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01/05/2007

Enquête Anti-vol automobiles (2ème et dernière partie)

Chiffres clés

2 à 300 000 : nombre de véhicules à quatre roues volés chaque année en France. Les chiffres varient selon les sources (assureurs, forces de l’ordre, etc.).

150 : nombre de Porsche Cayenne volées sur 1000 exemplaires, par an. Cette statistique signifie que si l’on garde un tel véhicule durant 7 ans, on possède toutes les chances de se le faire voler… Pour un véhicule comme la Twingo, également classée dans ce malheureux Top 10 des véhicules les plus volés en fréquence, on « retombe » à 2 vols pour 1000.

40 : pourcentage de l’ensemble des véhicules volés, équipés ou non de système anti-vol, qui ne sont pas retrouvés par les forces de l’ordre.

24 : dans la pratique, le nombre d’heures au-delà desquelles, sans trace de votre véhicule, les chances de le retrouver se sont considérablement amenuisées.

20 : suite à un vol de véhicule professionnel, c’est le pourcentage estimé du manque à gagner  dans le chiffre d’affaires par rapport à l’activité générée par ce véhicule. Dans ce cas, si l’utilitaire n’a pas une grande valeur marchande, il est surtout intéressant de récupérer le matériel professionnel entreposé dans le véhicule, très cher et très long à reconstituer.

17 : numéro de téléphone à composer pour joindre les forces de l’ordre

5 : le pourcentage de « pertes » minimum en général reconnu par tous les fabricants d’antivol de voiture interrogés dans cette enquête. Ces véhicules ont été soit brûlés ou jetés dans une rivière, ont servi lors d’une escroquerie à l’assurance, etc.

 

La mort d’une légende

Votre voiture volée et envoyée en moins de six heures par une bande organisée dans un pays de l’Est ? C’est une légende. 48 heures, c’est le délai minimum pour un réseau de malfaiteurs pour maquiller une voiture – les constructeurs gravent de nombreux numéros d’identification sur le châssis, les portières, les vitres, etc. - et maquiller ses papiers – ce qui n’est pas le même « métier » -, et la faire « changer de main ». Il faut parfois une à deux semaines pour que le receleur transmette la voiture au maquilleur et fasse réaliser des faux-papiers, et que « l’acheteur » dépêche un convoyeur et reçoive son colis. Cette chaîne est très compartimentée et chaque élément ne connaît pas forcément tous les autres dans le but d’empêcher le réseau de tomber d’un seul coup. Les fabricants d’antivols interrogés ont d’ailleurs indiqué qu’une faible proportion des véhicules qu’ils avaient retrouvés l’étaient à l’étranger.

Quelques précautions élémentaires

·                                           Lorsque l’on arrive à son domicile, surveiller si l’on est suivi. Une règle de base élémentaire, qui s’inscrit dans une conduite conforme au code de la route avec un coup d’œil dans le rétroviseur toutes les 30 secondes. Un véhicule identifié sur une habitation, c’est la base du home-jacking

·                                           Ne jamais descendre de son véhicule en laissant les clés sur le contact. Notamment en cas de « poussette » par un autre véhicule, de poubelle en travers de la descente de garage, de personne blessée sur le bord de la route, en vous arrêtant pour une petite course, en prenant vos enfants à l’école…

·                                           Eviter de confier son adresse quand on laisse son automobile à un garage. On peut donner une photocopie de sa carte grise masquant l’adresse.

·                                           Faire attention à l’environnement quand on s’arrête. Quand on récupère son véhicule, il ne faut pas, par exemple, jouer avec la télécommande pour vérifier si elle marche de loin, mais ouvrir sa voiture au dernier moment. Quand on signale quelle voiture vous appartient à 20 mètres de distance et avec la clé dans la main, on est vulnérable, car le voleur a le temps de préparer son agression. C’est le cas classique des parkings avec quelques belles automobiles, où le voleur attend le premier propriétaire venu

·                                           En cas d’agression, penser à soi en premier lieu. Dans tous les cas, lors d’une agression, le rapport de forces vous est défavorable.

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Cette enquête est parue fin 2004 dans une revue professionnelle.

