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01/08/2007

Développement durable, futur Grenelle de l’Environnement & énergie solaire : pourquoi il ne faut pas désespérer de la météo défaillante !

Le futur Grenelle de l’Environnement s’annonce le plus grand défi de notre pays. Coïncidence des calendriers de l’Humanité et de la République Française, c’est en effet, selon le WWF, au cours des cinq prochaines années que chaque consommateur peut rendre réversible le réchauffement climatique, puisque nous disposons de suffisamment de sources d’énergie et de technologies durables pour endiguer ce phénomène. Notre génération n’est certes que de passage sur Terre, mais elle pourrait laisser une trace indélébile sur cette planète que cent mille générations d’homo sapiens ont contribuée à rendre si accueillante.

 

D’ici cette concertation nationale entre les acteurs concernés par la protection de l’environnement (pouvoirs publics, patronat, syndicats, associations...) prévue en octobre prochain, ce blog tentera, à sa façon, de donner des éléments de réflexion aux infonautes sur ce sujet.

 

La triste météo de cet été fournit un premier débat : pourquoi avoir si longtemps négligé l’énergie solaire ?

 

Selon l’excellent Jean-Marc Jancovici, dont je vous recommande le livre « Le plein de super, s’il vous plaît » sur la nécessité d’une taxe carbone, l'énergie solaire reçue par notre bonne vieille terre correspond à peu près à dix mille fois la quantité totale d'énergie consommée par l'ensemble de l'humanité. Capter 0,01% de cette énergie nous permettrait de nous passer de pétrole, de gaz, de charbon et d'uranium. Ce calcul, converti par Patrick Jourde et Jean-Claude Muller, chercheurs au Commissariat de l'énergie atomique (CEA) et du CNRS, donne : « 5 % de la surface des déserts permettrait de produire toute l'électricité de la planète. Théoriquement, il suffirait en France de réaliser le seul côté sud des toits en modules photovoltaïques pour produire toute l'énergie électrique nationale. »

Voilà pour les chiffres.

La pratique est tout autre dans notre pays : le solaire représente moins de 0,5 % de la production totale d’énergie, et reste l'un des rares pays aussi dépendants du nucléaire. La France, contrairement à certaines idées reçues, dispose d’un excellent potentiel solaire. Une vingtaine de départements du Sud de la France bénéficient de plus de 2 000 heures d’ensoleillement par an et même en Ile-de-France, le rayonnement solaire moyen annuel est seulement inférieur de 20 % par rapport au sud de la France.

 Il est totalement incompréhensible, que la France, forte de cet excellent gisement solaire, ne parvienne pas à utiliser cette énergie gratuite et non polluante avec le même niveau d’efficacité que l’Espagne ou l’Allemagne.

D’autres nations ont en effet réussi à exploiter le solaire, malgré le handicap de la météo… ou de la pauvreté.

Si le ciel allemand est couvert les deux-tiers du temps, la patrie d’Angela Merkel est devenue le premier générateur mondial d’énergie solaire. Ce résultat a été obtenu grâce à une loi pionnière votée dès 2000, offrant des incitations financières aux individus qui présentent des sources d’énergie renouvelables. Un tarif d’achat spécial est accordé à tous ceux qui génèrent de l’électricité à partir de systèmes photovoltaïques solaires, de systèmes d’éoliennes ou hydroélectriques, un paiement garantie par les compagnies d’énergie locales. Du coup, en dépit d’une météo nuageuse (5 à 6 huitièmes du temps), l’investissement dans un système d’énergie renouvelable est rentabilisé en 10 ans.

Même au Bangla Desh, où si l’on n’a pas de tunes mais néanmoins des idées, l’inventeur du micro-crédit, Muhammad Yunus, s’est mis en tête d’équiper de panneaux solaires les 70% de Bangladais qui n’ont pas accès à l’électricité. Comme le racontent Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux dans leur livre «  80 hommes pour changer le monde » (6,5 €, éditions Le Livre de Poche), le système du professeur Yunus permet à l’utilisateur de ne payer que 15% du prix des panneaux solaires à l’installation, puis le solde en 24 ou 36 mois selon des mensualités adaptées à ses moyens financiers. En plus de bénéficier de la lumière et de l’électricité pour faire fonctionner une machine à coudre ou une pompe à eau, ce qui améliore ses revenus, le client investit dans une énergie propre et renouvelable. Plus de 33 000 maisons déjà été équipées. Objectif à l’horizon 2008 : cent mille foyers.

Ailleurs, les initiatives ne manquent pas. En Belgique, une société wallonne de financement complémentaire des infrastructures, souhaite installer des panneaux photovoltaïques et des éoliennes le long des autoroutes wallonnes (sur 10 hectares).

