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17/06/2007

Médecines douces, shiatsu : fondements

Le shiatsu, en tant qu'outil de la médecine orientale, trouve ses bases dans l'énergétique taoïste, qui repose principalement sur :

- la théorie du yin (féminin, vide, terre, etc.) et du yang (masculin, plein, ciel, etc.), qui tous deux se complètent en s’opposant.

- les cinq éléments : le Bois et le Feu (yang), le Métal et l’Eau (yin), ainsi que la terre qui reste le référant des quatre autres. Pour ces termes, il s'agit de la traduction d'une convention « symbolique » et non pas du « métal » en tant que tel ; ni de la « terre » (humus) mais de la Terre en tant que Sol (opposé au Ciel).

- les méridiens ou lignes énergétiques, qui parcourent notre corps de haut en bas (yang, énergie qui vient du ciel et descend) et de bas en haut (yin, énergie qui vient du sol et monte).

 - les « tsubos » qui  sont des lieux de concentration spécifiques d'énergie, peuvent voir leur activité excessive - trop pleins-  (jitsu) ou en insuffisance - vides - (kyo)

- l'énergie : Einstein rejoint la médecine taoïste lorsqu'il énonce que matière et énergie sont une seule et même chose, sous des formes variables de manifestation. On ne voit pas l'électricité et pourtant elle est opérante. De même qu’on ne voit pas la vie, ni les sentiments, et pourtant ils existent de façon tangible. C'est dans cette complexité qu'il est question d'énergie en médecine orientale. Ni croyance, ni mystère mais une réalité que la physique moderne confirme chaque jour davantage. (cf. « Le tao de la physique » de Fridjoff Capra (Editions Sand)).

Médecines douces, shiatsu : origines

On peut situer la naissance du shiatsu il y a trois siècles environ avec l’introduction du bouddhisme au Japon et l’Anma, issu des techniques de massage chinois. L’Anma s’est alors développé et a été reconnu dans l’Empire du Soleil-Levant en 1920 comme médecine manuelle à part entière parmi plus de trois cent méthodes thérapeutiques différentes. Le terme de « shiatsu » a été reconnu et son contenu codifié. Les deux plus célèbres écoles de Shiatsu ont été initiées par Toru Namikoshi et Ryuho Okuyama. Masunaga, élève de Namikoshi, a créé sa propre école sur des bases nouvelles et tout à fait originales, notamment concernant le répertoire des « méridiens » et leur traitement.

 

16/06/2007

Médecines douces : un autre regard sur le shiatsu (1ère partie)

Technique thérapeutique manuelle, le shiatsu est partie intégrante de la médecine orientale, au même titre que l'acupuncture, la diététique ou les techniques gymniques équivalentes au taï chi ou du qi-gong. La médecine orientale considère que la maladie n'entre pas dans un organisme en « équilibre énergétique ». Dans la mesure où il ne présente pas de graves carences héréditaires, et sans toutefois négliger le rôle de facteurs extérieurs, telles les manifestations environnementales (chaleur excessive, froid, humidité, vent) ou le stress (tour à tour endogène ou exogène).

Le plus souvent, le praticien aura pour rôle de donner à l'organisme la possibilité de maintenir ou restaurer cet équilibre, reposant sur une circulation harmonieuse de l’énergie vitale de l’organisme appelée ki au Japon et chi ou qi en Chine.

Dans le shiatsu (littéralement pression - atsu  avec les doigts - shi -), le praticien régule le ki en stimulant par pressions digitales des points particuliers du corps (tsubo) et situés le long de canaux énergétiques (méridiens appelés keiraku). C’est-à-dire là où l'énergie pourrait stagner, être en excès, ou ne parviendrait pas à se maintenir. A l’instar d’un acupuncteur avec des aiguilles, le praticien se sert essentiellement du pouce, parfois aussi du coude, des doigts repliés, des poings, du genou ou du pied. Dans le shiatsu médical, on n'effleure jamais mais on peut utiliser parfois quelques rares mobilisations des articulations  et qui s'apparentent alors à des étirements. La pharmacopée orientale est, par contre, utilisée de façon séparée.

Le shiatsu médical se pratique au sol, ou sur une table adaptée permettant au praticien de monter dessus. Il est donné sur le corps habillé -jamais nu -. Pour deux raisons. Sans besoin de contact avec la peau, le praticien propose d’emblée pudeur et respect du patient. D’autre part, la technique de pressions successives et rapides le long des trajets répertoriés risque, avec une peau nue, d'être inconfortable, tant pour le patient (irritations, échauffement, etc.) que pour le praticien (la peau, tantôt plus humide ou sèche, ne pouvant servir de référant stable). Même lorsque le patient est habillé, le praticien interpose un tissu appelé « tenugui » qui assure un contact technique toujours identique, et donc fiable, pour le praticien.

Lors d'une consultation, un interrogatoire d’une dizaine de minutes précède le premier traitement, avec prise des pouls radiaux permettant d'évaluer l'état énergétique des principales fonctions. Une bonne fréquence est d’une séance tous les 5 à 7 jours. Il ne faut jamais laisser passer un délai supérieur à trois semaines si l'on espère un lien actif entre deux traitements.

Un shiatsu médical dure en général entre 10 et 20 minutes pour un enfant et 45 minutes pour un adulte. Il ne peut excéder cette durée, car la prolongation des pressions peut entraîner un choc hépatique, des troubles (migraines, vertiges, aménorrhées, dysménorrhées, problèmes digestifs, etc.), sinon des risques de fatigue tenace. En effet, le shiatsu ce n’est pas : « plus il y en a, mieux c'est ! ». Une fois que tous les points, trajets, ou zones ont été traités, ce n’est pas la peine d'en rajouter, même pour un shiatsu de détente. Parfois, sur demande, lorsque les patients ne supportent pas un traitement ressenti comme intense, le praticien peut aller jusqu’à une heure. Cette règle des 45 minutes est même valable pour les massages. En revanche, après une séance de shiatsu, il est agréable de pouvoir se reposer, voire de dormir.

Une séance de shiatsu médical pour adultes coûte entre 300 et 400 francs. Elle n’est pas remboursée par la sécurité sociale, mais par certaines mutuelles (dont les mutuelles anglaises et suisses). D’autres mutuelles remboursent, partiellement ou en intégralité, jusqu’à concurrence de cinq séances des techniques non conventionnelles et non conventionnées sous le terme « d'acupuncture manuelle ».

L'une des applications la plus populaire du shiatsu, s'exerce actuellement sous forme de manœuvres de détente pour les employés ou les cadres des entreprises. Ce shiatsu « de confort », parfois pratiqué sur des chaises adaptées, est bien loin de ce qui se définit comme shiatsu professionnel au Japon. Aucun diagnostic n'y est ni proposé, ni possible: on est exclusivement dans le domaine de la remise en forme et d'un effet sur le stress physique. Sa pratique est liée à un contrat de temps et d'argent : tel prix pour tant de minutes. Il ne permet d'approcher le shiatsu que dune façon superficielle, et en aucun cas ciblée de manière thérapeutique.

Le shiatsu médical, comme la médecine orientale forte d'une expérience plusieurs fois millénaire, ne bénéficie d'aucune reconnaissance en France. Au Japon, il est reconnu par le Ministère de la Santé.

« Le shiatsu médical peut traiter entre autres des douleurs lombaires, une sciatique ou une hernie discale, ce que l'on rencontre fréquemment en milieu rural chez les agriculteurs. Mais également une surcharge pondérale, un ulcère d’estomac, la migraine ou une insomnie récurrente, un strabisme, des troubles du cycle, des problèmes digestifs ou cardio-vasculaires c'est-à-dire des troubles ou affections très variés. Tout cela, bien entendu, à condition d'être un praticien réellement et normalement formé. », affirme Thierry Riesser, qui exerce en France depuis bientôt trente ans et est conseiller à l'Ecole Japonaise de Shiatsu Médical de Tokyo. Dans le domaine de l'entretien, le shiatsu peut préparer les jambes d’une personne à un voyage en avion long courrier et, au retour, restaurer les insomnies liées au décalage horaire. Une séance généralement suffit. Le shiatsu peut aussi accompagner un régime ou une psychothérapie. Evidemment avec un praticien de qualité et non un Gourou de secours. Si, au Japon, les mères de famille, par exemple, peuvent acquérir un premier niveau en shiatsu familial amateur en quelques week-ends par an, une formation professionnelle dure 3 à 5 ans à temps complet. Attention à ceux qui, en France, après quelques week-ends ou quelques séminaires s'improvisent praticien ! Voire même enseignants.

C'est d'ailleurs tout le problème de la formation pour le shiatsu dans l'Hexagone. La formation des praticiens en shiatsu médical au Japon dure, selon le niveau thérapeutique ambitionné, trois à cinq années à temps plein. Il faudra encore bien des efforts pour espérer une reconnaissance légale comme l'ostéopathie (et ses 5000 heures de cours pour un diplômé DO MROF) l'a récemment obtenue. Mais le shiatsu ne doit pas oublier que ces deux disciplines étaient inscrites sur le rapport rédigé par le député belge Paul Lannoye, voté en 1997 par le parlement Européen et qui a demandé à tous les Etats membres de la Communauté Européenne de statuer sur sept médecines non conventionnelles. Former des praticiens dignes de ce nom ne pourra que favoriser un tel processus. C'est en particulier le but que s'est fixé la Fédération Européenne de la rue Bargue.

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Cet article, dont la version intégrale est présentée ici, est parue il y a quelques années dans un mensuel sur la santé, il y a quelques années. - LA SUITE (les encadrés)...  sera mise en ligne DEMAIN !

 
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