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24/04/2007

Subissez-vous les nouvelles technologies ? (2ème partie)

[Encore déphasé depuis mon retour de Guadeloupe, je reprendrai l'écriture de notes dès demain mercredi, avec une analyse des résultats du premier tour de la Présidentielle]

Vie professionnelle

Le réseau, nous aurait-il changé en roseau ? « Le travail à base de puissance matérielle est un travail d’équipe, où les forces s’additionnent. Pour sortir un tombereau d’un fossé, quatre hommes peuvent avoir besoin de la force d’un handicapé, qui ajoute la puissance nécessaire pour réussir l’opération. Dans le monde du travail intellectuel c’est l’inverse, c’est le réseau qui fonctionne et sa résistance est fonction du maillon faible.», explique Hubert Bouchet, auteur d’un rapport sur « l’acte productif dans la société des savoirs et de l’immatériel ». Et chacun de nous peut devenir le maillon faible. Un maillon d’autant plus cassable qu’il n’existe pas d’argumentation objective pour déterminer la qualité du travail intellectuel, comme pour le bienheureux plombier (qu’il soit ch’timi ou polonais). En outre, « Les nouvelles technologies ont rendu les salariés plus autonomes et donc plus responsables. Cette liberté est une bénédiction pour les uns, une source de stress considérable pour les autres. », ajoute Mathieu Llhorens, responsable développement à Xiti. Tout un niveau de hiérarchie – les fameux « petits chefaillons » - commence à disparaître dans les grandes entreprises. Pis, nombre d’entre nous ne savent plus gérer l’information, dont nous sommes tous devenus émetteur et récepteur avec Internet. « Pour travailler un peu, il faut que je sois connecté, et pour travailler longtemps, il faut que je me déconnecte. », résume le sociologue Yves Lasfargue. « Au travail, cela induit même une sorte de culpabilité : si on n’a pas la dernière information au bon moment, on ne sera pas performant, efficace… », insiste Matthieu Llhorens.

Sous le poids de l’indépendance, le roseau ploie mais ne rompt pas s’il préserve son bien-être intérieur. Dans le cadre d’une profession intellectuelle, la performance, même exprimée brièvement, est toujours le résultat d’un long entraînement, incluant les moments de pure réflexion, comme les temps de repos et de divertissement durant lesquels le cerveau continuer à fonctionner de manière inopportune. Ce rafraîchissement des cellules grises est plutôt entretenu à travers l’usage privé d’Internet sur le lieu de travail. Mais là, le salarié évolue en plein marécage, méconnaissant la législation en la matière. Normal, « la loi est assez floue, elle parle de « mesures », cet usage privé doit rester dans des proportions raisonnables. », assure Murielle-Isabelle Cahen, avocate. Et une demi-heure par jour, c’est raisonnable.

Geste à tester : Prenez dès maintenant le temps de la réflexion pour donner suite à certains messages électroniques. En les stockant dans un répertoire particulier, afin qu’ils ne tombent pas dans l’oubli.

 Addiction

La bonne vieille loi de Lederman régit presque toutes les conduites humaines et tous les objets possibles de consommation – jeu, alcool, cannabis, téléphone portable, nourriture…- : plus il y a d’utilisateurs, et plus il y a d’utilisateurs à problème, dans une proportion relativement fixe entre 1 et 2%. « C’est une loi importante, car tous les débats de société sur n’importe quel thème concernent ces 1 à 2% en question, en cherchant à déterminer ces 2% d’utilisateurs pathologiques auront globalement un effet plus négatif que l’usage et l’intérêt pour les 98% restants. », affirme Michel Hautefeuille, praticien hospitalier à Marmottan.

Les addictions sans drogue – aux jeux vidéo, à Internet, à l’achat compulsif – ont des conséquences aussi dévastatrices que l’abus de drogues classiques. Elles deviennent un métier à plein temps pour les « accros », dont elles dévorent aussi bien toute activité sociale que l’argent.

