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04/06/2007

Série Télévisée : Code Eternity

Clichés-thérapie

La Planète Bleue est une poubelle à extra-terrestres. Les étés frissonnants, à la saison des thrillers, elle devient le point de chute, le pied à Terre favori pour ainsi dire, de créatures animées de domination de l’espèce humaine. Dernier déchet inter-planétaire en date, Ethaniel n’a pourtant pas choisi de recycler son existence au milieu d’êtres à l’intelligence infiniment primitive. Il est là en mission. Laquelle ? Lui-même ne s’en souvient plus. C’est dire si sa mission est secrète. Et importantissime. On comprend toutefois immédiatement, sans pousser à l’agonie le moteur bassement élémentaire de la réflexion homo sapiens, que la Terre est menacée de colonisation par des aliens ayant pris apparence humaine. Une fois de plus, pensez-vous ? Une fois de trop, peut-être. Car les envahisseurs extra-terrestres, plus vicieux que les lézards de « V » et moins empreints à s’égarer dans les raccourcis que David Vincent, approchent de l’aboutissement dans leurs funestes desseins. Evidemment, seul Ethaniel détient les moyens d’empêcher cette privatisation forcée de la Planète Bleue.

Dans ce monde ethniquement parfait par sa incommensurable diversité, impossible d’échapper à une nouvelle théorie, exprimée cathodiquement, de la Conspiration, qui vise à fondre tous les humains dans le même moule. Série télévisée pauvre en inspiration, « Code Eternity » compile sans succès quelques-unes des meilleures idées en matière de science-fiction filmée. Elle nous livre, à la manière de R.E.M dans « L’âge de cristal », les réflexions de la machine sur l’aliénation élémentaire des humains à leurs sentiments. Elle propose une réplique du « T2 » de Terminator plus habile à manipuler grâce aux progrès de l’informatique. Elle a choisi comme auriculaire tendu pour distinguer les extra-terrestres des boules de chair et de sang un craquement muet des cervicales. On ne s’amuse vraiment que des rapports décalés entre les aliens Banning et Monsieur Dent. Ou tout le temps au second degré, en regardant cette série dans le cadre d’une clichés-thérapie pour reprendre pied en douceur avec la réalité.

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Critique parue jadis dans le Nouvel Observateur

01/06/2007

Série Télévisée : Da Ali G Show

Ali G n’est pas qu’un trublion britannique de plus. Son style est original… et dévastateur !

En l’an 2000, un bug a échappé aux informaticiens. Nom du virus : Sacha Baron Cohen, aussi connu sous l’appellation incontrôlable de Ali G. Ce rappeur gangster, à l’occasion chauffeur de Madonna dans le clip “ Music ”, a sévi l’an dernier sur les ondes déjà décalées de la chaîne britannique Channel Four. Sa désopilante émission “ Da Ali G Show ” a en effet été conçue pour mettre à mal le système d’exploitation de la télévision. A travers des parodies ou des interviews décapantes, Ali G s’attaque, dans son style très musical, à tous les termes interdits d’antenne : usages de drogues, travestissement de hauts personnages de l’Etat, les carnivores également défenseurs d’animaux, etc. Le résultat à l’écran est plus qu’inattendu : il est ahurissant. Ali G pastiche “ qui veut gagner des millions ? ” par “ qui veut gagner une once d’herbe ? ” - de la skunk, bien sûr ! En direct, il remet enfin son passeport britannique à Mohammed Al-Fayed… contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Insensible à la carrure de ses interlocuteurs, le rappeur brocarde avec une férocité identique tant les agents du F.B.I que les producteurs de films. Mais c’est protégé sous le costume délavé d’un journaliste kazakh qu’il ose le pire, tel interroger les élèves de l’université de Cambridge sur la présence de prostituées au bal de fin d’année. Malheureusement, le virus Ali G est programmé pour s’autodétruire après six épisodes. Un temps toutefois suffisant pour vous redonner longtemps goût à l’authentique provocation à la télévision.

 

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Critique parue jadis dans le Nouvel Observateur

 

31/05/2007

Série Télévisée : « Profit »

Par pertes et Profit

Avec « Ally McBeal », la plus originale série de l’année.

Oubliez l’amour, rangez l’eau fraîche, préparez le sapin et les chrysanthèmes : Jim Profit et son cortège de malheurs sont de retour ! Golden boy machiavélique, il a décidé de parvenir au sommet de la multinationale Gracen & Gracen en passant sur la tête de ses supérieurs successifs. Physiquement. Quitte, pour se faciliter la tâche, à devoir les allonger définitivement. Son ascension débute d’ailleurs par l’enterrement d’un cadre de G & G, dont il reprend la place. Le premier fait d’une longue liste à classer par pertes et Profit…

L’an dernier, Canal Jimmy avait eu le bon goût de diffuser l’intégrale de « Profit », oeuvre originale et inachevée, dont le héros est le plus négatif jamais montré dans une série américaine. Outre-Atlantique, la chaîne Fox TV, pourtant initiatrice de « Marié, deux enfants » et « Les Simpsons », s’est refusé à une telle audace. En avril 1996, elle n’a mis à l’antenne que le pilote et trois des sept autres épisodes déjà tournés, mettant ainsi un terme prématuré à ce petit bijou de l’ère cathodique. Tant pis pour les trop tendres américains ! Jim Profit est une crapule d’autant plus jubilatoire qu’elle est entièrement crédible. Chacun de ses actes, longuement mûri dans une pourriture exquise, rappelle au téléspectateur une de ces ombres de vie, avides de reconnaissance, croisées au détour d’une machine à café ou pire, en face de son propre bureau. Impossible, en effet, de douter qu’il n’existe pas de petit Profit…

 

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Critique parue jadis dans le Nouvel Observateur

 

 
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