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29/06/2007

Nicolas Sarkozy : 5 bonnes raisons de ne pas (trop) désespérer du Président de la République

Voilà, c'est fini

On a tant ressassé les mêmes théories (au PS)

On a tellement tiré chacun de son côté (au PS)

Que voilà, c'est fini

Trouve un autre rocher petite huître perlée*

Ne laisse pas trop couler de temps sous ton p'tit nez**

Car c'est fini...hum, c'est fini

 

Maintenant, si vous ne désirez pas prolonger le mandat du nouveau Président de la République dès sa première année de fonction, il va falloir lui reconnaître 5 qualités. Les voici :

1. Il met la main à la pâte. Jacques Chirac écrivait des recettes (à base de pomme) pour sauver le pays. Nicolas Sarkozy pensent que tous les dossiers, c’est pour sa pomme ! Il ne faut pas toujours se plaindre de tout et son contraire, d’abord d’un Président retiré dans l’Elysée comme dans un bunker, et ensuite d’un Président plaçant son Palais au cœur de ses offensives. Le nouveau Président n'est peut-être pas le plus doué de sa génération, mais il apparaît assurément comme le plus dévoué.

2. Nicolas Sarkozy s’engage dans l’action en son nom propre, sans se servir du Premier Ministre comme prête-nom. Il faut donc arrêter de s’interroger sur « le rôle / l’utilité / l’inutilité » de François Fillon. Leur entente est scellée depuis deux ans. Scellée au plomb depuis l’entre-deux-tours des législatives : dès que Monsieur Sarkozy s’est retiré de la campagne, l’UMP a perdu 50 députés. En clair, Fillon ne fait pas le poids, électoralement parlant. Il ne peut donc pas viser plus haut qu’il n’est actuellement. Quelle indispensable sérénité pour se concentrer sur le taf à venir !

Ainsi, ce n’est pas la peine de penser que Fillon « pétera les plombs » comme Chirac, qui n’avait pas supporté l’omniprésence de Valery Giscard d’Estaing en 1976. Leur union peut facilement courir sur deux mandats, comme entre De Gaulle et Pompidou. En conservant longtemps son Premier Ministre, le nouveau Président donnera en plus le sentiment d'être un homme professionnellement fidèle, plutôt que de "concentrer les pouvoirs".

3. Nicolas Sarkozy sait défendre ses idées sans être jusqu’au-boutiste. Il l’a récemment montré avec la réforme des universités. Il a même reculé sur le service minimum… Son but demeure clairement de débloquer l’esprit d’initiative en France. Comme à l’étranger. Le traité simplifié européen, même partiellement satisfaisant, est une réussite. Sinon, essayez de vous mettre mieux d’accord avec 26 autres personnes… L'opposition doit absolument présenter des idées neuves. Sinon, toute contestation du nouveau Président ressemblera à un aboiement.

4. Nicolas Sarkozy sait utiliser la communication pour défendre ses idées. Les effets d’annonce, ça le connaît ! Il faut donc le combattre point par point, comme l’a parfaitement entrepris Ségolène Royal sur la Chaîne Parlementaire le 20 juin dernier, montrant ainsi par exemple les subtilités de l’abolition des droits de succession (qui ne profiteront pas à ceux qui le croient…). Mieux, il faut mettre en place un plan pour le reprendre sur ses propositions point par point, comme ne manquera pas de le faire le « cabinet fantôme » ou « contre-gouvernement » de Jean-Marc Ayrault – même si celui-ci en réfute l’Appellation d’Origine Contrôlée.

5. Nicolas Sarkozy est un remarquable compétiteur. Remarquez, il l’a bien cherché ! Il s’est préparé, étapes après étapes (la présidence de l’UMP en 2004, le retour dans le gouvernement, etc.), à conquérir le Pouvoir absolu. Cinq ans de campagne, contre seulement cinq mois à son adversaire, Ségolène Royal. Y’a pas eu photo à l’arrivée… Tout était même joué dès la mi-février, c’est-à-dire à peine un mois après le lancement officiel de la candidature du candidat UMP. Pour employer des termes chers à ce Président sportif, il a même contrôlé la course. Il faut dire que les leaders de la Gauche se regardaient en chiens de faïence dans le peloton, ce qui l’a bien aidé dans son échappée. Personne n’a suivi ou semblé résister lors de son démarrage… Un nouveau Tour de France a débuté. Nicolas Sarkozy porte déjà le maillot jaune. Il m’est d’avis qu’il ne faudra pas attendre les étapes de montagne pour l’attaquer…

 

Voilà, c'est fini (cher électeur de Gauche)

Ne sois jamais amer, reste toujours sincère

T'as eu c'que t'as voulu, même si t'as pas voulu c'que t'as eu

Voilà, c'est fini

 

Alors, cher électeur de Gauche, réfléchis bien avant te taper sur Nicolas Sarkozy ! Ou plutôt : vise mieux ! 

