Avertir le modérateur

08/06/2007

Série télévisée : Brooklyn South

Etre constamment trimballé entre postes de police et cours de justice, ce n’est pas une vie. C’est pourtant l’existence choisie par Steven Bochco. Créateur de « New York Police Blues », « Hill Street Blues », « La loi de Los Angeles » et « Murder One », il mène sa carrière d’auteur de télévision en parfaite communauté avec loi. « Brooklyn South », sa dernière production, n’échappe pas à son implacable traque du succès.

Une fois de plus, un commissariat est le héros de la série. Sa particularité ? Il se situe à Brooklyn, l’un des quartiers les plus chauds de New-York. D’ailleurs, dès le premier épisode, l’ambiance est au refroidissement : quatre morts dans la foule, dont deux flics, en moins de cinq minutes. Pour une prise d’antenne, il s’agit plutôt d’un contact probant avec l’au-delà.

Finalement, le meurtrier fou est maîtrisé, emmené au poste, lieu où il ne tarde pas à découvrir par lui-même l’ampleur de ses dégâts… puisqu’il décède aussi, dans des circonstances mystérieuses. A peine le temps de reprendre son souffle et déjà l’on apprend que la famille du tueur porte plainte… On est bien en plein cœur d’une série de Steven Bochco : suspense entretenu sur la conscience du métier, affiche tenue par toute une équipe (11 rôles principaux) et, un peu plus tard évidemment, vies privée et professionnelle étroitement liées.

Cette fois, cependant, le propos est plus dur. Les personnages sont traités sans tendresse particulière, tandis les situations, plus musclées, sentent davantage la poudre que la recherche d’empreintes digitales. Sans être d’une originalité démesurée, « Brooklyn South » est un moment de télévision délectable. Pour mener son projet à bon port, Bochco s’est à nouveau entouré de fidèles, tel l’ancien détective Bill Clark, dont le service au département « Homicides » a servi de quintessence aux aventures de « NYPD Blue ». En épilogue à cette soirée trépidante, ne manquez pas à 23 heures l’interview de Steven Bochco. Un interrogatoire capital sur le « Penne biancha » cathodique mené par le sympathique Stéphane Evanno.

--------

Critique parue jadis dans Le Nouvel Observateur

 

07/06/2007

Série télévisée : The war next door

Dans le monde des séries télévisées, certains domaines n’offrent plus de débouchés. Inutile d’imaginer une bande d’amis, parfaitement équilibrée entre filles et garçons, vivant dans un même appartement à la quête du Grand Amour. Ou de songer à deux enquêteurs du FBI traquant les phénomènes paranormaux, alors que tout le monde sait que les extra-terrestres existent et qu’ils sont proches de prendre le pouvoir sur Terre. En revanche, dans un milieu où pullulent les super-héros et les méga-méchants, on avait peu pensé à donner prématurément leurs retraites à un giga-héros et à son ennemi parjuré – car les vilains n’ont bien sûr aucune parole ! -. Jusqu’à l’excellente série américaine “ The war next door ” (littéralement “ la guerre à la porte d’à côté ”), créée l’an dernier.

Après avoir sagement balancé l’ignoble Alan Kriegman dans un immense puits, Kennedy Smith, agent du gouvernement américain, décide en effet de décrocher du service. A peine heureux de connaître enfin la tranquillité du beauf en pavillon, entre bricolage sexy et sexe gnan-gnan, il découvre que son nouveau voisin n’est autre que… Kriegman. L’immortel Alan Kriegman. Car l’infâme ennemi public numéro Hun, écrabouillé dans un compresseur de détritus ou explosé à la dynamite selon les épisodes, survivra toujours aux froids assassinats de Smith… Combats loufoques avec ustensiles du quotidien  (râteaux, cuillère à café, etc.), interprétation impeccable et répliques démoniaques… vous allez attendre chaque résurrection de Kriegman avec impatience !

--------

Critique parue jadis dans Le Nouvel Observateur 

05/06/2007

Série Télévisée : Les Mystères de l’Ouest

Après “ Mission Impossible ” et “ Chapeau Melon et Bottes de Cuir ”, l’adaptation sur grand écran des “ Mystères de l’Ouest ” est devenu le troisième James Bond méconnu de l’histoire du cinéma. Ces trois longs métrages se sont plutôt inscrits comme des films d’action et d’espionnage à grand budget que dans la continuité de l’esprit des séries-cultes originales. A refuser de respecter la complicité - souvent indicible - des inoubliables équipes d’agents secrets du petit écran, on a préféré jouer la confrontation entre les héros. Quitte à lancer une compétition de blagues machos entre Will Smith et Kevin Kline dans “ The wild wild West ”… Une furieuse coïncidence ? En effet, comme le met en évidence Martin Winckler dans l’indispensable “ Guide Totem des séries télé ” (éditions Larousse), “ Les mystères de l’Ouest ” en version cathodique, produite par l’un des rares homosexuels déclarés d’Hollywood à l’époque, apparaissent comme une série aussi joyeuse dans le geste que gay dans la symbolique. Les indices ne manquaient pourtant pas pour les téléspectateurs. Tenues cuir et pantalons moulés de James West, rôle des femmes limité à la figuration ou à la trahison (voire au pain dans la tronche, dixit le célèbre générique), jeux de soumission à demi-nu entre West et Miguelito Loveless, extravagances travesties d’Artemus Gordon… et titre original à double tranchant, la répétition de wild signifiant aussi “ foldingue ”. Alors, rien de tel qu’une rediffusion agrémentée d’inédits pour vérifier !

 

-------------

Critique parue jadis dans le Nouvel Observateur

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu