Avertir le modérateur

28/02/2007

Bayrou : l'aspirateur anti-Le Pen ?

Il est séduisant, Bayrou, avec ses idées de réconciliation entre la droite et la gauche… « tous unis dans un même gouvernement », « les meilleurs aux meilleures places », « cessons de creuser la dette publique »…

Je ne doute pas de la sincérité de l’homme. Ni de sa profonde volonté.

Je doute de sa cohérence.

Comment réussira-t-il à mettre dans un même gouvernement les meilleurs de gauche et de droite, alors qu’au Parti Socialiste comme à l’UMP, on éprouve les pires difficultés à réunir les meilleurs sous sa propre bannière ?

Pour ne parler que des poids lourds du P.S, qui traînent la patte comme les éléphants rejoignant leur cimetière, la décrispation des idées n’est pas pour demain.

Elle se prend encore les pieds dans la trompe pour les trois têtes d’affiche : DSK est parti se faire oublier au Canada – comme son modèle, Alain Juppé ? -, Fabius a fait le service minimum lors du meeting avec Ségolène Royal à Rouen – quand il a dit « Une pour tous, tous pour Une », on le sentait prêt à tomber en dépression… -, et Jospin continue de se retourner dans sa tombe comme dans un mauvais rêve…

A droite, n’en parlons même pas.

Chirac a trouvé une idée pour créer cette agence de voyage qui lui tenait tant à cœur quand il était au plus bas dans les sondages avant l’élection de 1995 : il sera ambassadeur de l’environnement dans le monde entier. Vous mettriez le nouvel Al Gore en prison, vous ?

Dominique de Villepin a été mis en isolation dans sa prison de Matignon. Quant à Michèle Alliot-Marie, on la considère sans doute comme une femme qui doit retourner à la cuisine du parti avant de pouvoir s’exprimer.

A l’évocation de ces noms, votre mémoire doit tressaillir. On l’aurait presque oublié, en ce moment de campagne présidentielle où l’on se tourne tellement vers l’avenir que le passé - voire le présent - passe à la trappe : les ténors de la droite ne nous ont pas spécialement fait « triper » ces dernières années par leurs actions politiques…

Mais quittons nos moutons pour revenir à Bayrou.

Ce petit père tranquille possède indéniablement de bonnes idées, comme ces deux emplois francs pour les TPE qui s’imposent comme une évidence. Il propose de mettre les deux grands partis devant un fait accompli : les Français en ont marre de vos disputes, élisez-moi et on repartira de zéro (ou, plus exactement, de 20 députés) pour construire la France de demain à l’image de nos rêves d’enfants, avec des gens qui s’aimeront… de gré ou de force.

Où est le mouvement, l’élan dans cette idée ?

Bayrou, ne serait-il pas simplement en train de nous demander, de manière voilée, de voter une seconde fois « Non » à la Constitution Européenne ? De dire « Non » aux institutions en disant « Oui » à Bayrou ?

Le seul sens bénéfique de cette position est de faire revenir à une certaine raison l’électorat qui avait basculé à l’extrême-droite, en attirant les électeurs de Le Pen, plus profondément anti-tout que racistes.

Si Bayrou met le « ni droite, ni gauche » au cœur de la cohérence de son programme, Ségolène Royal possède, à mon sens, une meilleure version du fameux « ni, ni ». En substance, son programme « gagnant / gagnant » joue l’équilibre entre toutes les forces en présences : « ni patronat, ni assistanat », « ni répression, ni compassion », « ni le tout-environnement, ni le tout-développement », « ni riches tout puissants, ni pauvres tout impuissants »…

Si ce chemin tracé avec le concours des Français dans des débats participatifs ne séduit pas encore l’opinion publique, qui n’a pas encore réfléchi à son vote et ne donne encore que son intention, il bouleverse l’échiquier politique. Pour la première fois, une idée majeure d’une candidate (de gauche) est reprise par son principal adversaire (de droite) en pleine campagne présidentielle : la police de proximité.

Les sondages ne sont aujourd’hui que le reflet des Français… qui répondent au téléphone. De fait, ils excluent aussi bien les habitants de banlieue que les sourds-muets ou les réfractaires aux institutions. Compte tenu de la cohérence du projet de Ségolène Royal, qui désire construire la France de demain à l’image des rêves de nos enfants, on peut attendre le meilleur du formidable phénomène traversant la population pour la première fois depuis les débuts de la la Vème République : une véritable réflexion des électeurs avant de décider pour qui voter.

26/02/2007

Pourtant, que la campagne est belle…

Que les esprits chagrins rangent leurs mouchoirs et libèrent leurs yeux d’un torrent de larmes de crocodiles obsolètes : cette campagne présidentielle est la première à permettre à tous les Français d’exprimer leurs idées. Tous. Sans exception.

Cette aventure inédite a commencé avec un problème commun à tous ceux qui produisent du CO2 en respirant (ce qu’ils savaient) et en consommant (ce qu’ils ne peuvent plus ne pas savoir) : l’environnement.

