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22/05/2007

Composition du gouvernement Fillon : Ministre, un métier à plein temps ?

Douze des vingt membres du premier gouvernement Fillon, dont le Premier Ministre lui-même, se présentent aux législatives. Certains, comme Alain Juppé, disposent déjà d’autres responsabilités, en l’occurrence la mairie de Bordeaux pour le nouveau ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables – le chantier majeur de l’actuel quinquennat.

Pour ces femmes et ces hommes politiques ayant tant besoin d’occupation, peut-on parler de ces autres responsabilités acquises au suffrage universel ou fonctions obtenues suite à un lobbying, comme d’éventuels « parachutes dorés » pour les nouveaux ministres… en cas, bien sûr, d’échec de leur action au gouvernement ? Ou alors, Ministre, serait-il un métier facile à exercer en 35 heures ?

Visiblement, la tâche de Ministre, de maire ou de député n’exige pas un investissement à plein temps. Ce qui n’est pas le cas du métier de Président de la République : Monsieur Sarkozy a lâché illico ses fonctions de président de l’UMP, président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, etc.

Le cumul des mandats (et des hautes fonctions) me semble le fait le plus caractéristique de la fameuse « politique à l’ancienne » dénoncée par le parti du nouveau président de la République au cours de la dernière campagne présidentielle.

Ai-je l’esprit mal tourné ? Ou mon esprit ne tournerait-il pas au gré du vent ?

Morland

21/05/2007

C’est quoi, « être de gauche » ?

L’idée même de nommer Bernard Kouchner au poste de Ministre des Affaires Etrangères a soulevé une énorme indignation auprès des responsables socialistes, comme auprès de l’opinion publique apparentée à gauche.

Avant d’expliquer pourquoi cette indignation me consterne, je tiens à rappeler que je soutiens toujours Ségolène Royal dans la course à la Présidentielle… 2012. Mon esprit continue d’ailleurs de chercher des blagues idiotes sur Monsieur Sarkozy. Exemple : pourquoi est-ce que Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy s’échangent en secret le code déclenchant le feu nucléaire, puisque tout le monde le connaît désormais : « Cécilia s’en va ».

Bref.

Je rappelle mon attachement aux valeurs défendues par Ségolène Royal contre vents, marées, typhons et autres tsunamis au cours de la dernière année et demie, car son projet m’avait redonné la fierté d’« être de gauche ». A travers ses idées, j’avais à nouveau le sentiment que l’être humain et la nature auraient priorité sur les logiques destructrices du monde industriel. Que l’intelligence collective, définie par Joël de Rosnay(1), deviendrait enfin une réalité dans notre quotidien.

Etre de gauche, ce n’est certainement pas se mettre en rang serré, et le doigt sur la couture, pour huer toute initiative d’un homme politique de droite. François Bayrou l’avait parfaitement compris.

Etre de gauche, ce n’est pas faire la morale à un individu sur son passé, parce qu’il a décidé de mettre son expérience et son savoir-faire au service de son pays. C’est-à-dire, l’accuser de retourner sa veste quand il ne fait que retrousser ses manches.

Etre de gauche, ce n’est pas être contre l’ouverture au gouvernement. Ou alors, François Mitterrand a oublié de vivre.

Tous les blogonautes les connaissent parfaitement les critiques formulées à l’encontre de Bernard Kouchner : loyauté envers ses idées, loyauté envers ses amis, soutien implicite d’un programme « de droite » au niveau national…

Personnellement, j’en ai marre que dans ce pays, les gens songent d’abord à s’affronter avant d’avancer. Mais : plus que marre !

L’entrée de Kouchner au gouvernement serait justement une façon d’évaluer précisément les convictions de Nicolas Sarkozy, de déterminer sa sincérité de manière juste et profonde. Tous les blogonautes sont au courant des positions de Kouchner au niveau international (« devoir d’ingérence », etc.). Au moindre « hic ! », on saura exactement s’il s’agit d’un simple hoquet ou d’un début de bonne cuite après une désagréable déconvenue.

Monsieur Kouchner sera aussi un indicateur dans les deux sens du terme : indicateur comme mesure de l'action gouvernementale, mais aussi indicateur comme balance de la République infiltrée au sein du gouvernement.

