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08/08/2007

Grenelle de l’environnement, Velib’ et économies d’énergies : après les vélos en libre service, à quand la voiture en libre accès ?

Inauguré le 15 juillet dernier, et calqué sur le modèle Vélov’ de Lyon qui a fêté ses deux ans (4000 vélos sur 340 stations, courant 2007), le système parisien de vélos en libre service Velib' a enregistré début août sa millionième location. Cet authentique succès est seulement terni par quelques couacs mineurs (rechargement des stations d’accueil pas toujours optimal, dysfonctionnement ou surfacturation des bornes informatiques) et par l’incivisme traditionnel des Français.

En effet, certains utilisateurs n’hésitent plus à mettre un cadenas personnel sur les cycles afin de le réserver à leur usage personnel. D’autres replacent le “Velib” sur un point d’attache toutes les demi-heures et attendent 5 minutes… pour bénéficier en permanence de la première demi-heure gratuite !

Le réseau Velib’ dispose actuellement de 750 stations et de 10 648 vélos, et passera à 1.451 stations et 20 600 vélos d'ici à la fin de l'année. Bertrand Delanoë envisage même d’étendre ce système à la banlieue.

Dans la lignée du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot (vous savez, le célèbre écologiste, dont les médias ne parlent – presque – plus depuis qu’il s’est retiré de l’élection présidentielle ; et qui, nous l’espérons tous, ne fera pas survoler en ULM le Grenelle de l’environnement), il faudrait étendre le système Velib’ aux voitures dans toutes les grandes métropoles françaises.

Dans les propositions écrites à l’encre indélébile dans son dernier livre, Nicolas Hulot suggère le réemploi ou la location de nombreux biens, en particulier les appareils domestiques du quotidien.

Pour l’application de cette idée en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’automobile figure au premier plan. En effet, une voiture en partage permet de remplacer 6 véhicules en circulation. Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est Neil Peterson1.

Ce grand monsieur a créé Flexcar, la première société d’auto partage américaine en 2000.Il s’est largement inspiré des sociétés d’auto-partage européennes déjà existantes, telles Mobility Car Sharing en Suisse (1700 véhicules à disposition dans 400 localités, villes comme zones rurales) et Caisse Commune à Paris (depuis 1999, 60 véhicules du petit véhicule urbain au monospace, 1600 adhérents, 20 000 trajets et 150 000 heures de réservation en 2006).

Son principe est connu des nouveaux utilisateurs de Vélib’ : l’abonnement annuel de 25 dollars américains (environ 18 euros) permet aux membres de Flexcar de réserver un véhicule par téléphone ou Internet pour la durée de leur choix. Les véhicules, hybrides pour la plupart, sont garés sur des places réservées en ville et sont accessibles grâce à une carte électronique. Toutes les informations sont transmises par satellite pour la facturation. Le prix de la location d’un véhicule est compris entre 9 et 12 dollars (6,5 à 8,5 euros) de l’heure, et inclut l’utilisation du véhicule, le kilométrage, l’essence et l’assurance.

Créée initialement à Seattle, Flexcar est implantée dans neuf états américains (à Seattle, Los Angeles, Washington, Chicago, Portland…) et compte plus de 20 000 abonnés pour une flotte de 350 véhicules. Cette entreprise a gagné son pari d’implantation dans un pays où la voiture, l’un des symboles de l’American Dream, est reine, représentant le deuxième poste de dépense des américains (600 dollars par mois), après leur logement. Ses utilisateurs ne dépensent guère plus de 100 dollars pour « leur » voiture, et 60% d’entre eux ont revendu leur précédent véhicule ou ont renoncé à en acheter un nouveau. La majorité des clients individuels de Flexcar sont des jeunes urbains ou des personnes de plus de 50 ans dont les enfants ont quitté le domicile. Si Neil Peterson atteint ses objectifs, sa société sera présente dans les 30 plus grandes métropoles américaines d’ici 2010

Cette piste de l’auto-partage est d’autant plus à réfléchir qu’une voiture en France transporte en moyenne 1,1 personne dans les déplacements domicile-travail et 1,3 dans les autres.

