Avertir le modérateur

09/06/2007

Les derniers des journalistes : Rue89… ou quand le journalisme va à l’information (et non : l’inverse !)

Le journalisme est pluriel : il existe mille et une façons d’informer les gens, du recueil des « experts en la matière » à l’enquête approfondie, en passant par la succession des motifs tamponnés à l’encre fraîche dans le seul but de lutter contre la peur de la page blanche – voire, pour lutter contre les peurs en général.

Le journalisme ne mérite son nom que lorsqu’il se singularise ; lorsqu’il se distingue de la dépêche AFP (Agence France-Presse) pour engager le lecteur , lorsqu’il préfère ne pas mâcher ses mots plutôt que de prémâcher la pensée du lecteur.

Paradoxe fou : dans ce monde où aucune information n’échappe plus à personne et se diffuse à la vitesse de l’éclair, les coups de génie manquent. La difficulté pour un journaliste n’est plus de préserver un scoop : elle est de sortir une information somme toute banale, mais qui apparaît immédiatement rugueuse dans une vision du monde lissée à l’extrême.

Aujourd’hui, se singulariser dans le journalisme, c’est tout bonnement aller à l’information. Nombre de rédactions fonctionnent de la façon suivante : c’est quoi l’événement du jour ? Comment en parler de manière originale ? Ainsi fleurissent les marronniers, ces articles qui fleurissent selon la saison… Actuellement, dans les rédactions, on s’échine à parler de Roland-Garros sans savoir comment éviter la finale attendue (entre deux magnifiques champions, soit dit en passant), on nous remet quelques images de violences entre forces de l’ordre et altermondialistes à l’occasion du G8 pour la nième fois sans rien apporter dans le commentaire, on ne sait plus comment rendre attractives les prochaines législatives jouées d’avance… On se délecte aussi des informations plus « creusées », tombées toutes cuites par la grâce d’un livre-enquête tel que « La Femme Fatale »… Ou, au moindre imprévu, comme cet homme qui a tenté de sauter sur la voiture du Pape – sans arme -, on se focalise sur l’événement... pour rien ; tout ça pour un pape allemand qui a envie de profiter de la douceur du climat romain sans Papamobile…

En fait, les journalistes ATTENDENT l’information, toute cuite. Au lieu de « cuisiner » le monde afin d’aller LA CHERCHER. L’un des drames de cette attitude, c’est, par exemple, de ne plus parler des ravages du Sida qu’à l’occasion de la journée mondiale consacrée chaque année à ce fléau…

Ce travail de terrain du journaliste, le site Rue89.com le remet à l’honneur. Son sommaire est constitué des événements fondamentaux pour notre quotidien, sans être dictés par le programme des Chefs d’Etats, les agences de communication ou les pages de publicité du journal. Ce qui n’empêche pas de se poser les bonnes questions au bon moment, comme à propos de la proportionnelle pour les élections législatives. Ni de donner la parole à des experts du quotidien, ces consom’acteurs de l’information, lorsque leur cas particulier (comment faire sauter un PV ?). Voire de remettre une couche d’encre sur des informations essentielles, afin que celles-ci ne s’effacent pas de la mémoire des gens comme ce rapport caché sur le remodelage de la carte électorale.

Parmi les rubriques traitées sur Rue 89.com, ma préférence va aussi bien vers « le bureau de vérification des promesses électorales » de Monsieur Sarkozy, que sur la nouvelle rubrique, baptisée Passage à l’acte, pour permettre aux bonnes idées d’être mises en pratique à temps. L’une permet de lutter contre l’impermanence de l’information. L’autre redonne au journalisme sa vocation première : susciter le débat parmi ses lecteurs pour parvenir à un mode de vie en commun excluant le moins possible de gens généreux dans leurs efforts au quotidien.

Et vous, connaissez-vous Rue89.com ? Et qu’en pensez-vous ?

08/06/2007

Merkel, Sarkozy, Bush, Poutine and Co au G8 : un bunker climatisé contre l’environnement ?

Alors comme ça… Vladimir Poutine aurait « des bouffées de chaleur » à propos du projet antimissile américain en Europe !

Ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui le dit, c’est George W. Bush qui le lance… au nez et à la barbe du président russe, juste avant leur tête-à-tête au G-8. Bon, j’en conviens, je déforme quelque peu l’information : Poutine est imberbe.

Il n’empêche, même si l’arsenal militaire russe n’est peut-être plus ce qu’il était et que  les risques de chaos nucléaire semblent éloignés depuis « moche » lurette, il se prend pour qui, le Président des Etats-Unis ? Cherche-t-il un nouvel ennemi aux Américains, alors que les arrestations de hauts responsables d’Al Qaida se multiplient en ce moment ? Ou est-ce la nouvelle façon de causer dans le poste de la droite décomplexée mondiale ?

J’ai bien tenté de le croire, comme l’a encore prouvé la dernière « Roselynade » de madame Bachelot, qui a affirmé récemment, alors qu'elle s'entretenait devant micros et caméras avec Raymond Domenech, à Clairefontaine : «Un journaliste n'est jamais ton ami, il aura raison toujours contre toi et il est paresseux».

Les hommes politiques sont des êtres fins : ils aiment à faire croire aux gens que ceux-ci sont bien plus intelligents qu’eux. C’est même devenu leur sport favori.