Geste à tester : Le centre Marmottan, lieu d’accueil pour usagers de drogue depuis 1971, reçoit également en consultation gratuite et anonyme sur les addictions sans drogue. Leur contact : 17 rue d’Armaillé, Paris XVIIème - 01 45 74 00 04.

Vie hors technologies

Le retard technologique n’existe pas. Stop à la dictature de la cybersecte ! Pimpant sexagénaire, Hubert Bouchet soutient : « Pour ma génération, ces nouvelles technologies sont des prothèses, ou plutôt des membres articulés, sans la même virtuosité qu’une main. Pour ceux qui naissent avec elles, il s’agit d’une greffe. La jeune génération actuelle sera elle-même contemporaine de découvertes nouvelles qui les mettront dans des situations d’impotence comparables à celle dans laquelle nous sommes maintenant ». En outre, Yves Lasfargue recommande la technodiversité - comme en biologie on défend la biodiversité - dans tous les domaines : « Il y a un noyau de 30 à 40% de gens qui ne pourront jamais utiliser ces nouvelles technologies, essentiellement parce qu’elles sont abstraites et interactives. Il faut organiser la société aussi pour ces gens qui ne peuvent pas les utiliser. » Cher service public avec tes cadeaux par milliers pour les cyberdéclarants d’impôts (réduction de 30 euros, délai supplémentaire, pas de pièces jointes), si tu nous entends… Nul doute que l’avenir appartient à une complémentarité entre les différents médiums de communication, du SMS au guichet. La vérité sort de la bouche et du clavier des enfants : « Souvent, au retour d’une après-midi passée avec un ou une amie, je suis surpris de voir ma fille se précipiter sur l’ordinateur pour continuer à chatter avec cet ami(e), qu’elle vient de côtoyer pendant plusieurs heures. Elle poursuit ainsi la relation, abolissant les limites disciplinaires et horaires imposées par les parents, plus facilement que par téléphone, à l’abri des oreilles indiscrètes, libre de s’exprimer comme elle l’entend. », témoigne Pierre Loge, consultant en informatique.

Geste à tester : Chers ados naissants, testez les jeux vidéo de votre petit frère. Vous verrez à quel point ces jeux nécessitent parfois une rapidité et une dextérité… qui vous dépassent déjà !

Vie ludique

Malgré leur large diffusion dans la population, les jeux vidéo, comme l’ensemble des nouvelles technologies, demeurent porteurs de craintes irrationnelles et d’espérances probablement démesurées. D’une part, la pratique de jeux vidéos violents serait un apprentissage conduisant à de la violence dans la réalité. D’autre part, il y aurait chez certaines personnes une confusion entre l’univers du jeu et l’univers réel, c’est-à-dire une forme de schizophrénie. « Ces deux hypothèses ne sont pas absurdes, au départ, sur le plan théorique, mais elles ne sont pas, pour le moment, validées dans notre pratique par les faits. », assure le docteur Marc Valleur, directeur du centre Marmottan. Concernant les espérances, ce psychiatre affirme : « On donne l’impression d’être face à de nouvelles formes culturelles. C’est seulement en partie vrai. Certains jeux vidéo très pratiqués ne sont jamais que des formes informatisées des jeux les plus vieux du monde. La nouveauté réside dans un rapport à l’objet qui n’est pas une relation de pure emprise comme on l’a dans la plupart des jeux. Par exemple, dans les Sim’s, la poupée dispose d’une gamme de comportements autonomes. D’autre part, avec Internet, de nouvelles formes de socialisation apparaissent dans la mesure où ce qui est secret, partagé, de l’ordre de l’intime, est très différent de ce qui se passe dans la plupart des autres échanges. ».

Geste à tester : Dépassez le Da Vinci Code, Tétris et le Démineur ! Ayez foi en votre quête intérieure et expérimentez les jeux vidéo d’aventure médiévale, cette formidable ingénierie à fabriquer du social ! Sinon, vous pourriez avoir de petits problèmes pour utiliser d’ici une – ou deux ? – décennie les hologrammes façon Guerre des Etoiles pour vos conversations à distance ?

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Cette enquête est parue durant l'été 2005, en version raccourcie, dans un magazine sur les nouvelles technologies (aujourd'hui disparu).

