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26/09/2007

XV de France, Coupe du Monde de Rugby, Laporte et Môquet : avant France-Georgie, quelle chance face aux All Blacks en quarts de finale ?

Le XV de France est entré en Résistance. Son pays a été envahi par une horde noire, si rapidement que Le Pen n’a pas eu le temps de sortir un jeu de mot fracassant. Le Pen, vous vous souvenez ? Sarkozy l’a tuer.

Faute d’avoir gagné sa guerre des Malouines, en raison d’un Exocet de dernière minute balancé dans les vestiaires (la lettre de Guy Môquet), les Bleus devront sans doute s’exiler sur le territoire britannique. A Cardiff, précisément. Pour y affronter la Nouvelle-Zélande dès les quarts de finale.

Un match qui sent la poudre… mouillée.

Pas en raison du climat détestable qui règne au Royaume-Uni, voire en France durant les mauvais étés.

Mais parce que les Français n’ont plus la côte auprès des Bookmakers. Ils n’ont qu’une chance sur 100 de vaincre les All Blacks. A une seule de ces trois conditions :

- Que Nicolas Sarkozy fasse amende honorable en interdisant la lettre de Guy Môquet sur tout le territoire français (Antilles comprises). Et qu’il promeuve à la place le texte de Pierre Desproges sur la chiasse aztèque des footballeurs français au Mondial 1986. Cela permettrait au Président de la République de rendre indirectement hommage à Jacques Martin, puisque le célèbre animateur et provocateur est la seule personnalité récemment décédée auquel Sarkozy n’a pas rendu hommage.

- Que Bernard Laporte mette en jeu tous ses revenus de l’année écoulée (environ un million d’euros) : en cas d’élimination, il les verse à la lutte contre la maladie d’Alzheimer (pour ne plus risquer d’oublier, à l’avenir, de mêler sport et business). Cela motivera ses troupes qui ont beaucoup d’humour ; ce qui ne s’accommode pas du business, il est vrai…

- Que la France annonce la découverte d’un programme de fabrication nucléaire en Nouvelle-Zélande. En effet, des indigènes auraient profité du déplacement silencieux de leurs pirogues pour espionner les installations de Mururoa et siphonner la France de ses secrets atomiques. Après tout, on nous a bien fait croire que l’Irak avait des armes de destruction massive… et qu’il existait des « avions renifleurs ». Alors pourquoi, des pirogues siphonneuses ?

Il ne faut toutefois pas désespérer du XV de France, juste avant France-Géorgie. Aurait-on donné une chance sur 100 aux Ecossais de s’imposer face aux Bleus de Domenech au Parc des Princes ? Pourtant, qui aurait prédit que le syndrome Kostadinov (un contre de quelques passes et un but au bout) frapperait à nouveau le 12 septembre dernier après le nul en Italie de la bande à Vieira ?

14/09/2007

Après France-Ecosse, France-Russie et avant France-Namibie : Domenech et Laporte, deux façons de manager différentes... pour un même résultat ?

Se forger un esprit, cela passe par le corps ou l’âme. Surtout pour l’esprit d’un sport collectif. Domenech a choisi de toucher l’esprit en passant par l’âme, Laporte en passant par le corps (voire sur les corps).

La défaite en match d’ouverture contre l’Argentine vendredi dernier (disputé devant 14 ministres en exercice) est pour l’instant inoubliable. La faute au battage de la publicité à la télévision, tout comme à cet une de Courrier International placardée partout dans le métro parisien et titrant, à propos du XV de France : « Pourquoi la France fait peur ? ».

Dans ma chronique de lundi dernier, j’ai stigmatisé ce « management par la peur », dont parle cette semaine Le Canard Enchaîné, et qui est la caractéristique de Bernard Laporte, et de son mentor, le Président De la République (la convocation des vingt préfets n’ayant pas rempli leurs quotas de « reconduite à la frontière » - pris en flagrant délit de « manquement à l’immigration » ? -, hier, en est l’exemple emblématique).

En effet, les rumeurs d’un remaniement ministériel en janvier, qui serait alimenté par Nicolas Sarkozy selon le Canard Enchaîné, ont pour but d’obliger les ministres à donner le meilleur d’eux-mêmes dès maintenant.

