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16/06/2007

Eric Besson dans « Gala » : Pose combat ?

Homme de gauche tolérant – capable de pratiquer l’ouverture jusqu’aux « Sarkozystes » -, et fidèle en amitié – surtout envers le nouveau Président de la République -, Eric Besson livre (enfin) le fond de ses pensées... sans descendre quiconque. Il se révèle un père et un époux modèles et a réservé l’exclusivité de cette révélation au magazine Gala.

Pour ceux qui découvrent l’actualité des « people » uniquement lorsqu’elle interfère avec leurs passions, Gala est considéré comme le Voici « propre » : tous les reportages de cet hebdomadaire sont réalisés avec le consentement des stars qui y figurent. Eric Besson, serait-il à nouveau passé à la concurrence puisque, selon Fabius, Ségolène Royal  n’osait pas dire « Voici mon projet ! », affirmant plutôt « Mon projet, c’est Voici ! » ? Ceci est vraiment un bas procès d’intention de ma part.

Que nenni.

Gala et Voici appartiennent au même groupe de presse que Capital, le magazine qui a révélé les vacances dorées de Nicolas Sarkozy sur un yacht au large de Malte. En football, après une faute d’arbitrage, on parlerait de « compensation ».

medium_besson_16_06_07.jpgDepuis qu’Eric Besson a rompu avec le Parti Socialiste en pleine Saint-Valentin, on sait que le nouveau secrétaire d’état chargé de la Prospective et de l’évaluation n’est pas un sentimental. Ce dernier est un homme libre, pragmatique. Pratique serait plus exact comme terme.

C’est pourquoi Nicolas Sarkozy lui a confié la mission de juger de l’opportunité ou non de la TVA anti-délocalisations. Si Eric Besson estime cette TVA comme sociale, les électeurs de l’UMP seront évidemment satisfaits : les RMIstes, chômeurs et autres personnes en situation de précarité metteront tous la main à la poche et comprendront peut-être alors qu’il faut qu’ils s’arrêtent d’être pauvres, parce que ça fait ch… tout le monde ! J'exagère ? J'espère bien ! Il serait tout de même malheureux de résumer l'élan des électeurs envers l'UMP à cette funeste pensée...

Si Eric Besson estime cette TVA comme antisociale, l’opinion publique pensera que l’ancien responsable du budget au Parti Socialiste est resté un gauchiste dans l’âme. J'exagère ? J'espère à nouveau bien ! Je trouve que Monsieur Besson a eu une attitude courageuse en rejoignant les rangs de l'UMP, même si cela n'aurait pas été une faute de goût d'attendre le résultat des élections présidentielles pour la réaliser.

Cependant, à mon sens certes perfide, pour trancher sur les questions de budget, Eric Besson est un homme pratique, idéal, pour la nouvelle équipe au pouvoir. Quelle que soit son opinion, favorable ou défavorable à un projet de Nicolas Sarkozy, elle sera un nouveau plébiscite dans l’opinion publique pour l’UMP.

Avec son passage dans le magazine Gala, Eric Besson désire sans doute confirmer qu’il est un homme libre, affranchi de toute convention. Sans doute est-il un économiste hors pair, et dans ce cas, Nicolas Sarkozy a eu raison de l’appeler à ses côtés. Mais il serait peut-être temps qu’il mette à chiffrer les dégâts qu’il a occasionné pour ceux dont il aimerait obtenir l'estime car, avec ce reportage dans Gala, il donne le sentiment de toujours devoir être là où il faut être à la manière d'un opportuniste.

Son attitude pourrait rappeller ce qu’un humoriste disait d’une chanteuse mondialement connue : « Où est Mireille Mathieu ? Elle est là où on la pose ». Ce qui deviendrait, avec le Secrétaire d’Etat : « Où est Eric Besson ? Il est où est la pose… »

Et vous, que pensez-vous de la position (sincèrement pas évidente) de Monsieur Eric Besson ? 

