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29/08/2007

Rocard, rentrée scolaire, Accords de Darcos et Sevelnord : les électeurs du centre (de droite et de gauche) représentent toujours l’équilibre de la France

Il ne faudrait pas que dans la mémoire collective, l’esprit de toute politique de gauche devienne « Travailler MOINS pour gagner plus », comme le suggère le tollé de l’affaire Sevelnord.

A force de tirer à boulets rouges-communistes sur toute initiative visant à récompenser le travail, les électeurs « décisifs » iront s’abriter sans compter derrière les tenanciers d’une pratique ultralibérale dans le monde du travail

Qui sont les électeurs « décisifs » ? Ceux que l’on qualifie d’« éternels indécis », mais qui sont avant tout ceux qui ne votent pas systématiquement à droite ou à gauche, et qui réfléchissent au sens, plus qu’au contenu, des programmes électoraux et donc, des mesures sociales. Ils appartiennent souvent à la classe moyenne, c’est-à-dire aux travailleurs qui ont la chance, en raison de la structure de leur emploi, de pouvoir évoluer rapidement dans leur poste et donc, dans leur rémunération. Leur vie pouvant sensiblement changer à chaque élection, en fonction des décisions prises, ils croient peut-être davantage aux effets d’une politique, de gauche ou de droite.

Mais revenons au tollé provoqué par l’innovation en matière de politique sociale suggérée par l’usine Citroën Sevelnord d'Hordain.

Afin d'encourager l'assiduité, la direction de cette usine a décidé, en plus de la prime d'assiduité d'environ 30 euros par mois, d'accorder une récompense exceptionnelle aux ouvriers qui n'avaient pas été absents un seul jour depuis trois ans. En mai, elle a distribué des chèques-cadeaux d'une valeur de 100 euros à 766 ouvriers sur 2755 au total. Et l’un d’entre eux, tiré au sort, a gagné le dernier modèle sorti de l'usine, une Peugeot Tepee d'une valeur de 26.000 euros.

« Procédé totalement discriminatoire. », s'insurge la CGT, qui compte porter bientôt l'affaire devant les Prud'hommes de Valenciennes. Passons sur la illégalité supposée de cette décision de la direction de l’usine, puisque selon une jurisprudence de 1992, une prime d'assiduité ne peut être jugée discriminatoire dans son principe même.

Le reportage au Journal Télévisé de France 2 d’hier soir a oublié de mentionner un détail important (en plus des 30 euros attribués chaque mois pour assiduité) : selon la direction, les personnes en congé maternité ou bien en arrêt maladie suite à un accident du travail ont tout de même pu bénéficier de la récompense. La CGT affirme, elle, que les ouvriers en arrêts maladie ont été exclus du dispositif.  A chacun son rôle ?

Personnellement, sur cette affaire Sevelnord, je me pose une question : où est le scandale ?

Je n’ai pas été absent durant la dernière année, et j’aurai aimé toucher 360 euros pour une année d’assiduité au travail. Prime multipliée par deux, puisque ma compagne est dans le même cas (elle n’a pris que des jours « enfants malades », prévus par sa convention collective). 720 euros, "juste" pour avoir été bosser… cela représente une belle semaine dans une location sympathique.

Je rappelle que cette prime pour assiduité n'a rien d’une sanction, mais demeure une récompense.

Bien sûr que ce n’est de leur faute si les gens sont malades. C’est pourquoi la solidarité de la Sécurité Sociale a été mise en place : pour pallier à cette « injustice », et permettreà toute personne, notamment celles atteintes de maladies graves de mener leur vie avec des moyens financiers quasi-identiques.

PSA-Citroën a rapidement indiqué qu’il ne s’agissait que d’une initiative locale et non reconduite. A 360 euros par an la récompense pour assiduité, j’ai le sentiment qu’une bonne partie du monde ouvrier, s’il est informé de tous les tenants et tous les aboutissants de cette « affaire Sevelnord », ont dû faire la gueule…

Cette affaire retentissante montre bien que, quelles que soient les mesures sociales prises, il faut savoir raison garder. Et ne pas vouloir trop vite préciser qui sont les "bons" et qui sont les "méchants".

