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11/06/2007

Législatives, 1er tour, l’UMP hégémonique : 7 raisons d’entrer sans ambiguïté en Résistance… Nul besoin de patienter jusqu’à l’appel du 18 juin prochain !

Il y a 7 raisons de ne pas désespérer du vote du 10 juin, au premier tour des élections de 577 députés, qui nous promet plus de 400 élus de l’UMP à l’Assemblée Nationale. Et donc de s’engager dès maintenant et sans ambiguïté pour cinq années de reconquête du pouvoir pour proposer une alternative efficace et crédible à une politique qui privilégie les 93 000 foyers fiscaux (sur 18 millions) les plus riches – le fameux « bouclier fiscal », ainsi que les heures supplémentaires aux emplois nouveaux, les crédits d’impôts aux nouveaux propriétaires de leur logement… ces fameux cadeaux fiscaux que les Français risquent de payer par une sérieuse hausse de la TVA – c’est-à-dire, une augmentation « naturelle » des prix des biens que nous consommons chaque jour

1. Il faut arrêter de délirer : les Législatives ont validé le résultat des Présidentielles, et c’est tant mieux ! La France a besoin de stabilité politique… Il faut aussi cesser de pleurer – hurler, invectiver, ne pas sourire, etc.- contre l’inversion du calendrier des élections, ayant permuté les scrutins législatifs et présidentiels. Chers électeurs, fallait réfléchir au moment où le choix se posait véritablement.

Si la Gauche avait gagné le 6 mai, aurait-elle milité pour davantage de pluralité – disons, pour faire moderne : pour davantage de proportionnelle -, au risque de perdre la majorité absolue à l’Assemblée Nationale ? Non. Archi-non. Cela engagera sans ambiguïté Nicolas Sarkozy quant aux résultats de son gouvernement.

2. Le second tour ne changera (presque) rien au premier, et c’est tant mieux ! La France a besoin de cohérence en politique. Pour la première fois depuis 1978, une majorité sortante est reconduite dans notre pays. L’alternance n’est plus la règle incontournable des élections. Cela ouvre, dès à présent, la voie à la continuité dans l’action politique, à la possibilité d’inscrire un programme au-delà d’une législature. Pour l’environnement, par exemple, c’est fondamental de songer déjà à 2050 en se moquant de l’échéance de 2012. On ne peut pas reconstruire un grand mouvement d’opinion sans pouvoir l’inscrire dans la durée. Les Français auront adhéré en majorité et sans ambiguïté à la politique de Nicolas Sarkozy. Ils ont voté 4 fois dans le même sens ; donc en connaissance de cause. Cela facilitera la contre-expertise, s’il devait s’avérer que le programme du candidat de l’UMP n’est pas à la hauteur des problèmes et des qualités de la France.

3. Le Front National est promis à la casse. Totalement aspiré par l’UMP, il a perdu son pouvoir néfaste, celui de brouiller les cartes et d’empêcher certaines questions d’être clairement tranchées entre deux solutions. Le F.N a disparu du paysage politique, au point de ne plus pouvoir provoquer de triangulaire au second tour des législatives (à l’exception de Marine Le Pen, dans le Nord). Le mano à mano entre la Droite et la Gauche reprend enfin, sans ambiguïté, pour la première fois depuis 1981.

4. L’opposition parlementaire a été laminée. Le déséquilibre de l’Assemblée Nationale, avec une hégémonie de l’UMP, est une opportunité pour la Gauche. Les trois Gauches. La gauche de l’âme qui se regroupera derrière Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë. La gauche du cœur qui se regroupera derrière Olivier Besancenot. Et la gauche de l’esprit, qui se regroupera derrière le Mouvement Démocrate (le MoDem) de François Bayrou et / ou DSK. L’avenir de la politique en France est sans doute aux coalitions intelligentes, aux alliances sans ambiguïté, comme dans de nombreux autres pays européens.

5. Fort de la majorité qu’il a gagnée à la sueur de son front, Nicolas Sarkozy va abattre ses cartes. Toutes ses cartes. Le droit de réponse commencera. On pourra enfin juger sur les actes… sans ambiguïté. Et donc établir des contre-propositions – déjà présentes dans les programmes de Royal, Delanoë et Besancenot – sur des faits, et non plus sur des promesses.

6. Avec près de 40% d’abstention au premier tour des législatives, contre moins de 15% à la Présidentielle, cela signifie - grosso modo – qu’un quart des électeurs, soit environ 10 millions d’électeurs, ont brutalement désespéré du verdict des urnes ; et ont changé d’avis, à ce sujet, en à peine un mois. Cela donne, d’ores et déjà, une population énorme à conquérir. A condition d’abolir toute ambiguïté dans le choix politique alternatif, présenté en cas d’échec de Nicolas Sarkozy.

7. Alain Juppé montre le chemin à suivre par toutes les Gauches. Brillant politique, « le meilleur d’entre nous » (dixit Jacques Chirac) s’est astucieusement présenté dans une circonscription qui a largement voté pour Ségolène Royal le 6 mai dernier. Or, en renversant la tendance des Présidentielles, il se pose implicitement en premier successeur de Nicolas Sarkozy. Son engagement sans ambiguïté derrière le candidat de l’UMP a sans nul doute favorisé l’adhésion des Français aux thèses de Monsieur Sarkozy. Il n’a sans doute pas abandonné l’idée d’accéder à la Présidence de la République. Il construit sa nouvelle voie royale, sur cinq ans au moins. Sa patience est un exemple.

Et vous trouvez-vous qu’il a d’autres raisons de ne pas désespérer du 10 juin ?

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