15/06/2007

Environnement, Juppé à vélo : ce nouveau logo du développement durable pourrait être retiré dès dimanche, après les législatives à Bordeaux

C’est une image qui choque, et pourtant, elle devrait rassurer : Alain Juppé à vélo.

Le Super Ministre de l'Environnement se déplace désormais sur un beau vélo hollandais entre son ministère du boulevard Saint-Germain, l'Hôtel Matignon et son domicile… trois lieux situés dans le VIIème  arrondissement de Paris. Ne riez pas : un européen sur 3 prend son véhicule pour parcourir... moins de 3 kilomètres ! 1

Candidat à la députation dans la 2ème circonscription de Gironde, monsieur Juppé s'est même rendu en deux-roues dans le bureau de vote de l'école Albert Barraud, en compagnie de sa femme et sa fille.

A chaque fois, Alain Juppé ne portait pas de casque, même si cette sécurité ne figure pas dans les 10 commandements de l’éco-cycliste. 2

On peut aimer le vélo, sans se passionner pour le ridicule. D’autant que les photographes et les cameras de télévision sont souvent présents pour immortaliser la scène.

Certes, le numéro 2 du gouvernement Fillon a la tête dure et ne craint pas les chutes. Il l’a prouvé en décembre 1995, lors de son premier plan pour l’environnement, en contraignant les Français à la marche à pied durant trois semaines grâce aux grèves des Transports. Quant aux chutes, il a appris à s’en relever plus vite que la moyenne, à en juger par la vitesse avec laquelle il a repris la mairie de Bordeaux sitôt son année d’inéligibilité terminée.

Alain Juppé cherche à montrer clairement que l’air vivifiant du Canada lui est monté à la tête. Et qu’il n’est pas présent en politique pour recycler seulement les vieilles casseroles traînées par d’autres que lui.

Mais aujourd’hui encore, Juppé à vélo, c’est une image qui prête encore à rire. Non ? 

Si ! Si !

Aussi étonnant que cela puisse vous paraître, Monsieur Le Ministre, cette image n’est pas crédible. Elle ne semble pas correspondre à l’adoption d’un réflexe naturel, profitable à notre belle Planète Bleue. On a même le fort sentiment qu’il s’agit d’un geste marketing, d’un logo trouvé par une agence aussi performante que celle choisie par le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de Londres 2012. Un peu comme si Christine Lagarde, chargée des questions agricoles, venait bosser en tracteur ; ou si Christine Boutin, déléguée au Logement, habitait un HLM. 3

En outre, en matière d’écologie, Alain Juppé a avoué son « enthousiasme de néophyte ». Il se souvient bien, lorsqu’il était Premier Ministre, avoir pris « une décision courageuse en interdisant, dans une vallée des Pyrénées, malgré l'opposition d'EDF et de mon ministre de l'Industrie, la construction d'une ligne électrique à haute tension qui allait défigurer le paysage. » Mais guère plus. Ah si… l’inauguration d’une usine de fabrication d’éthanol « à l’époque ». Juppé, précurseur ? Pas vraiment. C’est l’an dernier, au Canada, qu’il a pris conscience « du danger qu’encourait la planète si on ne faisait rien ». Remarquez, comparé à l’attitude de George W. Bush au récent G8, Alain Juppé est effectivement un précurseur…

N’accablons pas Alain Juppé, même s’il devra changer de braquet pour convertir le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy à l’écologie, lequel a été le plus mal noté de tous les projets des candidats à l’Elysée par l’Alliance pour la Planète (8,5/20, contre 16/20 à Ségolène Royal).

En effet, Alain Juppé a déjà posé, sans tarder, les jalons du « Grenelle de l’Environnement » prévu à l’automne prochain. Il a occupé Matignon, ce qui lui confère une excellente vue transversale des dossiers (entre Ministères), absolument impérative pour réussir dans sa mission. Il expérimente à Bordeaux le transport urbain de l’avenir (le tramway), avec ses difficultés et ses avantages, sachant que les transports sont à l’origine de 25% des émissions de CO2 en France. Il conserve aussi une certaine lucidité sur certains dossiers brûlants comme le nucléaire, qui n’est pas, selon lui, la solution « à échéance de 3 à 4 décennies », mais dont on ne peut se passer aujourd’hui4.

