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05/06/2007

Candidate « non bidon » du Mouvement Démocrate (MoDem) dans les Hauts-de-Seine, notamment contre Patrick Devedjian (UMP), Chantal Brault répond à mes questions

Le 25 mai dernier, ayant toujours « chevillée au corps » la volonté de défendre Ségolène Royal, j’indiquais sur ce blog mon intention de vote lors des prochaines législatives en faveur de la candidate du Mouvement Démocrate, Chantal Brault. Dans ce billet, j’insistais sur ma méconnaissance de l’action politique de cette femme, première adjointe au maire de Sceaux (la ville où j’habite). J’argumentais qu’il fallait donner de la voix à une opposition intelligente, ce que me semblait représenter le nouveau parti politique de François Bayrou.

Dans la journée même, cette dernière me contactait, intéressée par mon analyse… mais également décidée à m’expliquer son action politique. Je lui ai donc proposé de préciser pourquoi et comment elles défendaient ses « valeurs humanistes, sociales et républicaines ». Ce qu’elle a accepté, avec une belle spontanéité, tant sur ses idées pour son pays que sur la confiscation des pouvoirs en France que pourraient entraîner les prochaines législatives (10 et 17 juin).

Voici donc la vision d’une femme libre, comme on aimerait tant en voir aux responsabilités en politique :

Vous avez répondu dès le lendemain à la première note de mon blog vous concernant. Internet, est-il devenu pour les politiques un moyen incontournable de prendre le pouls de l'opinion publique ?

Je crois pouvoir dire aujourd’hui que cette masse d’informations véhiculées par le moyen d’Internet fait la preuve d’une très grande attente de dialogue et d’échange de la part de nos concitoyens. Il serait difficile et bien irresponsable de passer à côté de ce grand progrès démocratique qui échappe au pouvoir politique et qui donne une liberté d’expression exceptionnelle.

Comment vous servez-vous personnellement d'Internet pour faire de la politique ?        

Comme les médias confisqués sont aux mains de ceux qui tiennent le pouvoir et pensent pouvoir empêcher finalement la liberté d’expression, Internet est une très intelligente réponse à cet abus. Mon équipe de campagne est très au fait de cette nouvelle technologie ce qui nous permet d’être réactifs, organisés et efficaces. N’oublions pas que le MoDem est né grâce à ce nouveau pouvoir qui a porté cette exceptionnelle vague d’adhésions. Une dynamique énorme se dégage des échanges qui circulent et en canalisant cette énergie c’est une machine politique sans précédent qui voit le jour.

Quelle est l'action politique originale que vous avez mise en place en tant qu'adjointe au maire de Sceaux, et que vous aimeriez voir étendue au reste du pays ?

Mon attention s’est particulièrement portée sur la jeunesse de ma ville et je me suis attachée à l’accompagner pour qu’elle trouve sa place dans la cité. Il s’agit de laisser prendre aux enfants et aux jeunes des  responsabilités, de leur faire confiance en leur apprenant le sens de l’engagement et du service aux autres dans le respect mutuel. Nous avons porté ensemble des projets qui se sont inscrits dans l’histoire et le patrimoine culturel de Sceaux.

Personnellement, parmi les propositions nouvelles du Mouvement Démocrate, quels sont les 2 ou 3 premières décisions d'un Président de la République que vous aimeriez voter après le 6 mai ?

Inscrire dans la Constitution l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget de fonctionnement en déficit. Renoncer à stopper la progression de la dette en France est irresponsable.

Interdire le cumul des mandats et obliger les députés à être présents lors des séances à l’Assemblée nationale. La démocratie ne peut être seulement l’attribution du pouvoir par le vote.    

Faire de l’éducation une priorité nationale et faire en sorte que tous les enfants sachent lire et écrire avant d’entrer en 6ème.

Le credo du Mouvement Démocrate, c'est voter oui ou non à l'Assemblée Nationale en fonction des lois. Donnez-nous un exemple de vote "oui" à une proposition de l'UMP et à une proposition du Parti Socialiste. Idem pour un vote "non".

Tous les débats peuvent amener un éclairage et rendre une proposition recevable après amendement.

Pourtant  aujourd’hui, je voterai oui à l’instauration d’une part de scrutin proportionnel à l’Assemblée nationale proposée par le PS pour rendre cette assemblée plus représentative.

Je m’associerai au refus de voir entrer la Turquie dans l’Union européenne.

Je voterai non à la suppression de la carte scolaire. Pour l’égalité des chances, j’en défendrai le principe en lui redonnant son sens. Donnons un égal accès à tous les établissements aux filières d’excellence, au lieu de créer des filières de « discrimination positive ».   

