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08/05/2007

Le courant ne passe pas

écologique sous certaines conditions, la voiture électrique ne remplacera pas de sitôt la voiture à essence ou diesel. Et cela fait plus d’un siècle qu’on le sait. Explications.

D’ici 2050, les émissions de dioxyde de carbone, l’un des gaz à effet de serre, doivent être diminuées par quatre pour lutter contre le changement climatique. Un quart de ces émissions sont produites en France par le transport routier. Or, l’enjeu est mondial. Avec le grand boom de la Chine et de l’Inde, le parc automobile actuel aura doublé en 2020. Pis, « ce n’est pas seulement la voiture qui doit diviser ses émissions de CO2 par quatre, c’est toute la chaîne de production d’un carburant fossile, du puits à la roue. », souligne Victor Sanchez, physicien et directeur du département des sciences pour l’ingénieur du CNRS.

Tout naturellement, on songe à la Fée électricité pour rendre « propre » l’usage de la voiture. Un coup de baguette magique guère évident. En effet, si l’électricité est produite par combustion d’énergie fossile, - pétrole, charbon ou gaz -, la voiture électrique sera au final aussi polluante, voire plus polluante qu’un véhicule roulant avec du diesel. Dans notre pays, l’électricité est globalement « propre » à la source, générée à 15% par la puissance hydraulique et 75% par réaction atomique. Cependant, les barrages comme les centrales nucléaires sont des infrastructures qui n'ont généralement pas la faveur des écologistes, et l'éolien délivre des puissances bien trop faibles… Dans le reste de la planète, le courant ne passe pas mieux. 40% de la production mondiale électrique est actuellement réalisée à partir de charbon, 20% à partir de gaz et 5 à 10% à partir de pétrole.

40 réacteurs en sus

Autre raison pour laquelle la voiture électrique ne substituera pas facilement à la voiture thermique à parc constant : l’augmentation sensible des infrastructures nécessaires pour répondre à ce changement. « En France, remplacer essence et diesel par de l'électricité nécessiterait une quarantaine de réacteurs nucléaires supplémentaires. C'est possible, mais pas immédiat, ni trivial ! Et cette équation énergétique serait la même pour d'autres pays développés. », rapporte Jean Marc Jancovici, ingénieur-conseil (1).

Enfin, le succès de la voiture électrique sera lié à la manière dont on sera capable de stocker l’électricité. C’est l’axe de travail du futur modèle français, bien plus puissant que les véhicules électriques des années 80 et qui débarquera sur le marché dans deux ans. « La Cleanova 3 présentée en mars dernier au Salon de Genève embarque 23 kilowattsheure, ce qui correspond à peu près à 200 kilomètres d’autonomie en mode urbain, c’est-à-dire à 8 heures d’usage en ville. (…) Notre argument sera d’être moins cher à l’usage – mais pas à l’achat - qu’un véhicule avec un moteur thermique, de modèle équivalent. L’électricité est aujourd’hui 10% moins chère que l’essence. », souligne Jean-François Herchin, directeur des programmes à la Société de Véhicules Electriques (Groupes Dassault-Heuliez), lequel envisage des « perspectives de production correspondant à un marché de niche ». Il sera en effet délicat de résister au succès du véhicule à essence ou diesel, rechargé partout dans le monde et en quelques minutes.

Il y a plus d’un siècle, on avait déjà testé toutes les énergies dont on parle aujourd’hui, mais c’est le pétrole, par sa densité énergétique, qui avait déjà fait preuve de la meilleure facilité d’emploi. Le principe de la pile à combustible était par exemple déjà connu. Il suffit de combiner oxygène et hydrogène par réaction électrochimique entre deux plaques de platine pour produire de l’eau et des électrons, donc de l’électricité. On envisage encore sérieusement cette solution pour remplacer le moteur thermique. Plusieurs sauts technologiques au niveau des matériaux seront toutefois nécessaires. A l’heure actuelle, le poids du dispositif pour stocker en hydrogène l’équivalent d’un seul kilo d’essence est de 15 à 30 kilos. L’hydrogène se produit à partir de méthane, c’est-à-dire en relâchant beaucoup de gaz carbonique dans l’atmosphère. Et pour équiper aujourd’hui l'ensemble du parc automobile mondial avec une pile à combustible, il faudrait 1,2 siècle de la production de platine extraite chaque année…