Et vous, que pensez-vous de l’auto-partage ? Une idée d’affabulateur précoce ? Ou l’une des solutions d’avenir ?

1 D’autres affirment même que ce système supprime entre jusqu'à 23 voitures particulières.

 

07/08/2007

Grenelle de l’environnement, développement durable et prolifération nucléaire : Hiroshima, mon DESamour, ce n’est pas pour demain !

Le prochain Grenelle de l’Environnement, mettra-t-il toutes les problématiques sur la table… ou en gardera-t-il un ch’ti peu pour les dessous (de table) ?

Pour que cet événement entre dans l’Histoire de France comme un accord historique au même niveau que les fameux accords de Grenelle de 1968, il ne lui faudra pas escamoter quatre grandes problématiques : les OGM, les autoroutes, les incinérateurs et le nucléaire. Sous peine de rejoindre, dans la "postérité", les accords de Munich en 1938.

Ni plus, ni moins.

Concernant le nucléaire, on peut légitimement se demander si notre pays, extrêmement dépendant à cette énergie 1, cherchera, de manière concrète et quantifiable, à se désengager de cette orientation énergétique, alors que la lutte contre le réchauffement climatique et le prix du pétrole incitent un nombre croissant d’Etats à se tourner vers l’atome.

Grande-Bretagne, Etats-Unis, Chine et même Allemagne… la liste des pro-nucléaires est effarante. Les accidents récents dans des centrales nucléaires en Suède et au Japon (une « légère » fuite dans un réacteur, suite à un séisme), comme les risques de prolifération (faut-il laisser des « non-démocraties » comme la Libye, le Pakistan et l’Algérie se doter de centrales ?) n’ont refroidi personne en haut lieu.

Le Japon caractérise aujourd’hui mieux que quiconque cette absence de sagesse, au lendemain de la triste commémoration de l’explosion atomique d’Hiroshima du 6 août 1945. En mars dernier, les Japonais avaient déjà été pour le moins « secoués » en apprenant que cette société avait caché au pays une série d’incidents nucléaires survenus dans ses centrales au cours des vingt dernières années. Les fortes réticences de l’opinion publique et les risques posés par les séismes à répétition ne pèsent pas lourd dans les décisions du gouvernement nippon. En effet, si près d’un quart de l’électricité consommée au Japon provient du nucléaire2, cette part devrait presque doubler dans les prochaines décennies. Pour sécuriser les besoins énergétiques de l'Archipel dépourvu de ressources naturelles…

Pis, selon Tokyo, la production atomique, qui génère peu de dioxyde de carbone, peut l'aider à atteindre l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre imposé par le Protocole de Kyoto. C’est en effet l’argumentaire de défense du nucléaire qui promet de belles crises d’urticaires chez les écologistes pur jus (Bio). «C’est une énergie propre, qui n’émet pas de CO2», a même clamé le président brésilien Lula, dont le pays, chancre du biocarburant, vient de relancer un programme nucléaire gelé depuis vingt ans.

Le boom de l’atome est de niveau mondial. Comme s'il n'y avait plus désormais plus de fumée sans feu... nucléaire !

