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03/08/2007

Grenelle de l'environnement : quand les contribuables subventionnent leur propre destruction (pétrole, compagnies aériennes et automobile) ?

La Terre est malade, mais son virus le plus dévastateur reste souriant sur ses deux jambes, bien qu’il n’ait nulle autre planète où s’enfuir…

En tant que consommateur, nous sommes en effet au moins à moitié responsables des émissions de CO2 dans l’atmosphère de notre pays, à travers nos comportements quotidiens  selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME). Chaque ménage émet 15,5 tonnes de CO2 par an en France pour ses déplacements, ses besoins en chauffage et sa consommation d’eau chaude et d’électricité, mais également de manière indirecte, en consommant des biens issus, qu’il faut bien fabriquer et transporter jusqu’à nous.

Si nous devons surveiller en nous notre part consommatrice, il faudrait également contrôler notre part imposable. En effet, une étude du Earth Council (Conseil de la Terre) met en exergue les quelque 500 milliards d’euros dépensés par les nations (et donc, fournis par les contribuables) pour subventionner leur propre destruction.

Pourquoi de l’autodestruction ?

Parce que cet argent sert à financer des activités dévastatrices en matière d'environnement, telle la combustion d'hydrocarbures fossiles, la surexploitation des aquifères, la coupe à blanc de forêts, et la sur-pêche.

Quelques exemples édifiants ? Commençons par le « méchant officiel », certifié conforme aux normes internationales en vigueur par le complexe militaro-industriel américain.

L'Iran tarife ainsi le pétrole pour l'usage domestique au dixième du cours mondial, ce qui encourage fortement la possession d'une voiture et la consommation d'essence. La Banque Mondiale indique que si cette subvention annuelle de 2,6 milliards d’euros était supprimée, les émissions en carbone de ce pays seraient presque réduites de moitié.

Du côté des « gentils », il n’y a pas de quoi pavoiser.

Une étude du parti Vert Britannique montre que de l’exemption totale de la taxe fédérale aux coûts externalisés ou indirects (traitement des maladies dues au fait de respirer un air pollué par les avions, etc.), les subventions données à l'industrie du secteur aérien coûtent 285 euros par an à chaque citoyen britannique. Pis, ce mode de transport coûteux est finalement subventionné pour la partie de la population la plus aisée, les foyers les plus modestes ne pouvant s’offrir de tels trajets.

Aux Etats-Unis, une étude menée en 2001 a calculé que les contribuables américains subventionnent l'utilisation de l'automobile pour 187 milliards d’euros par an, soit environ 1460 euros par contribuable. Y compris les « sans-voiture » fixes…

En France, dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, ne pourrait-on pas imaginer un système « gagnant-gagnant » (ou « donnant – donnant ») pour ne plus donner une seule subvention en échange d’une action concrète et quantifiable en faveur du développement durable ?

27/06/2007

Environnement, rugby, football : la Coupe du Monde 2007 et l'EURO 2008 se convertissent à l’événement durable

Troisième événement sportif planétaire (après les Jeux Olympiques et le Mondial de Football), la prochaine Coupe du Monde de Rugby, disputée en France du 7 septembre au 20 octobre prochain, aura incontestablement un fort impact écologique pour notre pays. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) a déjà sorti sa calculette – ou plutôt, son super ordinateur ! – pour estimer le bilan carbone de l’événement. Résultat : 570 000 tonnes équivalent CO2 devraient être émises par la consommation énergétique des téléspectateurs, et, surtout, à 84%, par les divers déplacements des supporters et spectateurs arrivés massivement de l’Hémisphère Sud par avion. En outre, la totalité des matches du tournoi devrait engendrer la production de 778 tonnes de déchets dans les stades et la consommation de 4,7 GWh d'électricité, correspondant à 73.000 ampoules de 60 Watts allumées sans interruption pendant la compétition de 45 jours.

Pour limiter l’impact environnemental, l’ADEME, le Comité d’Organisation de la Coupe du Monde, la Fédération Française de Rugby et divers acteurs publics et privés associés à l’événement ont décide la mise en œuvre d’un « Programme Environnement Coupe du Monde de Rugby France 2007 ».

Les actions viseront particulièrement l’atténuation des émissions de CO2 des transports. Le rail sera privilégié pour transporter joueurs et délégations de stades en stades. Dans certaines régions, la SNCF mettra des trains supplémentaires au service des supporters, ainsi que des tarifs incitatifs. Cette mesure, comparée à des déplacements par route, devrait faire économiser 1.000 tonnes équivalent CO2. En région parisienne, les automobiles prévues pour les invités officiels rouleront au biocarburant.

Autre champ d’action pour ce programme Environnement : réduire la consommation d’énergie des stades, notamment par la promotion de l’énergie solaire. 26000 m2 de panneaux photovoltaïques, qui produiront près de 200 000 kWh (soit la plus grande installation publique en France métropolitaine), seront ainsi mis en service au coup d’envoi de la Coupe du Monde au stade Geoffroy Guichard de Saint-Etienne. Le Centre National de Rugby de Linas-Marcoussis a installé des panneaux solaires thermiques, tandis que le Stade de France® a lancé une étude de faisabilité relative à l'installation d'équipements solaires.

A Marseille, on espère faire troquer la clé de contact contre de l’huile de genou : des parkings pour vélos seront installés aux abords des stades pour inciter les spectateurs à laisser la voiture au garage.

Autres préconisations du Programme Environnement : optimiser la collecte, le tri et le recyclage des milliers de tonnes de déchets générés par la Coupe du Monde. Enfin, une série d’affiches « Rugby et Environnement », réalisée avec des rugbymen internationaux, mettra en avant une série de comportements « éco-citoyens » en matière d’économie d’eau et d’énergie, de tri des déchets, d’utilisation des transports en commun, ou d’achat de produits éco-responsables. Dont notamment un passeport de l’éco-supporter en dix points, réalisé en français et en anglais.

A l’aide de ce dispositif, l'ADEME et le Comité d'Organisation espère que cette Coupe du Monde de Rugby 2007 « laissera une empreinte formidable dans les esprits mais pas sur la Planète. »

Pour l’EURO 2008, qui aura lieu du 7 au 29 juin prochain, la Suisse et l'Autriche espèrent carrément mettre en place des standards environnementaux applicables à d'autres grandes manifestations sportives. Leur concept de développement durable comprend d'ores et déjà des objectifs chiffrés. Mais rien de bien nouveau par rapport au Programme Environnement Français.

En Suisse, plus de 80% des personnes voyageant en trafic de proximité devraient se rendre aux matchs avec les transports publics (60% pour l'Autriche). Dans les stades, qui miseront sur les énergies renouvelables, des gobelets à usages multiples seront utilisés et les supporters seront invités à trier leurs déchets.

La protection de la jeunesse sera aussi mise en avant avec l’absence d’alcool dans les stades et, hors des terrains, le coût d’une eau minérale ou d’un jus de fruit ne devant pas dépasser celui que la boisson alcoolisée la moins onéreuse. Des zones non-fumeurs sont également prévues. Enfin, des mesures préventives sensibiliseront à la traite des femmes et à la prostitution sous contrainte.

Et vous, que suggérez-vous pour transformer ces événements médiatiques en événements durables ?

 
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