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21/02/2007

TF1 : l’impossible silence

Chez l’homme, la vanité reste heureusement une menace permanente pesant sur sa formidable capacité à la brutalité.

TF1 n’a pu s’empêcher de révéler l’audience de Ségolène Royal à l’émission « J’ai une question à vous poser » : 8,91 millions de spectateurs. Soient 700 000 de plus que pour l’émission de Nicolas Sarkozy, lequel voulait à cette occasion frapper les esprits en réunissant 10 millions de téléspectateurs lors de sa prestation le 5 février dernier.

Le coup de massue s’est retourné contre le Ministre de l’Intérieur, et personne n’a porté plainte. L’audience de Ségolène Royal est d’autant plus exceptionnelle qu’elle l’a réalisée en période de vacances – donc moins faste pour l’Audimat.

Certains éminents analystes ont avancé que nombre de spectateurs étaient présents pour assister aux jeux du cirque, à la mise à mort de la Madonne sous les yeux du peuple. Ces Français ont ainsi pu découvrir la supercherie : l’image de Ségolène Royal donnée par les médias est erronée. Cette femme porte un projet cohérent, un souffle de vie, une intelligence des autres. Mieux, elle sait dialoguer avec les gens. Tous les gens. Pas seulement avec les gagnants, comme Monsieur Sarkozy.

Ce n’est pas tant le fait qu’elle se soit déplacée pour prendre par le bras un homme handicapé qui marquera. C’est surtout que cet homme l’ait laissée le toucher, sans la repousser. Ce geste comptera dans la campagne présidentielle.

 Il comptera comme la petite phrase du Ministre de l’Intérieur, à la Réunion : « Je commence à bien la sentir, cette campagne ». Cet élan de vanité ressemblait étrangement au célèbre mot de Jospin sur Chirac, affirmant que le Président de la République était « vieilli, usé, fatigué ». Beaucoup de gens s’en souviendront, et les médias, qui aiment fanfaronner, le répèteront à l’envi d’ici peu.

Cette prétention a déjà fâché quelques éléphants, à qui la mémoire semble revenir. Très pugnace lors d’une intervention sur Canal+ hier soir, Elisabeth Guigou a habillé Monsieur Sarkozy pour l’hiver, affirmant en substance : « Quand Nicolas Sarkozy était Ministre de l’Economie sous Balladur, jamais la dette du pays ne s’est autant alourdie. Quand il était Ministre du Budget, jamais le pouvoir d’achat n’a été aussi bas. Maintenant qu’il est Ministre de l’Intérieur, jamais il n’y a eu autant de délits avec violence. ». Claude Bartolone s’est occupé de remettre Bayrou à sa place, c’est-à-dire à droite, rappelant que « Pour prochaines législatives, des accords se nouaient entre l’UMP et l’UDF. »

A n’en point douter, on assiste, dans le parti socialiste, à une mise en place progressive de l’artillerie lourde.

Souvenez-vous de la campagne pour le référendum… à deux mois et quelques du scrutin, les sondages donnaient le « oui » largement gagnant, alors qu’il ne fallait pas être sorcier pour deviner qu’une révolte couvait. La tendance s’est brusquement inversée, et la déroute du « oui » est devenue inéluctable en à peine quelques semaines. Les gens se sont révoltés car on voulait – une fois de plus – leur imposer leur avenir, sans dialoguer avec eux.

Je pense que le même phénomène est en train de se reproduire. Et que celle qui représente aujourd’hui le dialogue, l’écoute des autres, la capacité à s’adapter à la volonté des gens s’imposera nettement. Ségolène Royal gagnera avec 5 à 10 points d’écart, au second tour.

Pour reprendre le parallèle entre la campagne de Ségolène Royal et le match France-Espagne de la dernière Coupe du Monde, Ribery vient d’être lancé en profondeur par Viera. Il a effacé le gardien adverse et sa frappe molle semble mettre une éternité à pénétrer dans les filets espagnols. Nous sommes juste avant la mi-temps. Si la France égalise… Jospin pourra commencer à se retourner dans sa tombe !

20/02/2007

Ségolène Royal en BLEUS, blanc, rouge

Hier soir, sur TF1, durant la prestation de Ségolène Royal dans l’émission « J’ai une question à vous poser », j’ai eu la même sensation que durant le match de football France-Espagne de la dernière Coupe du Monde : cette fois, c’est sûr, mon favori de cœur est parti pour atteindre les sommets.

Le parcours des Bleus en Allemagne et celui de Ségolène Royal durant cette élection présidentielle se ressemble étrangement.

Durant toute la campagne de qualification pour la phase finale, les amateurs de beaux gestes ont tremblé pour les Bleus comme pour Ségolène. En dépit des critiques acerbes des journalistes, trop souvent benoîtement relayées par les gens du quotidien, les Bleus, comme Ségolène, ont su conserver leurs valeurs fondamentales, leurs différences, leur cap. Pour atteindre la phase finale de leur épreuve.

