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06/03/2007

Mon homme politique préféré, c'est François

C’est incontestablement l’homme politique qui a le plus le sens de l’humour. La preuve : il ne cherche jamais à savoir à l’avance quelles seront les questions posées par les journalistes dans les émissions où il est invité ; pas plus qu’il n’a jamais appelé le moindre patron de média pour se plaindre du traitement des journalistes à son égard.

Il possède une autre qualité rare : récemment, dans une nouvelle émission politique, on lui a demandé le comportement de son parti aux élections législatives s’il perdait les présidentielles. N’importe quel membre du personnel politique se serait drapé dans sa dignité pour éluder cette question. Mais il n’est pas du bois dont on fait les langues. Il a clairement donné sa position. Alors que juste après avoir posé sa question qui fâche (sur l’éventualité d’une défaite à la présidentielle), la journaliste avait commencé à passer à la question suivante…

C’est un homme dont on a longtemps moqué le manque de charisme.

Car le charisme, dans l’inconscient collectif, c’est sans doute quelque chose comme se faire une fracture sociale bien ouverte et oser ne pas la soigner pendant 12 ans.

Ou encore, le charisme, c’est avoir tellement le courage de se présenter devant les Français qu’on n’ose pas lâcher son Ministère de l’Intérieur pour visiter l’Hexagone.

Voire même, le charisme, c’est oser être au bord de l’émotion quand on reconnaît s’être un peu trompé en permettant à Le Pen d’être au second tour.

Alors que le charisme, c’est savoir s’effacer devant meilleur que soi. Voire même, meilleurE que soi. Surtout, si ce sont les électeurs qui ont décidé.

Cet homme politique, à la bonne humeur débordante et à la réplique toujours prête, porté par un charisme rare, c’est mon homme politique préféré. C’est François. Hollande, bien sûr.

02/03/2007

Le vot'acteur est né

            Tant que l’être humain était satisfait de lui-même, de la vision de la pauvreté qu’on lui proposait, des chemins tranquilles tracés dans la dentelle d’un futur probable, il n’avait aucune raison de se révolter.

Un jour, il a découvert que la vache folle, la listériose, la salmonellose, la dioxine, les OGM… s’étaient invités dans son assiette. Et qu’il ne pouvait plus parfois sortir couvert(s). Pour garder le mot de la faim dans son vocabulaire, il est devenu un consom’acteur. Un acteur de sa consommation. Il a ainsi redécouvert les produits biologiques, les vertus des plantes, et quelques autres bienfaits de la nature. 

Comme l’être humain est devenu un consom’acteur, il est aujourd’hui un vot’acteur.

Pour preuve : chaque grand ensemble d’êtres humains – et non plus seulement le MEDEF et les syndicats – interpelle les candidats et leur demande s’ils prennent en considération (ou non) leurs propositions pour se déterminer dans leur choix. 

Pour la première fois dans une élection présidentielle, j’ai le sentiment que chacun compare les propositions des candidats, leurs engagements, voire la cohérence de leurs projets, avant de se déterminer dans son choix. Il fait ses courses, en sachant pertinemment qu'il établit son menu pour 5 ans.

C’est déjà une réussite et une belle promesse d’avenir pour notre pays. 

Car, quel que soit le candidat élu, il sait qu’il devra sa place à des électeurs déterminés à lui faire appliquer les engagements qu’il aura pris.

La démocratie est de retour. Le Front National s’apprête même, pour la première fois depuis 1988, à baisser son score à des élections présidentielles.

28/02/2007

Bayrou : l'aspirateur anti-Le Pen ?

Il est séduisant, Bayrou, avec ses idées de réconciliation entre la droite et la gauche… « tous unis dans un même gouvernement », « les meilleurs aux meilleures places », « cessons de creuser la dette publique »…

Je ne doute pas de la sincérité de l’homme. Ni de sa profonde volonté.

Je doute de sa cohérence.