 

30/04/2007

Enquête Anti-vol automobiles (1ère partie)

L’intelligence contre la malhonnêteté

Avec l’irruption au journal télévisé de faits divers de car-jacking et de home-jacking, nul n’ignore la violence accompagnant désormais le vol de voitures. Nous vous expliquons pourquoi ces nouvelles pratiques se sont développées et comment les endiguer.

 

Il est fini le bon vieux temps du vol de voiture où le malheureux propriétaire du véhicule appelait un taxi après le délit, en attendant tranquillement d’être remboursé par les assurances. Aujourd’hui, cette victime ne se contente plus de se faire voler la voiture, il se fait aussi agresser, sur un parking, sur la route, ou, dans les cas les plus critiques, chez lui, voire en famille. Désormais, le vol de voitures touche à l’émotif, avec une question trouble : pourquoi désormais tant de violences, « juste pour une voiture » ?

Tout commence le 1er janvier 1998, quand les constructeurs automobiles ont l’obligation de doter leurs véhicules de systèmes anti-démarrage codés. Il devient alors pratiquement impossible de voler un véhicule sans en posséder la clé d’origine. La méthode à l’ancienne (bidouiller les fils et forcer le Neiman) va tomber en désuétude. Cependant, les délinquants, jamais en mal d’imagination, trouvent une parade. Celle-ci consiste à s’emparer du véhicule avec les clés encore sur le contact, en éjectant manu militari le propriétaire d’un véhicule (car jacking) ou au domicile du propriétaire en employant la force ou la ruse (home jacking). Au début des années 2000, on commence véritablement à parler en France de ces nouvelles pratiques, apparues en Amérique du Nord. Des faits divers touchent des victimes médiatiques (le président du PSG, le chauffeur du président du groupe PSA, Dany Boon, la femme de Johnny Halliday, Christian Clavier, entre autres) et sont relayés par les informations nationales télévisées.

La course entre l’obus et la cuirasse

 Le vol de voitures touche désormais Monsieur-Tout-Le-Monde. Il concerne toujours les véhicules haut de gamme (berlines allemandes) et les 4x4. Mais il n’épargne plus les diesels à succès (type HDI, TDI, etc.), ainsi que les véhicules populaires (Peugeot 206, Clio, Twingo, Ford Fiesta, etc.), en nombre moins bien protégés par un système anti-démarrage codé. Les solutions traditionnelles contre le vol de voiture s’avèrent insuffisantes en cas de violence. Comment disposer de temps pour positionner un antivol mécanique (bloque-volant ou levier de vitesse, etc.) lors d’un car jacking ? Quant aux alarmes sonores, elles ne prouvent leur efficacité que si le propriétaire est à portée auditive de la sirène, c’est-à-dire dans un rayon de 30 ou 50 mètres à la ronde.

En raison de l’escalade de la violence, il devient donc nécessaire d’adopter une solution protégeant à la fois le véhicule et son propriétaire. Inutile, par exemple, de songer à la biométrie, car cela risquerait d’engendrer le développement du kidnapping dans les pratiques de vols. Il faut également permettre à l’agresseur de pouvoir s’éloigner à distance respectable de sa victime pour éviter tout nouveau rapprochement entre eux.

Depuis deux ans sont apparus sur le marché des systèmes antivols laissant le voleur partir avec le véhicule et permettant de le piéger après-coup, en récupérant le véhicule une fois le forfait accompli. Soit en le repérant à l’aide d’un GPS couplé à une transmission GSM, soit à l’aide d’une transmission radio permanente. Ces méthodes sont suffisamment au point pour avoir entraîné une « réponse » du côté obscur de la Force. Les voleurs laissent généralement « sécher », comme ils disent dans leur jargon, le véhicule volé sur le parking d’une grande surface durant 1 ou 2 jours afin de savoir s’il possède un système de détection par satellite ou autre. Une dernière méthode originale (BLOCVOL) oblige mécaniquement la voiture volée à s’arrêter après deux minutes si des manipulations connues du seul propriétaire n’ont pas été effectuées au démarrage du véhicule.

