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14/03/2007

Je ne voterai plus jamais socialiste

Peut-on parler de déception devant la défection – c’est un euphémisme ! – dans la campagne électorale de la plupart des grandes personnalités du Parti Socialiste ?

Pas vraiment.

La déception, c’est qu’on ne s’attend pas à être trahi par un proche.

Or, on ne pouvait que s’attendre à ce que les éléphants du P.S adoptent l’attitude de l’autruche face à une souris, poussée à leur tête par le peuple. Un comble !

Un éléphant, ça ne détrompe pas énormément. Ceux qui le vexent comprennent vite qu’ils vont en prendre pour un quinquennat de bouderies.

En 2002, Jospin nous avait condamnés par contumace – en son absence - à subir l’effet du 21 avril : la dictature du chiraquisme.

C’est désormais au tour de DSK de jouer les fantômes, en pratiquant la politique de la chaise vide comme Valéry Giscard d’Estaing en mai 1981 : Mesdames, Messieurs, Bonsoir ! (Et après moi, le chaos !).

Pour Giscard, c’est avéré : le chaos est effectivement arrivé. A la fin de son mandat, la France était l’un des pays les moins endettés au monde. En 26 ans, la dette extérieure a été multipliée par six. On crée d’ailleurs actuellement des ennuis à la personne qui a pris la responsabilité politique de contenir la dette sous Giscard, c’est-à-dire Raymond Barre, avec la fameuse technique des propos sortis de leur contexte. Une polémique qui arrive à propos pour aider l’ancien Premier Ministre à se taire ?

En ces temps « enSarkozyés » où l’on entend comme un claquement de botte en allumant sa télévision, il ne faut jurer de rien !

Mais revenons à Jospin et DSK, les duettistes qui auraient tant aimés jouer les duellistes contre Chirac et Sarkozy au cours du joli mois de mai.

Que dois faire Ségolène Royal pour inviter ces deux messieurs à s’engager sans état d’âme, ni arrière-pensée calculatrice, à ses côtés dans cette campagne présidentielle ? Leur envoyer une lettre recommandée avec toutes ses excuses pour avoir compris les gens mieux que ces intellectuels ?

Résultat : Jospin et DSK appliquent le service minimum avant l’heure. Ils signent ensemble un papier dans Le Monde pour montrer leurs compétences en matière d’économie. Et DSK a mis quelques semaines pour infirmer la possibilité de devenir Premier Ministre de François Bayrou… Que du bonheur machiste !

Pourtant, ces deux hommes politiques partagent l’existence de deux femmes de caractère : une philosophe, dont on ne présente jamais les livres, et une ancienne présentatrice du magazine « 7 sur 7 », dont on ne présente plus les yeux. Agissent-ils avec la complicité ou le silence approbateur de leurs compagnes ?

Je sais : ce n’est pas beau de s’en prendre aux femmes. Mais qui tue par le feu périra par le feu…

En tout cas, je me souviens de l’attitude désinvolte de DSK lors de l’émission de Drucker consacrée à Anne Sinclair, le bras jeté par-dessus le divan… On aurait cru qu’il revenait de la plage en attendant patiemment d’assister au feu d’artifice du 22 avril prochain.

Qui tue par le feu d’artifice périra par…

DSK a poussé la désinvolture à affirmer qu’il aura le rôle dans la campagne présidentielle que Ségolène Royal voudra bien lui donner. Désolante attitude, comme on dit poliment, même si la politesse m’étouffe de rage.

Qui, à l’avenir, oserait voter pour un tel attentiste, un tel opportuniste ?

J’ai réellement eu de l’estime pour DSK et Jospin. Mais on ne touche impunément pas à l’avenir de l’homme politique – c’est-à-dire la femme politique !

Jospin et DSK, vont-ils se reprendre et communiquer une énergie nouvelle à la campagne socialiste, que Ségolène Royal insuffle jusqu’à présent seule – et vraiment seule ! -, avec un courage qui force l’admiration ?

 Je ne doute d’ailleurs pas de la reconnaissance de ce courage de la part du peuple français, comme il le reconnaît aujourd’hui à François Bayrou. A la nuance près qu’on lui reconnaîtra aussi d’avoir utilisé cette énergie pour ramer à contre-courant des éléphants du Parti Socialiste.

