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28/05/2007

Canard enchaîné, Jean-Michel Apathie, John Paul Lepers, Rue89 : les Derniers des Journalistes

Le journalisme serait en voie d’extinction. Une météorite appelée Sarkozy serait entrée en collision avec la Terre et les journalistes, en dinosaures de leur espèce, ne pourraient pas survivre encore très longtemps en raison du nuage de poussièresl’intense feu de fumée entretenu autour du programme UMP ? - soulevée par le choc susnommé.

Il ne s’agit évidemment là que d’une version romancée de la situation.

Malgré la secousse de la dernière Présidentielle dont les répliques ont tout de même mis hors d’état de lutte législative deux partis politiques français traditionnels -, le soleil de l’information brille toujours.

Pas seulement sur Internet, où les bloggueurs s’en donnent à cœur joie. Quelques êtres courageux entretiennent encore la flamme du Journaliste Inconnu.

Dans l’attente de ce jour glorieux où les F.F.I (Forces Françaises de l’Information) pourront quitter le maquis, j’ai décidé, à la manière d’un historien, de recenser les derniers êtres à plume porteurs du virus de la liberté d’expression.

C’est vrai, ces personnes disposant d’une conscience – de surcroît, tranquille – sont rares. Il est aujourd’hui effectivement plus reposant pour les journalistes de regarder l’actualité avec les culs-de-bouteille réglementaires, comme l’ont montré les derniers événements : nomination de l’ex-directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy à la direction de TF1 (Laurent Solly), arrivée de journalistes éminents ayant couvert la dernière campagne présidentielle à l’Elysée et Matignon (Catherine Pégard - Le Point - et Myriam Lévy - Le Figaro -)…

Rue 89, Jean-Michel Apathie, John Paul Lepersil ne faut plus hésiter à citer les pointures, quand tant de personnes apprennent à rentrer dans leurs petits souliers… tout en vouloir paraître « marcher droit » - dans leurs bottes ou non.

J’entame donc ce tour d’horizon DES DERNIERS DES JOURNALISTES avec le modèle du genre, tant par la longévité que par la pertinence : le Canard Enchaîné.

Fondé sous un authentique déluge (de bombes, durant la Grande Guerre), ce journal satirique paraissant le mercredi peut tenir un véritable siège pour défendre l’information grâce à une idée simple : il n’est financé par aucune publicité. Inutile de chercher à lire cet hebdomadaire entre les lignes : il écrit noir sur blanc ce qu’il a à dire ! Avec une force redoutable. Les indiscrétions de la page 2, à elles seules, pourraient transformer n’importe quel spectateur assidu du Journal Télévisé de France 2 en un anarchiste de base !

Pour cette seule semaine, on y apprend qu’Alain Juppé, le nouveau Super-Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable ne néglige pas aucun moyen de Transport. En effet, le « meilleur d’entre nous » (dixit Chirac) viendrait de se débarrasser d’un croiseur qui rouillait sur les quais de Bordeaux avec, à son bord, 35 tonnes d’amiante. Il l’a refourgué à l’armée, dont on sait, depuis l’affaire du Clémenceau, avec quelle puissance de dégazage elle sait recyclée les poubelles de mer.

Autre information doucement sucrée, à prendre sans pincettes : Jacques Chirac, dont l’immunité présidentielle viendra à échéance le 17 juin prochain, disposerait de 45 millions d’euros sur un compte au Japon. Vous avez encore envie de rire (de vous-mêmes, puisque c’est avec l’argent des contribuables que toutes ces actions sont permises) ? Ok, on continue. Le nouveau Ministre des Affaires Etrangères est placé sous surveillance par Monsieur Sarkozy : il n’a pas choisi son directeur de cabinet (ni son adjoint), et ne peut nommer un ambassadeur sans l’aval de l’Elysée. Allez, une petite dernière, pour la route, en forme d’énigme : quel est le SEUL ministre que François Fillon ait véritablement choisi ? Oui, vous avez bien lu mon recopiage honteux du Canard Enchaîné : le SEUL. La réponse n’est pas vraiment à la gloire du Jogger en Second du Président : il s’agit de Roselyne Elisabeth Olympe Bachelot-Narquin. Même si j’ai spontanément envie de me souvenir de cette femme politique qu’en 1998, elle a plaidé à l'Assemblée Nationale en faveur du PACS, contre les membres de son propre groupe.

On pourrait ainsi dépouiller à l’infini Le Canard Enchaîné de son travail d’investigation. Ce dont se charge la presse traditionnelle du jeudi au mardi suivant… en manquant toutefois un peu trop souvent d’approfondir certains dossiers trop « chauds ».

Patience.

