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26/03/2007

La « Gestazy », c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

Vous n’aimez pas Nicolas Sarkozy, et vous avez tort. Ce personnage mérite plus que votre indifférence polie. Vous devez lui rendre le mépris qu’il vous accorde sans peine.

Vous ne me croyez pas ? Il suffit pourtant de se remémorer l’actualité récente pour comprendre que celui qui égale aujourd’hui Hitler ou Staline par la taille, pourrait demain faire passer les douze ans de Chiraquie pour la référence du bien-être.

Si ne vous pas lisez régulièrement Le Canard Enchaîné, vous ne pouvez évidemment pas savoir à quel point Sarkozy se comporte comme le Maître du Monde. Car la presse traditionnelle ne se fait pas l’écho de ses multiples dérapages, de ses glissades au bras tendu. Les journalistes ont préféré équiper leur plume d’un paratonnerre contre les foudres de Sarkozy, plutôt que de jeter de l’huile sur le feu. C’est bien là leur rôle favori : jouer les pompiers de service…

Parmi les derniers faits d’arme du Coup d’Etat actuellement tenté figurent les coulisses de l’émission « France Europe Express »sur France 3 du dimanche 18 mars, dont le Ministre de l’Intérieur de l’époque était l’invité.

Lorsque Monsieur Sarkozy est arrivé, toutes les places du maquillage étaient occupées. Le candidat à la présidentielle s’est rapidement impatienté, menaçant de partir sur le champ si on ne le poudrait pas rapidement (Façon Louis XIV ?). Christine Ockrent a été appelé en secours de toute urgence pour calmer l’Homme qui devra demain, s’il est élu, prendre des décisions cruciales en toute sérénité, sans préjugés partisans.

Monsieur Sarkozy s’est alors indigné de l’absence de la direction de la chaîne. « Il faudra la virer ! », a-t-il indiqué à ceux qui croient que l’homme a changé. Le président de l’UMP n’est pas l’homme d’un parti ou d’un clan, mais celui de tous les Français qui accepteront d’être à sa botte.

Il serait injuste de croire que Monsieur Sarkozy s’est comporté là en Président de la République déjà élu. C’est manquer de respect à la fonction présidentielle qui ne s’abaisse jamais en direct à de telles démonstrations de force.

Les démonstrations de force devant un public sont toujours produites par des impuissants, un éminent point commun entre les dictateurs.

Pour le coup, Monsieur Sarkozy s’est simplement comporté là en Maître du Monde. Comme celui qui croit, à l’instar de la plupart des conquérants (dont Napoléon 1er) qu’on ne peut bâtir un empire dans la durée sans obtenir l’assentiment de ses sujets, oubliant ce mot de Talleyrand : « On peut tout faire avec des baïonnettes ; sauf s’asseoir dessus. »

Monsieur Sarkozy n’en était pas à son premier coup d’essai en matière d’atteinte aux libertés essentielles. Il avait déjà agi de la sorte début mars lorsqu’après la Une de Libération le mettant en cause, il a appelé le patron financier du journal. Pour affirmer à Monsieur De Rotschild qu’il ne fallait pas qu’il s’étonne s’il avait, à l’avenir, des difficultés à réunir des fonds pour sauver Libération.

Avec de telles méthodes, c’est à se demander si la Gestapo et la Stasi ne font désormais plus qu’un… la « Gestazy », par exemple ?

Faut-il s’inquiéter de cette tentative de Coup d’Etat rampant ? Pas sûr.

Certes, Monsieur Sarkozy est donné gagnant dans des sondages qui, rappelons-le, n’arrivent pas à atteindre 31% de la population française pour diverses raisons, dont l’absence de téléphone fixe.

Mais il a récemment, à n’en plus douter, gagner un nouvel adversaire dans la Course à l’Elysée, et pas des moindres, puisqu’il s’agit de l’actuel Premier Homme de France. Celui-là même qui a déjà accroché à son palmarès Chaban-Delmas, Giscard d’Estaing, Barre et Balladur.

En effet, si on écoute bien l’allocution présidentielle, outre le fait que la France Entière a compris que le soutien n’était dû qu’à sa fonction du grand parti voulu par lui-même et que la stature d’homme d’Etat du candidat de l’UMP n'a pas été saluée, Jacques Chirac dit texto, en parlant de Nicolas Sarkozy : « C'est donc tout naturellement que je ne lui apporterai mon vote et mon soutien … ». Le « ne » est très audible. C’est un lapsus dévastateur.