A votre avis, pourquoi la France est autant en retard en matière d'énergie solaire ?

Commentaires

2 réflexions à ce sujet :

Le Soir on fait comment ? Surtout en hiver...
On ne sait toujours pas stocker de l'électricité (à part dans des batteries polluantes et ayant un faible rendement)
Les chiffres tiennent-ils compte des gens qui n'habitent pas dans un pavillon et qui ne peuvent donc pas poser de cellules photovoltaïques sur leur toit?


De plus toujours pas un mot des problèmes lié à la présence d'éléments tel métaux lourds ou du silicium électronique en grande quantité. (cf post précédent ds un de mes commentaires) ni sur la consommation d'énergie lors de la fabrication...
De plus :
"Cependant, pour atteindre la production d'électricité d'une centrale à gaz de 300 MW, il faudrait une installation photovoltaïque de 1200 MW qui utiliserait 15 000 tonnes de silicium électronique, soit la totalité de la production mondiale annuelle de ce matériau."
(http://www.total.com/static/fr/medias/topic31/Total_2003_fdr04_Photovoltaique.pdf)


Le solaire c'est bien mais comme énergie d'appoint seulement, car il ne réagit pas à la demande qui évolue (et augmente en soirée...)

Encore une fois, ce commentaire n'est pas là pour décrier le solaire, mais pour faire un complément d'infos, les points négatifs sont trop souvent oublié.
(Personnellement, je pense que investir dans du solaire thermique (à l'opposé de photovoltaïque) pour chauffer l'eau est plus intéressant, le rendement étant bien meilleur)

Écrit par : Ariel | 01/08/2007

Les commentaires précédents sont pleins de bon sens! En effet on ne sait pas stocker économiquement et sans risque l'électricité, donc la nuit il faudra du thermique polluant! En revanche, oui le solaire thermique pour chauffer l'eau sanitaire est rentable à long terme; Mais pas le chauffage des maisons elles-mêmes si ce n'est comme appoint (en hiver les jours sont courts…). Effectivement la fabrication d'un panneau solaire photo-voltaïque est très coûteuse en énergie et en silicium. Même sans tenir compte de cela, la rentabilité supposée est illusoire car obtenue grâce à un prix d'achat très élevé artificiel dont le coût est répercuté sur l'ensemble des consommateurs containts et forcés! C'est d'ailleurs la même chose pour l'énergie éolienne qui présente en plus des défauts très importants par son irrégularité intrinsèque.

Écrit par : Colombani | 01/08/2007

Pour info :

Contribution de Corinne LEPAGE au Groupe Biodiversité du Grenelle de l'Environnement

http://corinnelepage.hautetfort.com/

Écrit par : Greg | 04/08/2007

Quelques précisions pour répondre à certaines rumeurs tout à fait infondées.

D'abord, aucune pollution ne provient de la fabrication des cellules photovoltaïques (usines certifiées pour retraiter tous leurs produits toxiques) ni des panneaux en fin de vie qui sont entièrement recyclés (une entreprise le fait en France).

Contrairement aux dénigrements fondés sur l'ignorance, le bilan énergétique du solaire photovoltaïque est toujours positif, même aux latitudes élevées comme Copenhague (facteur de gain de 9,1).

Explications : http://futura24.site.voila.fr/futura01/solairepv_bilan.htm

L'énergie consommée dans le cycle de vie complet d'une installation photovoltaïque installée en toiture à Paris (de la fabrication au recyclage) est restituée par l'électricité produite en 2,9 année. Au cours des trente ans de sa durée de vie, cette installation aura produit 10,4 fois l'énergie consommée, soit un gain d'énergie de 9,4 fois.

Pour en savoir plus sur les énergies renouvelables :
http://futura24.site.voila.fr/futura01/energie.htm

avec de solides dossiers, parfois en anglais.

Ainsi, en 2040, la moitié de l'énergie utilisée dans le monde pourrait provenir des énergies renouvelables. Entre temps, les diverses techniques de stockage auront fait des progrés.

Et il ne faut pas oublier que l'énergie des mers et océans (à développer) est produite jour et nuit, été comme hiver. La cogénération au bois, utilisée en hiver, produit de la chaleur et de l'électricité.

Dans des pays plus avancés que nous (Allemagne, Autriche, Suisse, pays nordiques) les nouvelles normes de construction permettent aux maisons, immeubles, bureaux ... de consommer très peu d'énergie en chauffage, et parfois pas du tout (maisons à énergie positive) malgré un climat plus froid qu'en France.

Écrit par : Lucino | 21/09/2007

@ Lucino

Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'argumenter (avec des exemples particulièrement éclairants) sur cette question de la consommation d'énergie, qui engage notre avenir, à l'échelle de notre propre vie !

Écrit par : LINFONAUTE | 24/09/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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