Ce renouveau fusionnel touche toutes les grandes nations. La Grande-Bretagne envisage d’investir dans de nouvelles centrales nucléaires, tout comme les Etats-Unis, qui n’en ont pas construit depuis trente ans (104 réacteurs actifs) et comptent réaliser une nouvelle vague de 19 réacteurs nucléaires à partir de 2014. Les nouveaux pays de l’Union européenne (Lituanie, Slovaquie, Roumanie, Bulgarie.) plébiscitent l’atome afin d’éviter toute dépendance énergétique envers la Russie. Même l’Allemagne, cœur du mouvement écologique, pourrait reculer. Un récent rapport gouvernemental rappelait que le maintien du nucléaire serait le moyen le plus économique d’atteindre les objectifs fixés dans ce domaine par Angela Merkel. On croit cauchemarder…

Par un système de vase communicant, c’est une fois de plus la Planète Terre elle-même qui pourrait décider de réguler le marché – et donc les comportements des hommes -, à travers les réserves d’uranium encore contenues dans ses entrailles. En effet, celles-ci sont évaluées entre 70 et 200 ans, selon les spécialistes. Du coup, depuis la fin de l’année dernière, le prix de l’uranium s’est envolé, passant de 10 dollars la livre en 2002 à 135 dollars cette année. Les puissances nucléaires se livrent désormais bataille pour mettre la main sur les réserves de la planète. D’autant que les mines ne fournissent que les deux-tiers des 60 000 tonnes de combustible annuelles nécessaires pour les centrales, le déficit étant compensé par les réserves, principalement issues des stocks militaires russes et américains. Une bataille dont pourrait profiter l’Australie, qui concentre 40% des réserves mondiales d’uranium.

Le comportement des hommes, s’il dépend uniquement de celui de leurs gouvernants, reste encore (très) inquiétant. La Maison Blanche a menacé vendredi de mettre son veto à une proposition de loi sur l’énergie soumise au débat dans la Chambre des Représentants des Etats-Unis. Cette loi permettrait de mettre de côté environ 16 milliards de dollars d’avantages pour les énergies propres, principalement en abrogeant les crédits d’impôts accordés aux compagnies pétrolières.

A notre époque que nous jugeons moderne, il semble impossible de contourner la force des lobbys. A ce titre, sachez que la filière nucléaire emploie directement 100 000 personnes en France. L’économie réalisée sur les importations d’énergie fossile est estimée à plus de 20 milliards d’euros par an, le nucléaire ayant représenté une réponse au choc pétrolier de 1973 et au déclin de la production charbonnière. Il serait fâcheux qu’il corresponde maintenant  à une réponse au protocole de Kyoto. Dans la lutte contre l’effet de serre, l’avantage de cette technologie est indéniable : la France est le plus faible émetteur de CO2 par habitant de toute l’Union européenne.

A votre avis, l’énergie nucléaire, est-elle une « énergie propre » ?

1 78% de l’électricité en France est d’origine nucléaire ; parmi les autres nations, seules la Lituanie et la Belgique sont dépendantes du nucléaire à plus de 50% !

2 Le Japon représentait en 2005 la troisième puissance nucléaire civile, en termes de mégawatts produits par les réacteurs.

06/08/2007

Grenelle de l’environnement, développement durable : Monoprix, Botanic, Marks & Spencer, SNCF… quand des entreprises montrent l’exemple

En matière de développement durable, le consommateur est roi. Certaines entreprises l’ont déjà compris. Elles parient, sans grand risque, que dans un proche avenir, le citoyen économe mutera en éco-citoyen, lequel, entre deux produits aux « performances / qualités / valeurs » égales, choisira le plus copain avec la Terre.

Parmi les entreprises en pointe en matière d’environnement, on compte Botanic, la SNCF, Monoprix, ainsi que Marks & Spencer. De manière globale ou ciblée, chacune a agi cette année à sa façon pour transmettre la Terre en meilleur état à nos descendants.

Le groupe Marks & Spencer a lancé un plan d'environ 300 millions d'euros pour diminuer d'ici cinq ans l'impact de ses activités sur l'environnement. Cet important vendeur de vêtements, aliments et fournitures de maison du Royaume-Uni désire ainsi cesser de générer des déchets, utiliser des matériaux biologiques et s'approvisionner en grande quantité de produits issus du commerce équitable.