Avoir la culture du résultat, si rare dans notre pays, c’est une excellente façon de procéder pour l’entreprise France, comme pour les autres. C’est tout à l’honneur de Nicolas Sarkozy. Mais tout dépend sur quelle philosophie se fonde cette culture du résultat.

Du coup, avec le « management par la peur », les ministres sont tétanisés, ils ne prennent plus d’initiative. Tels des Coqs français face aux Pumas argentins.

Après plusieurs mois d’entraînement acharné, nos rugbymens portaient ainsi haut et fort un incroyable slogan : « Travailler plus pour gagner moins (de matchs) ».

Conséquence, en "psychologue émérite", Laporte a apporté 12 changements dans son équipe pour affronter la modeste Namibie. 80% de l’effectif !!!

En mettant la pression sur les corps à travers ce management de la peur - dans le but de faire corps avec quoi ? -, Bernard Laporte s’est attiré, dès le premier résultat défaillant, la mauvaise énergie de tout pays. Pour ainsi, la méfiance, voire la défiance, de nombreux supporteurs. Il ne s’agit là que d’une réaction épidermique, d’un banal reflexe… du corps.

Ainsi, la mise en vente sur le site de Bernard Laporte de 10 000 maillots du XV de France, dédicacés par leur entraîneur, vendu 130 euros – après une « réduction exceptionnelle de 20% » -, alors qu'il coûte 52 euros dans le commerce, fait immédiatement polémique. Dans le contexte d’une victoire contre l’Argentine, cette opération n’aurait même pas été évoquée… Idem pour la lecture de la lettre de Guy Moquet avant la rencontre, Poitrenaud venant d'affirmer que les Bleus étaient passés pour "des cons".

Visiblement, personne n’avait prévu l’échec contre l’Argentine. Pas même les joueurs. Ils ont mis trois bons jours à sortir du K-O. Peut-être que Bernard Laporte, qui ne ménage pas ses joueurs, ferait bien de cesser ses effets de ménagerie, et gagnerait ainsi, subitement, un tout petit supplément d’âme salvateur. Par exemple, en interdisant désormais la diffusion des images filmés dans l'intimité de ses joueurs avant le terme de la compétition, comme ce fut le cas pour l'excellent documentaire "Les Yeux dans les Bleus" en 1998.

Heureusement, rien n’est fini pour le XV de France dans cette compétition. Ni pour les Bleus de Raymond Domenech, soumis au même impératif que les hommes de Laporte : remporter leurs trois prochains matchs de compétition.

Raymond Domenech travaille sur l’âme pour forger les esprits, et ainsi, mobiliser les corps vers la victoire. Il n’est pas là pour exister : il est là pour faire gagner son équipe et prendre tous les coups qui sont ou seraient destinés à ses joueurs. Quand l’équipe de France perd, c’est de sa faute. Quand les Bleus gagnent, tout le mérite leur revient. C’est un supplément d’âme irremplaçable. Il n’existe pas meilleur moyen de libérer les esprits que de les laisser intégralement engranger tous les bénéfices des performances rapportées par leur corps…

De plus, et le message est ultra-clair : les meilleurs ont toutes leurs chances d’intégrer l’équipe. Qu’il soit vieux et pistonné par Zidane (je plaisante, Claude ;-), qu’il soit jeune sans jouer dans leur club (Diarra), qu’il blâme le sélectionneur (Mexès, etc.), ou qu'il porte incroyablement la poisse (trois défaites 1 à 0 pour les trois dernières titularisations de Trézéguet)… Domenech ne demande pas aux joueurs de les respecter, mais de respecter le maillot tricolore (pas façon Roger Lemerre en 2002 ;-). Sans jamais le dire.

Conséquence de cette approche de l’esprit par l’âme : samedi dernier face à l’Italie, même assis dans les tribunes, il a communiqué avec ses joueurs à travers l’âme. Même si avant-hier, face à l’Ecosse, le fameux « fighting spirit » était encore et toujours britannique. C'est pourquoi je suis bien moins inquiet pour la suite des événements (la conquête d'un titre international) pour le XI de France que pour le XV de France. Et vous ?

10/09/2007

XV de France, Bernard Laporte : après la défaite contre l’Argentine, faut-il laisser TF1 perturber la préparation des Bleus ?