Il est vrai qu’il s’agit là d’un regard sur cet homme politique, réalisé sans la complicité du Canard Enchaîné. Juste avant sa nomination, le Super-Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable s’est débarrassé d’un croiseur qui rouillait sur les quais de Bordeaux avec, à son bord, 35 tonnes d’amiante. Il l’a « refourgué » à l’armée, qui, comme on le sait depuis l’affaire du Clémenceau, possède une puissance de dégazage monstrueuse pour recycler les poubelles de mer… Récemment, pour l’inauguration du TGV-Est, Monsieur Juppé a pris le train en route à Metz, en compagnie du Premier Ministre François Fillon… en rappelant, bien évidemment, combien le rail était meilleur pour Dame Nature que la voie des airs. Enfin, cet homme complet n’instituera pas de moratoire sur l’OGM le plus cultivé de France, le maïs OGM mon 810, dont les anomalies restent inexpliquées selon Greenpace. Il a visiblement baissé Lagarde devant Christine, sa déléguée à l’agriculture, pour la seconde fois… Ce qui fait dire à l’association de défense de l’environnement : « Le gouvernement accumule en effet les positions anti-écologiques. En effet, le 13 juin, la France acceptait au Conseil européen des ministres de l'agriculture que les produits biologiques puissent contenir jusqu'à 0,9% d'OGM alors qu'elle avait la possibilité de voter contre cette décision qui va décrédibiliser l'agriculture biologique. »

Avant de juger Alain Juppé sur ses actes à moyen terme (ce qui sera fait sur Linfonaute) plutôt qu’à sa posture sur son beau vélo hollandais, attendons d’abord que le candidat UMP de la deuxième circonscription de Gironde, bien qu’en situation de ballotage favorable, passe le cap des législatives, sous peine de devoir rendre son portefeuille ministériel comme l’a exigé le Premier Ministre François Fillon…

Et vous, Juppé à vélo, ça vous inspire quoi ? 

 

1 En ville, la voiture est utilisée dans 80% des déplacements, représentant la première source de pollution de l’air. Conséquence de ces comportements : 700 000 tonnes de pétrole brûlées et 400 000 tonnes de polluants divers rejetées dans l’air.

 

2 Les 10 engagements de l’ÉCOcycliste :

1- Je ramène tous mes déchets, de la chambre à air usagée aux emballages alimentaires en utilisant pour cela la poche arrière de mon maillot.

2- Je préfère les produits recyclables ou recyclés.

3- Je nettoie mon vélo, sans excès de lavage, avec des produits biodégradables.

4- J’entretiens mon équipement pour qu’il dure plus longtemps.

5- Je respecte les espaces naturels protégés.

6- Je respecte les cultures, clôtures et troupeaux, les piétons et les trottoirs.

7- Je choisis le vélo pour mes petits déplacements UTILITAIRES.

8- Je milite pour le vélo autour de moi, et dans ma commune.

9- Je fais l’éducation cycliste de mes enfants.

10- Je respecte tous les gens que je rencontre.

3 Je n’ai rien contre les « Christine » ; j’en ai même aimé une, jadis !

4 J’ai personnellement vécu près d’une centrale nucléaire (Cattenom) durant une dizaine d’années.

14/06/2007

Fabius piège Borloo sur la TVA « anti-sociale » (ou « anti-délocalisations », c’est selon) : ah… si les éléphants du Parti socialiste avaient été aussi volontaires et pugnaces durant la campagne présidentielle !

Qu’on aime ou non Laurent Fabius, il faut reconnaître une chose : il connaît son métier, il maîtrise parfaitement la « technique » politique.