Par exemple, il diminuera de 25 % le volume de ses emballages. Ses déchets alimentaires seront recyclés afin de générer de l'énergie pour ses magasins. L'enseigne britannique se fournira aussi en priorité au Royaume-Uni pour limiter les importations, notamment par avion, tout en indiquant au consommateur ces produits « aériens ». Elle diminuera d'un quart sa consommation énergétique et utilisera plus d'énergies renouvelables, notamment le biodiesel pour 50 % du carburant de ses camions. En 2007, 20 millions de vêtements seront fabriqués en coton équitable.

Le groupe Marks & Spencer estime que ces mesures équivaudront à retirer de la circulation 100 000 voitures chaque année.  Comme il ne distribue que sa propre marque, le groupe peut ainsi influencer les 2000 usines, 10 000 fermes et 250 000 employés qui travaillent pour lui.

Au printemps dernier, l’enseigne de produits de jardin Botanic supprimé de la vente tous les engrais et traitements chimiques des rayons en libre service. Certes, ces produits chimiques subsisteront néanmoins, mais uniquement en vente assistée et en dernier recours dans une zone non accessible au client. Pour permettre le développement d'une agriculture raisonnée, Botanic a déployé des « Points conseil éco-jardinier » dans tous ses magasins, animés par des jardiniers formés aux techniques alternatives. En outre, plus de 1 000 références de produits naturels labellisés par le distributeur seront proposées cette année, soit 300 de plus que l'année dernière. Faut-il rappeler combien l’agriculture est un acteur important de la qualité environnementale du territoire rural, occupant 55 % du territoire national et 82 % avec la forêt ? Elle se retrouve au cœur de nombreux enjeux environnementaux concernant les problèmes d'énergie, de lutte contre le changement climatique, de gestion des déchets organiques, de préservation de la qualité des sols... Or, selon Greenpace et Vigitox, 100 000 substances chimiques sont commercialisées en Europe. Pire : pour 99% d'entre elles, personne n'a idée de leurs effets sur la santé et l'environnement. Certaines molécules, reconnues comme particulièrement dangereuses, sont même utilisées couramment comme ingrédients de nos produits de consommation. La France, deuxième consommateur de pesticides au monde, accède malheureusement au premier rang mondial en ce qui concerne la quantité épandue par hectare cultivé.

De son côté, la SNCF expérimente le tri sélectif. Engagée en particulier dans une démarche environnementale depuis 2003, la Gare Montparnasse de Paris a étendu en février dernier le tri sélectif mis en place au niveau interne aux 2,6 tonnes de déchets émis quotidiennement par ses voyageurs.

Après une étude du gisement de déchets, des poubelles jaunes ont été installées pour tout ce qui est recyclable, et des poubelles vertes pour ce qui ne l'est pas. Cette expérience pilote de la Gare Montparnasse a pour but d'être développée à terme dans les 165 plus grandes gares de France, c'est-à-dire celles disposant à proximité d'une filière de recyclage.

Pour comparer les différents modes de transport (avion, train, automobile), tant au niveau de leur durée et leur coût que de leur impact sur l'environnement, notre chère entreprise nationale a développé un éco-comparateur, sur le site voyages-sncf.com

Quant à l’enseigne Monoprix, elle a affirmé acheminer 85 % des produits de « grand import » par voie fluviale soit une économie de 298 tonnes d'émission de gaz à effet de serre... autant qu'un véhicule industriel qui aurait réalisé 37 fois le tour du monde.

Autre initiative mise en avant par le distributeur, il devrait acheminer,
par voie ferrée, à partir de la fin 2007, près de 185 000 tonnes de marchandises par an vers ses 60 magasins parisiens. Soit 15 % de ses volumes sur l'Ile-de-France.

Connaissez-vous d’autres entreprises engagées dans le développement durable ? Et quelles sont leur « actions concrètes et quantifiables », selon les termes officiels du Grenelle de l’Environnement ?

 
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