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25/06/2007

Ségolène Royal en marge du Parti Socialiste : 5 raisons de croire à la création imminente de son propre parti

1. François Hollande a refusé d’être le directeur de campagne de Ségolène Royal lors de la dernière présidentielle, de se marier avec elle, et même, de se séparer d’elle alors qu’il avait une maîtresse. L’homme du « Non », comme l’a démontré le référendum sur la Constitution Européenne en 2005, pourrait aller au bout de cette logique un tantinet « macho ». Il devrait « l’éconduire » à nouveau, en la conduisant expressément vers la sortie du Parti Socialiste… prochainement. Dans un couple, après une séparation, l’homme coupe souvent tous les ponts… 

2. Ségolène Royal possède aujourd’hui une popularité à son zénith chez les « sympathisants socialistes ». Cette souris n’effraie pas les éléphants du PS, lesquels disposent d’arrangements d’appareil pour éviter toute modification profonde dans le parti, d’ici aux élections municipales de 2008 ; et savent que les vacances vont « remettre à neuf » la mémoire des Français.

Avant le grand chambardement au Parti Socialiste (le remplacement de Hollande… s’il a réellement lieu !), Madame Royal serait donc parti pour une année de relatif anonymat. En effet, elle n’a aucune fonction au PS, elle ne se présentera pas au suffrage universel l’année prochaine (puisqu’elle est contre le cumul de mandats), et certains de ses soutiens ne pourront obtenir qu’avec l’assentiment de Hollande et des barons du parti.

Et comme elle préfère toujours conserver l’initiative…

3. Ségolène Royal défend une idée surréaliste pour le Parti Socialiste : la parole des gens, ce n’est pas que l’encre des programmes électoraux, c’est avant tout la source des meilleures idées.

Madame Royal milite en faveur de la démocratie participative, des citoyens experts de leur quotidien, et du vote des adhérents du PS pour désigner leur candidat à la présidentielle. Ce dernier point pourrait être remis en cause dans un an.

Pourquoi attendre d’espérer prendre le pouvoir au PS… sans le moindre espoir ? 

4. François Bayrou a déjà enregistré 75 000 pré-adhésions pour le Mouvement Démocrate. A lui, le centre-droit. Si Ségolène Royal crée son propre parti, elle doit rapidement se positionner, sous peine de voir Bayrou aspirer tous les électeurs du Centre. En plus, elle occupera le centre-gauche. Centre-droit, centre-gauche : deux partis qui pourront aisément réaliser des alliances, et gagner des élections. Car, comme l’a prouvé la Présidentielle 2007, plus aucune élection nationale ne se gagnera en faisant campagne contre les riches.

5. Enfin, quand Ségolène Royal s’est véritablement lancée dans la course à la précédente présidentielle, les gens ont été frappés par son image rayonnante et sous le soleil aux côtés de la future présidente chilienne, contrastant avec les caciques du PS fêtant les dix ans de la mort de François Mitterrand sous la pluie de Jarnac. Hier, Ségolène Royal attirait la lumière des médias en visitant des grottes préhistoriques, tandis que les barons du PS continuaient de débattre à l’ombre de la télévision lors de leur Conseil National. La boucle serait en quelque sorte bouclée. Dans une série télévisée, après une première saison aussi marquante, ce serait un excellent « cliffhanger », c’est-à-dire, un rebondissement de dernière minute qui vous envoie de suivre toute la saison suivante sur les traces de votre héroïne favorite…

21/06/2007

Sarkozy sur TF1 : interview à la Starsky et Hutch ; Face au traité simplifié du Président sur le quotidien des Français, vivement Jean-Michel Apathie à la Garden Party du 14 juillet !

Hier soir, sur TF1, la chaîne dont le directeur général adjoint était il y a un mois le directeur de campagne adjoint du candidat UMP, Patrick Poivre d’Arvor et Claire Chazal ont interviewé le nouveau Président de la République à l’Elysée.

