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30/06/2007

Gastronomie : S’initier à la cuisine chinoise

Ce mini-cours va vous permettre de vous initier à la cuisine chinoise, l’une des plus créatives au monde avec la gastronomie française. Il s’adresse à tous les palais curieux d’en savoir plus sur un art de vivre culinaire aussi bien associé à la médecine qu’à la philosophie.

Durée approximative : 10 minutes

1. Présentation

Art de vivre en Chine, la gastronomie cultive une formidable inventivité, reposant sur une profusion d’ingrédients paradoxalement conjuguée à la rudesse d’existence d’une population rarement épargnée par les catastrophes naturelles et les famines.

Chaque recette répond à une recherche d’harmonie qui souligne les contrastes. Un plat épicé s’accompagne par exemple d’une garniture douce. Toute la subtilité de la gastronomie chinoise s’exprime quand les quatre saveurs fondamentales (amer, aigre, salé et doux) sont réunies dans une même recette.

Chaque plat satisfait trois critères majeurs : l’apparence, le parfum et le goût. Il veille également à l’équilibre des consistances (mou, ferme, croquant, tendre, gluant), à sa valeur philosophique, ainsi qu’aux propritétés bénéfiques à la santé. Car au Pays de la Grande Muraille plus qu’ailleurs, l’alimentation est la première des médecines.

Les méthodes de cuisson ont été conditionnées par la pauvreté des matières combustibles. Ainsi, le découpage caractéristique des aliments en menus morceaux, s’il favorisait leur imprégnation par les  assaisonnements, ne nécessitait avant tout qu’une courte cuisson sur les braises.

Loin d’être uniforme, la gastronomie chinoise possède des spécificités régionales.

L’éventail des assaisonnements et sauces dispute sa variété aux techniques culinaires employées.

Pour conserver aux denrées leur jus et leur saveur, le sauté est devenu un mode de cuisson privilégié.

Chargé de rituel et de symboles, le repas se déroule solennellement selon un code précis, en regard de sa destination (cérémonie, banquet, etc…). Il se prépare avec d’autant plus minutie que Lao Tseu a comparé l’art de gouverner l’Empire Chinois à celui de faire frire un petit poisson. 

Grâce à son extraordinaire richesse, la gastronomie chinoise est devenue l’une des premières à s’imposer en Europe.

2. Symbolique et rituels

La symbolique des mets s’explique notamment par la forme des aliments ou par l’homonymie de leur nom avec d’autres termes.

Les jiaozi (raviolis farcis) sont censés apporter la prospérité en raison de leur forme en demi-lune représentant un lingot d’argent.

Le poisson (yu) possède la même signification parce qu’il est homophone du terme « richesse ».

Les festivités du Nouvel An chinois sont couronnées par un repas copieux, le « banquet des dieux de la fortune », composé de douze à vingt plats, parmi lesquels les jiaozi et le nian gao (pâtisserie annonçant un heureux présage).

Les compositions portent chance si elles sont frites à l’huile.

Elles marquent l’union familiale et du clan si elles sont de forme rondes.

Quand aux fameuses nouilles, ainsi que la tortue braisée, elles incarnent le plus précieux des biens, la longévité.

Lors d’un repas, la tradition veut que les femmes occupent un côté de la table, et les hommes, l’autre.

Le convive le plus âgé s’asseoit à la place d’honneur, orientée au sud et face à la porte d’entrée de la salle à manger.

Il reçoit les morceaux les plus succulents, telles les joues du poisson, servis avec les baguettes de service ou à l’aide de l’autre extrémité de ses propres baguettes.

Attention : il est malpoli de montrer quelque chose avec des baguettes ; comme de les laisser plantées à la verticale dans un bol de riz. Car cette dernière image rappelle en effet les bâtons d’encens brûlées devant une tombe.

N’oubliez pas, si vous êtes l’objet d’un toast, d’au moins tremper vos lèvres dans votre verre, à défaut de le boire. Afin de témoigner que cette attention vous touche.

3. Plats emblématiques

Héritage d’une tradition millénaire, les dim sum ou bouchées cuites à la vapeur étaient des collations servies à l’origine sur le bord des routes pour accompagner le thé des voyageurs.