Grâce à Jospin et à DSK, je ne voterai plus jamais socialiste si Ségolène Royal devait échouer à cette Présidentielle 2007.

 D’une part, par dégoût du calcul politique, cette peste qui a provoqué le rejet des politiques par les Français.

D’autre part, parce que dans ce cas-là, Ségolène Royal pourra tranquillement créer son propre mouvement, « Désirs d’avenir », en dissidence avec le Parti Socialiste, et qui sait, peut-être avec François Bayrou.

 Les personnes qui se prononcent aujourd’hui en sa faveur ne le font pas par amour du P.S. Ils sont séduits par son intuition féminine, son aura, sa tolérance et sa démocratie participative.

Ségolène Royal, ne serait-elle pas la seule candidate réellement apolitique ?

12/03/2007

Sarkozy : un cœur qui bat à rebours ?

            Cette élection présidentielle fleure bon le choix de société.

Pour la première fois depuis la caricaturale « bande des quatre » (Giscard, Chirac, Mitterrand et Marchais), les Français ont réellement la possibilité de déterminer leur avenir entre trois voies démocratiques extrêmement différentes. Comme on dit chez les truands avant un coup (dixit l’excellent film de Sam Karmann « A la petite semaine ») : à l’arrivée, les écarts peuvent être gros. En clair : la vie dans 5 ans risque d’être bien plus facile ou bien plus compliquée pour l’ensemble de Français, et non seulement pour certaines catégories. Car si les projets des candidats oublient l’élément fondateur d’une République - la cohérence nationale -, nous sommes repartis pour vivre une nouvelle dictature qui ne dirait pas son nom, comme lors des cinq dernières années.

Une dictature ? Le mot est trop fort ? Je ne crois pas. Depuis l’élection à remords de Jacques Chirac en 2002, et pour la première fois depuis dix ans, de nombreuses consultations électorales en forme d’avertissement – comme le « non » à la Constitution Européenne -, sont restées sans réponse de la part du gouvernement. Quand les électeurs s’expriment et qu’ils ne sont pas entendus, cela s’appelle une dictature, l’appellation d’origine contrôlée en moins.

Avec cette élection présidentielle, il serait donc dommage d’attirer l’attention des électeurs sur des détails complètement subalternes pour se recentrer sur la question du choix de société.

Par exemple, il ne sert à rien de s’égosiller, à tour de débats, pour rappeler que François Bayrou n’est qu’un enfant fait dans le dos de l’UMP. C’est justement ce qui plaît aux Français ! La preuve, c’est ainsi que les trois candidats démocratiques ont été « désignés » par les électeurs : parce qu’ils appartiennent au système et peuvent le dynamiter de l’intérieur ! Sarkozy s’est construit contre Chirac, tout comme Ségolène Royal s’est élevée en marge des éléphants du Parti socialiste.

Il serait plus intéressant que les journalistes s’intéressent à leur principale fonction : apporter la contradiction utile. Par exemple, quand Monsieur Sarkozy se prononce pour la participation de Le Pen à l’élection présidentielle – en regrettant que le leader du Front National n’ait pas réuni les 500 signatures d’élus pour pouvoir se présenter -, et qu’il est contre la présence du Front National à l’Assemblée Nationale – en refusant d’intégrer une dose de proportionnelle aux élections législatives -, pourquoi aucun journaliste ne lui fait remarquer qu’il est un démocrate d’apparat ? Voire un démocrate d'appareil.

De la même façon, quand Monsieur Sarkozy aime à répéter qu’il a cœur et qu’il bat à gauche avec la même régularité que les autres, pourquoi ne s’échine-t-il pas à le reprendre sur cette expression ? Par exemple, en lui demandant si ce cœur ne bat pas à rebours pour les sans-papiers, les Français qui se lèvent tard pour cause de déprime, les chômeurs qui pensent que favoriser les heures supplémentaires jouera en leur faveur…

Le programme de l’UMP, une bombe à retardement ? La première explosion a déjà eu lieu avec l’annonce de la création d’un Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale. Monsieur Sarkozy s’est toujours prévalu, sur Ségolène Royal notamment, de toucher sa bille en matière de politique internationale. Je vous laisse imaginer la tête des Petits de ce monde, des gens comme vous et moi, lorsqu’ils apprendront que la France, pays des Droits de l’Homme, a créé un tel Ministère… Loin de toucher sa bille, il nous a déjà mis les boules.

