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27/04/2007

Lettre à Pierre Desproges

Mon cher Pierre,

Tu es un familier de mon quotidien depuis que j’ai appris à lire entre les lignes.

Tout adolescent naît dans sa vie adulte avec de sages femmes ou de sages hommes pour l’aider à accoucher ses envies profondes.

A la fin des années 80, j’ai choisi comme maître à penser un humoriste de métier, toi mon cher Pierre, puisque tu t’étais s’attaché à l’essence même de ton travail : le décryptage des comportements humains, au-delà des apparences et du savoir-vivre.

Tu savais particulièrement bien décrire cette imperceptible poussière que chacun de nous abandonne derrière lui, de manière plus ou moins volontaire, et à l’action plus ou moins polluante ; une poussière se dépose sur notre entourage… l’étouffant parfois en toute sincérité, ou mieux, l’immunisant définitivement contre certaines idioties.

Bien qu’ayant formé mon esprit, tu avais disparu de ma mémoire active.

Certes, de temps à autre – comme à chaque fois que je prends l’ascenseur en compagnie d’une autre personne, -, je souriais béatement en songeant à tes textes, qui ont édifié mon Code Civil personnel. Tu as été l’étincelle qui m’a permis d’accéder à la joie rare de pleinement profiter du présent en toute circonstance… et je t’avais lâchement oublié, continuant toutefois, fidèle à ton précepte, à rire de tout mais pas avec n’importe qui.

En réalité, depuis que tu n’es plus atteint par cette maladie qu’on appelle la vie, tu me manques.

J’aurai aimé entendre tes interventions caustiques dans cette élection présidentielle - bien que tu te considérais comme un "artiste dégagé" -, dans laquelle tout le monde peut se permettre tout et n’importe quoi depuis que la plupart des comiques – les auteurs des Guignols mis à part – n’exercent plus leur métier à voix haute. La faute au CSA ? Ou la peur d’un accident de moto ? Va savoir…

Toujours est-il que l’on s’ennuie bien bas dans cette campagne présidentielle, où ton grain de sel aurait savamment relevé le flot insipide des paroles politiques, que les médias laissent tant couler de source…

26/04/2007

Lettre à Cécilia

Cécilia,

Les hommes sont devenus fous et le tien en est la preuve.

Cette élection présidentielle fait décidemment tourner les têtes au rythme où les baffes volent.

La condition humaine semble résumée à cette insoutenable prophétie : le XXIème  siècle sera silencieux ou ne sera pas.

Cécilia, je t’en prie, ne nous fais pas un enfant dans le dos.

Nous avons besoin de ton témoignage, hors de cette police qui relève les plaintes des citoyens et les classe sans suite comme un obscur élu des Hauts de Seine.

Le Tout-Internet comme autrefois le Tout-Paris, connaît ton histoire de couple sordide. Il est atterré par ce que tu vis terrée dans un trou, mais pas encore recouverte de terre.

Nous ne sommes pas dans une banale fiction, qui serait résolue par 2 Flics à Miami en moins de temps qu’un long week-end de Pâques. Nous sommes dans une histoire de couple comme il en existe malheureusement des milliers en France, et dont l’homme violent, dans un souci de transparence, doit être privé de ses droits civiques, comme tout citoyen.

Aujourd’hui, tu es réduite à subir une situation scandaleuse en attendant, comme tous les Français, le Jugement Dernier du 6 mai prochain.

Compte tenu des silences observés dans cette République, ton existence ne tient-elle qu’à un fil, celui dont se servent les serial-killers pour étrangler leur victime ? Ton mari a-t-il peut-être même osé prendre en otages tes deux enfants et les montrer à la télévision, pour te rappeler que si ton silence ne reste pas de CAC 40 [d’or], ton mari adoptera des arabes le sourire kabyle ?

Je n’irai pas jusqu'à affirmer de telles horreurs.

Moi-même, j’ai peur.

Je tremble à l’idée que ton homme – ne devrais-je pas dire plutôt : ton sous-homme – tombe sur ses mots et que, fou de rage une fois de plus dans la journée, il ne signe ma disparition, pour Raison d’Etat. Juste pour incitation à la non-violence.

Alors, Cécilia, j’en appelle à ton courage de femme. Et de mère.

Nous, les hommes, sommes lâches. Nous n’avons pas porté la vie, nous n’en connaissons la valeur que par ouï-dire, des premiers cris du bébé à « Papa, je m’en vais ».

Nous déclenchons la vie, parfois telle une parole qui nous échappe, mais vous, les femmes, vous l’acceptez, nuit et jour pendant neuf mois, quitte à en vomir, quitte à perdre ce qui vous identifie le plus : la forme gracieuse de votre corps.