Ainsi, c’est plus intéressant pour George W. Bush que le grand public se focalise sur les « bouffées de chaleur » en s’indignant de son attitude de cow-boy texan, plutôt que les gens insistent lourdement en lui demandant de s’occuper (enfin) sérieusement de l’étouffement créé par les gaz à effet de serre.

Dans ce « Huitiel » au sommet – un duel au sommet à huit, l’invention du « triel » (duel à trois) revenant à Sergio Leone dans « Le bon, la brute et le truand » -, il ne faut toutefois pas oublier que c’est le développement de la climatisation qui a permis la « colonisation » du sud des Etats-Unis, et a permis aux humains de vivre « normalement » dans cette région du monde.

Or, le potentiel en matière de réchauffement climatique des climatisations reste énorme. Le HFC-134a, utilisé dans les systèmes de climatisation, est un gaz à effet de serre qui a un impact 1 300 fois supérieur à celui du CO2. Autrement dit, un kilo de cette substance produit le même effet que 1,3 tonne de CO2. Avec la démocratisation de la climatisation, dans l’habitat comme dans l’automobile, ce gaz est produit en quantité de plus en plus importante et sa concentration dans l’air ne cesse d'augmenter : elle a doublé entre 2001 et 2004. Même s’il n’est pas encore présent en quantité suffisante dans l’atmosphère pour contribuer réellement au réchauffement planétaire, la planète se passerait volontiers de son contribution à nos malheurs, de plus en plus locaux. Une directive européenne prévoit déjà l’élimination progressive du HFC-134a dans les systèmes de climatisation des véhicules, mais seulement à partir de 2011…

Ah, heureux les gouvernants des pays tempérés comme Sarkozy, Merkel et Poutine, car le paradis des promesses écologiques plus simples à tenir leur est ouvert…

Et vous, vous y croyez à un réel accord chiffré sur l’environnement à l’issue du G-8 ?

07/06/2007

Ségolène Royal, Bayrou, DSK et Besancenot mettent en évidence les premiers trous d’airs de la méthode Sarkozy (service minimum, peine plancher, Turquie, etc.)

Rien ne sert de faire son jogging, il faut partir à point.

Telle est sans doute la devise du nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy, qui s’est engagé avec ferveur dans la mission que le peuple français lui a confiée le 6 mai dernier, et pour laquelle, selon les derniers sondages sur les législatives, il ne sera pas jugé avant 2012.

Toutefois, même si Monsieur Sarkozy n’hésite pas sur les moyens pour chercher à tenir ses promesses – comme pour le cas Ingrid Betancourt qu’il souhaite évoquer au G8 (avant même le retour de Guerre Froide, voulu par Poutine ?)-, il aura beau gesticuler dans tous les sens, il ne sera jugé QUE sur ses actes. Et c’est peu dire que pour l’attendre au tournant, la file d’attente s’allonge de jour en jour…

Si les semeurs d’intelligence œuvrant pour le site Internet Rue89 veille au grain pour mesurer la capacité de Monsieur Sarkozy à prendre ses rêves pour des réalités, les adversaires de l’UMP et de l’arrogance en politique en général (si Monsieur Fillon pouvait cesser de nous faire sentir combien il est revanchard de revenir aux affaires après son éviction par Dominique de Villepin…) ne désarment pas.

Bien au contraire.

Même si certains d’entre eux, comme les communistes, ne pourront bientôt plus exister que grâce au classement de leur siège Place du Colonel-Fabien comme Monument historique… Chères forces anciennes de la contestation sociale, sachez qu’il est encore temps d’écouter les forces vives des classes modestes, personnalisées par Olivier Besancenot, lequel appelle à la création d’un grand parti de la gauche anti-libérale

Monsieur Sarkozy a déjà reculé sur trois points, et non des moindres :

- Le service minimum : ce devait être une loi, c’est devenu une loi-cadre ; c’est-à-dire, une loi sans obligation de l’appliquer.

- Turquie : comme l’a rappelé Ségolène Royal, le candidat Sarkozy a menti sur la question turque. Ce dernier voulait stopper toutes négociations concernant l’entrée de cet état laïque aux frontières de l’Europe, en pleine croissance économique, en quête d’alliance au niveau international, en proie au nationalisme, et indispensable pont entre deux continents et deux cultures… mais bon, moi, je n’prends pas parti ;-)

- Les peines planchers : elles se dérobent sous le pas assuré du Président de la République. Elles seront en effet plus souples que prévu. En la matière, Ségolène Royal avait défendu une meilleure idée : prendre en charge les jeunes fautifs dès le premier délit, en leur proposant des travaux d’intérêt généraux – rien de tel que l’huile de coude pour faire à nouveau tourner les rouages de la réflexion – ou alors, une manière forte sans commune mesure avec l’école à truands qu’est devenue la prison (encadrement militaire).

Ces reculades sont d’autant plus regrettables que l’homme fort de l’UMP a sans doute devancé Ségolène Royalen raison de son intransigeance : « j’ai dit ce que je ferai, et je ferai ce que j’ai dit », a-t-il répété, jusqu’à ce que chacun connaisse ces paroles mieux que ses comptines d’enfance. Si Bayrou et DSK appellent au pluralisme de l’Assemblée Nationale, c’est encore Ségolène Royal qui a trouvé les mots justes : « Séchez vos larmes, votez ! ».

Et vous, malgré cela, êtes-vous satisfait des premières mesures annoncées par le gouvernement Fillon ?

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu