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23/03/2007

L’O.L vu de Metz : Times is GONES ?

Chers supporters de l’Olympique Lyonnais,

Pour que vous compreniez bien ma vision aussi intransigeante qu’optimiste de votre beau club, laquelle risque fort de vous chahuter dans vos fondements, je dois vous retracer brièvement ce que j’aime dans le football, ce sport qui a forgé de manière intrinsèque ma qualité majeure : la fidélité aux miens.

Italo-lorrain d’origine comme Notre vénéré Président, né à une trentaine de kilomètres de Joeuf, j’ai été saisi très jeune par la passion du football. Il s’agissait tout autant de lutter contre le froid – en attendant le réchauffement climatique – que de pallier au manque de divertissement dans ce pays minier où l’on s’intéressait davantage à ce qui se passait sous terre qu’au-dessus.

Je suis donc avant tout un footballeur pratiquant, plutôt qu’un spectateur du football. Je suis devenu quelqu’un qui aime taper dans le ballon, parce que le football est l’un des rares moments de la vie où l’on peut se comprendre sans se parler.

Bien sûr, je suis aussi supporteur d’un club, le FC Metz, celui que l’on a surnommé au début de cette saison « L’O.L de Ligue 2 » en raison de son exceptionnel parcours. Depuis trente ans, j’ai suivi presque chaque journée de championnat des « Grenats », car le maintien en Ligue 1 se joue souvent à un ou deux points. Cette année est presque décevante pour le suspense, car le FC Metz compte 9 points d’avance pour la montée en Ligue 1, avec un match en retard.

Si le football a conquis le monde, a déchaîné les foules dans lesquelles l’esprit révolutionnaire ne meurt jamais, c’est parce qu’il s’agit du seul sport où le plus faible, même bien plus faible que son adversaire, peut gagner. Le seul. Et ce, grâce à la plus belle invention humaine : la solidarité. Nous en savons quelque chose au FC Metz ! C’est ce qui a été d’autant plus savoureux lorsque mon club préféré a gagné quelques coupes nationales et a même réussi à finir deuxième du championnat en 1998. Certes, Pirès, Ribéry, Saha, Obraniak… figurent parmi les grands talents qui ont porté le maillot Grenat de manière éclatante. Mais le joueur messin le plus représentatif reste Sylvain Kastendeutch, un laborieux dans toute sa générosité, qui a compensé son absence de génie en devenant un modèle de régularité et de solidité, avec un esprit de jeu irréprochable. Kastendeutch n’a d’ailleurs pas porté le maillot des Bleus durant très longtemps parce qu’il avait refusé de faucher par derrière, en position de dernier défenseur, un attaquant adverse dans les dernières minutes d’un France-RDA perdu 1 à 0 sur cette action de jeu.

Cet esprit sans faute du football, qui a caractérisé la défense magique de l’Equipe de France (Barthez-Lizarazu-Blanc-Desailly-Thuram), est aussi celui de l’Olympique Lyonnais, malgré ce que les grincheux de permanence peuvent penser des gestes indignes du dernier OL-AS Roma. Le talent en plus. Pourtant, pour gagner la Champions League avant l’an 25 678 – puisque l’O.L va la gagner « tôt ou tard », selon Aulas -, il manque une chose essentielle à ce club, dont le jeu sait pourtant se montrer séduisant au-delà de ce qu’un supporteur peut imaginer.

Mais revenons à mes fondementaux du football, aux raisons de mon amour immodéré pour ce sport.

Le FC Metz ne sachant pas se sortir du tour préliminaire de la Champions League face à des Finlandais – c’est arrivé à d’autres, face à des Slovènes…, j’ai rapidement rêvé d’Europe ailleurs.

Pour mes premiers émois de midinette en tribune, il m’a fallu compter sur… l’AS Saint-Etienne. Je sais : écrire ce terme devant des supporteurs de l’OL, c’est aussi efficace que de tendre un crucifix devant un vampire. Merci de demeurer devant votre écran ;-)

Vu mon âge « de Gunners » – canonique ! -, j’ai connu devant ma télévision les grands moments de l’épopée verte : la prolongation contre Kiev, les poteaux de Glasgow, la frappe lunaire et inutile de Bathenay contre Liverpool… Les Verts ont touché le public par leur esprit combatif tout autant que par leur performance.