Nombre d'électeurs sont proches à la fois du Parti Socialiste et du Mouvement Démocrate (dont moi). Pourquoi n'y a-t-il pas eu d'alliance entre ces deux partis - ou d'accord de désistement au second tour - ? Cette stratégie aurait été certainement payante dans la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, où vous vous présentez contre Patrick Devedjian, l'un des proches du nouveau Président de la République ?

Cette stratégie aurait été payante pour qui ? Le principe est bien d’affirmer la spécificité du Mouvement démocrate, mouvement qui rassemble des sensibilités, des engagements, et des origines différents, et non pas qui se rallie ou fait allégeance. C’est d’affirmer aussi que nous ne sommes ni à la gauche de la droite ni à droite de la gauche. Dans cette élection qui s’annonce dans la 13ème, le 1er tour n’est pas encore dit et les analyses se feront après, en fonction des résultats à venir.

Les troupes du Modem qui se déploient en très grand nombre dans la circonscription et qui étonnent par leur omniprésence et leur organisation, ont un moral d’acier, leur engagement dans ma campagne se renforce de jour en jour. Notre volonté est intacte, cela n’échappe à personne !

François Bayrou a réuni sur son nom 1 électeur sur 6 lors du premier tour de la Présidentielle. Il était également donné vainqueur par les sondages au second tour de la Présidentielle contre les deux finalistes du 6 mai. Or, dans le meilleur des cas, son nouveau parti, le Mouvement Démocrate, n'obtiendra à l'Assemblée qu'1 député sur 60. Même si le scrutin majoritaire à deux tours a été créé pour éviter l'instabilité, une vague "bleue" de députés UMP empêcherait tout contre-pouvoir réel, comme il en existe aux Etats-Unis. Alors... la France, est-elle encore une démocratie digne de ce nom ?

Oui, heureusement, la France est encore une démocratie et la responsabilité de ceux qui sont aux commandes, je l’espère, restera de veiller à ce qu’elle soit respectée ; en instaurant quand même le débat quand il sera indispensable pour faire les choix qui s’imposeront. Mais il est vrai qu’empêcher de parler près de 7 millions d’électeurs dont le vote à l’élection présidentiel a été significatif d’une volonté de faire de la politique autrement, qui ont adhéré à cette idée que le temps des affrontements camp contre camp était révolu, laisse entrevoir une bien préoccupante dérive, effet pervers de ce mode de scrutin. 

Le risque d'une Assemblée Nationale qui "ne décide pas", mais se range comme un seul  homme - comme au cours de la campagne présidentielle – aux décisions du nouveau Président de la République... n'est-ce pas de pousser la Rue à réagir ?

C’est là toute la question de la représentation et du débat au sein de l’Assemblée nationale. C’est le rôle même du parlement qui doit être représentatif de la diversité de notre société et être le garant  du fonctionnement équilibré de nos institutions. Appeler à la majorité absolue est bien le signe d’une volonté de verrouiller absolument toute la diversité d’expression, la représentation des courants qui ont légitimité à faire entendre leur voix pour que vive la démocratie. Entraver cette saine et légitime expression peut évidemment nourrir un sentiment de frustration que ceux qui se sentent ainsi empêchés feront entendre de manière plus violente dans la rue, hélas !

Les médias traditionnels annoncent - rabâchent, serait plus exact - une traversée du désert pour François Bayrou après les législatives... Pourquoi tant de haine ?

Cette haine est dictée par cette volonté de faire taire celui qui n’a cessé de dénoncer la connivence de ces camps droite et gauche et qui par son discours visionnaire a dérangé le confort de la classe politique dans sa connivence et  ses petits arrangements. Pendant des décennies, tous se sont arrangés de ces alternances stériles qui faisaient s’opposer les uns aux autres chacun à son tour. Le discours de François Bayrou est unique et la justesse de sa pensée provoque cette haine. Il faut dire que ce rejet est véhiculé par les médias dont la collusion est au service du pouvoir, censurés à l’occasion, pouvoir de l’argent mêlé au pouvoir politique.

Enfin... et c'est bien une question que je ne poserai pas à un homme : l'intuition reste l'apanage des femmes, et gouverner c'est prévoir. Pourquoi les femmes, en politique, n'osent-elles pas encore "jouer" de leur différence plutôt que vouloir se montrer les égales de l'homme politique ?