Du nouveau dans l’air : les ondes

Comment fonctionnent ces systèmes antivols dans la pratique ? Lorsque le vol est signalé par un abonné à leurs services, des systèmes comme Identisat® et Volsatt® repèrent le véhicule par satellite, en passant par une transmission téléphonique. Ils peuvent cependant redouter les brouilleurs d’ondes GSM de faible puissance, faciles à se procurer sur Internet et analogues à ceux utilisés dans les salles de spectacle et les hôpitaux. Ces brouilleurs créent une cage de Faradet d’un rayon de quelques mètres autour du véhicule afin d’empêcher toute communication entre le véhicule et l’extérieur par voie de transmission GSM. Dans ces cas-là, les fabricants de système antivols utilisant le GSM couplé au GPS affirment posséder une autre système de localisation du véhicule volé, qu’ils désirent ne pas communiquer « pour des raisons de sécurité ».

En revanche, Traqueur fonctionne à l’aide d’un signal radio qui passe à travers les obstacles. « Le brouillage du système Traqueur demanderait un brouilleur de forte puissance qui serait aussitôt repéré par les détecteurs de Traqueur aux mains des forces de l’ordre. Et la Loi réprime fortement ce type de délit. (…) Traqueur est le seul système sur le marché qui permet de réaliser des prises en flagrant délit et de frapper les réseaux de vol de voiture organisés. Pénalement, un vol de voiture ne coûte pas très cher. En revanche, l’association de malfaiteurs est passible de la Cour d’assises. », affirme Stéphane Schmoll, président de Traqueur. « L’avantage de Traqueur sur tous ses concurrents est notamment de donner aux forces de l’ordre la possibilité de perquisitionner un lieu en flagrant délit, même s’il s’agit d’un lieu privé et que le véhicule n’est pas visible de la voie publique, car cela entre dans leurs prérogatives. C’est le sens des conventions signées entre les forces de l’ordre et Traqueur. Les procédés concurrents ne fournissent pas aux autorités une information assez précise pour déclencher à coup sûr une telle perquisition, Par exemple, si le véhicule est dissimulé dans une rangée de box fermés – ce qu’indiquerait vaguement un système satellitaire -, les policiers ou gendarmes ne feront pas ouvrir tous les box, à cause des conséquences juridiques et judiciaires des erreurs. Or, le plus pratique et le plus sûr est précisément de cueillir le véhicule et les voleurs dans de tels lieux fermés, plutôt que de planquer des heures ou des jours à la sortie du trou ou de faire des courses-poursuites dangereuses sur la voie publique, le principal terrain du suivi par satellite. », ajoute l’homme, dont la société n’hésite pas à communiquer, de manière anonyme, sur ses histoires d’arrestation de malfaiteurs.

Pour sa part, la société Identicar revendique sa différence, comme nous l’explique Bruno Perron, responsable du développement de l’activité Identisat® : « A partir de l’appel de notre client victime du vol, Identisat entre en action et assure en totale autonomie,  l’immobilisation de son véhicule et sa localisation sans avoir à solliciter l’intervention d’un tiers. L’accord signé par Identisat et le Ministère de l’Intérieur permet désormais aux forces de l’ordre de consulter en temps réel, via un accès internet sécurisé, les coordonnées du véhicule volé. (…) Nous avons vocation à protéger le véhicule en préservant la sécurité des occupants. C’est-à-dire de ne leur faire courir aucun risque supplémentaire. Donner au client la possibilité, par exemple, de télécommander la coupure du moteur à distance ou lui indiquer la localisation de son véhicule sont de nature à l’exposer dangereusement. » Cette philosophie se reconnaît dans le bouquet de services offert avec Identisat® : mise à disposition d’un taxi pour ramener le client à son domicile, rapatriement en train ou en avion, mise à disposition d’un véhicule de remplacement de catégorie équivalente durant 5 jours ou hébergement assuré durant 5 jours (jusqu’à 80€ la nuit), avance de fonds de 1600 €, récupération du véhicule, deux entretiens téléphoniques avec un psychothérapeute pour aider la victime à verbaliser le traumatisme qu’elle a vécue.

La problématique pour les voleurs est tout autre quand le système antivol s’appelle BLOCVOL. « Le voleur peut s’apercevoir de l’existence de BLOCVOL après son forfait, c’est-à-dire deux minutes après le démarrage, quand la voiture s’arrête progressivement après avoir actionné les feux de détresse pour avertir les autres usagers de la route. (…) Aujourd’hui, tous les véhicules volés avec BLOCVOL sont retrouvés abandonnés, sans exception, sur la bande d’arrêt d’urgence et les clés sur le contact. Il n’y a pas de notion de vandalisme, c’est la notion de fuite qui prime. Si le voleur connaît l’existence de BLOCVOL, c’est que le propriétaire en a parlé. Et BLOCVOL devient inefficace. », constate Marc Sers, gérant et concepteur du système BLOCVOL.