Après la Droite décomplexée, assistera-t-on à l’avènement d’une Gauche décomplexée ? J’aurai aimé vous donner les 5 bonnes raisons de croire que la Gauche sera encore présente au deuxième tour en 2012, avec un score à deux chiffres et un candidat homo sapiens mais… c’est déjà l’heure des vacances !

Et puis, Ségolène Royal se débrouille parfaitement bien dans cette tâche de rénovation d’un Parti qui n’a, rappelons-le, tout de même gagné que 3 élections majeures (1981, 1988 et 1997) sur les 15 disputées sous la Vème République.

Alors, à bientôt, n’est-il pas ?

 

* Traduction : Fonde ton propre parti, Ségolène, tes supporteurs te suivront !

** En clair : N’attends pas le Congrès de 2008, « Désirs d’avenir », c’est un très beau nom de parti politique !

28/06/2007

Assemblée Nationale, femmes, jeunes et diversité : la France reste un pays conservateur

C’est bientôt les vacances, et mieux vaut ne pas trop réfléchir sur le bilan de l’année politique en matière de renouvellement de la classe dirigeante.

Passons sur le conservatisme au Parti Socialiste et à l’UMP : les reconductions de François Hollande à la tête du PS et de Jean-Marc Ayrault à la présidence du groupe PS à l’Assemblée Nationale (poste qu’ils occupent tous deux depuis 1997) étaient attendues. Dans certaines entreprises françaises, on baptise - sans rire - ce type de boulervesement novateuro-révolutionnaire : "le changement dans la continuité". 

Côté UMP, on préfère le statu quo à la volonté de trancher : Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin ont été renvoyés dos à dos par Nicolas Sarkozy, lequel reste le « patron naturel » pour l’ancien Premier Ministre.

Quant à l’accession de Bernard Accoyer au Perchoir, il est l’homme de la réglementation de la profession de psychothérapeute qui avait provoqué une belle polémique en 2003, réglementation dont les décrets n’ont (heureusement) pas été publiés, ce qui rend sa loi inapplicable. Accoyer veut « moderniser » le travail parlementaire : qu’il commence par tirer les leçons de sa loi laissée en suspens…

Si l’on regarde de plus près les statistiques concernant nos députés, on s’aperçoit que la France reste un pays puissamment conservateur.

Sur 577 députés, on ne compte que 143 nouveaux élus, 105 femmes, 23 élus âgés de moins de quarante ans (contre une centaine en 1981) et une seule député de couleur en France métropolitaine (pour seulement 27 candidats présentés par le PS et l’UMP). Pour la première fois depuis le début de la Vème République, les députés de plus de 55 ans détiennent la majorité absolue, représentant 6 élus sur 10 (contre 48% des effectifs il y a 5 ans) ! Le Papy Boom a fait des siennes : 22,4% des acteurs du Palais-Bourbon ont entre 60 et 64 ans.

C’est encore plus triste du côté des responsabilités. L’UMP a respecté la proportionnelle : 43 femmes sur 318 élus donc, sur les neuf vice-présidents élus par les députés UMP ne figure qu'une seule femme, Arlette Grosskost (Haut-Rhin). Et encore, celle-ci avait été révoltée par la nomination au gouvernement du maire (ex-)socialiste Jean-Marie Bockel. Elle avait alors claqué la porte du groupe UMP, avant de le réintégrer suite à cette nomination. Si les femmes doivent faire des colères pour avoir droit à des strapontins, on ne cessera malheureusement jamais dans l’histoire française de l’Humanité de parler de l’origine du mot « hystérie » (dérivé du mot grec « hystera » signifiant « utérus »)… Le PS n’est pas en reste : une femme élue sur 4 députés, les socialistes ont « lâché » un des trois postes importants qui leur étaient dévolus à l’Assemblée Nationale. Pas le poste de Président du groupe. Ni celui, tant médiatisé, de la présidence de la commission nationale. Mais celui de questeur. Euh… pardon, de questrice.

Selon une source cité dans Libération, la parité dans l’hémicycle existe bien à un moment : quand les textes de loi sont discutés la nuit… et encore, les femmes députés seraient alors plus nombreuses que leurs homologues masculins !