Si l'intégration de Kouchner s'avère un geste politique notable, celle d'Hervé Morin, transfuge de l'UDF, s'inscrit comme un geste politique DE notable.

En clair, monsieur Sarkozy a récompensé la faculté de trahir au détriment de la compétence. En effet, l'ancien lieutenant de Bayrou n'a, à part ce grade attribué par les journalistes, aucun lien avec le monde l'armée. Brutus s'est vu confier la stratégie militaire de notre pays. Rome, serait-elle de nouveau en marche ?

Morland 

(1) « L’humanité est en quelque sorte l’inverse d’une société d’insectes : Les termites, individuellement sans ressource intellectuelle, sont capables de bâtir de véritables cathédrales à leur échelle. Au contraire, nous, les humains, sommes des génies individuels et des idiots collectifs, capables chacun de merveilles d’inventivité, mais incapables de prendre en main notre destin commun. L’intelligence collective peut et doit nous aider à faire mieux que les termites et autres fourmis. »

P.S : Ne manquez pas le feuilleton « Reporters », actuellement diffusé sur Canal+ (en crypté), montrant au grand public toutes les difficultés d’exercer le métier de journaliste et lui donnant tous les clés pour comprendre l’actualité entre les lignes.

Si vous n’avez pas vu les premiers opus, vous prenez prendre – comme pour la série « 24 heures » - l’histoire en cours grâce au résumé intelligemment monté à chaque début d’épisode.

16/05/2007

Et si c’était vrai ?

La nomination du premier gouvernement Sarkozy, par le nouveau Président de la République lui-même, provoque d’intéressants remous, tant à droite, qu’à gauche.

Sur ce blog, il y a deux mois, j’ai pronostiqué que, compte tenu de la ferveur populaire suscitée par la campagne présidentielle, le nouveau chef de l’Etat serait contrait de reprendre les meilleures idées données par tous les candidats au poste de Président de la République.

Nous y voilà !

Alors que Monsieur Sarkozy a désiré rencontrer les partenaires sociaux avant d’agir comme Ségolène Royal le lui avait si longuement répété au cours de leur débat télévisé de l’entre-deux tours – ce qu’il avait d’ailleurs raillé -, il tente l’ouverture non seulement au centre, mais aussi à gauche. C’est-à-dire prendre les meilleurs de gauche et de droite dans son gouvernement, à l’instar leitmotiv du candidat Bayrou.

On pourrait clairement parler de manœuvre électorale si la victoire de l’UMP aux législatives n’était pas une évidence : l'UMP gagnerait entre 336 et 390 des 577 sièges à l'Assemblée nationale contre entre 149 et 190 pour le Parti socialiste. Soit bien plus que la majorité absolue. Quant au risque de « laminer » le Parti socialiste, évoquée par Elisabeth Guigou, il ne pourrait que rendre service à la gauche pour permettre les créations d’un authentique parti de « centre-gauche » et d’un parti unifié d’extrême gauche défendant une « gauche sociale » crédible au gouvernement (avec Besancenot à sa tête).

Et si… le candidat Sarkozy, arrogant jusque dans son repos (sur un yacht), avait profondément la France « chevillée au corps » ?

Bien sûr, les propos amers de Patrick Devedjian peuvent paraître cocasses au regard de la beauté du poste qui lui semble promis, la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine. Voire déplacés.

Bien sûr, la liberté des médias reste une illusion face aux puissances de l’argent. Ainsi, on peut toujours se demander pourquoi Arnaud Lagardère, ami et même frère de Nicolas Sarkozy, met tout en œuvre pour interdire un article sur l’abstentionnisme de Cécilia Sarkozy, alors que la vie privée de Ségolène Royal et François Hollande est étalée en long, en large, et visiblement de travers dans un livre écrit par deux journalistes du monde.

Certes, je ne suis pas un pronostiqueur de talent : j’avais imaginé une large victoire de Ségolène Royal.

Mais… et si c’était vrai que Monsieur Sarkozy souhaite d’abord le bonheur du plus grand nombre des 60 millions de Français plutôt que de meilleurs bénéfices à ses amis (et les amis de ses amis) cotés en Bourse ?

En attendant, courage… Fillon !

Morland

 
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