Equiper une flotte d’entreprises

Dans le cadre de la gestion d’une flotte d’entreprise, Volsatt® offre un atout supplémentaire par rapport à ses concurrents : « Nous avons développé un logiciel, Volsatt Fleet Manager, associé à Volsatt®. Ce logiciel permet la localisation des véhicules et la remontée d’informations sur les déplacements de véhicules. Il localise un véhicule en temps réel. Il calcule le kilométrage effectué à titre professionnel – jours ouvrés – et à titre privé – week-end – dans un total respect de la vie privée puisque le système ne garde en mémoire que le kilométrage effectué pendant l’utilisation à titre privé. Cette traçabilité des trajets est notamment utile pour faciliter les déclarations à l’URSAFF. Ce logiciel optimise également les tournées des équipes, en calculant le temps de déplacement et celui d’intervention chez les clients, deux données cruciales pour établir une facture dans le métier de chauffagiste par exemple. Ceci permet de mieux définir les secteurs d’intervention – voire de créer une tournée en positionnant les clients sur une carte - et, pour les commerciaux notamment, de les redessiner pour une meilleure productivité. Quant aux transporteurs, des éléments constitutifs de la paie sont ainsi aisément collectés. Le logiciel gère aussi la disponibilité des véhicules, avec leurs entretiens et la prévision des immobilisations qui en découle.», souligne Laurent Bigoni, directeur commercial de FLEET TECHNOLOGY (constructeur de VOLSATT®). Cette solution « clés en main » est vendue à partir 20 € / mois H.T par véhicule. De leur côté, Traqueur® propose des tarifs dégressifs selon le nombre de véhicules installés et BLOCVOL demeure le moins onéreux à l’usage. Si le vol est malheureusement entré dans les habitudes de vie, nul doute que la pratique de systèmes antivols pour voitures le sera également prochainement.

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Cette enquête est parue fin 2004 dans une revue professionnelle.

27/04/2007

Lettre à Pierre Desproges

Mon cher Pierre,

Tu es un familier de mon quotidien depuis que j’ai appris à lire entre les lignes.

Tout adolescent naît dans sa vie adulte avec de sages femmes ou de sages hommes pour l’aider à accoucher ses envies profondes.

A la fin des années 80, j’ai choisi comme maître à penser un humoriste de métier, toi mon cher Pierre, puisque tu t’étais s’attaché à l’essence même de ton travail : le décryptage des comportements humains, au-delà des apparences et du savoir-vivre.

Tu savais particulièrement bien décrire cette imperceptible poussière que chacun de nous abandonne derrière lui, de manière plus ou moins volontaire, et à l’action plus ou moins polluante ; une poussière se dépose sur notre entourage… l’étouffant parfois en toute sincérité, ou mieux, l’immunisant définitivement contre certaines idioties.

Bien qu’ayant formé mon esprit, tu avais disparu de ma mémoire active.

Certes, de temps à autre – comme à chaque fois que je prends l’ascenseur en compagnie d’une autre personne, -, je souriais béatement en songeant à tes textes, qui ont édifié mon Code Civil personnel. Tu as été l’étincelle qui m’a permis d’accéder à la joie rare de pleinement profiter du présent en toute circonstance… et je t’avais lâchement oublié, continuant toutefois, fidèle à ton précepte, à rire de tout mais pas avec n’importe qui.

En réalité, depuis que tu n’es plus atteint par cette maladie qu’on appelle la vie, tu me manques.

J’aurai aimé entendre tes interventions caustiques dans cette élection présidentielle - bien que tu te considérais comme un "artiste dégagé" -, dans laquelle tout le monde peut se permettre tout et n’importe quoi depuis que la plupart des comiques – les auteurs des Guignols mis à part – n’exercent plus leur métier à voix haute. La faute au CSA ? Ou la peur d’un accident de moto ? Va savoir…

Toujours est-il que l’on s’ennuie bien bas dans cette campagne présidentielle, où ton grain de sel aurait savamment relevé le flot insipide des paroles politiques, que les médias laissent tant couler de source…

 
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