Nous, les hommes, sommes comme tous les journalistes des grandes rédactions : nous n’accordons pas officiellement d’importance à la vie privée, nous ne lisons pas des magazines comme Voici.

Tu sais donc bien que tout journaliste digne de ce nom n’écrira jamais ce que tu vis dans l’ombre de ton mari… que blanc sur blanc !

Cécilia, tu es l’unique à posséder le courage de refuser de manger dans la main de ton mari – de refuser de te manger la main de ton mari, devrais-je dire !

Tu es la seule à pouvoir porter l’affaire à la connaissance de l’opinion publique.

Viens parler de ta souffrance de femme battue à la télévision en demandant, s’il le faut, à ton mari de bien vouloir venir débattre avec toi du bien-fondé de ton désespoir en prenant les Français à témoin. Sans magouilles préalables de couloir.

Donne-lui rendez-vous, devant les caméras de télévision, dans un foyer de femmes en détresse ; il connaît les bonnes adresses où se faire filmer. N’y a-t-il pas déclaré récemment : « Je veux dire que pour la plus cassée, la plus brisée [des femmes], il y a un espoir. » Il parlait de toi, sans nul doute.

Réponds ainsi à son appel, si tu ne veux pas répondre au mien.

Ou affirme-nous simplement qu'il ne s'agit là que d'un cauchemar bien français... 


Demain : Lettre à Pierre Desproges.

25/04/2007

Le Jugement Dernier dans dix jours ?

Dimanche 22 avril, quelques minutes après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, Champagne ! J'ai débouché un sachet de bonbons -une grande cuvée : des nounours « guimauve » au chocolat- pour me remettre du score « abracadantesque » de Nicolas Sarkozy.

30% des voix pour un fach… euh, un démocrate passif, c’est certes un score minable. Mais à ce moment-là, il me semblait que l’ancien Ministre de l’Intérieur avait parfaitement réussi son Coup d’Etat.

Aussi sûr de lui qu’un homme qui bat sa femme, monsieur Sarkozy a affiché dès 20 heures 50 son amour pour la fonction présidentielle sans l'avoir conquis en plagiant Chirac – c’est dire combien il manque d’idées ! A l’heure du grand film de cinéma, il s’est en effet fait sacrer à l’antenne au pied du Louvre en répondant aux journalistes de France 2 dans sa voiture, vitre baissée, à l'instar de son nouvel ami de 30 ans, Jacques, après sa victoire en 1995.

Sarkozy se montre assuré d’avoir les talonnettes de l’emploi pour gravir la « dernière marche », conduisant à l’Elysée. Pour quelles raisons absurdes l’homme qui a terrassé Le Pen sur ses propres terres craindrait-il Ségolène Royal et ses boulets (aux pieds) socialistes ?

Il existe au moins quatre raisons non objectives de penser que les Français mettront une femme plutôt qu’un homme violent à la tête du pays dans dix jours :

- Cette élection se joue incontestablement sur la personnalité des prétendants. Ceux qui ont été séduit par Bayrou -des électeurs dont l’esprit de liberté comme la liberté d’esprit n’est plus à prouver- se reporteront majoritairement sur Ségolène Royal et s’abstiendront pour un bon quart. L'arithmétique mâtinée de bon sens montre que la différence entre les 18% de voix de Bayrou en 2007 et ses 6% en 2002 au premier tour de la Présidentielle proviennent exclusivement des gens de gauche. Le dernier sondage a montré qu'une fois l'émotion passée, le duel s'annonce plus équilibré que prévu : 51% pour Sarkozy contre 49% pour Royal. Comment va réagir le candidat aux nerfs si fragiles quand après une centaine de sondages en sa faveur, à quelques jours du scrutin un premier sondage le donnera à égalité avec Ségolène ?

- Le débat télévisé du 2 mai prochain sera pour la première fois véritablement décisif dans l’histoire de la Vème République, car il s'agit de la première élection où la manipulation des médias quant aux personnalités et aux compétences supposées des deux candidats a été rendue évidente, grâce à Internet. Bien des centristes et des décentrés vont tomber des nues…

- Même dans les 31% d’électeurs « acquis » au premier tour, un cinquième d’entre eux pourraient tourner leur veste et se détourner de leur « candidat », face à la dangerosité avéré d'un homme politique par leur entourage et le débat télévisé.

- Enfin, Monsieur Sarkozy ne s'est pas suffisamment méfié de la Bête Noire à chemise brune : Le Pen ne manquera pas de lui faire payer l'humiliation subie au premier tour.

Depuis deux mois, j'ai uniquement pronostiqué deux choses sur ce blog :

- l'écroulement de Le Pen

- la victoire nette, par au moins 5 points d'écart, de Ségolène Royal

Comme on dit chez les pauvres qui n'ont pas les moyens d'en avoir trois : jamais un sans deux ! 

 
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