Bernard Laporte ? Un milliardaire qui entre dans un vestiaire soumis aux exigences exhibitionnistes de TF1. Un sélectionneur, dont on connaît les coups de gueule et dont la modestie ne transparaît pas. Un futur secrétaire d’Etat, qui connaît une pression inédite pour un sélectionneur : le Président de la République, comme indiqué dans le dernier Canard Enchaîné, compte sur cette Coupe du Monde de Rugby pour redonner le moral aux Français.

Après les débuts « en fanfare » du XV de France, pour le moral, comme pour la morale, c’est raté.

Personne n’avait prévu cette défaite face à l’Argentine (12-17). Pas même les agences de communication. Durant tout le weekend, l’incessant défilé de publicités centrées sur le rugby a conféré une étrange résonnance de « loser » à toutes ces grandes marques qui ont misé sur une victoire facile des Bleus face à un outsider-bête noire des tricolores, et qui ont appris à leurs dépens le fabuleux esprit de ce sport collectif qu’ils ont tant voulu magnifier dans leurs spots télévisés…

A l’évidence, les rugbymen français ont marqué le coup.

Devant tout le monde. Sans pudeur. Les caméras de TF1 n’en ont rien manqué.

Pas même le flop du Président de la République, Nicolas Sarkozy, quand il affirme dans le vestiaire français, juste après le match contre les Argentins : « Moi aussi, j’ai connu des défaites ! »

Un silence de mort lui a répondu. L’extrême besoin de tranquillité de la part de joueurs, sans doute.

Tout téléspectateur aime assister à ces moments d’intimité des grands champions. Mais au vu de la performance des Bleus, vendredi dernier, on est en droit de se demander si la présence quasi-permanente de TF1 (compte tenu des moments diffusés, dont la Une semble s’être délectée) ne leur a pas mis les quelques degrés de pression supplémentaire qui a fait exploser la soupape.

Vendredi, les Bleus étaient comme tétanisés. Certes, les grands champions sont toujours ceux qui savent se dégager de la pression… pour la mettre sur leurs adversaires, au niveau technique.

 Mais une question se pose : pour la suite de la Coupe du Monde (qui est loin d’être terminée pour l’équipe de France), faut-il continuer à les traquer en permanence avec des caméras ?

L’expérience réussie de cette caméra discrète, lors de la Coupe du Monde de football en 1998 (« Les yeux dans les Bleus »), est restée comme un moment d’anthologie de la télévision. Mais n’a-t-elle pas tourné la tête aux producteurs du petit écran ?

L’autre chose qui intrigue, c’est l’attitude de Bernard Laporte.

Ne revenons pas sur son futur poste dans le gouvernement : c’était à mon avis une erreur de l’annoncer si tôt. C’était assurément mettre une pression supplémentaire, terrible et inutile sur les épaules des joueurs. Ce type de promotion annoncée est seulement bon pour le business.

En cause : l’« esprit » de Bernard Laporte durant cette Coupe du Monde. Il transpire de ses gestes une redoutable « obligation de résultat ». Sa réussite en tant qu’entrepreneur (avec des revenus autour de 700 000 €) est-elle compatible avec l’esprit du sport, qui éprouve le mental de tout sportif jusqu’à ses tréfonds et se doit de défier les lois de l’aléatoire ?

Domenech a compris depuis longtemps qu’il entrait toujours dans un vestiaire de milliardaires, de gars choyés par l’existence qui pouvaient en plus se targuer d’être des sportifs éprouvés, puisque certains d’entre eux sont déjà champions du monde et/ou d’Europe. Il a une approche de son métier fondée sur la performance sportive, sur la relation établie avec ses gars, sur les meilleurs résultats possibles pour les Bleus. Sans le moindre ego. Il sélectionne ainsi des joueurs qui « balance » sur lui (comme Mexès et Trézéguet), titularise à la surprise générale Lassana Diarra au poste d’arrière droit face contre les Champions du Monde en titre (auteur d’un match fabuleux, samedi dernier), ne revendique (presque) rien dans le retour des anciens (Thuram et Makelele apparaissent toujours plus incontournables)… Il a cette capacité redoutable et fabuleuse pour les autres équipes de ne savoir revenir qu’à ce qui se passe sur le terrain.

Mais Bernard Laporte… saura-t-il se mettre au niveau de ceux qui sont sur le terrain ? Oubliera-t-il qu’il est un entrepreneur reconnu et un sélectionneur sans titre mondial, ayant encore tout à prouver dans son métier ?

 
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