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24/08/2007

Grenelle de l’Environnement : accords de Munich du développement durable ou début du Siècle des Lumières Ecologiques ? Exemple, avec la loi Borloo sur les OGM et le nucléaire sans CO2

Toute fatalité demeure une chance. Et réciproquement, toute une chance peut devenir une fatalité.

Commençons par la mauvaise nouvelle : « la chance » de la France, qui est de produire plus des trois-quarts de son électricité grâce au nucléaire.

Cette énergie non émettrice de CO2, qui devrait représentait 20% de la consommation énergétique totale de l’Union Européenne en 2020, garantit à elle seule la moitié de l’indépendance énergétique de la France. Ce tableau idyllique, peu irradié par la question des déchets et autres problèmes de sécurité, est dressé dans un livret pédagogique d’une centaine de pages « E = moins de CO2 », vendu à 2 euros dans les kiosques et édité… par EDF.

Entre les lignes de ce guide « énergie et environnement » constituant une introduction certes orientée mais néanmoins intéressante à la problématique du développement durable, les auteurs laissent leurs chances de développement aux énergies renouvelables pour l’avenir, tout en soufflant bruyamment que la fission (et plus tard, la fusion) de l’atome est l’avenir de cet électron libre qu’est l’être humain.

Un argument de poids étaie cette thèse, fumeuse comme la tour réfrigérante d’un réacteur nucléaire : « Avec une production d’électricité six fois moins émettrice de CO2 que la moyenne européenne, la France est l’un des rares pays en voie de respecter les engagements pris à Kyoto » (page 38).

Je ne suis pas un fervent opposant à l’énergie nucléaire. J’estime même qu’elle représente l’indispensable maillon de transition vers un usage des énergies « qui réponde aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures », donc un usage essentiellement  constitué d’énergies renouvelables.

La réaction en chaîne qui doit conduire à ce bouleversement profond ne passe pas par le cœur des centrales nucléaires. Mais bien par notre propre cœur : ce sont nos habitudes quotidiennes qu’il convient de changer. Un chiffre pour comprendre cette réalité : pour qu’un yaourt à la fraise arrive dans votre palais, 9000 kilomètres de transport sont nécessaires…

Mais je m’égare, en consommant du CO2 à travers mon ordinateur.

La « chance » représentée par le nucléaire, si on se mettait à privilégier cette « spécialité française » dont les Chinois ne sont guère pas si friands que cela, pourrait ralentir, voire minimiser, le développement du solaire, de l’éolien, de la biomasse ou de « l’hydrolien » (les éoliennes mues par le courant marin). D’autant que le grand public, incontestable décideur de l’avenir de la Planète, est aujourd’hui mûr pour consentir les efforts financiers, voire orienter les crédits d’impôts dont ils peuvent bénéficier, sur ce secteur.

Réciproquement, toute fatalité demeure une chance.

Jean-Louis Borloo vient de promettre une loi sur les OGM. C’est tout de même incroyable que dès que l’on parle de ce sujet qui « dépote » en plein champ, on ne rappelle pas systématiquement que la Commission européenne a demandé, en décembre dernier, à la Cour de Justice d'infliger à la France une amende de 38 millions d'euros, plus une astreinte journalière de plus de 360 000 euros, au motif qu'elle n'a pas transposé la directive sur les OGM datant d’il y a six ans. Un projet de loi a bien été adopté par le Sénat en mars 2006, mais n'a pas été examiné à l'Assemblée.

Voilà une fatalité (une amende certes astronomique, mais qui n’aurait même pas suffi à libérer cet été une seule des six infirmières bulgares retenus en Lybie…) dont il faut absolument se servir pour imposer un moratoire sur cette découverte scientifique qui a des vertus, mais représente une effrayante énigme pour l’avenir.

Nucléaire, OGM, autoroutes et incinérateurs : ces 4 thèmes, entre autres, permettront de définir si le Grenelle de l’Environnement marque le début du Siècle des Lumières Ecologiques ou s’il ne s’agira que d’un nouvel accord de Munich, comme en 1938, où la paix provisoire des esprits avait conduit au pire désastre du XXème siècle, la Seconde Guerre Mondiale. Aux participants de cette réunion – la plus importante du quinquennat – de ne pas confondre chances et fatalités…

Et vous… qu’attendez-vous du Grenelle de l’Environnement ? Un petit pas pour l’homme et un grand bond en avant pour l’Humanité ? Ou un croche-pied supplémentaire pour l’homme suivi d’un grand saut dans l’inconnu pour l’Humanité ?