Les Bleus ont paru absents du premier tour en Allemagne, mais ils « encaissaient » à ce moment-là la préparation physique nécessaire pour atteindre la finale en pleine forme. De même, Ségolène Royal apparaît absente du début de la campagne présidentielle, parce que, en guise de préparation foncière, elle a choisi d’écouter ses futurs administrés, de se charger de leurs désirs pour les traduire concrètement une fois au pouvoir. Pour les Bleus, comme pour Ségolène, le travail de fond sera décisif.

Au moment d’aborder l’émission « J’ai une question à vous poser », comme juste avant France-Espagne, la grande majorité de Français n’espérait plus un sursaut des Bleus comme de Ségolène. Malgré l'image erronée transmise par les médias, et l'expression d'une colère ironique, tous gardaient secrètement l’envie d’adhérer à la capacité de jeu collectif des hommes à Zidane, comme à la volonté de construire une société faisant jouer un rôle à tout le monde émise par Ségolène.

La prestation de Ségolène Royal d’hier soir s’apparente à l’entame du match France-Espagne. Même si les résultats ne sont pas encore visibles (l’Espagne mène 1 à 0), la victoire paraît inéluctable. On retrouve la Ségolène Royal des Primaires Socialistes, celle qui avait fait naître tant d’espoir par son discours n’ayant crainte d’effaroucher personne, comme on avait retrouvé les Bleus conquérants de 1998 et 2000 dès les premières minutes de France-Espagne.

Le premier match des éliminatoires de Ségolène Royal se gagnera cette semaine. Et contre l'Italie, en finale, au moment des tirs au but, forte de son intuition féminine, elle ne laissera pas Trézéguet tirer un penalty.

 A propos d’intuition féminine, Madame Le Procureur de la République de Beauvais n’a pas souhaité déclencher l’alerte Enlèvement dans le cadre de la disparition d’un enfant de 18 mois. Selon elle, l’usage de cette « artillerie lourde » aurait fait fuir le ou les kidnappeur(s) loin de Beauvais. La petite Andrea a été retrouvée en bonne santé dans le centre-ville, en compagnie de la fugueuse qui l’avait enlevée.

19/02/2007

La révolte d'un néo-bourgeois

Ségophile et Sarkophobe par amour des autres, je m'engage à mon tour dans la campagne présidentielle avec une seule des 500 signatures requises : la mienne.

Je pense que la France voulue par Sarkozy, l'ami des patrons, la bête noire des banlieues, l'homme qui prône l'innovation dans la continuité de ses années au service de Jacques Chirac, celui qui ne doute jamais de lui, se résume à : "marche ou crève".

Je ne veux pas être complice de ces gens bien pensants, surtout ceux de gauche, qui s'acharnent à faire passer Ségolène Royal pour une idiote parce qu'elle a le culot d'écouter les désirs des autres. Ces mêmes gens bien pensants n'ont d'ailleurs jamais vraiment écouté la candidate socialiste s'exprimer. Ils préfèrent se laisser séduire par le message "macho" rapporté par les médias, par cette tentation millénaire de faire taire la femme, plutôt que de se remettre en cause à court terme, comme l'exige le monde décrit par Nicolas Hulot, ou comme l'implique si naturellement le fait de donner la vie.

J'ai l'intime conviction que le programme de Ségolène Royal répond à la problématique du plus grand nombre sur toutes les questions essentielles : le lien social, l'environnement, l'avenir des enfants, le droit d'exister des anciens, et la capacité pour chacun d'entreprendre et de se réaliser.

Je crois surtout à l'intuition et au désir de partage que seule une femme, de surcroit déterminée, peut avoir. A la cohérence de ses idées, et à leur efficacité.

Personnellement, en tant que néo-bourgeois, je serai - en théorie - bien plus favorisé par la France de Sarkozy, laquelle donne toutes leurs chances aux gens déjà installés et qui - comme d'habitude dans les politiques de droite - font miroiter aux plus faibles que seuls les efforts paient.
Mais cette France là ne préserve pas ce qui fait le plus grand bonheur de notre quotidien, et que chacun de nous considère comme un acquis éternel : la paix sociale.
Comment pouvons-nous croire que les sept à quinze millions de pauvres de notre pays - qui se comptent par milliards à l'extérieur de nos frêles frontières - vont nous laisser prospérer tranquillement tandis qu'eux n'ont plus rien à perdre et le savent pertinemment, grâce aux médias ?

Connaissant votre ouverture d'esprit, je vous souhaite donc bonne lecture. Ainsi que de bons débats autour de vous.

Que vous soyez pour ou contre Ségolène Royal, exprimez-vous dans cette campagne présidentielle ! Ne laissez pas la démocratie vous priver de votre liberté.

 
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