Changement de style et de ton pour cette première interview télévisée du Président depuis son élection, un exercice que l’on savait pompeux à l’avance avec Jacques Chirac (voire recommandé comme antidépresseur non chimique). La discussion a lieu autour d’une table basse pour affirmer d’emblée l’absence de barrière entre les interlocuteurs. Elle se passe volontiers de phrases alambiquées et de formules préparées à l’avance (voire « abracadantesques »). Et comme l’heure est au Traité Simplifié, Nicolas Sarkozy l’emploie volontiers pour parler de la future vie quotidienne des Français, après les mesures gouvernementales. Le Président a même enfoncé le clou en précisant, texto : « Je ne suis pas intellectuel ». L’interview a été finalement tranquille, car Patrick Poivre d’Arvor jouait le méchant, comme pour les interrogatoires de la série Starsky et Hutch) en lançant, de temps à autre, ses questions de façon irrévérencieuse, ces angles d’attaque sévère étant au besoin contrebalancés par Claire Chazal (la gentille des interrogatoires).

En fait, c’est la façon de mener l’interview qui était prévisible.

Rien ne sert de provoquer directement Nicolas Sarkozy. Cet habitué des joutes verbales, qui démarre de toute façon tout seul au quart de tour, possède un stock de phrases pour remballer, comme l’a prouvé sa réplique déjà célèbre à une journaliste de France 3 : « J’ai déjà vu des reportages malhonnêtes… mais de cette nature, c’est assez rare. Je vous félicite, madame ».

Quand PPDA a cru allumer Monsieur Sarkozy en le décrivant comme un « petit garçon » face aux autres grands du G8 et glosant sur sa conférence de presse en état d’ébriété, le Président de la République a facilement éteint le début d’incendie verbal au Kärcher. Pourquoi ?

Parce que PPDA (le méchant dans cet interrogatoire de… l’ancien Ministre de l’Intérieur) a placé le sarcasme au mauvais endroit : dans la question. Du coup, le Président de la République l’a immédiatement rembarré, le privant de tout droit de réponse ultérieur. Dommage, sur certaines initiatives (nouvelles dépenses - hôpitaux, universités, bouclier fiscal, impôts sur les successions, intérêts des emprunts immobiliers, etc.), j'aurai personnellement aimé savoir comment celles-ci seront financées ; et si cela sera autrement que par la TVA sociale. Si le Président ne vit pas à crédit, comme s'interroge judicieusement François Hollande...

Ecoutez une interview de Jean-Michel Apathie. (Pouf, pouf, prenons deux papillons, comme dirait cet imprudent porteur d’un cancer aux poumons).

Ce journaliste, que j’apprécie de suivre sur Canal+, pose toujours des questions sans ambiguïté, jamais fermées (c’est-à-dire dont la réponse n’est pas simplement : oui ou non), et se pose d’emblée sur le terrain de la compétence politique. Jamais de sarcasme initial, ni propos irrévérencieux : l’interviewé ne peut réduire immédiatement le journaliste au silence en condamnant toute répartie, il doit s’avancer à découvert.

Là, Jean-Michel Apathie joue un rôle de modérateur, avec la force de celui qui « écoute » son interlocuteur et ne le juge pas : il reformule les propos « obscurs / mensongers / bottant en touche » de l’interviewé en utilisant les propres mots de son invité, y amène la contradiction et demande à l’invité d’éclaircir sa pensée. Résultat : l’interviewé est coincé. Soit il nie ses propres mots, et passe pour un naze. Soit il doit ravaler sa langue de bois. Il ne peut en aucun cas cracher une volée de bois vert.

Cette manière de mener une interview s’appuie sur une technique de conversation appelée « écoute active ». Cette technique était déjà utilisée (depuis dix ans au moins) dans une association caritative venant en aide aux personnes touchées par le Sida. Elle se sert de la reformulation, pour permettre à toute personne d’exprimer ce qu’il « ressent / vit / a du mal à dire » autour de la maladie. Son but est de ne jamais fermer la porte à aucun moment de la conversation, impliquant souvent de patienter durant plusieurs questions sans réelle réponse pour décrocher l’information voulue un peu plus tard. Car les personnes touchées par le Sida, si elles se déplacent dans une association pour obtenir de l’aide, peuvent tout aussi bien repartir chez elles sans avoir rien demander : elles ont d’abord besoin de se sentir en confiance. D’ailleurs, dans le cadre de l’écoute active, le bénévole peut tomber sur quelqu’un qui vient « pour un copain » et qui avouera, bien amené, à dire que c’est pour lui-même qu’il sollicite l’association. En association caritative, l’« écoute active » ne cherche en aucun cas à « piéger » l’interlocuteur. Dans une interview journalistique, elle vise à mettre l’interviewé au pied du mur. Libre à l’interviewé, ensuite, d’exécuter une pirouette ou de répondre franchement, car si le silence se fait après une reformulation de ses propos, il joue en sa défaveur dans un entretien en direct.