Si Chirac a décidé d’avoir la peau de Sarkozy, ne serait-ce pour que le Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale ne voie jamais le jour, la fin de campagne s’annonce passionnante.

Non pas parce que l’échec de Monsieur Sarkozy est une évidence. Mais parce qu’alors, l’humiliation pourrait pousser le vice jusqu’à évincer l’actuel patron de l’UMP du second tour.

Cela éviterait au peuple français de devoir choisir entre la (Petite) Peste et le Choléra ? Car, pour un peuple aussi machiste que les Français, Ségolène Royal est une Petite Peste avant même qu’elle ait eu une chance de défendre son programme…

22/03/2007

Revue de presse… citron : Des soumis et des hommes ?

Nicolas Hulot s’élève contre la disparition de l’environnement dans les propositions des candidats à la présidentielle : l’immobilisme est pourtant la meilleure façon de ne pas produire du CO2 !

Cesare Battisti libéré : repéré depuis des mois par les services de Monsieur Sarkozy, comme semble l’avoir trahi la mise en scène de son arrestation, l’ancien activiste italien peut enfin goûter au plaisir de ne plus être traqué comme une bête. Il était temps pour lui que le premier tour de la Présidentielle arrive !

Ingrid Bettencourt toujours emprisonnée : ne sera-t-elle libérée que si la probabilité d’un second tour entre François Bayrou et Ségolène Royal devient forte ? Ou Monsieur Sarkozy, se garderait-il cette carte de côté en cas de ballotage défavorable entre les deux tours des législatives ?

Il ne faut pas médire du Ministre de l’Intérieur : même Chirac n’ose plus dire tout le mal qu’il pense de lui ! Si Monsieur Sarkozy écrivait un roman humaniste, ne devrait-il pas s’appeler « Des Soumis et des Hommes » ?

On n’entend plus Le Pen. Creuse-t-il son tunnel telle notre tombe pour nous préparer un nouveau casse du siècle à la Spaggiari, façon 21 avril 2002 ? Avec comme leitmotiv, l’antithèse exacte de ce que les compères d’Albert avait gravé sur les murs de la banque cambriolée à Nice en 1976 : « Ni armes, ni violence et sans haine ».

Un journaliste du Nouvel Observateur participe au livre d’Eric Besson (ancien du P.S) destiné à pourrir la candidature de Ségolène Royal : Faudrait peut-être pas veiller à trop tremper sa plume dans le caviar avant d’écrire !

Bayrou ne progresse plus dans les sondages : il est sur la corde raide. Ce qui ne l’empêchera pas d’avancer, car nul ne sait mieux mettre un pas devant l’autre que lui sans pencher trop à droite ou trop à gauche…

Ségolène Royal se prononce pour une VIème  République. Et pour un 3ème tour contre Le Pen, en finale des perdants ?

Trois grands entraîneurs de club de football, Gérard Houiller, Arsène Wenger et Didier Deschamps, reprochent au sélectionneur de l’Equipe de France, Raymond Domenech, de ne pas leur téléphoner pour prendre des nouvelles des joueurs avant de les sélectionner. Lorsque vous vous soulevez une nana ou un mec de temps en temps, est-ce que vous prenez la peine de prévenir son ex’, vous ?

21/03/2007

Il ne faut pas désespérer des sondages

J’ai une chance inouïe : dans mon proche entourage, personne ne compte voter pour Sarkozy. Je connais pourtant des gens extrêmement différents. C’est tout de même bizarre pour un type qui, selon les sondages, toucherait près d’1 Français sur 3…

Dès lors, une question se pose : est-ce qu’une institution comme les sondages, qui n’a jamais vu Le Pen au second tour en 2002 durant toute la précédente campagne présidentielle, peut se permettre de négliger l’hypothèse selon laquelle Sarkozy ne passerait pas le premier tour en 2007 ? Et donc "gonfler" plus ou moins généreusement les scores du candidat de l'UMP, le parti au pouvoir ?

Il semblerait que les fameux correctifs apportés aux sondages réellement observés au téléphone refusent de prendre en considération ce qui est la seule constante de l'opinion publique : Monsieur Sarkozy est reconnu comme un homme autoritaire par les uns, dangereux par les autres. D'où la naissance d'un vrai mouvement de fond : le Tout Sauf Sarkozy.