D’autres spécialités cantonaises sont devenus célèbres en Occident, telles que les pâtés impériaux, le Chow Mein (littéralement « nouilles sautées ») ou le porc à la sauce aigre-douce. Cette cuisine régionale, qui figure parmi les plus raffinées de Chine, a notamment bénéficié d’ingrédients importés tels le curry, le citron ou la mayonnaise.

Autre plat emblématique, le canard laqué à la pékinoise doit son existence à une gourmandise de palmipède. La légende raconte en effet que les canards, aujourd’hui élevés dans les faubourgs de Pékin, ont remonté le Grand Canal, construit vers 600 avant J.C, en suivant les barges impériales chargées de riz et se délectant des grains tombant des bateaux.

L’émincé de porc aux oeufs brouillés et aux fleurs de lys, servi avec des champignons noirs, une sauce aux prunes et de petites crêpes salées, possède la particularité de réunir les quatre saveurs fondamentales.

Le thé est un breuvage créé par les Chinois, bien que la plante aux multiples variétés ait été à l’origine cultivée en Asie du Sud-Est. Il se décline en trois familles principales : le thé vert non fermenté (tel que le Longjing), le thé semi-fermenté (tel que le Oolong) et le thé fermenté ou « thé noir ». Les puristes préfèrent jeter la première infusion, seulement destinée à nettoyer les feuilles, et d’attendre que ces dernières se dilatent dans la seconde, considérée comme parfaite.

Quant à l’histoire du brassage de la bière, elle remonte au XIXème siècle, époque de la concession allemande de Tsingtao.

Conclusion 

Selon Curnonsky, « La Chine et la France sont les deux peuples à avoir créé une cuisine et une politesse. »

La Chine est un immense pays que l’on peut traverser le pays sans jamais manger la même chose à chaque repas. Alors, pourquoi en profiter seulement dans l’Hexagone ?

Quizz de révision 

1.  Combien existe-t-il de saveurs fondamentales ?

a. trois

b. quatre

c.  cinq

2.  Qui a comparé l’art de gouverner l’Empire Chinois à celui de faire frire un petit poisson ?

a. Mao Tsé Toung

b. Lao Tseu

c. Confucius

3.  Que rappelle les baguettes plantées à la verticale dans un bol ?

a. L’entrée de la Cité interdite

b. La Muraille de Chine

c. Les bâtons d’encens brûlés devant une tombe.

4.  Pourquoi le poisson est synonyme de prospérité ?

a. parce qu’il incarne la longévité

b. parce qu’il a une forme proche du lingot d’argent

c. parce qu’il est homophone du terme « richesse »

5.  Le thé noir est :

a. non fermenté

b. semi-fermenté

c. fermenté

6.  La bière a été introduite en Chine par les :

a. allemands

b. français

c. belges

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Les bonnes réponses : 1b, 2b, 3c, 4c, 5c et 6a

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Ce sujet a été réalisé il y a 7 ans.

29/06/2007

Nicolas Sarkozy : 5 bonnes raisons de ne pas (trop) désespérer du Président de la République

Voilà, c'est fini

On a tant ressassé les mêmes théories (au PS)

On a tellement tiré chacun de son côté (au PS)

Que voilà, c'est fini

Trouve un autre rocher petite huître perlée*

Ne laisse pas trop couler de temps sous ton p'tit nez**

Car c'est fini...hum, c'est fini

 

Maintenant, si vous ne désirez pas prolonger le mandat du nouveau Président de la République dès sa première année de fonction, il va falloir lui reconnaître 5 qualités. Les voici :

1. Il met la main à la pâte. Jacques Chirac écrivait des recettes (à base de pomme) pour sauver le pays. Nicolas Sarkozy pensent que tous les dossiers, c’est pour sa pomme ! Il ne faut pas toujours se plaindre de tout et son contraire, d’abord d’un Président retiré dans l’Elysée comme dans un bunker, et ensuite d’un Président plaçant son Palais au cœur de ses offensives. Le nouveau Président n'est peut-être pas le plus doué de sa génération, mais il apparaît assurément comme le plus dévoué.