Il ne reste plus que deux jours à attendre avant la sortie du prochain Canard Enchaîné… Thanks God, it’s (soon) wenesday !

25/05/2007

Pourquoi voter pour une candidate non « bidon » du Mouvement Démocrate ? Afin de mettre en échec Patrick Devedjian !

La démocratie n’est pas en danger. Que l’Assemblée Nationale soit investie par plus de 400 ou par 289 députés UMP et apparentés, le quotidien des Français sur les cinq prochaines années sera de toute façon entre les mains - ou les petits bras musclés ? - de Nicolas Sarkozy. Le nouveau Président de la République a décidé de lancer tous ses Grands Travaux au pas de charge, simultanément dans les six premiers mois. Avec comme leitmotiv, le mode de la concertation avec les partenaires sociaux et associatifs, comme le préconisait Ségolène Royal. Et au risque d’aller trop vite.

Compte tenu de l’attente suscitée, et en cas d’échec, les grandes manifestations de type décembre 1995 seront à nouveau de sortie. Pour autant, Monsieur Sarkozy ne sera pas démis de ses fonctions. Il reviendra à une forme d’immobilisme sans doute novatrice… afin de repartir de plus belle à l’orée de 2012.

Au risque de provoquer en vous l’envie irrésistible de cliquer ailleurs, je reste convaincu que Nicolas Sarkozy est davantage intéressé par la volonté de laisser une trace positive dans l’Histoire que de rester comme le Pantin de la République, soumis aux puissances financières.

Ce sont bien évidemment certaines méthodes du nouveau Président de la République, fondées sur la liberté d’expression sous condition, que je condamne.

Ce besoin de tout contrôler n’est pas compatible avec la nature humaine, et le devoir d’un Président de la République, c’est avant tout de savoir accompagner l’Humanité vers son destin.

Gouverner requiert donc une puissante intuition que, me semble-t-il toujours, seule une femme peut posséder.

Bref.

Avec l’avènement de l’informatique et des suivis à la trace offerts par l’ère numérique, l’intuition n’est plus une référence dans les raisonnements individuels. Or, si cette qualité rare a été le moteur de l’innovation, elle est surtout le fondement des vies réussies. Par « vie réussie », j’entends une vie menée dans la complicité avec ses proches, avec ceux que l’on cherche à fréquenter, quitte souvent à lutter contre les hasards de l’existence.

Et contrairement à une idée reçue, reconnaître la complicité n’est pas chose aisée. Et pour cause.

Un(e) complice, c’est quelqu’un(e) avec qui on s’attache à dialoguer longuement parce que cette personne est souvent d’accord avec vous sur le fond, mais sur la forme. C’est quelqu’un(e) dont les dissemblances vous rapprochent. Après des années de vie commune, chacun de deux complices aura d’ailleurs fait la moitié du chemin qui le séparait de l’autre pour adopter une forme de vie commune…

Pour voter, c’est-à-dire pour décider des chemins clairement tracés sur lesquels nous allons circuler librement durant cinq ans, l’intuition est nécessaire. Fondamentale. Se reconnaître dans le fond des idées d’un(e) politique n’est pas compliqué. Le plus dur, c’est de déterminer quelle forme d’idées vers laquelle on serait prêt à faire la moitié du chemin, en espérant que l’autre parcoure la même distance dans notre sens.

Dans la circonscription où je suis électeur, le candidat UMP n’est pas un anonyme : il s’agit de Patrick Devedjian. Face à ce mastodonte de l’UMP, Chantal Brault. Elle est investie par le Mouvement Démocrate de François Bayrou. Elle est le premier adjoint au maire de Sceaux, lequel est certes exceptionnellement sorti de sa réserve lors des scrutins nationaux pour appeler à voter Nicolas Sarkozy au second tour, en justifiant clairement son choix dans une longue lettre adressée à tous les Scéens. Le Parti Socialiste, largement distancé le 6 mai dernier sur l’ensemble de la circonscription, aligne une candidate, Michèle Canet. Son affiche de campagne, sur laquelle la Présidente Socialiste au Conseil Général des Hauts-de-Seine, pose avec sa suppléante (Françoise Colmez, conseillère municipale à Antony)… comment dirais-je… manque de charisme !

Indiscutablement, Chantal Brault possède les meilleures chances de mettre en échec Patrick Devedjian, ce qui aurait – excusez du peu ! – un sérieux retentissement au niveau national.

Scéen depuis trois ans, j’habite, avec bonheur, le seul quartier populaire de cette ville bourgeoise, Les Blagis. A vrai dire, je ne sais rien de l’action politique de Chantal Brault dans ma commune, si ce n'est qu'elle n'appartient pas aux candidats "bidon" de la dynastie Morin. Et je n’en ai même pas honte ! C’est parfois le cas au moment de voter : faute de connaissances, il faut se fier…à son intuition !

