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25/07/2007

La syndication RSS : pourquoi, comment ?

Compte-rendu de la conférence de Florian Dufour, de l'INRIA, durant un séminaire ARISTOTE (été 2006)

Lorsqu'il a besoin de se renseigner sur un sujet, l'internaute butine de site Web en site Web à la recherche d'informations. Le même voyage, s'apparentant également parfois à un périple, est nécessaire au webmestre pour réaliser de la veille et mettre à jour son site Web sur une thématique précise. Cette collecte d'informations se réalise aujourd'hui sans effort grâce à la syndication de contenu web, c'est-à-dire la transmission automatisée du contenu d'un site web.

Pour être organisée par tous et pour tous, une telle collecte d'informations a besoin, au préalable d'un protocole d'échanges avec les internautes. L'un de ces standards de communication est basé sur la technologie XML : le flux RSS. Il s'agit d'un document textuel listant un ensemble de contenus, les décrivant (titre, description, URL, date de mise en ligne, auteur, licence, liens hypertextes correspondants, etc.) et étant rédigé d'une manière formelle, c'est-à-dire dans un format qu'une machine peut analyser. Ce document est généralement mis à jour de manière périodique. Il consiste donc en un résumé facilement interprétable d'un ou plusieurs sites Web. Pour signaler aux clients web (navigateurs, robots, moteurs de recherche) l'existence d'un flux RSS sur un site, il suffit d'entrer une ligne de code HTML[1]. Un lecteur de news RSS (ou logiciel client de RSS) s'appelle un agrégateur. Quant aux systèmes de publication (CMS) les plus répandus, ils sont capables d'utiliser les flux RSS d'autres sites dans le but de récupérer leurs informations publiées.

Quelques bémols…

Il existe quatre formats - et même plus - pour la syndication de contenu Web : RSS 0.91, RSS 1.0, RSS 2.0 et Atom. Ces formats ne sont pas compatibles et ils doivent pouvoir être lus par  chaque logiciel client. En pratique, ces formats ont tous les mêmes fonctionnalités, et les navigateurs comme les CMS modernes les comprennent tous.

D'autre part, un flux RSS est faiblement sémantique. Un agrégateur ne peut pas classer automatiquement les flux autrement que par site, titre, date ou auteur. En conséquence, on assiste à l'apparition de services en ligne réalisant une sélection thématique des flux, un classement par pertinence, etc.

… et beaucoup d'enthousiasme

Cette manière très élégante d'échanger du contenu a l'avantage pour l'internaute de ne pas l'obliger à communiquer une adresse email - pas de communication de données personnelles -, de constituer un formidable outil de veille, et de lui offrir la possibilité de s'agréger à de multiples flux (tel un abonné à des groupes de discussion) et de tous les afficher dans une interface personnalisable.

Pour le webmestre, cet outil simple à créer et créateur de trafic ciblé sur son site Web profite de l'apport des technologies XML, lesquelles ne remettent pas en cause les investissements réalisés en proposant une intégration dans et de l'existant informatique, complètent les autres technologies existantes et permettent le développement de nouveaux services à valeur ajoutée. Un flux RSS est moins lourd à gérer qu'une newsletter : pas d'envoi d'e-mailing massif, anticipation sur les futurs modes de consommation de l'information sur le Web - l'internaute est entièrement maître de l'échange -, aucune confusion avec la pollution du spam (visibilité diminuée, risque d'élimination fortuite ou voulue). Un flux RSS présente aussi un appauvrissement par rapport à une newsletter : le diffuseur n'a plus la main sur la présentation du contenu ; il n'est donc plus possible d'insérer de la publicité autre que textuelle, ainsi que des effets visuels ; enfin, le flux RSS a plutôt vocation à être noyé parmi d'autres flux similaires, ce qui amoindrit l'impact d'une mise à jour particulière.

Aujourd'hui, et selon une étude datée d'octobre dernier et réalisée sur le territoire américain (sachant que l'Europe suit les mêmes traces), 69% des internautes n'utilisent pas les flux RSS, 4% les utilisent consciemment et 27% s'en servent… sans le savoir. Les lecteurs « conscients » pratiquent les flux RSS avec les logiciels Firefox et Safari. Les lecteurs « inconscients » en bénéficient plutôt avec les services en ligne My Yahoo !, My MSN, Google Reader, Netvibes et Bloglines. En moyenne, les utilisateurs lisent 6 flux et passent 4 heures par semaine à les consulter.

Les flux RSS sont promis à un bel avenir. L'utilisation de la technologie XML permet de profiter de son mécanisme d'eXtensibilité : ajouter de nouvelles informations, de nouveaux types de médias, etc. Et donc, de s'adapter aux nouveaux usages, tels que le « podcast » ou « baladiffusion ». Les agrégateurs classiques ignorent les documents musicaux, mais un agrégateur RSS amélioré est capable de télécharger la musique décrite par le flux RSS.

Conformément à la doctrine de Web 2.0, c'est-à-dire la valorisation de l'individu en réseau, le flux RSS permet une plus grande réutilisabilité du contenu. Cette caractéristique en fera l'une des briques principales des nouveaux usages du Web, notamment les taxonomies populaires (ou folksonomies, de folks "les gens" et taxonomies "règles de classification") ou liste de mots-clés collective. Les folksonomies représentent un moyen pour les utilisateurs d'une application ou d'un site web d'attribuer des mots-clés qui leurs sont propres (tags) à un contenu donné et de faire partager leur principe de classement à d'autres internautes. Il s'agit en fait d'une forme d'annuaire de recherche sur le Net sur des critères ou mots-clés choisis par les individus (tags), et non par les entreprises (Yahoo, Ask, Google…), qui répond une fois de plus au besoin inhérent à chaque être humain de participer à un groupe[2]. Cela préfigure un Web sémantique allégé (alimenté « par le bas », et donc opposé à un vocabulaire imposé et parfois complexe), avec certes beaucoup de défaut, mais une grande qualité : la simplicité, grâce à des liens sur des sujets qui les intéressent.

En outre, le fil RSS est une technologie vouée à l'invisibilité, il est transparent pour l'utilisateur, qui s'en sert souvent sans en avoir conscience. L'internaute a surtout besoin d'une interface claire, pour choisir de l'information correspondant à ses centres d'intérêt. C'est pourquoi le fil RSS évolue déjà dans deux directions : d'une part, les pages de démarrage personnalisables (NetVibes) et les navigateurs parlant couramment le RSS (Firefox, Safari, Opera).



[1] <link rel="alternate" type="application/rss+xml" title="RSS" xhref="/actualites/rss.fr.xml" mce_href="/actualites/rss.fr.xml" />

[2] Exemple de sites à Taxonomies Populaires : Del.icio.us, Flickr, etc.

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