23/04/2007

Subissez-vous les nouvelles technologies ? (1ère partie)

Transformation du rapport au temps, modification des modes de sociabilité, enfants qui transmettent le savoir à leurs parents… les nouvelles technologies provoquent une révolution sociale comme il ne s’en produit qu’une par siècle ! Voici quelques clés pour mieux la vivre.

 

En dix ans, Internet, l’ordinateur à domicile et le téléphone mobile ont été adoptés par le grand public, quand il a fallu un demi-siècle à la télévision pour s’imposer dans notre quotidien. Pour la première fois dans l’Histoire, l’onde d’émergence des technologies a dépassé l’onde de renouvellement des générations. D’où une onde de choc. Ce bouleversement, aussi fondamental que la Révolution Française en 1789 et l’industrialisation au XIXème siècle, n’est pas encore digéré par l’ensemble de la population nationale.

Seulement classées au douzième rang sur des quinze principaux domaines de consommation en France avec 3,5 à 5% des achats selon Régis Bigot du Credoc, les nouvelles technologies n’ont pas, à proprement parler, généré un changement social. Elles l’ont accompagné, car elles répondaient à d’authentiques désirs des gens.

Certains de ces désirs sont vieux comme les relations humaines, comme pouvoir trouver à tout moment un interlocuteur et de préférence un interlocuteur « sur mesure ». D’autres se sont révélés plus récemment. « J’ai pour habitude de penser que les toxicomanes sont les premiers explorateurs de chemins, empruntés par la suite empruntés par des millions de personnes. Dans les années 70, le toxicomane était dans une certaine impossibilité de différer le désir. C’était en réaction à une société où le plaisir n’avait pas de place, sauf s’il avait une fonction. Force est de constater que la société d’aujourd’hui fonctionne autour de ce même besoin du « Tout, tout de suite ! » », rappelle Michel Hautefeuille, praticien hospitalier à Marmottan, lieu d’accueil pour usagers de drogue depuis 1971.

Pour François Mahieux, professionnel de la formation, l’urbanisation d’après-guerre et la désynchronisation sont les phénomène de fonds : « Au village, on communique au bistrot, à la messe, à l’enterrement, mais tout le monde se connaît. En ville, il faut fabriquer les rencontres. C’est pourquoi on a besoin de machines asynchrones pour communiquer tout le temps, afin de se resynchroniser. Le système de vie sociale, de vie familiale, de vie professionnelle synchrone, c’est terminé. »

D’autres désirs ont pu devenir réalité grâce aux nouvelles technologies. Comme avoir affaire à des inconnus, avec tous les avantages que cela représente. « Les gens ont souvent souffert du fait que les gens physiquement les plus proches ne paraissaient pas les mieux placés pour les écouter. Un exemple simple : les homosexuels qui pendant très longtemps ne pouvaient pas parler de leur homosexualité à leur famille ou au travail. Avec Internet, on a la possibilité de rentrer en communication avec des gens qu’on ne voit pas, qu’on ne verra jamais, qu’on ne connaît pas, et pourtant, on peut avoir un échange intense avec eux. C’est ce que j’ai appelé le « désir d’extimité », qui est le désir de communiquer une partie de son intimité à des gens qu’on connaît ou qu’on ne connaît pas avec le désir qu’il nous la restitue en nous l’indexant positivement. C’est différent de l’exhibitionnisme, où l’on ne montre que des choses dont on connaît déjà la valeur. », éclaire Serge Tisseron, psychanalyste.

Yin et Yang des technos

C’est sans doute pourquoi les gens se sont appropriés des outils, à l’origine utilitaires, en privilégiant contre toute attente les médiums de communication. Face à un monde ressenti comme une jungle, les nouvelles technologies apportent une authentique réponse au fait qu’il soit aujourd’hui plutôt dangereux d’être soi-même et de le montrer, et qu’il reste toujours nécessaire de se préserver un jardin secret, extrêmement intime, où l’on exprime pleinement son identité. « Internet est un outil de liberté au sens où il permet de se rendre partout pour n’y jouer seulement le rôle que l’on maîtrise, que l’on désire. Cette volonté de contrôler sa propre implication par rapport au monde se traduit, par exemple, par la discussion dans les chat ou les newsgroup mais avec la possibilité de se retirer en permanence, ou la participation à des pétitions militantes mais en réalité sans jamais risquer de se ramasser de coups de matraques des forces de l’ordre. », explique le sociologue Bernard Cathelat.