21/08/2007

Environnement, cyclone Dean, Martinique, Guadeloupe, Mexique et météo : est-ce que la démonstration est cette fois suffisante ?

La Terre est en ébullition, et sa vapeur d’eau tournoie actuellement jusqu’à 257 kilomètres / heure au-dessus de l’Atlantique.

Le cyclone Dean s’est encore renforcé la nuit dernière, est passé en catégorie 5 - le plus haut degré sur l'échelle de Saffir-Simpson – et est devenu « un ouragan potentiellement catastrophique ». Seuls trois ouragans de ce type ont touché les Etats-Unis depuis que ces catastrophes naturelles sont enregistrées. Depuis 1886, date du début d’étude des cyclones, 28 ouragans de catégorie 5 se sont formés dans l'Atlantique, dont quatre en 2005.

Il suffit d’observer la taille de Dean par rapport aux pays environnants sur une photo prise d’un satellite pour constater l’ampleur des dégâts qui attendent désormais le Mexique et le Belize, après avoir balayé la Martinique et la Guadeloupe. 195 000 km2. Un tiers de la surface de la France…

En 2007, dans le reste du monde, la météo est également devenue folle, au point que l’excellent Michel Pracontal du Nouvel Observateur s’interroge légitimement sur des turbulences météorologiques pouvant annoncer un chaos climatique. Le bilan « inondations + sécheresses + canicules + ouragans » est déjà lourd pour cette année : 500 victimes de la canicule en Hongrie, des dizaines en Roumanie. De graves incendies en Italie, Grèce, Macédoine, Serbie, en Slovaquie. L'Indonésie noyée sous un demi-mètre d'eau tombée en trois jours. Et la Grande-Bretagne inondée par les pluies les plus diluviennes depuis un demi-siècle.

La semaine dernière, à Stockholm, s'est tenu la 17ème Semaine mondiale de l’eau, avec la présence de 2500 spécialistes. Ils ont estimé que l’augmentation des épisodes de pluviométrie extrêmes a déjà constitué 80 % des grandes catastrophes naturelles survenues entre 1996 et 2005.

Le pire est avenir.

Des scientifiques ont prédit dans la revue « Science » des températures record à partir de 2009, selon des simulations informatiques réalisées par des chercheurs britanniques. 2014 devrait afficher une température moyenne supérieure de 0,3 degrés par rapport à 2004…

En France, la « malédiction du temps » frappe tous les 4 ans : tempête du siècle en 1999, canicule en 2003 et été absent – ou médiocre, c’est selon – cette année.

A mon avis, « cela ne suffit encore pas » pour aider à la prise de conscience collective, alors qu’approche le rendez-vous crucial du Grenelle de l’Environnement. Tant que l’Humanité ne n’aura pas été « droit dans le mur »… d’eau, elle ne bougera pas.

 Nous aurons encore besoin d’une nouvelle catastrophe naturelle avant de prendre toutes les mesures courageuses qu’il faut en matière d’environnement… Et vous, qu’en pensez-vous ?

15/08/2007

Développement durable : Mac Donald se rachète une conduite au Biodiesel

En Grande-Bretagne, l’enseigne de fast-food a annoncé la conversion de son parc automobile (155 camions de livraisons) au biodiesel fabriqué… à partir de son huile de friture recyclée.  A travers ces 6 millions de litres de diesel économisés, avec un carburant composé à 85% d’huile de friture et à 15% d’huile de colza, Mac Donald ferait également gagner à la planète 1675 tonnes de CO2 par an. Cette filière de valorisation des huiles usagées est déjà en place en France depuis 2004, où 7300 tonnes d’huiles provenant du millier de restaurants français de l’enseigne sont collectées chaque année et transformées en Allemagne en biodiesel.

La multinationale du fast-food se rachète ainsi progressivement une conduite. En effet, l’année dernière, Greenpeace avait publié un rapport, « Eating up the Amazon », dénonçant le rôle joué par la plus grande chaîne de restauration rapide du monde dans la destruction de la forêt amazonienne. Des semaines d'investigations menées par l'association écologiste à travers le monde, l'utilisation d'images satellites, le recours à la surveillance aérienne, l'analyse de documents gouvernementaux inédits et de multiples contrôles réalisés directement sur le terrain avaient permis de démontrer clairement les implications du commerce mondial du soja sur la destruction de l'Amazonie.

Et vous... pouvez-vous "pardonner" un comportement "anti-écologiste" à une entreprise ?

 
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