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07/08/2007

Grenelle de l’environnement, développement durable et prolifération nucléaire : Hiroshima, mon DESamour, ce n’est pas pour demain !

Le prochain Grenelle de l’Environnement, mettra-t-il toutes les problématiques sur la table… ou en gardera-t-il un ch’ti peu pour les dessous (de table) ?

Pour que cet événement entre dans l’Histoire de France comme un accord historique au même niveau que les fameux accords de Grenelle de 1968, il ne lui faudra pas escamoter quatre grandes problématiques : les OGM, les autoroutes, les incinérateurs et le nucléaire. Sous peine de rejoindre, dans la "postérité", les accords de Munich en 1938.

Ni plus, ni moins.

Concernant le nucléaire, on peut légitimement se demander si notre pays, extrêmement dépendant à cette énergie 1, cherchera, de manière concrète et quantifiable, à se désengager de cette orientation énergétique, alors que la lutte contre le réchauffement climatique et le prix du pétrole incitent un nombre croissant d’Etats à se tourner vers l’atome.

Grande-Bretagne, Etats-Unis, Chine et même Allemagne… la liste des pro-nucléaires est effarante. Les accidents récents dans des centrales nucléaires en Suède et au Japon (une « légère » fuite dans un réacteur, suite à un séisme), comme les risques de prolifération (faut-il laisser des « non-démocraties » comme la Libye, le Pakistan et l’Algérie se doter de centrales ?) n’ont refroidi personne en haut lieu.

Le Japon caractérise aujourd’hui mieux que quiconque cette absence de sagesse, au lendemain de la triste commémoration de l’explosion atomique d’Hiroshima du 6 août 1945. En mars dernier, les Japonais avaient déjà été pour le moins « secoués » en apprenant que cette société avait caché au pays une série d’incidents nucléaires survenus dans ses centrales au cours des vingt dernières années. Les fortes réticences de l’opinion publique et les risques posés par les séismes à répétition ne pèsent pas lourd dans les décisions du gouvernement nippon. En effet, si près d’un quart de l’électricité consommée au Japon provient du nucléaire2, cette part devrait presque doubler dans les prochaines décennies. Pour sécuriser les besoins énergétiques de l'Archipel dépourvu de ressources naturelles…

Pis, selon Tokyo, la production atomique, qui génère peu de dioxyde de carbone, peut l'aider à atteindre l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre imposé par le Protocole de Kyoto. C’est en effet l’argumentaire de défense du nucléaire qui promet de belles crises d’urticaires chez les écologistes pur jus (Bio). «C’est une énergie propre, qui n’émet pas de CO2», a même clamé le président brésilien Lula, dont le pays, chancre du biocarburant, vient de relancer un programme nucléaire gelé depuis vingt ans.

Le boom de l’atome est de niveau mondial. Comme s'il n'y avait plus désormais plus de fumée sans feu... nucléaire !

Ce renouveau fusionnel touche toutes les grandes nations. La Grande-Bretagne envisage d’investir dans de nouvelles centrales nucléaires, tout comme les Etats-Unis, qui n’en ont pas construit depuis trente ans (104 réacteurs actifs) et comptent réaliser une nouvelle vague de 19 réacteurs nucléaires à partir de 2014. Les nouveaux pays de l’Union européenne (Lituanie, Slovaquie, Roumanie, Bulgarie.) plébiscitent l’atome afin d’éviter toute dépendance énergétique envers la Russie. Même l’Allemagne, cœur du mouvement écologique, pourrait reculer. Un récent rapport gouvernemental rappelait que le maintien du nucléaire serait le moyen le plus économique d’atteindre les objectifs fixés dans ce domaine par Angela Merkel. On croit cauchemarder…

Par un système de vase communicant, c’est une fois de plus la Planète Terre elle-même qui pourrait décider de réguler le marché – et donc les comportements des hommes -, à travers les réserves d’uranium encore contenues dans ses entrailles. En effet, celles-ci sont évaluées entre 70 et 200 ans, selon les spécialistes. Du coup, depuis la fin de l’année dernière, le prix de l’uranium s’est envolé, passant de 10 dollars la livre en 2002 à 135 dollars cette année. Les puissances nucléaires se livrent désormais bataille pour mettre la main sur les réserves de la planète. D’autant que les mines ne fournissent que les deux-tiers des 60 000 tonnes de combustible annuelles nécessaires pour les centrales, le déficit étant compensé par les réserves, principalement issues des stocks militaires russes et américains. Une bataille dont pourrait profiter l’Australie, qui concentre 40% des réserves mondiales d’uranium.

Le comportement des hommes, s’il dépend uniquement de celui de leurs gouvernants, reste encore (très) inquiétant. La Maison Blanche a menacé vendredi de mettre son veto à une proposition de loi sur l’énergie soumise au débat dans la Chambre des Représentants des Etats-Unis. Cette loi permettrait de mettre de côté environ 16 milliards de dollars d’avantages pour les énergies propres, principalement en abrogeant les crédits d’impôts accordés aux compagnies pétrolières.

A notre époque que nous jugeons moderne, il semble impossible de contourner la force des lobbys. A ce titre, sachez que la filière nucléaire emploie directement 100 000 personnes en France. L’économie réalisée sur les importations d’énergie fossile est estimée à plus de 20 milliards d’euros par an, le nucléaire ayant représenté une réponse au choc pétrolier de 1973 et au déclin de la production charbonnière. Il serait fâcheux qu’il corresponde maintenant  à une réponse au protocole de Kyoto. Dans la lutte contre l’effet de serre, l’avantage de cette technologie est indéniable : la France est le plus faible émetteur de CO2 par habitant de toute l’Union européenne.

A votre avis, l’énergie nucléaire, est-elle une « énergie propre » ?

1 78% de l’électricité en France est d’origine nucléaire ; parmi les autres nations, seules la Lituanie et la Belgique sont dépendantes du nucléaire à plus de 50% !

2 Le Japon représentait en 2005 la troisième puissance nucléaire civile, en termes de mégawatts produits par les réacteurs.

Commentaires

L'énergie nucléaire n'est pas une énergie propre : pollution chimique et radioactive (eau et air) due aux rejets des centrales et autres usines de traitement de la filière uranium, pollution thermique des fleuves.
Sans compter la pollution à grande échelle au niveau des mines d'uranium, dans tous les pays concernés.

L'énergie nucléaire n'est pas une énergie d'avenir : http://travail-chomage.site.voila.fr/energie/fin_uranium.htm

L'uranium est une ressource limitée et le maximum de sa production se situe vers 2025 selon les prévisions les plus probables. Cela commencera par une pénurie mondiale à partir de 2015.

La diminution de la production d'uranium entraînera celle de la production d'électricité nucléaire car aucune autre technologie nucléaire ne sera disponible avant 2040.

Puisque le prix de l'uranium a été multiplié par dix en quatre ans, il est évident que le coût du combustible nucléaire prend une importance croissante dans le coût de l'électricité nucléaire.

D'un autre côté, l'électricité éolienne et photovoltaïque progress de 40% chaque année (multiplié par 30 en 10 ans), les coûts de production baissent et ils seront compétitifs avec le nucléaire à court ou moyen terme (selon les technologies).

Écrit par : Fardier | 27/09/2007

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