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10/05/2007

Jouer la victime : le mot d’ordre des militants UMP ?

Un homme se grandit toujours sans se servir d’excuses comme marchepied.

Lorsque l’on ne cesse de se comporter en victime à la moindre attaque justifiée contre son bilan politique, lorsque l’on ne cesse d’utiliser nommément des victimes de drames pour défendre son projet, et lorsque l’on conclut sa campagne présidentielle en foulant du pied les victimes des dernières exactions de masse qu’ait connu la France, on ne grandit pas son pays. On le fait avancer sur de fragiles talonnettes.

Cette colère saine m’a été inspirée par le commentaire suivant de Vincent sur ma note « Changer la vie » : « POURQUOI TANT DE HAINE LA REPONSE DE LA GAUCHE AUX RESULTATS = VOITURES BRULEES, ATTAQUE DE MILITANT UMP, ETC..." VIVE LA DEMOCRATIE SEGOLENE!!!!!!!!!! »

Passons sur l’utilisation de majuscules, un code connu de tous les internautes et prohibé dans les usages - car il donne le sentiment d’hurler sur quelqu’un.

Les termes employés suffisent à donner le sentiment d’un aboiement, cette technique d’un autre temps pourtant entendue à longueur de débat dans la bouche des partisans de Nicolas Sarkozy et par le candidat UMP lui-même depuis le 14 janvier dernier.

Oui, parfaitement : un aboiement.

Aboyer pour ne jamais laisser la moindre critique constructive de l’action politique de Monsieur Sarkozy aller à son terme. Cette méthode me paraissait symboliser la « politique à l’ancienne ». Il faut dire qu’en matière de vocabulaire, notre langue a connu de sacrés évolutions ces derniers mois. Les termes « rupture » et « changement », en particulier, ont perdu de leur superbe.

C’est pourquoi j’ai posé deux questions à Vincent : Faut-il toujours se poser en victime pour devenir adhérent de l'UMP ? N'est-on donc jamais responsable de rien lorsqu'on adhère à l'UMP ?

Les 367 voitures brûlées hier soir (bilan arrêté à 6 heures) et les nombreuses manifestations dans les grandes villes contre Monsieur Sarkozy, sont-elles bien la réponse de la gauche à l’échec des Présidentielles 2007 ? Ou…

Mais je préfère m’interrompre moi-même pour citer François Mitterrand dans L'abeille et l'architecte : « Dans les épreuves décisives, on ne franchit correctement l'obstacle que de face ». Il avait également indiqué dans cette œuvre que « L'excès du langage est un procédé coutumier à celui qui veut faire diversion. »

Morland

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