Poussé par les tempêtes, les tornades et par la recrudescence générale des cataclysmes naturels, Nicolas Hulot a fait le vide politique autour de lui pour montrer combien les problèmes majeurs n’ont pas d’étiquette, même s’ils ont souvent été mis aux enchères par ceux qui nous ont gouverné. Il s’est invité dans la présidentielle 2007 pour rappeler combien l’être humain maîtrise son destin, au point d’en générer les catastrophes comme les bonheurs universels.

Dans la lignée de son pacte écologique, tous les groupes humains maillant la société française soumettent aux candidats à la présidentielles leurs desideratas, qu’on ne fera plus rimer avec « taratata… ». Que ce groupe d’humains soit fédérateur (comme les sportifs) ou sujet à polémique, voire à scission (les chasseurs). Mieux, ce sont désormais les habitants des banlieues, cette « France d’à côté » qu’on a souvent crue « à côté de la plaque », qui ont posé leurs conditions.

Car il ne faut pas s’y tromper : c’est désormais le peuple qui gouverne. Plus rien ne se fera sans son assentiment, sans son élan. Aucune idée ne fonctionne jamais d’elle-même. Le seul génie d’une idée reste de susciter l’énergie des gens pour permettre son application.

Pour gouverner dans la grandeur, il suffit de se plier à la volonté profonde du peuple, pour bénéficier de son énergie ; au lieu de l’inciter à communiquer son inertie, comme c’est le cas actuellement.

Après le référendum sur la Constitution Européenne et les émeutes de banlieue de novembre 2005, la future Présidente de la République – euh, pardon… - le ou LA futur(E) Président(E) de la RépubliquE ne manquera pas de se souvenir que si Internet est la révolution marquante de ces dernières années, c’est parce que ce média a bénéficié de l’énergie des gens, du savoir-être de chacun pour devenir un monde à part, où toute personne peut se sentir bien, à sa façon, sans nuire aux autres !

Bien sûr, s’il s’agit d’un Pr€sid€nt de la R€publiqu€, ami des patrons, il sera difficile d’avoir des idées pour tout le monde, une fois sorti de la magie des discours.

Aujourd’hui, une seule personne cherche à réaliser l’Union sans le dire.

Après avoir réussi à s’allier aux partis de Jean-Pierre Chevènement et Christine Taubira, Ségolène Royal a convaincu Fabius, Strauss-Kahn et même le vieux Lion, Jospin, de soutenir son programme. Elle est sans doute en train de tendre la main à ses anciens alliés de la Gauche Plurielle (Verts et PC), voire à des gens qui ne la brutalisent pas dans leurs propos (Besancenot, Bové) ou qui reviendront sur terre après avoir dit faire l’Union sans la réaliser concrètement (Bayrou). Une utopie ? Il n’y a qu’une seule façon de rester dans l’Histoire : dépasser les clivages comme Internet ou De Gaulle.

Cette façon de procéder avec le monde politique séduira à n’en point douter le peuple français, qui imaginera bien Ségolène Royal agir de même avec les meilleures idées émises durant cette campagne présidentielle, par ses concurrents comme par elle-même.

En tant que femme, elle ne sentira pas « abaissée » en mettant en valeur les autres, comme le coq qui a expliqué à Nicolas Hulot qu’il avait lui aussi son expérience en matière d’écologie, ainsi que le prouve sa gestion parfaite de l’écosystème du Jardin d’Acclimatation à Neuilly-sur-Seine.

En tant que femme, elle saura parfaitement qu’il n’existe pas de desideratas, mais que chacun partage un désir d’avenir sans lequel il est prêt à mettre à feu et à sang le petit bout de planète qu’il laboure de sa mauvaise humeur.

En tant que femme, elle saurait reconnaître ses erreurs et faire avancer les gens dans un même sens, avec les efforts mais aussi les heureux bénéfices au quotidien que cela implique pour tous.

23/02/2007

Combattre la gauche

            Selon les derniers sondages, la France ne comporterait plus que 40% d’électeurs de gauche. Normal : un nombre phénoménal de « gens de gauche » aime encore faire la fine bouche avec Ségolène Royal.

Parfois, en tendant bien l’oreille, on les croirait endoctrinés par l’UMP de manière subliminale. Les arguments avancés tiennent souvent du machisme… et sont de plus en plus tenus par des femmes. J’en connais même certaines qui se fendent d’être d’ardentes féministes…

Je pense pourtant que dans le secret de l’urne, après avoir glosé une fois de plus sur la « gentille idiote » proposée par le Parti Socialiste, ces « gens de gauche » se rendront compte, au second tour, qu’ils n’auront plus le choix qu’entre une femme et l’héritier de Jacques Chirac – Vous savez, le Président de la République, celui-là même qui, au creux de sa forme, est capable de manipuler un journaliste « de gauche » averti pour que le grand public n’oublie pas trop vite l’Inconnu de l’Elysée…

C’est pourquoi, il ne faut se laisser leurrer par les sondages actuels. La réserve d’électeurs de gauche est bien plus importante qu’il n’y paraît. Et la présence au second tour de Nicolas Sarkozy réveillera bien des réflexes républicains et entraînera une mobilisation sans précédent. Comme au lendemain du 21 avril 2002…

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu