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20/04/2007

Petites vérités des coulisses d’une émission de télé-réalité, baptisée « Le chantier »

Les Corses n’ont pas réalisé le doublé : après la victoire de Pascal Olmeta dans « La ferme » sur TF1, Eric et Sandrine ont échoué, mardi, en finale du « Chantier » sur M6. Battus par Raoul et Stevens, le couple homosexuel, qui se rejoignent pour lire dans leur succès une avancée dans « la lutte contre le communautarisme ». Ils estiment que les 145 000 votes annoncés par M6 ont plébiscité leur personnalité et non leur sexualité différente.

Il faut dire que le couple gay n’a pas ménagé ses attentions auprès des concurrents malheureux du « Chantier ». Ces derniers – tous les candidats sont retournés chez eux durant quarante jours entre les deux dernières émissions-, ont été régulièrement invités et joints au téléphone par Raoul et Stevens. Ingrats, les mauvais perdants ont lancé, mardi soir devant 2,4 millions téléspectateurs en moyenne (soit 10,4 % de parts de marché), de nombreuses attaques à l’encontre du couple vraisemblablement surpris par cette attitude.

Changement de ton une fois les caméras éteintes. L’ambiance au cocktail juste après la finale était bon enfant. A l’image de l’ex-candidate Cindy, qui rêvait déjà de « voir son single dans les supermarchés », une chanson écrite par ses soins et intitulée Reste. Elle a pris une grande leçon d’architecture durant l’émission : « Maintenant, si les producteurs me ferment la porte au nez, je rentre par la fenêtre. » Les autres se remémoraient le bon vieux temps, vécu entre vaisselle à l’eau froide et fou rire dans l’attente de pouvoir prendre des douches. Autant de moments non diffusés à l’antenne.

En revanche, personne ne regrettait vraiment cette maison de 450 000 €, loin d’être achevée, et impossible à revendre avant un an en vertu du contrat signé par les candidats. En vingt-trois jours de travaux effectifs (alors que l’émission a duré 8 semaines), seul le rez-de-chaussée a été aménagé, soit 120 des 450 m2 de la maison. Les WC sont toujours isolés par un simple rideau, la cheminée est exposée sur son socle et les murs mal peints n’échappent guère à un œil avisé. Un prêt de 40 000 € sera encore nécessaire à Raoul et Stevens avant d’investir les lieux.

 

Article paru dans le quotidien « 20 minutes » le 24 juin 2004

04/04/2007

« Ensemble, c’est tout » : les gens ordinaires ont aussi droit au bonheur exceptionnel

Sentir le soleil briller dans tous les reflets de son quotidien, faire couler l’amour de source à chaque instant sans avoir gravi d’immenses montagnes, pouvoir établir sur la Terre entière un inaltérable printemps propice à l’exaltation des beaux sentiments… ce n’est pas réservé qu’aux personnes aisées.

Dans le dernier film de Claude Berri, le cinéspectateur, sans jamais quitter les authentiques ingrédients de sa vie quotidienne, partage un rêve planant avec les acteurs d’« Ensemble, c’est tout ».

Celui d’une histoire d’amour aussi banale qu’intense.

Cette rencontre émouvante commence dans un désordre bien familier à la France qui se lève tôt ou qui se couche rarement l’esprit tranquille.

Lui (Guillaume Canet) est décalé de A à Z : dans sa vie sexuelle, dans ses horaires de travail (il est cuisinier), dans sa politesse avec les autres…et jusque dans la chronologie de son parcours, puisqu’il est entré directement dans l’existence adulte sans connaître l’enfance. Elle (Audrey Tautou) se présente comme son double féminin, telle l’héroïne de « Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain » pour Matthieu Kassovitz ; mais sans le graphisme et l’imagination de Jean-Pierre Jeunet pour éviter au cinéspectateur de se sentir étranglé par le fil de son existence.

Les deux héros de « Ensemble, c’est tout » s’abîment contre les rochers du quotidien, inexorablement poussés sur ce rivage hostile par les courants de la vie, incapables de joindre la plage où leurs talents pourraient s’exprimer en toute quiétude. En effet, elle dessine comme une déesse, et lui connaît la gastronomie sur le « bout de la langue ». Ah, ventre, siège de tant d’émotions…

Rassurez-vous, vous êtes bien dans un film de cinéma car rien prédestine leur chemin à se croiser. Il suffira d’une rencontre et de pas mal de péripéties pour les amener vers ce bonheur exceptionnel, auxquels les gens profondément gentils ne peuvent échapper dans leur vie.

Cet excellent film de Claude Berri, aussi plein de bons et authentiques sentiments que le « Fauteuil d’orchestre » (actuellement diffusé sur Canal+), montre avec éclat, comme le chef d’œuvre de Danièle Thompson, qu’on ne connaît souvent des gens que la face qu’on peut immédiatement comprendre.

Il me rappelle également cette réflexion de Joël de Rosnay.

Selon ce futuriste, l’humanité est en quelque sorte l’inverse d’une société d’insectes : Les termites, individuellement sans ressource intellectuelle, sont capables de bâtir de véritables cathédrales à leur échelle. Au contraire, nous, les humains, sommes des génies individuels et des idiots collectifs, capables chacun de merveilles d’inventivité, mais incapables de prendre en main notre destin commun. L’intelligence collective peut et doit nous aider à faire mieux que les termites et autres fourmis.

Je rajouterai : et quelle plus preuve d’intelligence collective que l’amour ?

 
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