Malte ne serait connue que pour son Ordre de Chevalier.

Fabius a dégoté le seul fil qui dépassait de l’armure taillé sur mesure par Sarkozy pour s’emparer du pouvoir. Tout le pull est en train de venir… L’armure est certes toujours intacte, mais en attendant, les preux chevaliers UMP vont devoir aller se rhabiller à un moment ou à un autre. Fillon sort même déjà une arme de réserve avec le « revenu de solidarité active » - ah, l’Art Nouveau de l’emploi de l’adjectif, déjà évoqué sur ce blog…-.

Quel dommage que la puissance de feu des éléphants du PS ait malheureusement tourné à plein rendement que lorsqu’elle était retournée contre les socialistes eux-mêmes ! Comme les Français n’ont pas majoritairement une tendance suicidaire, les électeurs ont préféré donner leur voix à ceux qui paraissent s’aimer en public…

Aujourd’hui, le contentieux est tel entre Delanoë, Royal, Hollande, DSK et Fabius que je me demande même, au regard des haines ouvertement étalées, si la Gauche serait capable d’unir à nouveau leur force. Ils ont oublié cette célèbre maxime de François Mitterrand (approximativement restituée ici) : « Il suffit de cent hommes, bien décidés et unis de manière indéfectible, pour prendre le pouvoir. » Sarkozy, lui, a les trouvés.

Et vous qu’en pensez-vous ?

07/06/2007

Ségolène Royal, Bayrou, DSK et Besancenot mettent en évidence les premiers trous d’airs de la méthode Sarkozy (service minimum, peine plancher, Turquie, etc.)

Rien ne sert de faire son jogging, il faut partir à point.

Telle est sans doute la devise du nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy, qui s’est engagé avec ferveur dans la mission que le peuple français lui a confiée le 6 mai dernier, et pour laquelle, selon les derniers sondages sur les législatives, il ne sera pas jugé avant 2012.

Toutefois, même si Monsieur Sarkozy n’hésite pas sur les moyens pour chercher à tenir ses promesses – comme pour le cas Ingrid Betancourt qu’il souhaite évoquer au G8 (avant même le retour de Guerre Froide, voulu par Poutine ?)-, il aura beau gesticuler dans tous les sens, il ne sera jugé QUE sur ses actes. Et c’est peu dire que pour l’attendre au tournant, la file d’attente s’allonge de jour en jour…

Si les semeurs d’intelligence œuvrant pour le site Internet Rue89 veille au grain pour mesurer la capacité de Monsieur Sarkozy à prendre ses rêves pour des réalités, les adversaires de l’UMP et de l’arrogance en politique en général (si Monsieur Fillon pouvait cesser de nous faire sentir combien il est revanchard de revenir aux affaires après son éviction par Dominique de Villepin…) ne désarment pas.

Bien au contraire.

Même si certains d’entre eux, comme les communistes, ne pourront bientôt plus exister que grâce au classement de leur siège Place du Colonel-Fabien comme Monument historique… Chères forces anciennes de la contestation sociale, sachez qu’il est encore temps d’écouter les forces vives des classes modestes, personnalisées par Olivier Besancenot, lequel appelle à la création d’un grand parti de la gauche anti-libérale

Monsieur Sarkozy a déjà reculé sur trois points, et non des moindres :

- Le service minimum : ce devait être une loi, c’est devenu une loi-cadre ; c’est-à-dire, une loi sans obligation de l’appliquer.

- Turquie : comme l’a rappelé Ségolène Royal, le candidat Sarkozy a menti sur la question turque. Ce dernier voulait stopper toutes négociations concernant l’entrée de cet état laïque aux frontières de l’Europe, en pleine croissance économique, en quête d’alliance au niveau international, en proie au nationalisme, et indispensable pont entre deux continents et deux cultures… mais bon, moi, je n’prends pas parti ;-)

- Les peines planchers : elles se dérobent sous le pas assuré du Président de la République. Elles seront en effet plus souples que prévu. En la matière, Ségolène Royal avait défendu une meilleure idée : prendre en charge les jeunes fautifs dès le premier délit, en leur proposant des travaux d’intérêt généraux – rien de tel que l’huile de coude pour faire à nouveau tourner les rouages de la réflexion – ou alors, une manière forte sans commune mesure avec l’école à truands qu’est devenue la prison (encadrement militaire).

Ces reculades sont d’autant plus regrettables que l’homme fort de l’UMP a sans doute devancé Ségolène Royalen raison de son intransigeance : « j’ai dit ce que je ferai, et je ferai ce que j’ai dit », a-t-il répété, jusqu’à ce que chacun connaisse ces paroles mieux que ses comptines d’enfance. Si Bayrou et DSK appellent au pluralisme de l’Assemblée Nationale, c’est encore Ségolène Royal qui a trouvé les mots justes : « Séchez vos larmes, votez ! ».

Et vous, malgré cela, êtes-vous satisfait des premières mesures annoncées par le gouvernement Fillon ?

 
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