2. Nicolas Sarkozy s’engage dans l’action en son nom propre, sans se servir du Premier Ministre comme prête-nom. Il faut donc arrêter de s’interroger sur « le rôle / l’utilité / l’inutilité » de François Fillon. Leur entente est scellée depuis deux ans. Scellée au plomb depuis l’entre-deux-tours des législatives : dès que Monsieur Sarkozy s’est retiré de la campagne, l’UMP a perdu 50 députés. En clair, Fillon ne fait pas le poids, électoralement parlant. Il ne peut donc pas viser plus haut qu’il n’est actuellement. Quelle indispensable sérénité pour se concentrer sur le taf à venir !

Ainsi, ce n’est pas la peine de penser que Fillon « pétera les plombs » comme Chirac, qui n’avait pas supporté l’omniprésence de Valery Giscard d’Estaing en 1976. Leur union peut facilement courir sur deux mandats, comme entre De Gaulle et Pompidou. En conservant longtemps son Premier Ministre, le nouveau Président donnera en plus le sentiment d'être un homme professionnellement fidèle, plutôt que de "concentrer les pouvoirs".

3. Nicolas Sarkozy sait défendre ses idées sans être jusqu’au-boutiste. Il l’a récemment montré avec la réforme des universités. Il a même reculé sur le service minimum… Son but demeure clairement de débloquer l’esprit d’initiative en France. Comme à l’étranger. Le traité simplifié européen, même partiellement satisfaisant, est une réussite. Sinon, essayez de vous mettre mieux d’accord avec 26 autres personnes… L'opposition doit absolument présenter des idées neuves. Sinon, toute contestation du nouveau Président ressemblera à un aboiement.

4. Nicolas Sarkozy sait utiliser la communication pour défendre ses idées. Les effets d’annonce, ça le connaît ! Il faut donc le combattre point par point, comme l’a parfaitement entrepris Ségolène Royal sur la Chaîne Parlementaire le 20 juin dernier, montrant ainsi par exemple les subtilités de l’abolition des droits de succession (qui ne profiteront pas à ceux qui le croient…). Mieux, il faut mettre en place un plan pour le reprendre sur ses propositions point par point, comme ne manquera pas de le faire le « cabinet fantôme » ou « contre-gouvernement » de Jean-Marc Ayrault – même si celui-ci en réfute l’Appellation d’Origine Contrôlée.

5. Nicolas Sarkozy est un remarquable compétiteur. Remarquez, il l’a bien cherché ! Il s’est préparé, étapes après étapes (la présidence de l’UMP en 2004, le retour dans le gouvernement, etc.), à conquérir le Pouvoir absolu. Cinq ans de campagne, contre seulement cinq mois à son adversaire, Ségolène Royal. Y’a pas eu photo à l’arrivée… Tout était même joué dès la mi-février, c’est-à-dire à peine un mois après le lancement officiel de la candidature du candidat UMP. Pour employer des termes chers à ce Président sportif, il a même contrôlé la course. Il faut dire que les leaders de la Gauche se regardaient en chiens de faïence dans le peloton, ce qui l’a bien aidé dans son échappée. Personne n’a suivi ou semblé résister lors de son démarrage… Un nouveau Tour de France a débuté. Nicolas Sarkozy porte déjà le maillot jaune. Il m’est d’avis qu’il ne faudra pas attendre les étapes de montagne pour l’attaquer…

 

Voilà, c'est fini (cher électeur de Gauche)

Ne sois jamais amer, reste toujours sincère

T'as eu c'que t'as voulu, même si t'as pas voulu c'que t'as eu

Voilà, c'est fini

 

Alors, cher électeur de Gauche, réfléchis bien avant te taper sur Nicolas Sarkozy ! Ou plutôt : vise mieux ! 

Après la Droite décomplexée, assistera-t-on à l’avènement d’une Gauche décomplexée ? J’aurai aimé vous donner les 5 bonnes raisons de croire que la Gauche sera encore présente au deuxième tour en 2012, avec un score à deux chiffres et un candidat homo sapiens mais… c’est déjà l’heure des vacances !

Et puis, Ségolène Royal se débrouille parfaitement bien dans cette tâche de rénovation d’un Parti qui n’a, rappelons-le, tout de même gagné que 3 élections majeures (1981, 1988 et 1997) sur les 15 disputées sous la Vème République.