D’abord, je ne vois pas pourquoi vous ne la poseriez pas à un homme cette question, la réponse serait peut-être éclairante ! Leur différence, comme vous dites, vient d’abord du fait qu’elles ont été tenues éloignées si longtemps de la vie politique et du pouvoir qu’elles n’avaient eu qu’assez peu l’occasion de faire état de leur compétence. Donc les femmes n’ont à faire preuve aujourd’hui que de leur aptitude à prendre les responsabilités que les hommes croient être seuls capables d’assumer, avec intuition ou non, mais avec les qualités qu’elles ont pour gouverner et prévoir bien sûr ! Ce n’est pas se montrer les égales, c’est être en même responsabilité. 

Une dernière question : à quelle question auriez-vous aimé répondre ? Et quelle serait votre réponse ?

Qu’est ce qui vous a poussée à vous engager dans cette élection législative, à entreprendre ce pari difficile ?

J’ai considéré qu’au vu des suffrages très importants portés sur le nom de François Bayrou dans cette circonscription lors de l’élection présidentielle, ayant fait à ses côtés une campagne passionnante, guidée par la fidélité qui me lie à lui et passionnée par l’action publique, je me devais de répondre à l’appel des adhérents au Mouvement démocrate pour leur donner le choix de cette voie nouvelle que ce mouvement ouvre.

04/06/2007

Ségolène Royal et François Hollande poursuivent en justice « La femme fatale »… ou comment fonctionne le journalisme aujourd’hui

En fin de semaine dernière, le couple Royal-Hollande a réclamé, dans une assignation, la somme totale de 150.000 euros aux deux auteures de « La Femme fatale », Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué, journalistes au «Monde», et à l’éditeur Albin Michel.

Depuis les langues se délient, et le venin se répand.

A mon regret, mon pote Plume de Presse s’est joint à la vindicte populaire. Il a d’abord rappelé les faits croustillants évoqués dans « La Femme Fatale », telle cette menace qu'aurait proférée Ségolène Royal à François Hollande : "Si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne reverras jamais tes enfants".

J’ai beaucoup d’estime pour son travail de bloggeur (récompensé par une audience de 80 000 visiteurs uniques par mois), et bien davantage – c’est dire combien je l’estime ! – pour la personne qu’il est dans la vie. Toutefois, et c’est bien là le rôle d’un pote, je me dois de lui affirmer qu’il tombe là dans un piège d’une banalité finalement peu connue du grand public.

Tout internaute doit savoir qu’il existe une incontournable règle du journalisme : dès qu’une information paraît dans la « Grande presse » (Nouvel Observateur, Journal du Dimanche, etc.) ou dans un livre écrit par des journalistes reconnus (Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué travaillent pour Le Monde), elle peut ENFIN être reprise – et mitonnée à toutes les sauces – par la « Petite presse » et aujourd’hui les bloggeurs. ENFIN, car bien des journalistes - et parfois des plumes, comme Olivier – s’en donnent alors à cœur joie, comme s’il s’agissait du premier vent de liberté après dix ans de censure. Je serai tenté d’ajouter : d’autant plus qu’avec Internet, il suffit de corroborer les rumeurs circulant de « clic à oreille » avec les faits et gestes des personnalités pour avoir une intime conviction sur la véracité de telle ou telle rumeur. Donc, quand ces rumeurs s’avèrent « vérifiées » par la « Grande Presse », les fauves sont d’autant plus lâchés qu’ils ont ruminé leur papier depuis des mois…

Le corollaire de cette règle incontournable du journalisme est encore plus terrible à lire : si l'information paraît dans la "grande presse", c'est qu'elle est FORCEMENT vérifiée ou argumentée, qu'elle a un fondement sérieux. Ainsi, comme l’écrit si bien mon cher Plume de Presse, Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué, journalistes au «Monde», ne se seraient pas « avancées à découvert [dans leur livre] sans avoir sérieusement enquêté ».

Cette règle, et son terrible corollaire, un homme en France les a particulièrement bien compris : Nicolas Sarkozy. C'est la raison pour laquelle il veille scrupuleusement à « tuer dans l'œuf » la moindre information compromettante pour sa carrière politique qui paraîtrait dans la fameuse Grande Presse. Notamment, concernant sa vie privée. Nul besoin d'être fin psychologue pour comprendre les relations qu'il entretient actuellement avec sa femme Cécilia : cette dernière, exilée au Fort de Brégançon, fait la gueule sur TOUTES les photos du reportage "people" paru après l'élection de Mr Sarkozy dans Paris-Match, un magazine de son ami Lagardère.

Vous me répondrez : le Président de la République fait ce qu’il veut de ses fesses, du moment qu’il ne les assoit pas sur le radiateur que je viens de repeindre, et vous avez bien raison.