Et mon intuition affirme à mon cœur, qui n’a jamais penché à droite, que voter pour la candidate du Mouvement Démocrate de François Bayrou – dont j’ai découvert la sincérité dans son livre « Projet d’espoir » - sera dans le droit fil de mes convictions politiques. En effet, le Mouvement Démocrate annonce vouloir voter les lois à l’Assemblée Nationale sans à-priori, sans chercher à condamner ou approuver d’avance ; toujours en accord avec ses profondes convictions. Voter en son âme et conscience, en quelque sorte. C’est presque un argument plus fort que de faire échec à Monsieur Devedjian, d’autant que je doute que Ségolène Royal se reconnaisse actuellement dans le Parti Socialiste et l’extraordinaire absence de cohérence dont il fait preuve actuellement.

C’est pourquoi je voterai Chantal Brault, sans me pincer le nez… comme pour prendre un air bourgeois. J’aurai, bien au contraire, le sentiment d’œuvrer pour le peuple au sens le plus large du terme. Il faut savoir s’attacher, même temporairement, à ceux qui savent se distinguer de vos croyances tout en attirant votre attention.

Sans complicité, la vie n’est rien.

24/05/2007

Entre Sarkozy et Blair, plus qu’une amitié : le don d’ubiquité

Mardi soir, juste après LE Journal Officiel – celui de France 2 -, Arlette Chabot interviewait Tony Blair. Toujours désireuse d’accomplir son Devoir National, la chef des journalistes de France Sarko-Vision a demandé au Premier Ministre britannique de s’exprimer sur le nouveau Président de la République… en français, please ! L’ami de longue date de Nicolas Sarkozy, issu de la gauche (le parti travailliste), ne s’est pas fait prier pour rappeler à quel point cet homme de droite l’avait touché par son « dynamisme » et sa « force » ; bref, à quel point Nicolas lui ressemblait. Ce qu’allait confirmer un intéressant documentaire diffusée dans la foulée sur la Chaîne Parlementaire sur l’accession au pouvoir de Tony Blair.

Les similitudes entre les trois victoires consécutives de Tony Blair et la campagne présidentielle de Monsieur Sarkozy sont flagrantes. J’en retiendrai deux points forts, tous deux empruntés au modèle américain des campagnes présidentielles : l’idée de campagne permanente et raconter une histoire au peuple.

Dès qu’il prend la tête du parti travailliste en 1994, suite au décès du leader de l’époque, Tony Blair applique le premier principe : quoi qu’il fasse, où qu’il se montre, toujours agir comme s’il était en campagne. Cette méthode sera poursuivie une fois le pouvoir conquis. Nicolas Sarkozy a ainsi programmée sa prise du pouvoir dès 2002, prenant la tête de l’UMP fin 2004 et ne pensant plus qu’à « ça », sauf peut-être quand il se rasait le matin. Aujourd’hui encore, il cherche à occuper l’espace médiatique, en vue de la prochaine échéance : 2012. Pour preuve, il multiplie les annonces : environnement, hôpitaux, etc.

Second point : raconter une histoire à laquelle son peuple est capable de s’identifier. Pour Monsieur Sarkozy, sa première volonté était sans doute de montrer que, comme lui, chacun peut « partir du fond de la salle » pour monter sur la « dernière marche ». Mais cette œuvre pour le peuple était peut-être en dessous de l’histoire naturelle de Ségolène Royal, laquelle s’affirmait comme une réussite de l’école de la République.

Or, lors de son discours de lancement de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a lancé son fameux « J’ai changé ». Exactement comme Tony Blair, lors de sa dernière campagne victorieuse, en parlant de la guerre en Irak et de ses erreurs d’appréciations…

Morland

P.S : Il est vraiment édifiant, le Journal Télévisé de France 2. Mardi soir, après la page politique (qui s’achevait), le téléspectateur a eu droit à un sujet mettant maladroitement en cause les « parachutes dorés », puis à un reportage en Inde sur deux entrepreneurs dynamiques parti conquérir un nouveau marché – un message à l’intention des loosers qui lèvent tard ? -. J’ai alors zappé, de peur de voir une enquête sur les effets secondaires des ecchymoses. En effet, l’une des belles-filles du Président de la République s’est fait renverser par un scooter dans la journée, et s’en est tirée avec quelques égratignures. J’espère que le nombre de suspects est bien circonscrit, sinon, gare au test ADN de masse pour retrouver le coupable !

 
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