 

Prenons l’autre affaire, cette fois non-dite en tant que telle : les accords de Darcos.

Les distributeurs convoqués hier par le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos se sont engagés à vendre une trentaine de fournitures scolaires au même prix que l'an dernier ou à prix coûtant.

Ah bon… la belle affaire ?

Selon le Journal Télévisé du soir de France 3, la moitié des familles ont déjà acheté le matériel scolaire pour leurs enfants (dont moi-même). Le temps que les distributeurs répercutent les prix à la baisse dans leurs rayons (et que l’Etat contrôle l’application de cette mesure sociale), le 4 septembre, jour de la rentrée scolaire pour ceux qui font la semaine de 5 jours, sera déjà passé depuis belle lurette.

Tout cela fleure bon l’effet d’annonce…

Dans la foulée, Xavier Darcos annonce placer « sous la haute autorité » de l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard le comité chargé d'organiser la concertation sur la revalorisation du métier d'enseignant. « Un homme réputé pour avoir des idées », a justifié le Ministre.

Plutôt que de critiquer cette poursuite de l’ouverture à gauche, les socialistes seraient bien avisés de dire que Darcos a effectivement bien besoin de Rocard. Surtout lorsqu'il se montre seulement capable de prendre des décisions sur l’année scolaire à venir à peine deux jours avant la rentrée des classes.

Et vous, quel est votre avis sur l’affaire Sevelnord et les accords de Darcos ?

Commentaires

je ne comprends pas l'indignation des syndicats mais bon, ils n'en sont plus à une ânerie près...

Écrit par : Monsieur J | 29/08/2007

Petite précision : quand la direction affirme que les personnes en maladie après accident de travail ont bénéficié du système ce n'est pas contradictoire avec l'affirmation de la CGT... Forcément puisque sinon, il suffit de dire "j'étais malade" pour avoir sa prime !
Par contre quand on s'est pris une voiture sur la tête dans l'usine, les cadres ne vous reprochent pas d'être absente le lendemain... Ca semble logique, non ?

Écrit par : Aline | 30/08/2007

au chiffre des postes en moins il faut rajouter les 25000 profs non titulaires virés depuis 2005 sans aucun droit à part celui de toucher le RMI aprés plus de 5 ans de travail au sein de l’éducation nationale.
m.darcos dit qu’il ne manque pas de profs,ceci est est faux sinon pour quelles raisons les rectorats embauchent ils des non-titulaires.
profs vacataires,statut le plus précaire de France ;public et privé confondus!
ces profs ne sont là que pour 200 heures de cours effectifs,cad qu’ils ne sont payés que pour les heures devant les élèves,la preparation ,les corrections etc…. c’est gratuit!Au bout des 200 heures ils sont remerciés et n’on droit qu’au RMI.
Il ya aussi les contractuels qui sont embauchés pour un an max en cdd .Pour accéder à un cdi ils doivent totaliser 6 ans de cdd.Donc au 5éme cdd les rectorats ne vous embauchent plus qu’en tant que vacataire .Ainsi ils ne signent pas de cdi et ils ne sont pas tenus de vous verser des indemnités de licenciement.
L’education nationale a subi le plus grand plan social de France;25000 profs virés et non remplacés!
Tout cela dans le silence complet des médias et des syndicats ;syndicats qui participent à l’exploitation de ces profs précaires en bafouant avec les rectorats le systeme de l’ancienneté pour leurs adhérants.

Ce ministre ,comme l'ancien vous dira qu'il faut passer le capes:c'est leur argument;voila une mise au point: le capes n'est pas egalitaire,car selon ton académie pour un même concours il y a ou il n'y a pas de formation.
on peut parler aussi de l'harmonisation des notes, qui débouche sur un trucage des résultats.
le capes n'est pas un diplome mais un certificat ,donc sans valeur pour etre enseignant.
Depuis plusieurs années le capes ne sert qu'a garder un certain nombre de non titulaires sous le coude des rectorats a fin de faire des economies.
pour un meme travail avec la meme ancienneté le non titulaire a un salaire moindre.Ceci est un cas de discrimination d'aprés notre constitution.

Écrit par : arkane | 20/09/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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