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05/05/2007

S’initier à l’aromathérapie (1ère partie)

Branche de la phytothérapie (traitement par les plantes), l’aromathérapie revient à la mode. Etonnamment efficace contre les petits maux du quotidien et en prévention, elle requiert l’avis d’un médecin pour des soins thérapeutiques. Car cette automédication aux effets puissants n’est pas sans danger !

 L’aromathérapie est l’utilisation de plantes qui dégagent un arôme et dont on peut extraire des essences sous forme d’huiles essentielles. Ce puissant concentré de propriétés d’une plante est recueilli par une distillation à la vapeur d’eau ou par simple expression à froid (pour les zestes d’agrumes) à partir d’éléments déterminés, tels le bois pour le cèdre et les feuilles pour l’eucalyptus. Voire de différentes parties comme pour l’oranger. On obtient un litre d’huile essentielle avec 6 à 7 kilos de clous de girofle, 120 à 200 kilos de lavande vraie et 3 à 4000 kilos de pétales de roses.

« L’huile essentielle d’une plante est composée presque uniquement de molécules aromatiques volatiles qui ne représentent qu’une partie infime des composants de la plante entière - 1% en moyenne -. Ses propriétés découlent de cette composition et ne sont pas identiques à celles de la plante entière ou d’extraits obtenus par d’autres moyens (teintures, macérats glycérinés, etc.). », explique Michel Morineau, responsable qualité pour les produits d’aromathérapie du Docteur Valnet. Au-delà de l’émotion provoquée par son parfum, une huile essentielle agit différemment en voie interne. Exemple avec l’eucalyptus. « Son huile essentielle agit principalement sur les voies respiratoires. Alors que sa tisane ou sa teinture mère dispense son action sur les bronches mais aussi sur le métabolisme des sucres au niveau du pancréas. », explique Michel Pierre, directeur de l’herboristerie du Palais Royal. De plus, il faut prendre en considération une autre dimension : l’espèce de la plante. « Il existe 800 variétés d’eucalyptus, mais l’espèce « globulus », peu diffusible, agit sur les voies respiratoires basses (bronches), alors que l’espèce « radiata », très indiquée pour la diffusion, agit sur les voies respiratoires hautes (ORL). », précise le docteur Jean-Pierre Willem, à l’origine de l’association Médecins aux Pieds Nus.

C’est pourquoi il est fondamental de veiller à la qualité des produits employés en aromathérapie. L’étiquetage doit comporter la dénomination « huile essentielle » complétée par la mention « 100% pure et naturelle », l’appellation botanique de la plante éventuellement complétée par son identité biochimique (le chémotype), la partie de la plante receuillie et enfin une date optimale d’utilisation. De préférence, vos huiles essentielles seront issues de l’agriculture biologique pour éviter d’absorber des pesticides. Elles ne doivent pas être confondues avec des produits comme une « senteur », composition synthétique – et donc chimique – de la plante, au parfum certes plus fin et plus agréable, mais dépourvue des propriétés d’une huile essentielle. D’autre part, les produits se référant de l’aromathérapie contiennent rarement des huiles essentielles 100% pures et naturelles, sinon en pourcentage très faible. Quand leur composition n’est pas truffée d’éléments chimiques…

Savoir bien débuter en aromathérapie

Lorsqu’on aborde l’aromathérapie, on peut commencer avec des préparations à base d’huiles essentielles prêtes à l’emploi de qualité, tels Tégarome du docteur Valnet pour les petits accidents cutanés (notamment pour les enfants en bas âge) ou encore les assainisseurs d’atmosphère du laboratoire Saint Côme. En automédication, l’aromathérapie ne se pratique pas de manière fantaisiste. Il est certes agréable, dans le monde des senteurs, de se laisser mener par le bout de son nez pour choisir un soin adapté, plusieurs huiles essentielles pouvant répondre à votre recherche. D’autant qu’il ne faut jamais négliger l’action d’une odeur sur le psychisme d’une personne, le parfum facilitant la remontée à la surface des souvenirs.

Mais si l’on désire expérimenter ses propres compositions d’huiles essentielles (cf. encadré 1), il est indispensable toujours s’appuyer sur un ouvrage sérieux, peu avare en recommandations d’usage. Par exemple, les huiles essentielles ne sont pas hydrosolubles. Certaines présentent des dangers particuliers, étant photo-sensibilisantes comme pour le citron ou la bergamote (risque de tâches sur l’épiderme en cas d’exposition au soleil), irritantes en application sur la peau ; voire caustiques comme le thym à thymol ou l’origan. D’autre part, les femmes enceintes, les personnes présentant des terrains allergiques ou défaillants et les enfants peuvent, sous conditions précises, en être interdits.

