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20/09/2007

Cantat et la libération conditionnelle : le monde était fou, il devient schizophrénique !

Cantat triste, sans le claironner. Condamné à huit ans de prison pour avoir tué sa compagne Marie Trintignant en Lituanie il y a quatre ans, Bertrand Cantat est entendu aujourd'hui par un juge d'application des peines sur sa demande de libération conditionnelle. Il ne faudrait pas refaire le procès du chanteur de Noir Désir. Celui-ci est considéré comme un détenu modèle, a réglé les dommages et intérêts réclamés par deux des enfants de Marie Trintignant et un accord à l'amiable a été signé pour indemniser l'assureur de la société de production du téléfilm Colette, interrompu au moment du décès de l'actrice. Soit l’on accepte qu’un être humain puisse payer sa dette, soit il faut instituer la peine de mort à tout va. Non merci.

En revanche, on peut légitimement se demander si la dette de Cantat était à la hauteur du crime commis. Huit ans de prison, pour avoir battu à mort sa femme, est-ce suffisamment dissuasif pour ceux qui croient encore à tort qu'une femme se mène à la baguette ?

Surtout lorsque chacun sait qu’avec les remises de peine, en particulier au moment d'armer sa main, il n'écopera réellement "que" de 4 ou 5 ans à effectuer derrière les barreaux, s'il commet l'irréparable.

En infligeant huit ans de prison pour un tel crime, la libération d’un condamné semblera toujours, à juste titre, prématurée pour les familles des victimes.

Indéniablement, les violences contre les femmes – coups, viols, etc. –, dont les peines sont encore et toujours votées par une majorité d'hommes, ne sont pas reconnues à leur juste valeur par la justice française.

Un exemple, un seul : de 1987 à 2002, Roland Cazaux a été un « prédateur », un chasseur, qui a traqué, épié, suivi, agressé et violé des dizaines de femmes. Il a fait au moins 36 victimes, générant une peur chez de nombreuses femmes dans la Gironde, les Landes et la Côte Basque. Récidiviste, il n’a écopé « que » de 14 ans de prison (hors remise de peine). Soit 4,5 mois de prison (hors remise de peine) par viol.

Au lieu d’incriminer Cantat, dont il ne m’étonnerait pas qu’il sache « militer » contre la violence des hommes et œuvrer pour les en dissuader à travers son art (musique et livre), c’est le procès de la justice française, et de la disproportion de certaines de ses sanctions – insuffisamment dissuasives - qu’il faudrait engager.

Et vous, quel regard portez-vous sur cette possibilité de libération conditionnelle si médiatisée ?

 
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