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29/05/2007

Série télévisée : « Aux frontières de l’étrange »

Forces occultées

Une excellente série pour ados, les réconciliant avec le  surnaturel.

Cyber-éduquée au paranormal, Fiona prête davantage attention aux phrases subliminales lâchées au quotidien par les fantômes. Au hasard des revenants, elle se nourrit de rencontres enrichissantes, tel ce petit garçon disparu noyé en 1915 ou cette jeune fille qui s’évade de son corps astral pour échapper à ses soucis.

Depuis que les agents du F.B.I Mulder et Scully ont ressuscité le genre, les séries flirtant avec les phénomènes surnaturels ont pris le contrôle de votre petit écran. Et ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur. Ne cherchez donc pas à régler l’image, surtout quand vous êtes entraîné « Aux frontières de  l’étrange » avec la même intensité que jadis au-delà du réel. Cette excellente série télévisée risque d’exercer une douce fascination sur les ados naissants. Ecrite avec la même précision présidant à l’atterrissage d’une soucoupe volante (d’après certains témoignages concordants), elle a été filmée à Vancouver, lieu de tournage originel de « X-Files » choisi pour sa lumière exceptionnelle et la diversité des décors naturels. Elle est réalisée par Henry « Fonzie » Winckler, héros en crête de bonheur dans « Happy Days » et producteur d’une série à succès désolante sur un serial-bricoleur (« Mac Gyver »). Par son regard réconciliant sur les forces occultes, elle convaincra les plus jeunes d’aller vérifier ce qui se passe sous de leur lit au moment du dodo, avec l’ambition d’y trouver quelqu’un pour faire la conversation avant de s’endormir.

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Critique parue (jadis) dans le Nouvel Observateur

 

Série télévisée : « Dharma & Greg »

Du joint à l’union

A San Francisco, le métro n’est pas isolé contre le coup de foudre. Dharma et Greg l’ont instantanément vérifié, sans un regard à l’alentour pour la consternante banalité des mouvements « underground ». Le courant ne pouvait d’ailleurs que passer entre eux, puisque les deux tourtereaux sont originaires de deux pôles totalement opposés de la société américaine. Dharma appartient à sa branche fleur de marijuana. Ses parents, hippies jusqu’au bout des sandales, ne vivent que de sexe et d’eau nécessairement fraîche pour vite récupérer des folies de son corps. Greg a, quant à lui, grandi de l’autre côté du mur, à l’ombre. Là, point d’ébats. Que des débats, évidemment stériles. Sa famille, bourgeoise en diable, est toute en retenue. Du moins, jusqu’à ce que Greg leur annonce qu’il a épousé Dharma le jour même où il l’a connue…

Sitcom programmée en septembre dernier sur le réseau américain ABC, « Dharma et Greg » n’a attendu que quelques mois pour diffuser son bonheur de vivre dans ce PAF-pays qui est le nôtre. Merveilleuse initiative de la part de Téva, qui va doubler la mise à partir du 24 février avec « Ally McBeal », une série originale ayant drôlement bien concrétisé le renouveau de la comédie sentimentale sur petit écran.

L’apaisante gaieté de « Dharma et Greg » repose tout autant sur la qualité de ses textes que sa quantité de bons comédiens. A commencer par son duo de charme. Si Jenna Elfman (Dharma) avait déjà esquissé son sourire dévastateur dans « Murder One » et « NYPD Blue », Thomas Gibson, dans la blouse du docteur Daniel Nyland, s’était illustré durant trois ans dans « La vie à tout prix », une série médicale subtile, concurrente d’ « Urgences », qui prend malheureusement ses maux en patience dans un placard de France 2. Précisons encore que « Dharma et Greg », créée par Chuck Lorre, ancien producteur de « Roseanne », et Dottie Dartland, auteur sur « Guerres privées » (une création Bochco), est la première série diffusée en V.O par Téva. Ah, tant qu’il y aura des ondes positives…

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Critique parue (jadis) dans le Nouvel Observateur

 

Série Télévisée : « New York District »

Pénal dans la semoule

Une fabuleuse série juridico-policière, qui a ouvert la voie à « NYPD Blue » et « Homicide »

Des menottes au passage derrière les barreaux, la transition n’est pas toujours menée d’une main de fer lors des procès. Vices de forme dans les procédures ou formes de vice dans la clémence accordée dans les parloirs… ces gouttes d’eau faisant déborder le vase suffisent à rouiller une machine judiciaire aux engrenages fragiles.

Accordant une importance identique à l’enquête policière comme au jugement de l’affaire devant les tribunaux, « New York District » est la première série à réussir ce délicat amalgame après plusieurs tentatives, dont une testée au début des années 60 avec Ben Gazzara (« Autopsie d’un meurtre ») en vedette. Son créateur, Dick Wolf, était déjà impliqué dans deux séries policières au ton nouveau dans les années 80, la tristissime « Deux flics à Miami » comme superviseur des scénarios, et l’humaine « Hill Street Blues » dès la conception.

En 1990, il donne vie à une fabuleuse série dans un style proche du documentaire, avec des plans courts ne s’attardant pas sur les vues en contre-plongée de Manhattan et des dialogues percutants valant toutes les images. Résultat : une longévité aujourd’hui exceptionnelle et justifiée, puisque « New York District », doyenne actuelle de la télévision américaine, était encore plusieurs fois nominée lors des derniers Emmy Awards. Cette oeuvre majeure, dont le générique a inscrit les noms de Roy Thinnes (« Les envahisseurs »), Steven Hill (la première tête pensante de « Mission Impossible ») et Sam Waterston (« La déchirure »), est à siroter sans fin.

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Critique parue (jadis) dans le Nouvel Observateur 

 
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