Effet rebond

L’avenir semble pour l’instant promis aux véhicules « hybrides » - électrique en ville, thermique sur route et autoroute -. « On arrive désormais à réduire de 30% les émissions de CO2, de 160 à une centaine de grammes par kilomètres avec les moteurs hybrides. Ce type de voiture est aussi équipé d’un système qui récupère l’énergie cinétique - au moment d’un freinage par exemple – pour recharger la batterie. On essaie à l’heure actuelle de déterminer toutes les pertes énergétiques d’une voiture pour minimiser la consommation de carburant. », explique Victor Sanchez.

Cette recherche d’une meilleure efficacité énergétique suffira-t-elle à sauver la planète ? On en doute. « Il n’y a pas de cas dans l’Histoire où la baisse de la consommation unitaire d'énergie se soit traduite par une baisse de la consommation globale à prix de l'énergie constant. Un frigidaire, une voiture, consommait bien plus d’énergie à l’unité qu’il y a 30 ans. Pourtant, la consommation globale des frigidaires et des voitures a augmenté. C’est « l’effet rebond » : l'économie par appareil permet de démocratiser l’usage, et un plus grand nombre d’objets en circulation annule le gain unitaire. La seule manière de réguler la consommation d’énergies fossiles est d’en augmenter le prix. », remarque Jean-Marc Jancovici. Pour éviter à la Terre de sombrer en partie sous les eaux, il faudra peut-être passer par le litre d’essence à 10 euros…


(1) auteur de « « L’avenir climatique (Quel temps ferons-nous ?) » aux éditions du Seuil et créateur d’un site fort intéressant : http://www.manicore.com

Chiffres (mini-graphique)

1955 : 67 millions de voitures particulières dans le monde

1970 : 190 millions de voitures particulières dans le monde

2004 : 700 millions de voitures particulières dans le monde

2020 : 1,4 milliard de voitures particulières dans le monde

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Cet article est paru en 2005 dans un magazine sur les nouvelles technologies... aujourd'hui disparu. 

21/04/2007

Quand l’écologie devient ton quotidien

Protéger l’environnement ? Tout le monde en parle. Mais de plus en plus de personnes ne se contentent plus seulement d’en parler ! En France, 1 personne sur 70 travaille déjà pour la protection de l’environnement. Le nombre d’« emplois verts », comme on les appelle, ne cesse d’augmenter : 10 000 de plus chaque année en France.

Lutter contre le réchauffement planétaire, optimiser le traitement des déchets, changer les comportements humains : les missions ne manquent pas. C’est un peu la faute à chacun de nous tous, pauvres pollueurs (trop souvent) inconscients ! Dans certains endroits de notre pays, boire l’eau du robinet devient même un casse-tête. Pas de panique, la situation est grave… mais pas désespérée. L’essentiel des emplois verts ont encore comme but de mettre en valeur nos lieux de vie, de prévenir les pollutions ou de sensibiliser la population. Toutes les professions sont concernées. Agriculture, industrie, construction, transport, droit, tourisme… aucun secteur n’échappe à la vague verte. Certains métiers sont même accessibles à toutes... sans avoir la main verte ! Seul un niveau CAP est demandé pour quelques jobs de techniciens. En revanche, obtenir le baccalauréat t’ouvrira les portes de 300 formations. Alors, que choisir ? Pour t’aider à trouver ta vocation, nous allons t’expliquer les quatre types de missions proposés dans l’environnement.

 1. Protéger et gérer la nature

Travailler au milieu des animaux et des plantes… c’est le rêve ! Malheureusement, peu de métiers dans l’environnement sont exclusivement dédiés à la nature et à la protection de ses espaces. Il y a déjà quatre à cinq fois plus d’étudiants que de postes disponibles. Ce sera donc difficile de veiller sur les espèces animales et végétales comme toute agente chargée de la protection du patrimoine naturel (garde de parc naturel, garde-pêche, etc.). Plutôt que de lorgner sur le métier de ces petites veinardes, essaie plutôt la filière de conseillère en agriculture durable. Grâce à toi, on se régalera de produits Bio… toujours moins chers !