Dimanche soir, devant des millions de téléspectateurs, l’ancien Premier Ministre de François Mitterrand, le plus jeune qu’ait connu la France, a piégé le Ministre de l’économie comme un bleu. Un cas d’école à étudier désormais par les postulants à la plus haute fonction de l’Etat.

Face à des élus UMP pétris d’arrogance non verbale, Fabius commence par apostropher Borloo sur un ton fortuit ; genre « Monsieur Borloo, pendant que je vous tiens, juste une petite question comme ça… ». Puis il embraie sur la TVA sociale, en demandant à Borloo – avec une voix subitement rentrée, comme un môme qui a quelque chose à se faire pardonner - de lui faire (pour une fois) le petit plaisir de ne pas esquiver la question : le nouveau gouvernement, va-t-il appliquer ce nouvel impôt (bienfaiteur et régénérateur, comme tous les impôts à destination des pauvres), oui ou non ? Et l’autre, à la surprise générale… il lui fait le petit plaisir ! Face à l’enfant retrouvé en Fabius, Borloo lui lâche le morceau sur la TVA anti-sociale pour le consoler. Ou alors, pour énerver "bien involontairement" Monsieur Fillon, dont il brigue la succession avec la même gourmandise que MAM (Michèle Alliot-Marie), selon une information parue il y a quelques semaines dans Le Canard Enchaîné ?

Quoi qu'il en soit, c'est du grand art politique.

En football, cela équivaut au coup du sombrero ; sauf que Borloo se demande encore aujourd’hui où est le ballon… On pourrait appeler ce geste une « Fabiusade », comme on a honoré notre JiPéPé national en appelant le retourné acrobatique une « Papinade ». Après coup, Fillon a dû tellement remonter les bretelles à son Ministre de l’Economie qu’il peut faire du saut à l’élastique avec celles-ci tant elles sont détendues !

Devant cette nouvelle expression du talent politique de Fabius, on se demande tout de même si nous ne possédons pas en France la gauche la plus bête du monde ; et s’il ne faudra pas que des dizaines de cars d’adhérents socialistes se déversent dans Lourdes pour prier et espérer qu’un jour – ô miracle ! – les leaders du PS, aux qualités pourtant complémentaires, cessent de se foutre sur la gueule, comme s’ils s’étaient lancés mutuellement dans un concours malsain de « happy slapping » en public.

Si Fabius et DSK avaient fait corps avec Royal, Monsieur Sarkozy serait aujourd’hui retiré dans un monastère. Et l’île de Malte ne serait connue que pour son Ordre de Chevalier.

Fabius a dégoté le seul fil qui dépassait de l’armure taillé sur mesure par Sarkozy pour s’emparer du pouvoir. Tout le pull est en train de venir… L’armure est certes toujours intacte, mais en attendant, les preux chevaliers UMP vont devoir aller se rhabiller à un moment ou à un autre. Fillon sort même déjà une arme de réserve avec le « revenu de solidarité active » - ah, l’Art Nouveau de l’emploi de l’adjectif, déjà évoqué sur ce blog…-.

Quel dommage que la puissance de feu des éléphants du PS ait malheureusement tourné à plein rendement que lorsqu’elle était retournée contre les socialistes eux-mêmes ! Comme les Français n’ont pas majoritairement une tendance suicidaire, les électeurs ont préféré donner leur voix à ceux qui paraissent s’aimer en public…

Aujourd’hui, le contentieux est tel entre Delanoë, Royal, Hollande, DSK et Fabius que je me demande même, au regard des haines ouvertement étalées, si la Gauche serait capable d’unir à nouveau leur force. Ils ont oublié cette célèbre maxime de François Mitterrand (approximativement restituée ici) : « Il suffit de cent hommes, bien décidés et unis de manière indéfectible, pour prendre le pouvoir. » Sarkozy, lui, a les trouvés.

Et vous qu’en pensez-vous ?

 
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