Nous avons obtenu des résultats étonnants en auto-traitement contre les refroidissements, le mal de dents, le stress, l’insomnie, les douleurs musculaires et les petits accidents cutanés – piqûre d’insecte, coup de soleil, égratignure - avec les recettes données par Monica Werner dans « le guide de l’aromathérapie » (éditions Marabout, environ 15 Euros). En effet, en massage et diluées dans une huile végétale vierge (40 à 60 gouttes pour 100 ml), les huiles essentielles détendent en facilitant la circulation sanguine quand elles sont appliquées au niveau des tempes, du plexus solaire, de la voûte plantaire et des poignets, c’est-à-dire partout où l’irrigation du corps est superficielle. En diffusion (10 à 15 gouttes pour une pièce moyenne), elles pénètrent mieux les voies respiratoires. A condition d’être légèrement chauffées, car une température trop élevée réduit leurs propriétés bactéricides. Lors d’un bain (6 à 8 gouttes d’huiles essentielles diluées dans une cuillère d’huile), on profite en douceur du double effet, du fait de l’inhalation des vapeurs aromatiques et de l’action à travers la peau sur les systèmes nerveux et glandulaire en se frottant avec les gouttelettes en suspension. L’absorption par voie interne dans un but thérapeutique est plus délicate et nécessite l’avis d’un spécialiste, en pharmacie ou en herboristerie. Voire d’un médecin. Un enfant ne peut pas consommer des huiles essentielles par voie interne, car il faut que les sucs digestifs puissent accepter l’agressivité d’un produit puissant. L’adulte les ingère diluées dans une cuillère de miel ou de l’alcool. L’aromathérapie recèle de modes d’action, s’incorporant dans l’alimentation (à raison de 3 gouttes par kilo), dans les produits de nettoyage de la maison ou dans la fabrication de parfum.

En outre, une période sans traitement d’une semaine sur quatre – qui peut correspondre à la période des règles pour une femme – est une nécessité de laisser le corps lutter seul contre les agressions afin qu’il se régénère lui-même.

Attention à l’automédication !

« On a trop tendance à considérer que les huiles essentielles sont inoffensives... et à forcer sur les doses. C’est là que réside le danger. 2 gouttes d’huile essentielle de lavande dans une infusion de tilleul favorisent le sommeil sans aucun risque. 10 gouttes de la même huile essentielle de lavande prises 3 fois par jour peuvent provoquer au bout de quelques jours, somnolence, paresse cérébrale, diminution du tonus cardiaque. », explique Michel Morineau. Il ajoute : « De même, il peut apparaître des effets secondaires - troubles rénaux, hépatiques, nerveux, etc. - en cas de doses excessives ou d’utilisation d’huiles essentielles mal adaptées. »

En automédication, la règle est donc de ne pas dépasser 15 jours en traitement continu, avec au moins un mois d’écart entre deux cures de plus d’une semaine. L’usage prolongé d’une plante durant plus de quinze jours et sans avis médical spécialisé risque de modifier le « terrain » du patient, la sauge sclarée étant par exemple très nocives sur certains cancers. « D’une manière générale, il ne faut pas prendre plus de 5 gouttes par jour en voie interne. L’inhalation n’est pas un acte anodin, car le nez est un organe sensible, rempli de récepteurs du système neurovégétatif et tapissé de petits vaisseaux sanguins qui favorisent le passage immédiat dans le sang. », rappelle le docteur Jean-Noël Schmitt, élève du docteur Valnet et auteur d’un logiciel sur la phytothérapie.

C’est pourquoi l’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques doit toujours être prescrite par un praticien compétent, possédant une formation en phytothérapie en complément des études classiques de médecine générale. Un tel médecin dispose de la connaissance de la physiologie et du terrain du patient ainsi que du savoir précis des propriétés de la plante, afin de mettre en place une stratégie adaptée à chaque cas (cf. encadré 2). Pour éviter, par exemple, d’utiliser en automédication pour le traitement de la grippe ou des refroidissements deux huiles essentielles telles que le thym et la lavande aux effets antagonistes sur le système neurovégétatif (cf encadré 3).

« L’allopathie (médecine classique) ne doit pas être opposée aux médecines différentes telles la phytothérapie, l’homéopathie et l’acupuncture car ce sont en fait des médecines complémentaires. Par exemple, toutes les maladies graves comme la tuberculose, la méningite, la syphilis, etc. et toutes les maladies qui relèvent de l’urgence sont du domaine de l’allopathie. Les autres pathologies aiguës, récidivante ou chronique, pour lesquelles l’allopathie a échoué, peuvent être traitées par la phytothérapie. Celle-ci est par exemple très efficace sur les cystites, pour stopper ou ralentir l’évolution des rhumatismes… ou pour traiter une ménopause ou une ostéoporose quand les traitements hormonaux sont contre-indiqués. », affirme le docteur Jean-Noël Schmitt. Alors, si le nez vous en dit, laissez-vous tenter par l’aromathérapie…

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Cet article, dont l'intégralité est ici restituée, est paru dans un magazine sur la santé il y a quelques années. 

Commentaires

Débutant dans l'aromathérapie, j'ai fais de nombreuses recherches à ce sujet sur internet et suis tombée sur le site "www.soignez-vous.com" et le trouve très intéressant... D'ailleurs les remèdes à base d'huiles essentielles qu'ils proposent sont selon moi de très bon conseil!!! A conseiller

Écrit par : chicanat | 05/06/2007

Bonjour!
je viens de lire votre article que je trouve très bien fait.
je suis jeune pharmacienne et je travaille moi aussi sur les huiles essentielles dans le cadre de ma thèse.
J'ai créé un blog qui comprend une fiche de conseils pratiques en aromathérapie accompagnée d'un questionnaire. J'ai du mal à faire connaître mon blog et donc à obtenir des réponses à mon questionnaire.
Peut-être que ça pourrait vous intéresser et moi ça m'aiderait beaucoup dans mon travail.
Voici l'adresse de mon blog:
http://fiche-conseilaromatherapie.hautetfort.com

N'hésitez pas à remplir le questionnaire et faire passer l'adresse avec un grand merci d'avance!

Sophie

Écrit par : Sophie | 13/07/2007

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