Idem pour l’Olympique de Marseille. Lamentablement sorti au premier tour de la Champions League en 1992, l’OM a emporté l’épreuve l’année suivante face au Grand Milan AC, étant d’ailleurs le seul club à barrer la route aux Italiens durant leur épopée de 1988 à 1993. Il a, par exemple, fallu tout le culot de Bernard Tapie pour virer l’inconstant Olmeta et mettre à sa place un jeunot même pas minot, Fabien Barthez…

J’avais parié de me jeter dans une fontaine du centre de Paris si l’O.M gagnait la Coupe aux Grandes Oreilles… pari (fraîchement) tenu, et que la chaleur de la rue en fête n’a pas suffi à rendre plus confortable ! J’avais parié de me jeter dans la Seine si les Bleus gagnaient la Coupe du Monde 1994… merci Kostadinov ! ;-)

J’aurais aimé vivre une folie identique grâce à l’Olympique Lyonnais. J’y ai cru. Sincèrement. Le rêve s’est peut-être effondré. Quand ? Sans doute à Eindhoven, en quarts de finale, en 2005.

En effet, le penalty indiscutable que l’arbitre a refusé de signer pour les Lyonnais en prolongations a montré un défaut effroyable, celui des Néerlandais de Johan Cruyff ou des Hongrois de Puskas : l’O.L n’est une grande équipe que lorsque le « plan de jeu » se déroule comme prévu. C’est tout de même fâcheux dans un sport qui ressemble tant à la vie que le football, où l’équipe qui l’emporte à la fin est celle qui répond le mieux à l’imprévu ! Genre : après un but adverse juste en début de deuxième mi-temps sur une grossière faute de placement d’un joueur irréprochable comme Thuram, en demi-finale d’une Coupe du Monde…

Contre Eindhoven, l’O.L n’a pas su transformer l’injustice en victoire… comme l’a d’ailleurs fait le PSV face à Arsenal cette année en huitièmes de finale, après un penalty non sifflé pour ce club sur une obstruction manifeste.

Pire qu’une certaine incapacité à la révolte, Lyon ne sait pas plier sans rompre face à un adversaire. Attendre que le vent mauvais s’essouffle. En 2006, en quarts de finale, le petit Milan AC l’a fait, pour crucifier l’O.L dans les dernières minutes.

Dernièrement, contre l’AS Roma, quel besoin avait l’O.L de se jeter dans la gueule de la Louve en première mi-temps, après l’avertissement du premier but refusé aux Italiens ?

L’O.M, l’ASSE et même le FC Metz, pour sa survie, l’ont fait. Il n’y a aucune honte à plier sans rompre, à abandonner le jeu à l’adversaire le temps de se ressaisir. Attendre, et savoir d’un coup mettre la pression, même quand on est au fond du trou… C’est ce que nous devons tous faire au quotidien : plier sans rompre, et savoir libérer ses envies de bonheur quand en naît l’opportunité.

J’ai surtout le douloureux sentiment que l’O.L veut avant tout se comporter en champion. Comme s’il avait déjà emporté la Champions League… J’entends d’ici vos « quel c…, celui-là ! ». Je sais : malheur à qui critique l’O.L devant ses supporters ! Je n’ai jamais contredit quelqu’un qui m’assénait que le FC Metz ne savait que défendre… Mon club préféré fait avec les moyens du bord, et on se maintient plutôt bien en Ligue 1, ne faisant pour l’instant qu’un aller-retour en Ligue 2.

Les six titres de champions de France ne suffisent pas à faire oublier à tous les amateurs de football, surtout ceux ont longuement pratiqué ce sport et ont donc vécu dans leurs tripes ses fondamentaux : la véritable vibration en football, c’est quand une équipe réussit à triompher de l’adversité ; pas de l’adversaire. Que le match ait lieu en Coupe d’Europe, pour le maintien, en championnat de district ou avec ses potes, contre des inconnus avec qui l’on aura dialogué en silence pour le meilleur de l’existence.

L’OL doit aujourd’hui méditer ce fondement du football, alors que l’adversité – appelons cela aussi le doute - s’est installée dans la France entière. Ce club, lorsqu’il est en confiance, pratique un football qui n’a rien à envier au Barça de l’an passé. Il a juste besoin de savoir jouer en étant privé du ballon, tout en conservant sa niaque. De prendre le plaisir d’intercepter, plutôt que de croire qu’il faut sans cesse dominer pour être un grand.

Le football ressemble parfaitement à la vraie vie. A la fin, celui qui gagne, c’est celui qui a su profiter des rares moments de totale liberté qu’autorise l’existence pour transformer ses rêves en réalité. Celui qui a le pouvoir d’exister sans devoir toujours le démontrer. On appelle cette qualité : le charisme.

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Ce billet est une contribution à l'excellent Blog de Lionel, dont je vous reparlerai prochainement dans ma rubrique le guide Bloguefin du Web.

07/03/2007

L’Olympique Lyonnais : une entreprise à la française

La défaite subie hier face à l’AS Roma (2 à 0) au stade de Gerland par l’Olympique de Lyonnais n’est qu’un événement anodin de la vie professionnelle française. En effet, le club rhodanien, qui domine la Ligue 1 depuis des années, est simplement géré comme une entreprise à l’esprit tristement hexagonal. D’où son incapacité à s’élever en Champions League plus haut que les quarts de finale.

