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15/06/2007

Médecine, Shiatsu : pression évacuée par les doigts

Pour lutter contre le stress, rien de tel que d’être pris régulièrement en mains à travers le shiatsu. Cette technique orientale, même si elle ne dispose pas encore de formations de qualité équivalente au Japon sur notre territoire, détend efficacement les employés stressés.

Quand Internet et le téléphone portable ont débarqué dans notre quotidien, chacun de nous pensait gaiement disposer en permanence d’une fenêtre ouverte sur le monde. Dans les faits, c’est le monde qui a fenêtre sur jardin privé : le nôtre ! Les sollicitations sont légion et point de potion magique pour les envoyer valdinguer à volonté tel un Astérix du verbe. Aux antipodes de la célèbre phrase d’Andy Warhol promettant à chacun son moment de célébrité mondiale, « l’homo high techus » ne rêve aujourd’hui que d’un quart d’heure d’anonymat par jour.

Face à l’envahissement des nouvelles technologies, on peut dire : Pouce ! Cette partie du corps est en effet fondamentale dans l’exercice du shiatsu, une médecine manuelle reconnu au Japon depuis les années cinquante et sans la moindre reconnaissance thérapeutique dans notre pays. Le shiatsu connaît un succès fulgurant en entreprise1

car il possède l’indispensable vertu de relaxer la plupart des employés qui reçoivent cette technique s’apparentant à un massage sans en être un. La plupart des employés, mais pas tous. Dans notre société où le toucher reste tabou et à connotation sexuelle, certaines personnes n’aiment pas sentir leur corps manipulé par une autre personne. Même si le patron a payé cette prestation !

Le shiatsu est pourtant à la portée de toutes les humeurs, même les plus grognonnes. Issu d’ancestrales techniques de massages chinoises, il fait partie intégrante de la thérapeutique orientale, au même titre que le tai chi chuan ou le qi-gong, et surtout de l'acupuncture dont il se rapproche. Toutes ces techniques ont un principe commun : la maladie n'entre pas dans un organisme en « équilibre énergétique ». Le praticien a donc pour rôle de donner au corps la possibilité de maintenir ou de restaurer cet équilibre, grâce à une circulation harmonieuse de son énergie vitale appelée « ki » au Japon, « chi » ou « qi » en Chine. Dans le shiatsu, le praticien régule le « ki » en stimulant par pressions digitales des points particuliers du corps situés sous la peau, le long de canaux énergétiques (ou méridiens). C'est-à-dire là où l'énergie pourrait stagner, être en excès, ou ne parviendrait pas à se maintenir.

En entreprise, si la personne qui reçoit le shiatsu reste habillée comme lors d’un shiatsu traditionnel, la séance est plus courte (quinze à vingt minutes au lieu de 45 minutes) et elle est le plus souvent donnée sur une chaise spécialement adaptée. Le résultat est souvent enthousiasmant pour les employés, y compris pour les « variantes » du shiatsu, comme le Amma assis. Comme l’affirme Lambert Hô, créateur d’Ergotonic, une entreprise spécialisée dans la relaxation à des fins non thérapeutiques pour un coût de 60 € hors taxes de l’heure : « le Amma assis apporte immédiatement une profonde relaxation. Il confère également une meilleure acuité intellectuelle et une meilleure présence dans la vie professionnelle. En revanche, une infime minorité d’employés termine la séance beaucoup trop détendu pour reprendre leur travail efficacement…». 

Vertus et limites du shiatsu sont également soulignées par Fabienne Brunel, qui l’a pratiqué durant trois ans, notamment en entreprise : « Certaines tensions peuvent être libérées au niveau de la nuque, des épaules, du dos et des lombaires, des parties du corps plus exposées lors d’un travail sur ordinateur. On ne travaille que sur l’endroit où la douleur se manifeste. En aucun cas en profondeur, c’est-à-dire en cherchant à remonter jusqu’à l’origine de la douleur, au niveau de l’abdomen par exemple. Cela dépasserait le cadre de l’entreprise, car l’on toucherait alors à des émotions propres à l’employé. Une telle action pourrait, par exemple, débloquer des énergies provoquant des pleurs. Une autre dérive consiste à parler de problèmes de santé, comme l’asthme ou la grossesse, alors que ce n’est pas notre rôle. »

Même longueur d’ondes positives avec bémol pour Fabrice Bouquet, formé en shiatsu et qui poursuit actuellement un cursus d’acupuncture à l’Institut Chuhzen2 : « On n’entre pas dans la profondeur car l’employé doit demeuré efficace, souriant et productif après la séance ! On peut toutefois faire « lâcher » certaines tensions nerveuses. J’ai, par exemple, eu affaire à une personne dont le dos était dur comme du bois. Il a fallu 5 à 6 séances avant que mes pouces ne puissent entrer dans sa chair… »

Comme bien d’autres médecines non conventionnelles, le shiatsu donne souvent conscience aux gens de prendre soin de leur corps. C’est pourquoi ce quart d’heure de relaxation institué une fois toutes les deux semaines devrait être reconnu d’utilité publique… avec un doigt d’intelligence !

1 En 1983, le pionnier en matière, l’américain David Palmer, développe un enchaînement court et codifié de manœuvres (proche d’un shiatsu) pour les employés de Mac Intosh soumis à un « rush » de travail. Ce « kata » durait 15 minutes et s'effectuait sur une chaise ergonomique qu’il a lui-même conçue.

2 En 2004, l’institut Chuhzen a été la première école en France à dispenser un enseignement de la médecine chinoise à temps complet. Elle est déjà la seule dans notre pays dont les cours sont donnés par des professeurs venus de Chine.

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Article paru durant l'été 2004 dans un magazine sur... les nouvelles technologies, aujourd'hui disparu. 

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