Outre cet apprentissage du « jeu de rôle en société », bien appréhendé par les moins de trente ans, les pratiques des nouvelles technologies observées sonnent également comme une réponse à l’injonction actuelle d’être maître de sa vie, alors que l’injonction, il y a demi-siècle, était d’obéir aux règles, de faire comme ses parents. En clair, l’idée est : trouvez-vous vous-mêmes, réussissez, mais si vous échouez, c’est de votre faute. Ce renvoi à notre responsabilité personnelle s’ajoute à une exigence de changements permanents – de travail, de métier, de recomposer sa famille. Ainsi, on ressent quelquefois le besoin de donner des coups de fil inutiles, juste pour vérifier que son petit monde est bien en place.« Le téléphone s’utilise moins pour rencontrer l’autre que pour se relier à soi-même. Les jeux vidéo sur le mobile, c’est une manière de redevenir le centre de sa vie, de retrouver une maîtrise par rapport à un éclatement de ses rôles sociaux, de son temps social, de ses activités. On recoud le temps, on reprend la main dans tous les sens du terme. Même si ce droit à l’isolement cache parfois une difficulté à mettre de la distance par rapport à soi-même.», relève Sylvie Craipeau, de l’Institut National des Télécommunications.

Malgré leur large diffusion dans la population, les nouvelles technologies demeurent porteuses de craintes irrationnelles et d’espérances probablement démesurées. Prenons les deux grandes craintes liées à l’univers numérique ludique. D’une part, la pratique de jeux vidéos violents serait un apprentissage conduisant à de la violence dans la réalité. D’autre part, il y aurait chez certaines personnes une confusion entre l’univers du jeu et l’univers réel, c’est-à-dire une forme de schizophrénie. « Ces deux hypothèses ne sont pas absurdes, au départ, sur le plan théorique, mais elles ne sont pas, pour le moment, validées dans notre pratique par les faits. », assure le docteur Marc Valleur, directeur du centre Marmottan. Concernant les espérances, ce psychiatre affirme : « On donne l’impression d’être face à de nouvelles formes culturelles. C’est seulement en partie vrai. Certains jeux vidéo très pratiqués ne sont jamais que des formes informatisées des jeux les plus vieux du monde. La nouveauté réside dans un rapport à l’objet qui n’est pas une relation de pure emprise comme on l’a dans la plupart des jeux. Par exemple, dans les Sim’s, la poupée dispose d’une gamme de comportements autonomes. D’autre part, avec Internet, de nouvelles formes de socialisation apparaissent dans la mesure où ce qui est secret, partagé, de l’ordre de l’intime, est très différent de ce qui se passe dans la plupart des autres échanges. ».

L’usage crée l’outil

En manque d’une certaine culture concernant l’usage de l’outil, nombre de personnes subissent encore les nouvelles technologies, qui ont décuplé les réjouissances comme les nuisances. Pour deux raisons majeures. D’abord, parce qu’ils méconnaissent les us et coutumes de la vie en réseau au sens humain du terme : « La Nétiquette, c’est-à-dire le document de base et de référence sur les usages et comportements à adopter sur Internet a été écrit il y a bientôt dix ans. Ce document détermine, par exemple, pourquoi c’est incorrect de répondre en majuscule dans un mail, car cela donne le sentiment qu’on hurle sur son destinataire. Il expliquait déjà aux enfants qu’il ne fallait pas donner son adresse email. », rappelle David Degrelle, PDG de 1ère position. Ensuite, parce que nombre d’entre nous ne savent pas gérer l’information, dont nous sommes tous devenus émetteur et récepteur avec Internet. « C’est l’une des sources du stress au travail : pour travailler un peu, il faut que je sois connecté, et pour travailler longtemps, il faut que je me déconnecte. », résume le sociologue Yves Lasfargue. « Au travail, cela induit même une sorte de culpabilité : si on n’a pas la dernière information au bon moment, on ne sera pas performant, efficace… », insiste Matthieu Llhorens, responsable développement à Xiti. Une fois le droit à la déconnexion reconnu, il reste à apprendre à trier, filtrer et classer l’information.