Jean-Michel Apathie possède cette rare capacité à faire percevoir ses interviewés tel qu’ils sont et non pas tel qu’ils veulent paraître. Il sait amener des personnalités aussi à l’aise avec les médias que Nicolas Sarkozy à se livrer sur des terrains qu’ils n’ont pas choisi. Cette acuité n’est possible que si elle s’accompagne d’une réelle humilité, afin de se remettre en question… à chaque question, et « tenir » l’entretien jusqu’au bout.

J’aimerai que pour la traditionnelle Garden Party du 14 Juillet, qu’on nous promet cette année différente, Jean-Michel Apathie figure parmi les journalistes retenus pour interviewer le Président de la République.

Nicolas Sarkozy est un formidable animal politique. Il est en train d’installer dans l’opinion publique une chose inimaginable : le droit de se tromper en politique. Avec un corollaire complètement fou : c’est aux seuls hommes pleins d’énergie et capables de reconnaître qu’ils se sont trompés que l’électeur peut faire confiance.

Personnellement, je crois en la sincérité du bonhomme quand il affirme, à la fin de l’interview, vouloir satisfaire au final chacun des Français pour chacune des décisions qu’il prendra. Mais je doute profondément des moyens que le Président de la République désire employer, en privilégiant les patrons et les 93 000 foyers fiscaux les plus riches, et en croyant que ceux-ci faire profiter les plus pauvres de leurs nouvelles richesses. Foi de petits-fils de mineur et de fils de « maçon / ouvrier » !

Si Nicolas Sarkozy réussit dans sa mission « Historique » de « réformer en profondeur » notre pays, tant mieux, si cela s’effectue sans laisser sur le bord de la route les femmes et les hommes de bonne volonté (c’est-à-dire tous les gens qui, d’une manière ou d’une autre, ne vivent leur journée en ne pensant pas qu’à leur gueule : par exemple, en mettant leur énergie au service de leurs enfants, des personnes âgées, etc.) !

En revanche, ce qui serait catastrophique, c’est que le nouveau Président de la République « se plante », soit dans le redressement du pays, soit en « oubliant » les femmes et d’hommes de bonne volonté. Et qu’on le reconduise dans ses fonctions, simplement parce qu’il a fait preuve d’honnêteté et de courage durant son mandat.

Pour gommer cet incroyable ascendant psychologique que Nicolas Sarkozy a pris sur ses adversaires politiques, il faut d’ores et déjà, et IMPERATIVEMENT, reconnaître au Président de la République ses bonnes décisions et ses réussites. Parce que la dénégation de ses actes le renforcera toujours davantage, comme elle l’a amené au pouvoir sans forcer durant la campagne présidentielle.

Et vous, quel effet vous a fait le Président de la République, hier soir ?

20/06/2007

Bockel et Amara : le Haro « mytho » de la Gauche ; Chatel et Kosciusko-Morizet font entrer le bon sens au gouvernement

En psychologie, la mythomanie est une tendance au mensonge pouvant aller jusqu'à altérer durablement la vie sociale. Il a été observé que le mythomane ment souvent parce qu'il craint la réaction (de dévalorisation, par exemple) qu'entraînerait l'aveu de la réalité. L'aveu étant souvent ou presque toujours accompagné de réactions négatives de l'entourage, la mythomanie tend à s'auto-entretenir.

C’était ma séquence : « les gens de gauche parlent aux partis de gauche (et d’ailleurs) ». Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé n’est pas que fortuite.