Je ne veux même pas m’appuyer sur cette l’effroyable logique – qu’on pourrait appeler la « Jurisprudence Voici » : Monsieur Sarkozy s’est servi de son couple pour accéder au pouvoir, cela donne le « droit » de le poursuivre jusque dans son lit durant toute sa vie. Quelle horreur ! En revanche, la vie privée des hommes politiques n’a d’intérêt que si elle révèle quelque chose d’inquiétant sur leur personnalité. Et au risque de vous choquer, pour vous permettre de mesurer mon niveau de tolérance (ou non) à ce sujet, qu’un homme politique soit adepte des partouzes – ce que l’on a, par exemple, insinué pour le couple Georges et Claude Pompidou -, cela ne trouble pas particulièrement, si ses actes politiques sont à la hauteur des attentes de la population. En revanche, si l’affaire du compte bancaire privé de Jacques Chirac au Japon devait s’avérer vrai – ce que rien ne prouve aujourd’hui -, cette façon de « mettre à gauche » l’argent des contribuables est, à mon sens, condamnable. Même après douze ans d’immunité parlementaire.

Donc, ce n’est pas qu’on ne parle pas des affaires de cœur de Nicolas Sarkozy qui me chagrine, c’est qu’on s’acharne sur le couple Royal-Hollande, puisque que certains estiment en avoir le droit depuis que les informations concernant ces deux têtes d’affiche du Parti Socialiste sont parues dans la « Grande Presse ».

C’est d’autant plus regrettable qu’il y a de vraies informations intéressantes dans « La Femme Fatale », dont je viens de terminer la lecture. Par exemple, BHL – Bernard-Henry Lévy - est devenu l’un des confidents de Ségolène Royal dans les derniers mois avant la Présidentielle. Les raisons du conflit entre Ségolène et DSK sont suffisamment détaillées pour qu’il soit inutile de songer à une réconciliation entre eux d’ici la fin du siècle en cours. L’usage du marketing par Ségolène Royal est également astucieusement décrypté…

Je pense toutefois que ces dérives du journalisme sont promises à l’extinction grâce à la Blogosphère. Mais nous en reparlerons une autre fois…

01/06/2007

Ségolène, DSK, Fabius, Hollande, Delanoë : le parti socialiste se lance enfin dans la présidentielle… 2012

La photo semblait impossible à réaliser. Depuis Roosevelt, Staline et Churchill à Yalta, on n’avait pas réalisé pareil exploit. Pourtant, les Grands de ce monde Socialiste franco-français ont réussi, les uns à côté des autres, à se serrer les coudes durant quelques heures au lieu de se les envoyer directement dans la figure. Bel exploit !

Evidemment, même quand on a le cœur à gauche, cela fait mal de l’entendre battre pour un Parti dont la plupart des protagonistes ne se drapent plus dans l’écharpe de François Mitterrand et ne songent plus… qu’à s’écharper ! Le plus douloureux reste d’avoir l’intime conviction que ce rassemblement des 5 têtes d’affiche du Parti Socialiste, s’il avait eu lieu début janvier, aurait provoqué une dynamique de victoire irréversible pour la Présidentielle… La faute à qui ? On en reparlera bientôt sur ce blog, car le livre d’Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué « La femme fatale » (éditions Albin Michel) – que je lis actuellement - comporte des informations intéressantes, en dépit d’une théorie fumeuse sur les raisons de l’échec de Ségolène Royal…

Les militants socialistes se sont pourtant clairement exprimés en faveur de Ségolène Royal, tant aux Primaires de novembre dernier – que ce temps semble bien loin… - que récemment, à travers les sifflets à l’intention de DSK. Le suffrage universel n’a semblé intéressant à prendre en compte par l’actuelle direction du Parti Socialiste que lorsqu’il s’est agi de proposer un accord misérable aux Verts pour les législatives, calculé d’après le score de Dominique Voynet à la Présidentielle… quel honte ! Pis, François Hollande rejette d’emblée tout accord de désistement avec le Mouvement démocrate (MoDem).

En attendant que certaines têtes d’affiche du Parti Socialise s’adonnent librement au pugilat dès le 17 juin à 20 heures 01, le Mouvement Démocrate préfère oser redémarrer de zéro avec des fidèles absolus. Et s’engager sur tous les terrains. La candidate de ce parti dans ma circonscription, Chantal Brault, a même réagi dès le jour même d’une note que je lui ai consacrée. Vous en saurez plus à ce sujet mardi de la semaine prochaine… avec une surprise à la clé !

 
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