Un débat à durée déterminée ?

En un siècle, soit une seconde à l’échelle de l’humanité, l’homme est passé de la marche à la conduite automobile, multipliant ainsi par mille sa capacité à engranger des stimulis. Avec la faculté d’adaptation de l’être humain, est-ce que toute la population française sera entièrement à l’heure numérique dans un proche avenir ? Pimpant sexagénaire, Hubert Bouchet, auteur d’un rapport sur « l’acte productif dans la société des savoirs et de l’immatériel », soutient : « Pour ma génération, ces nouvelles technologies sont des prothèses, ou plutôt des membres articulés, sans la même virtuosité qu’une main. Pour ceux qui naissent avec elles, il s’agit d’une greffe. La jeune génération actuelle sera elle-même contemporaine de découvertes nouvelles qui les mettront dans des situations d’impotence comparables à celle dans laquelle nous sommes maintenant ». Yves Lasfargue demande que l’on fasse de la technodiversité, comme en biologie il y a de la biodiversité, dans tous les domaines, en particulier dans le service public : « Il y a un noyau de 30 à 40% de gens qui ne pourront jamais utiliser ces nouvelles technologies, essentiellement parce qu’elles sont abstraites et interactives. Il faut organiser la société aussi pour ces gens qui ne peuvent pas les utiliser. » L’avenir appartient sans nul doute à une complémentarité entre les différents médiums de communication, du SMS au guichet. Les enfants montrent d’ailleurs la voie : « Souvent, au retour d’une après-midi passée avec un ou une amie, je suis surpris de voir ma fille se précipiter sur l’ordinateur pour continuer à chatter avec cet ami(e), qu’elle vient de côtoyer pendant plusieurs heures. Elle poursuit ainsi la relation, abolissant les limites disciplinaires et horaires imposées par les parents, plus facilement que par téléphone, à l’abri des oreilles indiscrètes, libre de s’exprimer comme elle l’entend. », témoigne Pierre Loge, consultant en informatique. Une fois de plus, la vérité sort de la bouche des enfants…

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Cette enquête est parue durant l'été 2005, en version raccourcie, dans un magazine sur les nouvelles technologies (aujourd'hui disparu).

[Encore déphasé depuis mon retour de Guadeloupe, je reprendrai l'écriture de notes dès ce mercredi (25 avril), avec une analyse des résultats du premier tour de la Présidentielle]

22/04/2007

Quel quotidien en 2040 ?

Prévoir le futur, c’est bien compliqué ! Scientifiques, auteurs de science-fiction, hommes politiques… beaucoup de personnes cherchent à savoir ce qui changera à l’avenir dans notre vie. Ils sont déjà nombreux à s’être trompés.

Erreurs de prédiction…

Par exemple, il y a 50 ans, personne n’imaginait la miniaturisation de l’informatique. Un auteur de science-fiction a même imaginé qu’un ordinateur de la taille d’un immeuble de dix étages gouvernerait le monde ! Il faut dire que le premier ordinateur, à peine plus puissant que la calculatrice de ton grand frère, occupait la place de quatre terrains de basket. Il y a 30 ans, le patron d’une des plus grandes compagnies d’ordinateur affirmait qu’aucune famille n’aurait de raison particulière d’avoir un ordinateur chez lui. On voit aujourd’hui le résultat de cette prédiction !

Et visionnaires !

