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07/09/2007

Coupe du Monde, XV de France et SDF : rugby et vagabondage ne font pas bon ménage

Enfin une action menée en urgence avec les SDF ? Hélas, oui.

Alors que Ibanez et les siens s’apprêtent à faire le ménage dans la défense argentine – Allez le XV de France ! -, les SDF sont priés de faire leurs maigres valises dans la capitale.

France, terre d’accueil du rugby… pas des mêlées improvisées sur le bord de ses trottoirs. On préfère botter en touche les SDF.

En effet, Médecins du Monde, Droit au Logement (DAL) et le Comité des sans-logis (CDSL) accusent les pouvoirs publics de « chasser » les SDF de leurs campements à Paris. Pis, ceux hébergés dans des hôtels sont « priés de se trouver une autre place » pour permettre l'accueil des supporteurs attendus à l'occasion de l'évènement sportif.

Ce douloureux « effet Coupe du Monde » n’est pas nouveau.

Déjà, en 1998, les alentours du Musée Beaubourg avaient été « nettoyés » de ses SDF. Je m’en souviens bien : j’y étais. Dans la rue. Avec AIDES. Quatre heures par jour, toutes les semaines. En soutien aux gens de la rue.

Le bus de notre association venait à la rencontre des usagers de drogue en "situation de grande précarité". Le produit de substitution Subutex, détourné de son usage, était la seule solution trouvée par nombre de gens de la rue pour supporter leurs conditions quotidiennes, se donner le courage de faire la manche, voire… de commettre des délits. AIDES était d’abord présent pour aider ces SDF à moins s’abîmer, dans l’espoir (rarement atteint) de les sortir de la rue.

Malheureusement, la vie sociale en France est un train : si on en descend, on a peu de chances d’y remonter. C’est une lapalissade dure à avaler : dans la rue, sans domicile fixe, pas de travail ; et sans travail… pas de domicile fixe.

Bref. 

Pour trouver Subutex, cette « drogue du pauvre » pas chère et correspondant alors aux « besoins » des toxicomanes (puisqu’il était injectable, tout en provoquant des dégâts monstrueux dans leurs corps : artères bouchées, « poussières », etc.), les SDF venaient aux Halles, l’une des places de deal de la capitale depuis les années 60. Ce lieu est d’autant plus privilégié que, de l’aveu même d’un fonctionnaire de police que j’avais rencontré à l’époque, le Forum des Halles fourmillent de « petites coursives », offrant une possibilité de s’échapper en cas de flagrant délit.

Le quartier des Halles, au sens large, était alors un « point de fixation » pour les SDF, en quête de Subutex. Les associations venaient à la rencontre de ces usagers de drogue, et renforçaient ainsi l’idée, dans l'esprit des riverains, d’un « point de fixation ».

Ce « point de fixation » pour les SDF, autour d'un lieu touristique, a donc été « nettoyé » à la veille de la Coupe du Monde de Football, à partir d’une méthode élémentaire : contrôles répétés des papiers des SDF, et éventuellement, embarquement au commissariat (à ce sujet, si les SDF ont souvent un gros animal de compagnie, c’est aussi pour éviter d’être embarqué : les policiers sont contraints, par la loi, d’embarquer aussi l’animal). Ce harcèlement élémentaire a permis aux alentours du Musée Beaubourg de devenir un lieu bien plus fréquentable pour les touristes. Et ce, depuis 1998.

Ce « point de fixation » n’existe plus. Il a simplement été « déplacé ». Il s’est mis à exister ailleurs. Un peu plus loin.

Le but de mon propos n’est pas d’accabler les pouvoirs publics. Ni les riverains des Halles, qui ont « bataillé ferme » pour que le « point de fixation » disparaisse.

Je cherche simplement à vous faire prendre conscience que si ces « points de fixation » pour les SDF existent (comme actuellement au bord du Canal Saint-Martin), c’est parce que les gens de la rue et les toxicomanes ne sont « tolérés » qu’en certains lieux. C’est parce que cette population « nomade » n’est pas disséminé, n’est pas « toléré » partout, qu'elle crée des « points de fixation ».