Comment réussira-t-il à mettre dans un même gouvernement les meilleurs de gauche et de droite, alors qu’au Parti Socialiste comme à l’UMP, on éprouve les pires difficultés à réunir les meilleurs sous sa propre bannière ?

Pour ne parler que des poids lourds du P.S, qui traînent la patte comme les éléphants rejoignant leur cimetière, la décrispation des idées n’est pas pour demain.

Elle se prend encore les pieds dans la trompe pour les trois têtes d’affiche : DSK est parti se faire oublier au Canada – comme son modèle, Alain Juppé ? -, Fabius a fait le service minimum lors du meeting avec Ségolène Royal à Rouen – quand il a dit « Une pour tous, tous pour Une », on le sentait prêt à tomber en dépression… -, et Jospin continue de se retourner dans sa tombe comme dans un mauvais rêve…

A droite, n’en parlons même pas.

Chirac a trouvé une idée pour créer cette agence de voyage qui lui tenait tant à cœur quand il était au plus bas dans les sondages avant l’élection de 1995 : il sera ambassadeur de l’environnement dans le monde entier. Vous mettriez le nouvel Al Gore en prison, vous ?

Dominique de Villepin a été mis en isolation dans sa prison de Matignon. Quant à Michèle Alliot-Marie, on la considère sans doute comme une femme qui doit retourner à la cuisine du parti avant de pouvoir s’exprimer.

A l’évocation de ces noms, votre mémoire doit tressaillir. On l’aurait presque oublié, en ce moment de campagne présidentielle où l’on se tourne tellement vers l’avenir que le passé - voire le présent - passe à la trappe : les ténors de la droite ne nous ont pas spécialement fait « triper » ces dernières années par leurs actions politiques…

Mais quittons nos moutons pour revenir à Bayrou.

Ce petit père tranquille possède indéniablement de bonnes idées, comme ces deux emplois francs pour les TPE qui s’imposent comme une évidence. Il propose de mettre les deux grands partis devant un fait accompli : les Français en ont marre de vos disputes, élisez-moi et on repartira de zéro (ou, plus exactement, de 20 députés) pour construire la France de demain à l’image de nos rêves d’enfants, avec des gens qui s’aimeront… de gré ou de force.

Où est le mouvement, l’élan dans cette idée ?

Bayrou, ne serait-il pas simplement en train de nous demander, de manière voilée, de voter une seconde fois « Non » à la Constitution Européenne ? De dire « Non » aux institutions en disant « Oui » à Bayrou ?

Le seul sens bénéfique de cette position est de faire revenir à une certaine raison l’électorat qui avait basculé à l’extrême-droite, en attirant les électeurs de Le Pen, plus profondément anti-tout que racistes.

Si Bayrou met le « ni droite, ni gauche » au cœur de la cohérence de son programme, Ségolène Royal possède, à mon sens, une meilleure version du fameux « ni, ni ». En substance, son programme « gagnant / gagnant » joue l’équilibre entre toutes les forces en présences : « ni patronat, ni assistanat », « ni répression, ni compassion », « ni le tout-environnement, ni le tout-développement », « ni riches tout puissants, ni pauvres tout impuissants »…

Si ce chemin tracé avec le concours des Français dans des débats participatifs ne séduit pas encore l’opinion publique, qui n’a pas encore réfléchi à son vote et ne donne encore que son intention, il bouleverse l’échiquier politique. Pour la première fois, une idée majeure d’une candidate (de gauche) est reprise par son principal adversaire (de droite) en pleine campagne présidentielle : la police de proximité.

Les sondages ne sont aujourd’hui que le reflet des Français… qui répondent au téléphone. De fait, ils excluent aussi bien les habitants de banlieue que les sourds-muets ou les réfractaires aux institutions. Compte tenu de la cohérence du projet de Ségolène Royal, qui désire construire la France de demain à l’image des rêves de nos enfants, on peut attendre le meilleur du formidable phénomène traversant la population pour la première fois depuis les débuts de la la Vème République : une véritable réflexion des électeurs avant de décider pour qui voter.

 
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