En effet, il s’agirait, pour la Gauche, de ne pas arrêter hurler « Haro ! » sur tout ce qui bouge à Droite. Ce tir automatique fatigue mes arrière-pensées. Pourquoi crier « à la trahison / exclusion ! » au lieu de préférer se réjouir que le talent de deux personnalités de gauche, Jean-Marie Bockel et Fadela Amara, s’avère apparemment indispensable à la réussite du gouvernement Fillon ?

Au lieu de faire une obstruction systématique, il serait bon de comprendre à la fois le succès du Mouvement Démocratique (MoDem) – plus de 75 000 pré-adhésions – (lequel préconise la réflexion, proposition politique par proposition politique, contre l'opposition systématique) et celui de l’offensive ciblée de Laurent Fabius contre Monsieur Borloo sur la TVA Sociale.

Cibler, toujours cibler.

En matière de frappe chirurgicale, on constate tout de même des progrès. Ainsi, Stéphane Le Foll (PS) a visé juste quand il a affirmé que la réception de Jean-Marie Le Pen à l’Elysée par Nicolas Sarkozy suscitait « l’étonnement » du PS. Cette stupéfaction est compréhensible quand elle s'accompagne du refus de recevoir le parti des Verts, entrés à l’Assemblée Nationale avec 4 représentants, représentés au Sénat et particulièrement présents au Parlement Européen en tant que cinquième groupe de députés. D’autant que ces entrevues avec les principaux représentants des partis politiques français ont lieu dans l’optique de la discussion d’un Mini-Traité Européen. (1)

Dans le même ordre d’idées, ou plus exactement, du copie d’idées brillamment initié par Nicolas Sarkozy durant sa campagne présidentielle – reprendre les idées du camp adverse à son compte -, la Gauche pourrait applaudir – d’une seule main, si ça leur fait trop mal… – les bonnes initiatives du Président de la République.

Par exemple, comment tout citoyen, sensible à son pouvoir d’achat et donc à la valeur réelle de ce qu’il consomme, ne peut se satisfaire de l’arrivée au gouvernement de Luc Chatel comme secrétaire d'Etat à la Consommation et au Tourisme. Ce jeune parlementaire a milité, en particulier, pour que les consommateurs français puissent introduire des recours collectifs devant les tribunaux comme cela se pratique aux Etats-Unis. Un projet de loi, sur ces redoutables Class actions, présenté en 2006, avait été retiré au dernier moment. Son retour devant les députés signifierait que les entreprises (banques, fournisseurs d’accès, opérateurs téléphoniques, etc.) ne pourraient plus « profiter / abuser / arnaquer » individuellement (de) leurs clients sans risquer des « actions de groupe » (Class actions) qui pourrait leur coûter très chers. Alléchant, non ?

De même, Nathalie Kosciusko-Morizet a bataillé, en dépit de l'opposition de nombre de parlementaires UMP, pour inscrire le principe de précaution dans la Constitution. « Voilà une idée qu’elle est bonne ! », comme disait un motard malheureusement imprudent, qui nous aurait bien éclairé sur les absurdités de notre temps.

Si la Gauche ne veut pas altérer durablement sa compréhension de la vie sociale telle que la ressentent ses concitoyens, parce qu’elle craint une réaction négative de ses électeurs potentiels, et si la Gauche ne désire pas ainsi s’auto-entretenir dans la mythomanie, il serait bon que la Gauche parvienne à reconnaître ses qualités à la Droite. Ce sera toujours ça de pris sur le MoDem, comme disait ma Grand-Mère ! Ah, Michel, tu nous manques… comme disait le Claude : « Quand bien même, si tu revenais, je crois bien, que rien n’y ferai… »

Et vous, que pensez-vous de ces railleries « bisque-bisque rage » à répétition de la Gauche ?

(1) Depuis la mise en ligne de ce billet, Monsieur Sarkozy a accepté de recevoir les Verts le jeudi 21. Pourtant, il n'est pas inscrit à la newsletter de Linfonaute ; ou alors, sous un pseudo... même si agir de manièrenon remarquée n'est pas son genre...

 
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