Premier défaut entrepreneurial à la française : se prendre pour les meilleurs du marché parce qu’on est leader quelque part.

Incontestablement, les joueurs de l’O.L, comme leurs supporteurs, se considéraient déjà comme des anciens vainqueurs de la Champions League. Alors que, il faut malheureusement le rappeler, Lyon n’a jamais éliminé de grands clubs européens en confrontation directe. Pis, ils sont tombés contre des comètes (le FC Porto, futur vainqueur en 2004) ou des « seconds couteaux » (PSV Eindhoven, AS Roma). Seule heure de gloire relevée jusqu’à présent : la défaite dans les dernières minutes contre le Milan AC en 2006.

Pourtant, ni les joueurs, ni leurs supporteurs n’ont cru bon de rappeler l’essentiel, et à aucun moment : Lyon n’a encore rien gagné au niveau international. Tous s’accordaient à répéter le même slogan (de campagne européenne), y compris le président Aulas : « La Champions League, on la gagnera tôt ou tard ». En 25194, avec cet esprit d’entreprise d’une éternité redoutable, je crains que nous en soyons toujours au même point.

Deuxième défaut entrepreneurial à la française : la faiblesse du management.

Les Lyonnais ont pris de haut ces modestes Romains, deuxième d’un championnat italien parti sans la Juve et avec un Milan AC lesté de points de pénalité. Qu’avait-il à craindre d’une équipe de truqueurs qu’ils avaient tenue en échec à l’aller (0-0) ? Juninho et les siens étaient persuadés que les Romains allaient tricher de bout en bout de la partie. Seulement, voilà : en Italie, on a compris que le football était le seul sport collectif où une équipe en théorie plus faible pouvait s’imposer – c’est d’ailleurs l’élément majeur qui rend ce sport si populaire. Et que le football, comme tous les autres sports, se gagnaient d’abord avec la tête, puis avec les jambes. Les Romains ont ainsi tiré les leçons du premier match : si on ne peut pas gagner en truquant, alors osons le faire avec talent. Ils ont ainsi marqué deux buts superbes, en prenant tous les risques sur deux contre-attaques. Le premier but de Totti ressemble d’ailleurs étrangement au premier but marqué par le Milan AC l’an dernier : Totti se décale en retrait sur le centre, laissant le défenseur bêtement « plonger » au premier poteau, comme l’avait astucieusement fait Filippo Inzaghi. Sur le second, Coupet manque terriblement d’à propos, reculant comme son défenseur au lieu de monter pour fermer l’angle. Comme sur le but de Chevtchenko l’an dernier…

Or, le management à la française ne sait pas ni s’adapter aux situations nouvelles, ni tirer les leçons de son passé. Il oublie de vivre le seul moment qui vaille : le présent. Or, présentement, l’O.L est en manque de confiance. Et aurait dû, en conséquence, faire le gros dos en attendant des minutes meilleures –surtout en 1ère mi-temps-, comme l’AS Roma l’a fait au match aller.

Troisième défaut entrepreneurial à la française : faire exclusivement confiance à des employés sages.

Les Lyonnais réalisent merveilleusement, et avec un soin inégalé (bientôt six titres consécutifs), ce qu’on leur demande de faire : gagner le championnat de France chaque année. Le club engage donc des garçons sympas, bien dans la ligne du patron, sachant appliquer des consignes sans rechigner. Mais quand il s’agit de se révolter au cours d’un match, il n’y a plus personne… C’est d’ailleurs le « bad boy » de l’AS Roma, Totti, qui a sonné la charge, d’un coup de boule, certes placé avec une intense réflexion. Il n’y a pas de hasard…

Sur le blog d’un pote supporteur de l’O.L, on chambrait ferme l’AS Saint-Etienne, ce club sans palmarès depuis plus de vingt ans. Plus de trente ans après la finale perdue de Glasgow contre le Bayern Munich, nombre d’amoureux du football et de son art premier – les renversements de situation – s’en souviennent pourtant encore. Et sans doute moins des poteaux carrés de Glasgow que du 3 à 0 en prolongations contre le Dynamo Kiev d’Oleg Blockhine, en quarts de finale retour de la Coupe de Clubs Champions (après avoir perdu 2-0 à l’aller). Le football français était pourtant au creux de la vague… Les Stéphanois n’étaient pas des garçons sages. Comme en a témoigné le troisième but de Rocheteau contre Kiev, malgré les crampes.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Je ne m’étendrai pas sur le manque de fair-play montré par l’Olympique Lyonnais. On l’a vu hier, Materazzi n’est pas une marque déposée spécifiquement italienne…

 
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