De plus, l’installation d’un hôtel d’accueil pour cette population forcément « urbaine » doit se faire dans la ville. Et pose systématiquement problème aux riverains. Lesquels craignent que ce lieu ne devienne… un « point de fixation ». Et la création de tels lieux d'accueil pour les gens de la rue entraîne systématiquement une « bataille ferme » de la part des riverains pour faire disparaître cet hôtel pour SDF. Du coup, comme au bord du Canal Saint-Martin, les SDF ont eux-mêmes créé spontanément leur "hôtel d'accueil"...

Et vous, que vous inspire ce « nettoyage » des SDF, lesquels ont pour une fois (et malheureusement) bénéficié d’une mesure d’urgence ?

06/09/2007

Claude Chirac en justice : après De Villepin, et en attendant le Grand Jacques, c’est à son tour de d’être dans le collimateur. De qui ?

Nicolas Sarkozy, on l’aime, ou on ne l’aime pas.

Il ne faudrait pas que l’on commence à croire que si on ne l’aime pas… gare à votre tête !

Depuis son élection à la tête de l’Etat, le bras de la justice ne tremble plus envers les figures de l’UMP qui faisaient plus ou moins la gueule depuis la désignation de Monsieur Sarkozy comme candidat à la dernière élection présidentielle.

A tout saigneur, tout honneur : commençons par Jacques Chirac.

L’ancien Président de la République (1995-2007) pourrait bien voir la sympathie des Français ne cesser de grandir et aller jusqu’à rayonner durant le septennat en cours si les attaques à son encontre devaient s’avérer répétées et sans effet. Tel un jeune marié, il traîne des casseroles. Mais c’est à un mariage de raison qu’il faut se résoudre : à quoi bon le poursuivre ? Cela ne dissuadera en aucun cas d’autres hommes politiques d’agir de même. Il aurait fallu le faire condamner avant son accession au pouvoir. Ou alors, il faut passer au crible tous les actes des Présidents de la République. Et dans ce « tout répressif » envers les anciens Grands Serviteurs de l’Etat, interdire les fonds secrets, les services secrets, etc. Un non-sens complet. Foutons la paix à Chirac, et concentrons-nous sur le présent !

Autre fusillé sur la Place Publique, dont les actes sont considérés comme moins nobles que ceux de Guy-Moquet : Dominique Galouzeau De Villepin.

Je me suis récemment exprimé sur le sujet, et lui… ne cesse de s’exprimer également sur le nouveau gouvernement. L’une de ses dernières en date ? « On confond parfois le pouvoir et la gloire », a lancé l’ancien Premier Ministre sur France Inter. Monsieur Sarkozy n’est pas sorti grandi de ces propos…

Désormais, c’est au tour de Claude Chirac de devoir régler ses comptes avec la justice.

En effet, selon le Point, la juge Xavière Simeoni, saisie d'une information judiciaire pour « détournement de fonds publics » visant les salaires de complaisance présumés du cabinet Chirac à l'Hôtel de Ville de Paris dans les années 1980 et 1990, a ordonné à la police de mener des vérifications. Il s'agit de savoir pourquoi Claude Chirac a été rémunérée par une société privée et non par la ville de Paris, où elle avait un bureau. Cette situation n'a changé qu'en 1993, date à laquelle elle est devenue salariée du RPR comme « conseillère en image ».

Vous avez bien lu.

Cette affaire date d’au moins quinze ans. La vengeance est un plat qui se mange froid. Pas réchauffé.

Comment ne pas croire que l’affaire concernant Claude Chirac ne ressort opportunément aujourd’hui ?

Après les tribulations de Cécilia en Lybie, ces affaires judiciaires touchant le trio majeur du « Tout Sauf Sarkozy » (à la Présidence de la République) font mauvais genre pour Nicolas Sarkozy. Un homme qui avait « changé » le 14 janvier dernier – souvenez-vous… - et qui avait voulu montrer son sang-froid durant la Présidentielle.