Lors du référendum sur la Constitution Européenne, j’avais pronostiqué, avant même le revirement des sondages, un écart de dix points en faveur du « Non » à mon (excellent) rédacteur en chef du Nouvel Observateur, qui m’avait alors légitimement pris pour un fou culotté (ou un sans-culottes, je ne sais plus). Pourtant, dans mon entourage, qui n’est certes pas la référence ni des sondeurs ni de la République, je sentais bien monter une colère sourde, désireuse de « tout foutre en l’air » pour « leur » montrer « qu’on n’est pas des pantins ». Les dix points d’écart étaient plus que présents dans les esprits, ils étaient inscrits dans leurs gestes vindicatifs, ils ne pouvaient donc s’échapper avant les urnes.

 Aujourd’hui, le Tout Sauf Sarkozy amène une partie de la population à jouer la carte Bayrou, lequel a brusquement pris dix points d’intentions de vote supplémentaires en quelques semaines, à partir du moment où un premier sondage le donnait largement gagnant contre l’actuel Ministre de l’Intérieur au second tour.

Ces présidentielles ressemblent d'ailleurs à un problème de mathématiques pour les électeurs. Il est intéressant de constater que, selon la formule choisie, Bayrou, Sarkozy et Royal - à tour de rôle - l'emportait !

Bayrou battrait à plate couture Monsieur Sarkozy tout comme Ségolène Royal au second tour, mais ne figure pas aujourd'hui parmi les deux finalistes. Selon le dernier sondage du matin, 29% des Français aimeraient que Sarkozy accède au pouvoir, 33% que ce soit Bayrou et 36% que ce soit Ségolène Royal (cas d'une élection à un seul tour). Or, selon la règle Républicaine aujourd'hui instituée, et mise en place par le Ministre de l'Intérieur, c'est Monsieur Sarkozy qui serait élu Président de la République, puisqu'il serait opposé au second tour à Ségolène Royal et, actuellement, la battrait de quelques points.

Sur le pur plan du projet, c'est-à-dire sans procéder par élimination, Ségolène Royal conserve donc les faveurs des électeurs français. 

Au fur et à mesure que le 22 avril approche, j’assiste pourtant au désespoir des « gens de gauche », abasourdis de la lâcheté des éléphants du Parti Socialiste, désolés de constater que tant de femmes s’en prennent à Ségolène Royal parce qu’elle tente de s’élever au-dessus de la mêlée des hommes, et abattus de voir tant de leurs voisins de vie se tourner vers un homme certes sympathique (Bayrou), mais sans programme et qui se situe clairement à droite dès qu'une question entre salariés et patrons est à trancher.

 Il ne faut pourtant pas désespérer des sondages. Ceux-ci « oublient » de tenir compte de mouvements de fond inéluctable.

Tout d’abord, une partie des électeurs aujourd’hui déclarés à l’extrême gauche se reportera, à contre cœur mais la main propre, sur Ségolène Royal, pour éviter une nouvelle absence de la gauche au second tour.

Ensuite, une partie des électeurs de l’extrême-droite abandonnera, le cœur vivifié mais la main sale, Sarkozy pour retrouver Le Pen ; surtout, lorsque Chirac se sera déclaré en faveur de son favori...

Puis, il faudra tôt ou tard que Sarkozy assume le bilan du gouvernement actuel. Cela se fera dès qu’il quittera le Ministère de l’Intérieur. Et la conséquence sera une baisse supplémentaire des intentions de vote pour sa pomme, alors fléchée de toute part.

Enfin, François Bayrou, malgré ses idées généreuses exprimées avec une franchise rare dans son livre "projet d'espoir", ne mènera pas les électeurs de gauche par le bout du nez jusque dans le secret de l’urne, comme il l'a entrepris avec certains hauts dignitaires du Parti Socialiste qui seraient « prêts à le rejoindre ». Au dernier moment, face à l'enveloppe, nombre des gens de gauche se souviendront comment ils se sont grandis, quelles ont été, sont et seront leurs valeurs.

Jaurès affirmait : « On n’enseigne pas ce que l’on sait, on enseigne ce que l’on est. »

Les électeurs de gauche, qui représentent bien au moins la moitié du pays, ne voteront pas ce qu’ils croient savoir voter d’avance, mais en faveur de ce qu’ils sont profondément.

 
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