A l’inverse, un écrivain a imaginé l’invention de la bombe atomique dans un livre… au moment même où l’armée américaine mettait au point cette terrible arme ultra-confidentielle. Cet écrivain a été immédiatement arrêté par les services secrets américains parce qu’il a été pris pour un espion ! Ce qui est certain, c’est que l’avenir… c’est déjà demain. Il y a seulement dix ans en France, au moment de ta naissance, très peu de personnes possédaient téléphone portable. Encore moins connaissaient l’existence d’Internet. Pourtant, ces deux outils ont désormais bouleversé notre quotidien. Nous t’annonçons donc quelques révolutions qui changeront ton quotidien dans 35 ans… ou ne verront jamais le jour !

 Alimentation

Il y a 50 ans, on pensait qu’on ne mangerait plus que des petites pilules en l’an 2000. Aujourd’hui, on a changé d’avis. Tes repas en 2040 seront les mêmes qu’actuellement. La nouveauté ? Aucun aliment n’aura été cultivé dans la nature ou enlevé à un animal.

En effet, tout élément sur la Terre est composé d’atomes. Ces particules sont si infiniment petites qu’on ne peut pas les voir au microscope. Dans trente ans, des machines seront capables d’assembler tous les atomes entrant dans la composition d’une pomme… pour fabriquer une pomme. Un peu comme on mélange du lait, des œufs et du sucre pour faire des crêpes. Sauf que l’on mélangera des milliers de milliard d’atomes pour faire une seule pomme ! Il n’y aura plus besoin d’attendre des mois pour les cueillir sur un pommier. Et ce sera pareil pour les bananes, le lait, le chocolat… et tous ces produits auront le même goût que ceux d’aujourd’hui.

 Robots

Le robot a longtemps été imaginé comme un être maléfique. La faute à Frankenstein, cette création de l’homme qui a fini par effrayer tout le monde ! Dans les années 50, un romancier, Asimov, établit trois règles pour ne plus craindre les robots. Première loi : un robot ne peut blesser un être humain. Deuxième loi : un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si cet ordre risque de blesser une personne. Troisième et dernière loi : un robot doit protéger sa propre existence… sauf si cette protection doit risquer de blesser une personne ou si l’ordre de s’autodétruire vient d’un être humain.

Dans le futur, s’ils respectent ces trois règles, les robots seront avant tout bienfaiteurs pour les hommes et les femmes en leur évitant tous les travaux pénibles. C’est déjà le cas aujourd’hui avec des robots fixes dans les usines. Sauf que cela sera généralisé à toutes les tâches mobiles : faire le ménage, charger un camion... Les robots seront si habiles dans leurs mouvements qu’on les estime capables de battre les champions du monde de football en 2050.

En revanche, l’homme ressemblera de plus en plus à un robot. Son cerveau sera aidé par un ordinateur. L’être humain aura ainsi une mémoire sans limite, la possibilité de voir la nuit… Il vivra plus longtemps, peut-être jusqu’à 150 ans, en soignant les maladies grâce à cet ordinateur.

 Transports

Avec l’invention de l’avion en 1900, de nombreux auteurs de science-fiction ont imaginé que le ciel serait chargé d’engins volants en l’an 2000… tu peux lever les yeux au ciel, il n’en n’est rien ! Pourtant, voyager dans l’espace sera à la portée de monsieur, madame ou mademoiselle tout le monde en 2040. N’importe qui pourra même partir d’ici seulement dix ans… mais cela coûtera encore 150 000 €. Le prix d’un appartement ! En 2040, tu pourras peut-être monter dans l’espace… en ascenseur. C’est le projet fou des Américains. La cabine de l’ascenseur grimpera le long d’un câble seulement fin de quelques millimètres et construit dans une matière incroyablement résistante. Cette matière existe déjà, on en a déjà réalisé quelques centimètres carrés dans des laboratoires. Le câble sera tendu de la mer jusqu’à un satellite en quelque sorte « immobile », puisqu’il voyagera à la même vitesse que la Terre. La cabine de l’ascenseur serait propulsée par des moteurs. Coût de ce voyage dans l’espace : 130 euros. Le prix d’un aller-retour Paris/Marseille en train.

(Première version d'un article pour le magazine Julie / filles de 8 à 12 ans - 2006)

 
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