Alors, à bientôt, n’est-il pas ?

 

* Traduction : Fonde ton propre parti, Ségolène, tes supporteurs te suivront !

** En clair : N’attends pas le Congrès de 2008, « Désirs d’avenir », c’est un très beau nom de parti politique !

28/06/2007

Assemblée Nationale, femmes, jeunes et diversité : la France reste un pays conservateur

C’est bientôt les vacances, et mieux vaut ne pas trop réfléchir sur le bilan de l’année politique en matière de renouvellement de la classe dirigeante.

Passons sur le conservatisme au Parti Socialiste et à l’UMP : les reconductions de François Hollande à la tête du PS et de Jean-Marc Ayrault à la présidence du groupe PS à l’Assemblée Nationale (poste qu’ils occupent tous deux depuis 1997) étaient attendues. Dans certaines entreprises françaises, on baptise - sans rire - ce type de boulervesement novateuro-révolutionnaire : "le changement dans la continuité". 

Côté UMP, on préfère le statu quo à la volonté de trancher : Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin ont été renvoyés dos à dos par Nicolas Sarkozy, lequel reste le « patron naturel » pour l’ancien Premier Ministre.

Quant à l’accession de Bernard Accoyer au Perchoir, il est l’homme de la réglementation de la profession de psychothérapeute qui avait provoqué une belle polémique en 2003, réglementation dont les décrets n’ont (heureusement) pas été publiés, ce qui rend sa loi inapplicable. Accoyer veut « moderniser » le travail parlementaire : qu’il commence par tirer les leçons de sa loi laissée en suspens…

Si l’on regarde de plus près les statistiques concernant nos députés, on s’aperçoit que la France reste un pays puissamment conservateur.

Sur 577 députés, on ne compte que 143 nouveaux élus, 105 femmes, 23 élus âgés de moins de quarante ans (contre une centaine en 1981) et une seule député de couleur en France métropolitaine (pour seulement 27 candidats présentés par le PS et l’UMP). Pour la première fois depuis le début de la Vème République, les députés de plus de 55 ans détiennent la majorité absolue, représentant 6 élus sur 10 (contre 48% des effectifs il y a 5 ans) ! Le Papy Boom a fait des siennes : 22,4% des acteurs du Palais-Bourbon ont entre 60 et 64 ans.

C’est encore plus triste du côté des responsabilités. L’UMP a respecté la proportionnelle : 43 femmes sur 318 élus donc, sur les neuf vice-présidents élus par les députés UMP ne figure qu'une seule femme, Arlette Grosskost (Haut-Rhin). Et encore, celle-ci avait été révoltée par la nomination au gouvernement du maire (ex-)socialiste Jean-Marie Bockel. Elle avait alors claqué la porte du groupe UMP, avant de le réintégrer suite à cette nomination. Si les femmes doivent faire des colères pour avoir droit à des strapontins, on ne cessera malheureusement jamais dans l’histoire française de l’Humanité de parler de l’origine du mot « hystérie » (dérivé du mot grec « hystera » signifiant « utérus »)… Le PS n’est pas en reste : une femme élue sur 4 députés, les socialistes ont « lâché » un des trois postes importants qui leur étaient dévolus à l’Assemblée Nationale. Pas le poste de Président du groupe. Ni celui, tant médiatisé, de la présidence de la commission nationale. Mais celui de questeur. Euh… pardon, de questrice.

Selon une source cité dans Libération, la parité dans l’hémicycle existe bien à un moment : quand les textes de loi sont discutés la nuit… et encore, les femmes députés seraient alors plus nombreuses que leurs homologues masculins !

On pourrait se dire qu’ailleurs, en Europe, on ne fait guère mieux. Pas de bol : l’argument fait « pschitt ! ».

En décembre 2005, une femme ouvertement lesbienne, Margo James, a été désignée vice-présidente du Parti conservateur, le premier parti d'opposition britannique, par David Cameron, le nouveau leader tory. Quant à Madame Sayeeda Warsi (photo de gauche), une avocate de 34 ans, elle a également été désignée vice-présidente du parti et chargée du dossier des villes.

C’est « abracadantesque », non ?

Post-scriptum : merci à Béatrice qui m’a inspiré ce billet d’humeur

 
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