09/03/2007

Bayrou-Royal au second tour ? Un 22 avril « à l’endroit » !

Voilà une hypothèse absurde qu’on n’osait guère imaginer il y a encore cinq mois : et si l’élection présidentielle ne se jouait pas sur les idées politiques ? Et si le projet importait bien moins que la personne qui le porterait ?

Force est de constater que les trois grands candidats non extrémistes se rejoignent sur les principes à appliquer après le 6 mai et que l’ensemble des Français appelle incontestablement de leurs vœux : ouverture dans le fonctionnement de l’Etat (notamment dans la composition du futur gouvernement), mise en place de système gagnant-gagnant entre le salarié et le chef d’entreprise, apport de solutions « neuves »… ayant déjà fait leurs preuves dans d’autres pays, prise en considération de tous les forces de la nation (banlieue, etc.) et de ses faiblesses (écologie), recherche de l’adhésion publique…

Mieux : les candidats n’hésitent plus à se voler les bonnes idées, comme la police de proximité.

Sous la pression de l’opinion publique, le nouveau Président de la République sera non seulement obligé de prendre les meilleurs à chaque poste, de rendre compte très vite de son action, mais aussi, d’appliquer les meilleures idées apparues durant la campagne présidentielle.

Sous peine de se voir reprendre les 10 et 17 juin, aux élections législatives, ce que le peuple lui aura confié – clairement sous conditions – le 6 mai.

On peut légitimement se demander comment ce nouveau rapport de force va s’exercer. On en vient là directement à la personnalité des hommes et de la femme qui briguent « la dernière marche », puisque de leur qualité d’écoute dépendra l’affinement du programme – les « décrets d’application » en quelque sorte -, d’un programme voulue par une forte majorité des gens, de toutes tendances.

Il ne fait nul doute que cette qualité d’écoute appartient à François Bayrou et Ségolène Royal. L’arrogance de Nicolas Sarkozy devrait lui jouer un mauvais tour : le premier.

La seule qualité qu’il est interdit d’avoir sur cette Terre pour un être humain, c’est le mépris. Nous devons notre existence à tant de concours de circonstances, qu’il ne faut négliger personne dans cette chance unique qui nous a permis de devenir des êtres vivants sur cette Terre. Ni les maladroits, ni les pauvres d’eux-mêmes, ni les perpétuels échoués de l’existence.

La France des Gagnants n’existe pas. Celle des Gagnants-gagnants, oui.

Sarkozy ne comprend pas grand-chose aux autres, prenant toujours de haut l’expérience des autres (comme celle de Nicolas Hulot, hier, sur France 2), croyant qu’il est le seul à détenir une vraie vision globale de la France et de sa place dans le monde. Plus exactement : il ne cherche pas à comprendre grand-chose aux autres. Il masque, sous des blagues de potache, un mal de vivre certain. Au point de se moquer de la compassion de Royal pour ses citoyens.

Or, la compassion selon Ségolène Royal entre dans le sens attribué à ce mot dans les langues slaves, comme l’a évoqué Milan Kundera dans « L’insoutenable légèreté de l’être ». La compassion, en français, a un sens proche de la pitié. En tchèque, ce terme signifie être capable de ressentir les émotions de l’autre. Pour une Présidente de la République, c’est la première qualité pour être en phase avec son pays.

Il ne faut pas se tromper : la montée de Bayrou ne menace pas Ségolène Royal, qui reste stable dans les sondages « officiels » depuis deux mois, mais Sarkozy, qui descend peu à peu dans ces mêmes sondages, souvent commandés par ses amis.

Royal-Bayrou au second tour, ça aurait de la gueule ! Ce serait un beau « 21 avril » à l’envers, un magnifique 22 avril à l’endroit ! Quelle belle image donnerait la France en mettant face à face une personnalité qui refuse la mainmise d’un clan au pouvoir et une femme décidée à mettre fin à la mainmise du seul clan à avoir dirigé le pays : les hommes !

 
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