Croit-il qu’il est le seul homme en France à posséder un « réseau » ? Que l’ancien Président de la République, dont l’un des rôles consiste à nommer directement les hommes devant tenir 6000 postes parmi les plus importants de notre pays, ne connaît aujourd’hui « plus personne » parce qu’il n’est plus à la tête de l’Etat ? Et surtout, qu’il restera sans réagir si on s’en prend à sa fille ?

Cette lutte fratricide n’apportera rien à la Nation. Elle ne détournera en aucun les citoyens de l’objectif majeur qu’ils se sont fixés durant ce QUINQUennat : voir enfin un Président de la République tenir ses engagements de campagne électorale.

Et vous, que pensez-vous de cette navrante lutte au sommet de l’Etat ?

05/09/2007

Sarkozy, refondation de l’école, lettre aux enseignants : un cours ou une claque magistral(e) ?

Susciter l’engouement ou contraindre au mouvement : il n’existe que deux façons de diriger de manière dynamique. Pour diriger un pays, comme pour diriger une entreprise.

Le cas de la refondation de l’école, désirée par Nicolas Sarkozy, est caractéristique de l’hésitation du Chef de l’Etat entre les deux méthodes.

Sa longue lettre aux enseignants, de 32 pages, montre à quel point cet appel aux grandes valeurs et aux grands principes désire susciter l’adhésion des enseignants à sa politique volontariste, précisant en préambule : « J'ai écrit cette lettre avec conviction, avec passion, en pensant à mes enfants ».

De l’émotion en perspective ?

Que nenni : le pragmatisme est de mise. Le texte du Président est truffé de « je veux » et « il faut ». Il cherche à contraindre au mouvement les enseignants. Avec, en filigrane, le message suivant : « Travailler plus pour gagner (autant) avec moins d’enseignants. » Cette première pour un Président de la République, avec 11 200 emplois de moins dans l’Education Nationale, cela ne passe pas comme une lettre à la Poste. Même si – attention, amis de gauche, sortez vos bazookas, et visez mon cœur ! – l’idée de réduire les horaires des élèves de collège et de lycée (en allégeant le programme) pour atteindre le niveau de nos voisins allemands (moins présents en classe et tout aussi performants que les Français) me séduit particulièrement. 2

Une nouvelle guerre de l’école serait-elle en train de s’allumer ?

Le Président de la République devrait se méfier des batailles inutiles avant de les engager. A force de chercher Dominique de Villepin, l’ancien Premier Ministre se rebiffe. Comme le titre le site en ligne du Nouvel Observateur : il s’agit bel et bien désormais d’une déclaration de guerre, comme je le craignais déjà sur ce blog : « Ce n'est pas quand on est entouré de béni-oui-oui, de cire-pompes et de courtisans que vous faites avancer un pays », a-t-il encore déclaré.

D’ailleurs, même si durant son passage au Ministère de l’Intérieur ne lui a pas permis de se forger un réseau1, pensez-vous qu’il s’agisse d’une coïncidence troublante ou fortuite, si le fils du Président, Jean Sarkozy, accusé d'avoir, en 2005, pris la fuite après avoir percuté une voiture avec son scooter à Paris, est cité à comparaître le 11 septembre ?

1 Comme le raconteNT trois journalistes du Point dans leur livre « Place Beauvau, la face cachée de la police » (que je dévore actuellement), montrant comment De Villepin s’est fait « enfumer » avec l’agression antisémite du RER D en juillet 2004, inventée de toutes pièces par une jeune mythomane.

2 Quant à la semaine de 4 jours, me levant régulièrement le samedi la « gueule enfarinée » pour emmener l’une de mes filles à l’école, je ne suis pas assez objectif pour donner mon avis (qui est : « Oui, sans hésiter ! »).

 
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