 

2. Mettre en valeur la ville et les campagnes

Changer la vie, c’est vraiment possible. C’est le cas de la paysagiste qui crée des espaces verts originaux… et qui, aussi, transforme de vieilles usines en de magnifiques magasins ou restaurants. Ce pouvoir magique de changer le quotidien des gens appartient aussi à l’urbaniste. Celui-ci permet à la ville de se développer sans oublier la présence de la campagne. Quant à l’acousticienne, le son n’a plus aucun secret pour elle. Cette experte évite au son de devenir du bruit infernal, dans les aéroports, les gares, et même… dans les salles de concert.

 3. Empêcher les pollutions… ou s’en occuper, quand il est trop tard !

C’est le bon plan pour assurer… ton propre avenir ! Le traitement des déchets et la qualité de l’eau représentent les trois-quarts des métiers consacrés à l’environnement. Ces professions ont un quotidien plus passionnant que tu ne l’imagines. L’ingénieure en traitement des déchets tire profit du contenu de nos poubelles. Grâce à lui, on chauffe un habitant avec les déchets non recyclables de 6 personnes. La goûteuse d’eau doit déceler toute odeur ou saveur désagréable dans l’eau sortant du robinet... avec la même finesse qu’un spécialiste du vin ! Certes, on a peu envie d’être à la place de la collecteuse de déchets toxiques… mais celle-ci permet aux entreprises de se débarrasser en toute sécurité des déchets dangereux.

4. Apprendre aux gens à préserver notre Terre

Informer les Terriens qu’il n’y a pas de planète de rechange… reste une matière tristement inusable ! C’est pourquoi l’on a grand besoin d’économe de flux, pour aider les entreprises à consommer moins d’énergie, mieux utiliser leurs déchets… Les chargées de communication diffusent les bonnes idées pour respecter Dame Nature. Et quand les gens n’entendent plus suffisamment ces bons conseils… il faut parfois faire appel à une juriste spécialisée en droit de l'environnement ! Notre planète s’est décidemment bien armée en métiers pour que le mot « environnement », apparu seulement en 1960, existe à jamais…

Pour en savoir plus sur les métiers et les formations dans le secteur de l’environnement

 (Première version d'un article pour le magazine Julie / filles de 8 à 12 ans - 2006)

 

02/04/2007

Défense de l'environnement : un nouvel art martial doit naître ?

Depuis l’an 0 après R.D. (René Dumont), les chartes entre pays sur l’environnement n’ont jamais servi qu’à orner les tiroirs des palais de toutes les Républiques

Les bons sentiments hypocrites sont devenus la pire des pollutions.

Aujourd’hui, si les gouvernements des grands pays industrialisés conservent un aveuglement de bonne tenue sur la situation environnementale mondiale, la majeure partie des citoyens a déjà viré au vert. Et évoluent de plus en plus vers le vert de rage !

Les gens de la rue, une rue dans laquelle respirer devient une maladie, ont pris conscience que si la Terre tournerait toujours autour du Soleil, elle pouvait perdre sa belle couleur bleue, cette teinte enjouée et un brin moqueuse que nous envie tout l’univers.

Cette prise de conscience s’est effectuée d’une manière simple : les gens de la rue ont levé le nez. Ils ont constaté que la météo, d’ordinaire si disciplinée, avait perdu le sens de la saison, que les cyclones, tourbillons et autres tempêtes du siècle n’étaient plus l’apanage des films catastrophes.

Nous, les gens de la rue, aurions pu tout simplement lire les avertissements de l’ADEME, l’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie… Selon l’un de ses rapports, le consommateur est responsable à travers ses comportements de la moitié des émissions de CO2 en France (15,5 tonnes pour chaque ménage !)

 De quelle manière ? Par l'usage direct d'énergies lié aux déplacements, au chauffage, ainsi qu'à l'eau chaude et à l'électricité, mais aussi par la consommation de biens issus de l'activité industrielle et agricole. Et de manière indirecte, par les émissions de CO2 liées à la fabrication et au transport des produits et services consommés, ainsi que le chauffage et l'électricité au travail.

 Plutôt que d’établir des chartes de l’environnement gâchant du papier – et donc du bois – pour rien, nous serions mieux avisé de définir un code individuel de comportement en tant que consommateur.

Un code individuel proche de celui dispensé à travers les arts martiaux.

Mais j’en reparlerai d’ici peu sur ce blog…

 
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