On pourrait se dire qu’ailleurs, en Europe, on ne fait guère mieux. Pas de bol : l’argument fait « pschitt ! ».

En décembre 2005, une femme ouvertement lesbienne, Margo James, a été désignée vice-présidente du Parti conservateur, le premier parti d'opposition britannique, par David Cameron, le nouveau leader tory. Quant à Madame Sayeeda Warsi (photo de gauche), une avocate de 34 ans, elle a également été désignée vice-présidente du parti et chargée du dossier des villes.

C’est « abracadantesque », non ?

Post-scriptum : merci à Béatrice qui m’a inspiré ce billet d’humeur

26/06/2007

Adolescent renversé et tué par un policier stagiaire : 43 mois de prison ferme ?

Certains accidents de la route s'apparentent à des crimes.

Ce week-end, un adolescent de 14 ans a été renversé sur un passage piéton par un policier stagiaire de 22 ans, lequel circulait gyrophare allumé (mais sirène éteinte) et à vitesse excessive alors qu’il n’opérait pas dans le cadre d’une mission urgente. L’instruction menée sur cette dramatique affaire n’a pas encore déterminé de manière certaine que le feu tricolore était rouge au moment de l’impact entre la voiture de police et l’enfant. Est-ce la raison pour laquelle le policier stagiaire, bien qu’inculpé, a été remis en liberté ?

Le père de l’adolescent, malgré la douleur, a eu les mots justes : « Je veux une justice rapide et exemplaire. Je veux que ce policier soit jugé comme si mon fils avait été renversé par des jeunes qui avaient volé une voiture. », a-t-il déclaré sur France 2.

En décembre 2005, un jeune homme conduisant en état d’ivresse et sans permis une ambulance volée avait perdu le contrôle et renversé 4 fillettes, en tuant une sur le coup et en handicapant une seconde à vie. Un an après, en première instance, ce chauffard avait écopé de six ans de prison ferme (et de 182 000 € de préjudice à payer aux parties civiles). Or, sur ces 72 mois, le condamné va bénéficier de sept jours de remise de peine par mois (17 mois au total), auxquels s’ajoutent les deux mois de remise gracieuse présidentielle chaque 14 juillet. Toute déduction comprise, cet homme, qui comparaissait pour « homicide et blessures involontaires aggravés », ne fera que 43 mois de prison. Soit moins de 4 ans de prison pour une mort et un enfant handicapé à vie… Est-ce que cela peut réellement servir d’exemple à tous ceux qui ont un comportement irresponsable sur la route ? Pas sûr.

Monsieur le Président de la République, après tous les efforts que vous avez fournis pour redonner le sens et le respect de l’uniforme à vos concitoyens, il ne faudrait laisser penser que vos policiers puissent se comporter impunément comme des cow-boys.

Dès l’annonce des faits du drame, et d’expérience de conducteur, il est apparu que le policier stagiaire s’était comporté « comme un shérif », comme une personne l’a affirmé hier soir dans le reportage de France 2. L’enquête donnera peut-être tort à cette perception du drame. Mais dans ce cas, et d’expérience de conducteur, croyez-moi, le doute à l’égard de la justice française perdurera.

 Ce même week-end, un gendarme a été abattu lors d’un cambriolage. Certains ministres se sont empressés « d’exprimer leur émotion » face à ce meurtre d’un de ces hommes de lois capables, il ne faut jamais l’oublier, de risquer leur propre vie pour des inconnus. Ils ont cependant exprimé un silence assourdissant lorsqu’un homme de loi a tué « de manière involontaire » un adolescent dans l’exercice de ses fonctions. Ils ont sans doute été émus par ce drame ; mais pourquoi aucun Ministre ne l’a tout simplement dit ? La cohérence gouvernementale n’aurait pas été rompue pour autant ; la glace avec l’opinion publique, oui.

En ces premières semaines de pouvoir où vous tentez avec un certain succès, Monsieur le Président, de rendre votre fonction et celle du personnel politique plus « humaine » et « accessible », il y avait là une occasion spontanée de le montrer.

Je ne doute pas un seul instant que le métier de policier soit l’un des plus durs à exercer. Alors, Monsieur le Président, rendez honneur à cette fonction, certes mal aimée mais indispensable à l’existence de la République, en montrant que, pour les mêmes faits incriminés, le policier ne mérite pas plus de circonstances atténuantes que le voyou.

 
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