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21/05/2007

C’est quoi, « être de gauche » ?

L’idée même de nommer Bernard Kouchner au poste de Ministre des Affaires Etrangères a soulevé une énorme indignation auprès des responsables socialistes, comme auprès de l’opinion publique apparentée à gauche.

Avant d’expliquer pourquoi cette indignation me consterne, je tiens à rappeler que je soutiens toujours Ségolène Royal dans la course à la Présidentielle… 2012. Mon esprit continue d’ailleurs de chercher des blagues idiotes sur Monsieur Sarkozy. Exemple : pourquoi est-ce que Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy s’échangent en secret le code déclenchant le feu nucléaire, puisque tout le monde le connaît désormais : « Cécilia s’en va ».

Bref.

Je rappelle mon attachement aux valeurs défendues par Ségolène Royal contre vents, marées, typhons et autres tsunamis au cours de la dernière année et demie, car son projet m’avait redonné la fierté d’« être de gauche ». A travers ses idées, j’avais à nouveau le sentiment que l’être humain et la nature auraient priorité sur les logiques destructrices du monde industriel. Que l’intelligence collective, définie par Joël de Rosnay(1), deviendrait enfin une réalité dans notre quotidien.

Etre de gauche, ce n’est certainement pas se mettre en rang serré, et le doigt sur la couture, pour huer toute initiative d’un homme politique de droite. François Bayrou l’avait parfaitement compris.

Etre de gauche, ce n’est pas faire la morale à un individu sur son passé, parce qu’il a décidé de mettre son expérience et son savoir-faire au service de son pays. C’est-à-dire, l’accuser de retourner sa veste quand il ne fait que retrousser ses manches.

Etre de gauche, ce n’est pas être contre l’ouverture au gouvernement. Ou alors, François Mitterrand a oublié de vivre.

Tous les blogonautes les connaissent parfaitement les critiques formulées à l’encontre de Bernard Kouchner : loyauté envers ses idées, loyauté envers ses amis, soutien implicite d’un programme « de droite » au niveau national…

Personnellement, j’en ai marre que dans ce pays, les gens songent d’abord à s’affronter avant d’avancer. Mais : plus que marre !

L’entrée de Kouchner au gouvernement serait justement une façon d’évaluer précisément les convictions de Nicolas Sarkozy, de déterminer sa sincérité de manière juste et profonde. Tous les blogonautes sont au courant des positions de Kouchner au niveau international (« devoir d’ingérence », etc.). Au moindre « hic ! », on saura exactement s’il s’agit d’un simple hoquet ou d’un début de bonne cuite après une désagréable déconvenue.

Monsieur Kouchner sera aussi un indicateur dans les deux sens du terme : indicateur comme mesure de l'action gouvernementale, mais aussi indicateur comme balance de la République infiltrée au sein du gouvernement.

Si l'intégration de Kouchner s'avère un geste politique notable, celle d'Hervé Morin, transfuge de l'UDF, s'inscrit comme un geste politique DE notable.

En clair, monsieur Sarkozy a récompensé la faculté de trahir au détriment de la compétence. En effet, l'ancien lieutenant de Bayrou n'a, à part ce grade attribué par les journalistes, aucun lien avec le monde l'armée. Brutus s'est vu confier la stratégie militaire de notre pays. Rome, serait-elle de nouveau en marche ?

Morland 

(1) « L’humanité est en quelque sorte l’inverse d’une société d’insectes : Les termites, individuellement sans ressource intellectuelle, sont capables de bâtir de véritables cathédrales à leur échelle. Au contraire, nous, les humains, sommes des génies individuels et des idiots collectifs, capables chacun de merveilles d’inventivité, mais incapables de prendre en main notre destin commun. L’intelligence collective peut et doit nous aider à faire mieux que les termites et autres fourmis. »

P.S : Ne manquez pas le feuilleton « Reporters », actuellement diffusé sur Canal+ (en crypté), montrant au grand public toutes les difficultés d’exercer le métier de journaliste et lui donnant tous les clés pour comprendre l’actualité entre les lignes.

Si vous n’avez pas vu les premiers opus, vous prenez prendre – comme pour la série « 24 heures » - l’histoire en cours grâce au résumé intelligemment monté à chaque début d’épisode.

Commentaires

Je trouve étonnant votre discourt, rien sur un président de région de gauche, trés proche de Ségolène qui parle des Harkis ou de l'équipe de France de football, reçoit un avertissement aprés de trés longues réunions, commission pour savoir si on l'excluait ou pas du PS....
En conclusion, si vous avez ce genre de propos, ce n'est pas grave vous êtes de gauche, si vous voulez faire avancer un peut les choses et que vous vous engagez dans un gouvernement de droite alors la 1 jour suffit pour vous expulser du parti socialiste, ça c'est la justice de gauche, mais on le savait déja avec une justice chinoise mieux adaptée que la notre.................

Écrit par : catsam | 21/05/2007

@ Catsam

Votre commentaire ressemble à la façon d'aboyer, caractéristique des méthodes de l'UMP. Lire à ce sujet la note suivante :
http://linfonaute.20minutes-blogs.fr/archive/2007/05/07/jouer-la-victime-le-mot-d-ordre-des-militants-ump.html

Quant au cas de Monsieur Frêche, il montre que la rénovation du Parti Socialiste s'avère nécessaire. Même si ce maire a réussi une véritable métamorphose de sa ville.

Écrit par : Franz Cesco | 21/05/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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